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Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

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20 octobre 2010

Le web est mort, vive la quiche lorraine

Un post long et sans blague (je suis une commerciale dans l’âme, je vous offre du rêve).

Firstement, comme j’ai rien à dire sur les manifs, j’ai écrit un papier sur le rap – ou comment faire pour que les rappeurs se transforment en chanteurs de l’Ecole des fans. Offrez-moi vos clics mes amis. Il suffit d’exercer une pression sur votre souris pour que ça s’ouvre dans un nouvel onglet – note pour plus tard : je devrais faire breveter cette technologie avant qu’on me la pique.

Depuis quelque temps, on assiste pour mon plus grand bonheur à un retour en grâce des Gifs animés. Comme si l’internet éprouvait le besoin de revenir à ses fondamentaux, à ce qui l’a constitué culturellement – et ce, parce qu’il sent qu’il est en train de mourir. Le retour du gif, c’est le repli vers une valeur-refuge.

Le web est en crise, vive la quiche lorraine.

Comme me l’ont fait remarquer plusieurs commentateurs, je n’ai pas parlé de Cigar Guy. Je sais. J’ai fait exprès. J’ai sciemment décidé d’ignorer un meme plutôt coolos, de le laisser vivre sa vie loin de mon blog.

Pourquoi ?

Parce que Yahoo et Morandini ont tué le web, ce qui, d’ailleurs, n’est pas leur faute mais seulement la suite d’un processus implacablement logique.

Je m’explique. 4 jours après son apparition sur notre petite planète, Cigar guy était en home de Yahoo news. On peut se dire que c’est über-cool, que c’était un meme rigolo et qu’il est miam bon de le partager avec un maximum de gens. On peut.

En l’occurrence, ma première réaction n’a pas vraiment été de me féliciter de la démocratisation de la culture web mais plutôt de pousser un long cri d’horreur.  D’abord pour une raison très mochement pragmatique : si Yahoo en a parlé, je vais pas en parler. Si je l’avais fait, je sais, oui je sais à l’avance que des commentateurs m’auraient dit « oh, comme t’es trop à la masse, c’était sur Yahoo y’a deux heures». Le seul cas où je parle d’un truc déjà sur-médiatisé, c’est si j’ai quelque chose d’autre à en dire. Dans ce cas, il n’est plus question d’être à la pointe, juste d’apporter une analyse perso du phénomène. (Or Cigar Guy, y’avait pas trop d’analyse à en faire. C’était juste un meme photo comme on en voit toutes les semaines, il ne marquait aucun changement, si ce n’est précisément, le fait qu’il ait été en home de Yahoo.)

Mais cette histoire de Cigar Guy est arrivée la semaine d’une discussion avec Coach kant au web (humour philosophique permettant de souligner la haute tenue intellectuelle de mes échanges avec Coach). On parlait de bienbienbien. Coach me disait qu’il ne voulait plus écrire sur l’interweb, qu’en ce moment, il avait envie de se lancer dans des articles sur la quiche lorraine. Or, la quiche lorraine, c’est typiquement la vie IRL. Que s’est-il passé pour que Coach écrive sur la quiche lorraine, et accessoirement pour que BBB se suicide ? Sur bienbienbien, il y a eu plusieurs problèmes mais je vais me concentrer sur un seul. On ne savait plus de quoi parler. (Ouais, je dis « on » parce que ça explique aussi pourquoi j’ai arrêté de poster dessus.) Pour parler web quand on a la réputation que le blog s’était faite, à savoir un genre de défricheur, il fallait être parmi les premiers sinon on encourrait les foudres d’un lectorat de plus en plus exigeant. (Un problème que j’ai moins ici puisque c’est un blog perso et que je peux aussi bien parler de mes problèmes de cheveux que de memes.) Sauf qu’avec Twitter and co, la vitesse de propagation d’une info s’est démultipliée. L’avantage de Twitter, c’est qu’il suffit de poster un lien vers, par exemple, Cigar Guy. Poster un tweet ça prend approximativement 40 secondes. Poster sur un blog, ça demande de rédiger, de faire un petit historique du meme en question, de rajouter quelques blagues. Si j’étais vulgaire, je dirais que c’est éditorialisé. Ca prend beaucoup plus que 40 secondes. Sans oublier que BBB, comme mon blog, ne sont pas monétisés. Ils rapportent pas une thune (chose dont personnellement je me félicite). Donc ça nécessite de travailler ailleurs pour gagner du sou. Donc d’avoir un temps assez limité à consacrer au blog.

(A l’inverse, les mecs de Buzzfeed sont payés. Ils n’ont donc que ça à faire. Pareil chez Yahoo, Lepost, 20minutes ou Morandini.)

Mais bref, j’ai commencé à me dire un truc absolument terrible (et totalement faux), attention, j’ai honte, j’ai pensé « c’était mieux avant ». Genre le web c’était mieux avant. C’était pas plus riche, plus inventif, plus drôle. Non. C’était mieux parce que c’était plus petit, plus lent et plus réduit.

(A quoi vous pouvez me répondre :

2004_04_13_blogsmieux

Via Blup

Et même :

h-20-1750012-1255978919Via Le Post)

Il y a une part de snobisme évidente dans mes regrets. (Y’a un truc qu’on peut pas me retirer c’est la lucidité.) Le snobisme d’avoir eu le sentiment d’appartenir à un petit groupe avec ses propres codes, un groupe auto-suffisant où l’on ricanait des mêmes trucs, entre nous, avec la conviction que très peu de gens pouvaient comprendre la forme et le fond de ce qu’on disait. (Ceci étant, tout n’est pas perdu, ma mère m’a dit l’autre jour qu’elle entravait rien à mon blog.)

Ok.

Mais le snobisme ne suffit pas à expliquer le fond de mon impression. Il faudrait décrire la caractéristique de ce snobisme. C’était le snobisme des asociaux. Parce qu’à une époque pas si lointaine, être sur internet, c’était ringard. C’était honteux. Alors que le snobisme naît généralement d’un sentiment de supériorité, là, il partait plutôt de l’inverse, l’impression d’être entre losers.

On était entre gens qui trouvaient que la vie et les gens étaient plus beaux sur internet. Parce qu’on ne parvenait pas à mimer les codes sociaux irl, ou parce qu’on en avait précisément assez de n’être que dans du mime. Parce qu’à ce moment-là, les gens qui étaient sur internet passaient leurs soirées chez eux, et qu’à la télé, ils avaient rajouté un deuxième écran.

Voir Yahoo, Morandini and co s’approprier un web qui était plutôt underground à l’origine (je ne parle pas du web type Mapy, Google, Facebook mais de la culture web type 4chan) crée donc un sentiment de perte d’autant plus fort qu’on pensait avoir enfin trouvé un truc à nous. Y’avait les autres gens, l’irl, et nous. Les premiers nous disaient avec une voix où se mêlaient l’effroi, la frayeur et la pitié : «  quoi ? Vous êtes devenus amis sur internet ?! » Assumer le nombre d’heures passées devant l’écran, c’était comme l’aveu d’une maladie, une tare terrible. « Tu devrais sortir de chez toi un peu… » Ah bon ? Et pourquoi ? Pour aller boire de la bière merdique dans une soirée où je parlerai avec personne parce que j’aurais rien à dire et qu’il faudra que je sois ivre morte pour commencer à passer une bonne soirée ?

On avait une tare sociale, on l’a transformée en revendication. Et en snobisme.

Et puis, certains ont voulu partager tout ça, en parler, expliquer. Raconter que oui, l’internet inventait des choses, que parfois c’était beau, drôle, touchant, intelligent ou complètement con. Sauf que voilà, comme on l’avait toujours prédit, internet a pris de plus en plus de place dans la société. Et les moindres polémiques Twitter se retrouvent traitées sur le Monde.fr. Bientôt les blagues de 4chan feront la une de Yahoo news. Et la faute à qui ? Bah à nous, à moi. Aux poufiasses qui ont ouvert des blogs et commencé à raconter chaque meme, à faire des papiers sur /b/. Je ne nous félicite pas hein. Mais ça ne pouvait pas se passer autrement.

Il y a plein de conséquences à tout ça. Tenez, le dernier exemple en date c’est la Barbie geek :

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La conséquence positive, c’est que, de toute façon, de plus en plus de gens allaient sur internet, notamment sur Facebook, et oui, il était utile d’expliquer comment ça marchait pour de vrai. Ne pas laisser Envoyé Spécial et toute la télé en position hégémonique pour raconter de la merde sur ce qui se passe sur internet.

Et puis, il y a eu des conséquences négatives (other billet, un autre jour) mais en résumé :

Les boîtes de com ont bien compris l’intérêt économique et la pub virale est arrivée (enfer et damnation).

Et commence désormais le lol-politique. Ce truc insupportable qui va nous faire vomir pendant les prochaines présidentielles. On connaissait les « petites phrases ». On va découvrir les « petits tweets ». N’importe quel tweet, ou vidéo à teneur « clash politique », va devenir un objet médiatique qui se retrouvera 10 minutes après son apparition sur lepost.fr. Ca va créer un effet de saturation et d’écoeurement et on aura envie d’écrire sur la quiche lorraine. (Un autre pilier du web français m’a avoué qu’il envisageait de se reconvertir comme fleuriste.) Donc, la quiche lorraine ou les fleurs.

Mais comme je n’ai pas encore fini ma mutation en vieille conne, le trip c’était-mieux-avant, ça m’a passé assez vite.

D’abord, parce qu’il reste quelque chose d’irréductible. Pourquoi ça c’est drôle, ça ne s’explique pas vraiment :

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Heureusement, y’aura toujours des gens que ça ne fait pas rire.

Ensuite, les cercles du web se réorganisent doucement. L’interweb se démocratise à vitesse grand V. Pour le moment, ça brouille certaines frontières. (Et d’ailleurs, dans le fond, mon article sur la cyber-guérilla des hackers, ça traitait aussi un peu de ça. Leur territoire de liberté totale, qu’un certain Thomas More avait appelé Utopia, commence à être colonisé et ils le refusent.) Mais ce n’est qu’un moment. Et ce n’est pas pour rien qu’en ces temps de crise, le gif animé fait son retour.

Le gif sauvera-t-il l’interweb ?

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18 octobre 2010

Je suis tombée en amour

Ceci n’est pas un vrai post, juste un « breaking post ».

Au début, je voulais faire un post sur la guerre hackers/ayants-droits, avec des Anonymous et du 4chan. Et puis finalement, j’en ai fait un vrai papier (ce qui a l’avantage non négligeable de me faire gagner un peu de sous vu que je suis de nouveau fauchée). Donc c’est là, j’y parle également de J.R. Ewing et de Cliff Barnes parce que je pense que tous les conflits politico-économiques du monde moderne ont déjà été traités dans Dallas.

(je suis en train de tomber malade je crois.)

(j’ai personne à qui me plaindre.)

(ce blog a trouvé une nouvelle utilité.)

Aujourd’hui, deux trucs qui n’ont rien à voir.

Truc numéro un :

Avant de tomber malade, je suis tombée en amour. Je suis tombée folle dingue amoureuse d’un mec. Il suffit que je le vois pour qu’un sourire extatique illumine mon visage tandis que des nuées d’hirondelles s’envolent vers un ciel infini.

Je suis tombée en amour avec Danny Pudi.

Excusez-moi, je la refais : avec  <3Danny Pudi<3

Lui, là, en-dessous :

danny pudi

Ceci est la tête de l’homme avec lequel je veux vivre éternellement. (Même s’il a un peu les épaules tombantes.)

Mais au fait qui est Danny Pudi ? Danny Pudi (tu cherchais Danny Pudi sur Google ? T’es bien content alors d’avoir atterri ici.) Danny Pudi est le meilleur acteur du monde (Michael Cera, t’es mort).

Soyons honnête, pour l’instant, Danny Pudi est essentiellement connu pour son rôle d’Abed dans Community. Et disons-le tout net, en ce temps de déprime généralisée et de maladie grave, il faut regarder Community. Le pitch est effrayant de nullité : Synopsis : Jeff est avocat. Mais Jeff doit surtout retourner à l’université car son certificat a été invalidé. Entre les femmes au foyer fraîchement divorcées et ceux qui reprennent les études pour garder leur esprit actif, Jeff intègre une bande de joyeux drilles qui découvre les joies de la vie sur le campus. Ils en apprennent plus sur eux-mêmes que sur les cours qu’ils suivent…

Merci Allociné. Les premiers épisodes sont bien mais pas oufs, ça prend un peu de temps pour qu’ils trouvent leur truc mais ensuite… ensuite, c’est incroyable. Ensuite Abed prend son envol.

Barney Stinson, t’es mort.

Abed, c’est nous. (A part que sa cousine porte la burqa.) Abed représente le téléspectateur, à savoir celui qui préfère les séries télés à la vie. Du coup, il décide de transformer la vie IRL en un perpétuel sitcom et observe les autres personnages en spectateur. Il commente leurs actions comme le ferait un étudiant en scénario. Il plonge donc la série dans la méta-série ce qui a un avantage incroyable : nous donner l’impression d’être intelligents.

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(je sais que c’est flou mais je suis malade)

abed-community

Community, c’est notre série à nous. Certes, je comprends que 20% des références mais ces 20% là valent de l’or.

Le trailer du meilleur épisode de la saison, l’épisode du paint-ball :

Truc numéro deux :

Blogueuse-la-pièce reprend (jusqu’au 29 décembre). Au même théâtre de la manufacture des Abbesses. J’y étais hier (visiblement un commentateur du blog y était aussi). Et il s’est passé un truc incroyable : j’ai éclaté de rire. Les actrices ont réussi à me faire rire avec un texte qui me donne de l’herpès nasal tellement on l’a retravaillé, réécrit entièrement avec notre sang. Et j’ai vécu un moment 50% Proust, 50% Kafka quand j’ai vu Kristina jouer Ouin-Ouin. (Sinon, toujours la même recommendation : c’est « girly », ceux qui ne vivent que pour /b/ vous êtes clairement pas la cible. Comme le dit Télérama « c’est vif et léger », j’ai aussi envie de dire que c’est cocasse et moderne.)

Et en parlant de Télérama, ils ont réussi un fucking exploit. « Titiou » ça a l’air vachement compliqué pour plein de gens. Régulièrement, j’ai droit à « Titou », « Titouan », « Tissiou ».  Bah Télérama, ils ont bien orthographié « Titiou ». Je les remercie.

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Par contre, ils ont réussi à se planter sur « Lecoq ».

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14 octobre 2010

Week-end of massive destruction

Le suspense est à son comble, je vous ai laissés en plein cliffhanger. Avant le départ pour le week-end de désintégration, Titiou était donc dans un piteux état. Que s’est-il ensuite passé ? (Sur Twitter, ils ont quand même donné un # au week -end ces tarés : #WMD.)

Quelques minutes plus tard, mon mal de ventre et moi on entrait dans la voiture. On était 4 dans le premier convoi (5 avec mon mal de ventre). Le chef conduisait. (Je me rends compte que j’ai assez peu évoqué le personnage du chef jusqu’à présent. Ce post aura donc pour fil conducteur un portrait du tortionnaire être de lumière qui m’aide à payer mon loyer.)

Le chef, il a un super pouvoir. Il a la capacité de vous faire culpabiliser sans raison avec un seul regard. Il lève la tête de son ordi, il vous regarde et là, aux tréfonds de votre esprit un mécanisme complètement judéo-chrétien se met en place « oui, je sais, je suis arrivée 10 minutes en retard ce matin, j’ai pas encore passé de coup de téléphone pour mon article, j’ai bâclé l’illustration de mon lien, je suis nulle, je suis une merde, je mérite pas d’être ici, j’aurais dû appeler ma grand-mère avant qu’elle meure, je savais très bien qu’elle était malade depuis des mois. » Sauf qu’en vrai, à ce moment-là, le chef il fait semblant de vous regarder et il pense complètement à autre chose « c’est quoi cette nouvelle mode parisienne de mettre des arbres sur son balcon. » (Oui, ça n’a rien à voir avec la situation mais le chef il est comme ça.) Comme j’ai un problème avec l’autorité, son truc ça a marché trois semaines sur moi. Ensuite, je le regardais avec le sourcil levé pour dire « ouais, je suis arrivée à 11h du mat, ouais, j’ai pas rendu d’article depuis une semaine, ouais, je fais pas de lien parce que ça m’intéresse pas, et j’en ai rien à foutre de ma grand-mère elle votait Philippe de Villiers ».

Parfois aussi, le chef il a des fulgurances étranges. En conf de rédac, quand tout le monde est plongé dans une apathie totale parce qu’on ne sait pas comment traiter le sujet de la crise économique et du déclin inéluctable de l’Europe, lui, brusquement, il se lève, l’oeil illuminé. Il tape sur la table et il décrète : « FAUT FAIRE UN SUJET SUR LES BALCONS. Les balcons parisiens. Parce qu’ils vont tous s’effondrer, je le sens ». (Pause dramatique, il écarte les mains avant de continuer) « on va titrer ça : Panique sur la ville ». Après, il balaye la salle d’un regard effrayant et en général il s’arrête sur le premier stagiaire qu’il trouve « Annabelle, t’en penses quoi ? » Comme le stagiaire est tout en bas de l’échelle alimentaire, le stagiaire sourit et répond « oui ». (Vous pensez que je mens ? La preuve en image et lien.)

Bref. En voiture, le chef il avait mal évalué la situation. D’abord, il avait pas calculé que les 3 jeunes de l’interweb n’avaient évidemment pas le permis (à quoi ça sert d’avoir le permis quand tu vis sur internet franchement ?).Vincent Glad a dit qu’il avait son code et qu’il pouvait lui lire les panneaux. Ensuite, le chef s’est dit que c’était pas grave, qu’on allait lui parler quand même parce que conduire seul pendant 3h c’est relou. Visiblement, il avait oublié qu’on avait chacun un iphone. On a passé le trajet dans un silence studieux, penchés sur nos écrans. En guise de mesure de rétorsion, on n’a pas eu le droit de faire de pause pipi.

Le reste du week-end était top. Bah oui. Pourtant, on parle bien d’un week-end à la campagne. Mais oublions les trucs verts et les insectes. En gros on est restés enfermés dans le château à manger et faire des blagues de l’internet et vivre notre aventure jusqu’au bout. (D’ailleurs, j’ai réalisé un truc. Quand je mange, j’arrête d’avoir mal au ventre. Je pense que cette découverte peut aider la médecine moderne.)

Malheureusement, à un moment, le chef a décrété qu’il fallait sortir de la maison pour prendre l’air. C’était une idée pas bonne. D’abord, devant la maison, y’avait une statue qui annonçait assez bien l’état d’esprit des lieux :

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Statue représentant « la vie c’est de la merde et j’ai envie de mourir éternellement pendant 100 ans ».

Donc la sortie sur les plages du débarquement, non mais franchement quelle idée débile de débarquer une armée sur une plage de galets…

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Un chiffre qu’on nous donnera jamais, c’est le nombre de soldats américains qui se sont foulés la cheville ce 6 juin 44.

Il faisait moche. Et brusquement, je me suis rendue compte que le chef, il ressemble étrangement à un passeur de clandestins :

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Il a l’air sympa hein ?

« Chère maman, après nous avoir défoncé les côtes à coups de pieds, les deux passeurs ont fait une promenade romantique sur la plage. »

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Celui qui porte des lunettes on l’appelle l’intello parce qu’il code des trucs pendant qu’on se fait battre.

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Ils ont aussi obligé Nora à montrer ses seins (elle était plutôt consentante)(ils l’avaient probablement droguée avant)(ou pas).

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Mais indubitablement, le moment le plus fort du séjour a été l’opération chirurgicale.

A un moment, le chef a trouvé qu’on faisait trop de bruit en respirant. Il a fait chauffer trois litres d’eau pour nous ébouillanter vivants. (Il fait aussi ça quand les stats du site sont pas assez bonnes.) Malheureusement, il s’est un peu éclaboussé quand Quentin Girard a essayé de se débattre. Du coup, sa brûlure s’infectait, il fallait opérer.

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Je pense que c’est un fantasme que peu de gens ont eu l’occasion de réaliser. Opérer son chef. Je me suis tout de suite portée volontaire parce qu’à la maison j’ai un coffret DVD des plus belles expériences de Mengele. Et là, pour la première fois, j’ai vu une lueur de peur au fond des yeux du chef. Surtout quand je me suis approchée avec une pince à épiler et des ciseaux pour retirer les bouts de chairs noires. Le chef avait très mal. Vraiment. Il était tout tendu de douleur dès que je soulevais la peau et que je frôlais la brûlure avec le tranchant des ciseaux.

C’est mon plus beau souvenir de ce week-end <3

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8 octobre 2010

Le sens de la vie et la chlorophylle

D’abord j’ai z’été très déprimée. Et j’avais visiblement un problème de teint/cernes/cheveux.

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Pour vous donner une idée de mon état, l’autre nuit, j’ai rêvé que j’abandonnais des chatons.

Ensuite, comme mon cerveau est magnifiquement conçu, il s’est dit que ça servait à rien de déprimer alors que depuis des années, il a mis au point une autre technique tout aussi inefficace pour régler les problèmes : somatiser. Conséquemment, je pense qu’il va me falloir une greffe d’estomac d’ici quelques semaines.

Signe d’une incroyable interconnexion entre mon karma merdique et le web, partout où je vais (heu… il faut évidemment comprendre « sur toutes les pages internet que je visite » pas genre « partout dans le vaste monde où il faudrait que je quitte mon pyjama pour aller voir »), bref, partout où je vais, je tombe sur le meme Forever Alone, symbole de la solitude absolue. (Pourquoi ce meme qui date de 2007 ressurgit-il précisément en ce moment ?) En gros, il faut coller le gribouillage de la tête qui pleure légendée « Forever Alone ». Par exemple :

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Ou alors :

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Et :

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Détournements qui ont donné lieu à des détournements (moteur classique du meme)

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Mais en fait, le plus beau, c’est celui-là (juste le template seul) :

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Mais hier soir, j’ai trouvé la solution à tous mes problèmes. Il faut que je transforme ma vie en un concert infini d’Of Montréal. Deux heures et demies de sauts hystériques en hurlant, tout ça dans un bain de sueur qui ne sècherait jamais.

Bref. En attendant de louer Kevin Barnes à vie, je m’en vais tester une autre méthode pour améliorer ma vie. Et là, attation, c’est du lourd. Je pars en week-end avec les gens de le travail. (Ouais.) (Je sais.) (J’ai accepté de partir avec des personnes humaines dans un endroit où la chlorophylle pousse sauvagement tel un étalon au galop.) (Je crois que je suis en quête de sens dans ma vie.) Le but du week-end n’est pas très clair mais a priori, on m’a promis que c’était pas un piège pour m’enfermer dans une maison en Normandie et m’obliger à faire les articles que je rends pas parce que j’ai trop mal à mon ulcère pour écrire. Si vous voyez un article de moi sur Slate, appelez immédiatement la police.

En cas d’attaque de panique, j’ai heureusement trouvé une combi parfaite pour ce week-end :

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Avant de vous abandonner, je m’en vais vous donner des petits conseils de mamie web. Quand vous aurez fini de lire ce post, vous allez sur votre Facebook me changer tout de suite vos paramètres de confidentialité. Et oui mes enfants, vous l’avez sans doute constaté, Zuckerberg nous a mis de la géolocalisation sur le site. Mes enfants, la géolocalisation, c’est le mal. (Enfin… tant qu’on la maîtrise pas.) Evidemment, Mark nous a bien dit que tout était réglé pour qu’on ne soit pas localisé si on ne le veut pas, c’est-à-dire si on ne checke pas. Sauf qu’en allant vérifier sur mon compte, je suis tombée sur ça :

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Le truc par défaut c’est « seuls vos amis peuvent indiquer où vous vous trouvez ». Seuls vos amis… Mer il et fou et complètement con! C’est ça qu’ils appellent un réglage satisfaisant des paramètres de confidentialité chez Facebook ? Il suffit que n’importe quel trou de balle que vous avez accepté en friend y’a 3 ans et à qui vous avez jamais parlé vous croise quelque part pour qu’il soit autorisé à signaler à l’interweb votre présence ? Godness… J’en déduis que pour Facebook, « contrôler les choses » = « faire confiance à vos 400 friends ». Il faut donc aller changer en « n’autoriser personne parce que je suis un gros paranoïaque et que les gens me veulent du mal ».

Un bien joli lien (via Ecrans) (on met le son avant de cliquer merci)

Un gif digne de Beaubourg (via Dianou).

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2 octobre 2010

Coach parle de Morandini et de marinière

Je suis essorée, ma vie ressemble à la rencontre d’une machine à coudre et d’un parapluie sur une table de dissection (Lautréamont, les chants de Maldoror). En conséquence de quoi, je ne peux pas trop bloguer en ce moment vu que j’ai un besoin vital de faire des listes et des planifications de vie.

Bref. Aujourd’hui je vais vous laisser seuls avec coach (j’aime coach d’amour) pour qu’il vous raconte une histoire qu’elle est belle comme une parabole biblique, sauf qu’elle parle pas d’amour, de petits pains et de prostituées mais de l’état de la presse.

Morandini, il cite peut-être pas ses sources mais au moins il en a

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Le sujet est anodin, l’article tout autant. Et pourtant… Tout commence par un papier sur les marinières dans le magazine Elle du 10 septembre 2010. Penelope Cruz en Une et déjà cette accroche sur la couverture « Polémique : faut-il jeter sa marinière ? ». L’article en double page (p. 64-65) argumente sur les raisons ou non de jeter cet habit, un peu trop à la mode pour celles et ceux dont la raison de vivre est de ne porter que ce qui n’est pas encore hype.

Non, il ne s’agit pas de prendre position, je vous rassure. Ce qui m’intéresse, c’est une petite phrase qui débute le deuxième paragraphe : « On raconte qu’un journaliste d’un magazine de mode a lancé une circulaire pour interdire le port de la marinière à ses consoeurs, horrifié de voir, chaque jour, au moins une sur deux arborant son pull à rayures bleu et blanc ».

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Il faut bien décrypter cette phrase pour en comprendre tous les tenants et enjeux :

1°) « on raconte » : c’est une histoire qui circule de manière persistante, on peut imaginer entre gens de la mode, chez les journalistes spécialisés… L’emploi du « on » signifie soit que le journaliste-enquêteur veut protéger ses sources, soit qu’il n’y a pas eu accès directement mais que dans ce cas, l’info est suffisamment crédible et recoupée pour être publiée.

2°) « un journaliste d’un magazine de mode » : c’est sérieux. On parle d’un journaliste d’un magazine de mode, quelqu’un d’influent, d’important dans la chaîne de production de valeur d’un support papier, quelqu’un qui ne plaisante pas avec la déontologie et qui met un point d’honneur à être à la hauteur de ce que son métier lui impose.

3°) « une circulaire » : on est dans le langage volontaro-sarkozyste. Ce journaliste n’a pas fait une note interne, un mail… Non, il a fait une circulaire. « En droit français, une circulaire est un texte destiné aux membres d’un service, d’une entreprise, d’une administration », selon Wikipédia. Rapportons nous à ce qu’elle signifie dans la fonction publique pour en comprendre le véritable enjeu : « une circulaire est un texte émanant d’un ministère et destiné à donner une interprétation d’un texte de loi ou d’un règlement (décret, arrêté), afin que ce texte soit appliqué de manière uniforme sur le territoire. » Par exemple, l’expulsion des roms fait l’objet d’une circulaire.

4°) « pour interdire le port de la marinière à ses consoeurs » : on retrouve l’aspect coercitif et sans exception possible, de la circulaire, mais surtout on apprend que le conflit oppose UN homme et DES femmes et c’est le rôle de l’homme que de sortir la femme de sa condition de gnou qui va boire dans la rivière où il y a le crocodile parce que sa collègue gnou d’à côté y va. Ou alors il y a une interprétation sous-jacente encore plus misogyne mais je n’ose y croire tellement on ne sait jamais où placer le « y ».

5°) « horrifié de voir » : nous avons affaire à un journaliste, quelqu’un de sérieux donc, et pour qu’il soit horrifié, faut vraiment que ça soit grave. Oui, le journaliste, il a forcément assisté à un conflit, deux génocides, six émeutes, ou fait l’interview d’un mannequin, donc il en a vu d’autres et il en faut pour le choquer. Mais là, il n’est même pas choqué. Il est HORRIFIE.

Voilà, vous ricaniez peut-être au début de cette note, mais je vous sens blêmir. Parce que la manière dont on vous raconte cette histoire, la terminologie employée, la dramaturgie et la mise en scène de l’info, tout est fait que vous pensiez que tout est VRAI et GRAVE.

Passé ce même terrible moment d’effroi lorsque j’ai appréhendé ce que cette phrase représentait, j’ai aussi réalisé que cette histoire me disait vaguement quelque chose. Et pas seulement parce qu’ « on » me l’avait raconté.

D’abord, je me suis dit à moi-même :

« Tiens, c’est marrant, moi aussi, y’a pas longtemps j’ai été journaliste dans un magazine de mode ».

Et puis, je me suis dit aussi :

« Tiens, c’est marrant, moi aussi, y’a pas longtemps j’ai été journaliste dans un magazine de mode et j’avais noté que beaucoup de monde dans ma boîte portait la marinière. »

Et puis, je me suis dit encore :

« Tiens, c’est marrant, moi aussi, y’a pas longtemps j’ai été journaliste dans un magazine de mode et j’avais noté que beaucoup de monde dans ma boîte portait la marinière et je passais mon temps à ricaner grassement de cette mode grégaire. »

Et puis, je me suis souvenu d’autre chose de plus précis. Le 3 décembre 2009, je participais à une réunion de l’ensemble de la rédaction de Grazia,le magazine de mode en question. Réunion au cours de laquelle on aurait pu croire que bon nombre de participants s’était donné le mot pour porter la marinière. Nous avons un peu déconné sur l’uniformité des goûts, et au sortir de cette réunion, l’assistante de la rédaction a diffusé ce mail à tout le monde pour poursuivre la blague :

mail grazia

Alors, voilà, maintenant, je me demande si ce mail a un lien avec la fameuse circulaire. Parce que si c’est le cas, je rêverais de pouvoir remonter le fil du téléphone arabe pour savoir comment une blague de potache se transforme en info centrale d’un article. Juste pour comprendre. Et rire aussi. Ou pleurer.

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