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Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

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tartine

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26 juillet 2010

Le bureau part one

Comme je l’ai déjà évoqué précédemment, je loue de nouvelles toilettes. Avec à disposition et de manière fort accessoire un bureau.

D’abord, pourquoi je loue un bureau ? C’est vrai, pourquoi dépenser du sou dans la location d’un lieu de torture non sexuelle ? Je pourrais vous reporter au « tu sais que tu es pigiste quand… » (qu’on trouve sur facebook.) Mais voici plutôt ma version de « tu sais que tu travailles à la maison quand… et que tu devrais prendre un bureau parce que… ».

Parce que quand vous travaillez à la maison la frontière entre travailler et passer l’aspirateur est incroyablement étanche.

Parce que, de manière générale, à la maison, y’a toujours un truc mieux ou plus urgent à faire que de finir un article. Je sais pas ce qui se passe dans le cerveau qui à un moment vous convainc sincèrement qu’il est plus urgent de classer les BD par ordre alphabétique plutôt que d’écrire son papier sans lequel on n’est pas payé.

Parce que passé 14h, il devient impossible de travailler. A ça, il y a une variante. Il y a le pigiste qui n’arrive pas à se mettre à bosser avant 15h. Ce qui veut dire qu’en France, entre 14et 15h aucun pigiste ne bosse. (14h c’est aussi l’heure de diffusion des Feux de l’amour. Coïncidence ? Je ne crois pas.)

Parce que la pause café traditionnelle du bureau, pour un free-lance c’est souvent une pause youporn.

Parce que pour un pigiste la frontière vie privée et travail n’existe pas. Comme le pigiste n’a pas d’horaire (chose dont il se félicite) qu’il peut glander toute la journée ou bosser 20h par jour selon les moments, il lui faut impérativement délimiter un espace « vie professionnelle ». C’est déjà ce que disait Virginia Woolf dans Une chambre à soi. Si vous travaillez à la maison, il se passe un phénomène étrange. Tous les moments que vous passez à la maison sans travailler (y compris une simple soirée télé) deviennent source de culpabilité. Travailler à la maison, c’est aussi ne plus pouvoir glander tranquille.

Parce que quand vous vivez à deux, il est très difficile de faire comprendre que « non, contrairement aux apparences, ceci n’est pas ton salon mais mon bureau ». Et conséquemment que « c’est peut-être ton jour de repos mais tu ne peux pas inviter des amis, ni regarder la télé, ni téléphoner, ni faire le ménage et d’ailleurs si tu pouvais arrêter de respirer ça m’arrangerait parce que je suis en train de travailler ».

Pour autant, j’appréhendais de partager un bureau parce que :

1°) je supporte mal la présence de gens dans la même pièce que moi pendant plusieurs heures d’affilée.

2°) jamais de ma vie j’allais prendre le métro pour aller au bureau. Déjà que j’aime pas travailler, si en plus faut se préparer et se taper 20 minutes de transport pour passer une journée nulle (le travail, c’est nul par essence), c’était pas la peine. Du coup, j’allais juste m’en vouloir de payer un loyer pour rien.

3°) De toutes façons, ça allait être trop cher.

Or, j’ai trouvé :

1°) un bureau pas cher

2°) un bureau à trente mètres de chez moi

3°) Alexandre. Collègue.

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22 juillet 2010

Gawker, 4chan et Jessi

Je nous épargne à tous un énième résumé de l’essence de 4chan.

Arrivons plutôt directement à Jessi Slaughter, mini-pouf de 11 ans, devenue une martyre de l’internet. J’ai déjà raconté comment 4chan pouvait lancer des opérations de harcèlement d’anonymes qui ont juste eu le malheur de se ridiculiser dans une vidéo. Ici, c’est un très bel exemple. (Pour avoir toute la chronologie en français, ici y’a un très bon résumé – merci Romain!)

Jessi -> vidéos connes et putassières de pré-adolescente -> 4chan -> blagues.

Sauf qu’à l’échelle de plusieurs milliers de channers, autant dire une meute, on passe rapidement de « blagues » à « harcèlement ».

La première erreur de Jessi c’est d’avoir posté ces vidéos en se présentant comme une prostipute (en même temps, si les enfants de 11 ans étaient intelligents, ça se saurait). La seconde, c’est d’avoir persisté avec une vidéo où elle insultait 4chan. Plutôt que de suivre l’adage « don’t feed the troll », mini-whore a voulu jouer la dure. Et comme, bizarrement, ça ne calmait pas les choses, son papa s’y est mis aussi et à eux deux ils ont posté LA vidéo. Séquence affreuse type Confession intime où le père hurle pendant sa fille chiale.

(Je prends la version de la vidéo que Mad dog a sous-titrée.)


Jessi slaughter – After /b/ (Cyberpolice)
envoyé par Le_Mad_dog. – Plus de vidéos de blogueurs.

En fait, le père qui visiblement n’a aucune connaissance du web a réagi sur youtube comme s’il engueulait une bande de merdeux de 13 ans qui emmerdaient sa fille devant l’école.

En s’adressant à /b/, à 4chan.

Dans le Japon médiéval, on appelait ça un suicide.

D’autant que le papa a quelques légers problèmes de syntaxe qui ont donné naissance à deux phrases cultes et un mot interdit :
– « You done goofed » (vous avez été pris)

youdonegoofed

– « cyberpolice » (un mot qui a fait hurler de rire tous les channers)

Yus_OLOLOLOL

– et surtout « consequences will never been the same » (les conséquences ne seront jamais les mêmes) et qui est aussi beau que « all your base are belong to us » (toutes vos bases sont nous appartiennent).

jessi

Et si on mélange tout ça dans un beau meme, on obtient :

cyberpolice

En tout cas, ça n’a pas du tout plu aux channers de se faire traiter de connards frustrés et la situation est arrivée à un tel point (la famille se plaint de menaces de mort et coups de téléphone anonymes) que Jessi et sa famille sont placées sous protection policière.

Finalement, rien que de très classique.

Là où ça devient vraiment intéressant c’est quand le site Gawker s’en est mêlé. Site ô combien respecté sur le web et qui a raconté l’histoire en prenant la défense de la gamine et donc en attaquant frontalement 4chan et ses méthodes. En résumé, le journaliste pose une loi du web : on ne harcèle pas une enfant de 11 ans aussi insupportable et bête soit-elle.

Et là, on assiste à une scission du web. Des channers ont essayé de faire crasher Gawker mais ont échoué et surtout, le site a décidé de tenir bon en dénonçant toutes les attaques de 4chan et en incitant tous les internautes à parler de 4chan. Ce qui est particulièrement courageux de la part du journaliste en question, Adrian Chen, qui sait pourtant à quoi il se risque.

Les médias américains ont souvent critiqué 4chan. Mais tant que c’était de l’ordre Fox news VS /b/ ça n’avait pas grande importance, et il y avait un relent de « les grands médias traditionnels » contre « le vilain internet ». Cette fois, la donne est différente parce que ce sont deux acteurs majeurs du web qui s’affrontent. Il était inévitable d’en arriver là dans la mesure où l’existence même de 4chan soulève depuis plusieurs années la question de la liberté sur le web. Moot a toujours insisté sur sa volonté d’offrir un espace de liberté aux internautes et, malgré des réponses évasives, dans le fond, il a plutôt refusé d’intervenir pour imposer des règles – quand on lit les règles sur 4chan on comprend vite que c’est beaucoup de la rigolade :

4chanrules

Pour autant, dans cette affaire, simplement condamner 4chan me parait absurde. D’abord parce que 4chan n’existe pas. Quand j’emploie ce terme pour désigner certains comportements, c’est un abus de langage. Mais je me l’autorise parce que 1°) ça va plus vite, 2°) j’ai assez expliqué ces phénomènes pour qu’on comprenne de quoi je veux parler. 4chan n’est pas une communauté homogène, pas plus que le forum dit /b/. Ces dérapages concernent une minorité de ses utilisateurs, et sans doute ce que sur 4chan on appelle les « summerfags » (les gamins qui viennent uniquement pendant les vacances d’été parce qu’ils n’ont rien d’autre à faire à part toucher leur petite nouille). Ensuite, parce que condamner 4chan, c’est confondre la cause et les effets. Au final, ce site n’est qu’un immense forum, c’est l’infrastructure technique où des gens se retrouvent. S’ils n’étaient pas là, les crétins-harceleurs seraient ailleurs. (Ca me rappelle une mesure municipale dans je ne sais plus quelle ville. Il y avait des sdf qui dormaient sur des bancs publics dans un square. Le maire a alors pris une décision simple : il a fait enlever les bancs.)

Plus qu’une entité 4chan qui n’existe pas en tant que telle, ce qui est condamnable c’est un certain type de comportements.

En attendant, maintenant, quand on va sur /b/ on est accueilli par un joli « Good morning America » et des messages dégoulinants d’altruisme. (L’émission de télé Good morning today ayant fait un reportage sur l’affaire « Jessi lutte contre l’abominable 4chan », c’est la réponse de Moot. Toute en finesse.)

4chan

C’est pas du lulz. Juste du lol à l’ancienne.

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18 juillet 2010

Dodo

Visiblement les gens dorment et moi je m’ennuie. Je m’ennuie tellement que j’ai eu envie de prendre de l’avance dans mon programme de Secret Story. « J’ai qu’à en regarder plusieurs, comme ça, la semaine prochaine, je pourrais bosser au lieu de mater de la merde. » Sauf que… Sauf que je viens de réaliser que c’était pas pour de vrai comme une série, je peux pas regarder plein d’épisodes d’un coup.

La seule personne qui daigne répondre à mes messages ce soir c’est une aimable fille que je connais même pas (là, ça devient mauvais signe). (Avoir lu son blog pro, est-ce que ça vaut vraiment pour connaissance ?) Sachant qu’elle m’a écrit pour un truc purement professionnel et que là, j’en suis à lui raconter comment un mec m’a humiliée en évoquant mes problèmes d’élocution. Et non, c’est pas parce qu’elle m’a posée des questions persos. L’échange de mails :

« Bonjour, est-ce que tu pourrais répondre à quelques questions professionnelles ? »

« OUIII, bien sûr, tu sais qu’un jour on m’a dit que mon orthophoniste était bouchère ? »

A ce stade, je sais, je sais, que je dois aller dormir mais j’ai pas envie.

Je veux tellement pas me coucher que je suis allée sur Twitter. Oui. J’ai pas tweeté évidemment, j’ai juste stalké mes amis. Une activité tout à fait saine. Il se trouve qu’ils parlaient de mes joggings qui puent et de mon tabac à rouler. (Coach, je n’ai plus que toi.) (A la suite de mon dernier post, j’ai appris que Coach partait en vacances à Mimizan. J’ai l’impression d’avoir fait du lulz sans le vouloir. Comme monsieur Jourdain.)

Je vais regarder la quotidienne de Secret Story. Il est 2h du mat. J’ai peur de rien.

Je pense que Robin a un léger problème avec sa mère.

Robin et Benoît sont dans les starting blocks et jouent leurs dernières cartes. Une phrase, deux métaphores, reparlez-moi de la médiocrité de la real-tv si vous osez.

Et pourquoi je veux pas dormir ? Simplement pour me donner l’illusion que je suis en vacances. En même temps, comme je suis pas du tout en vacances, en vrai je suis crevée. Ce post va finir brutalement.

Messages à tous les futurs gens de la télé-réalité : ARRETEZ DE DIRE « avec » sans complément derrière. J’ai des affinités avec. Je m’entends avec. Je sors avec. Je nique avec.

Qui de Robin ou de Stéphanie est le plus con… Heureusement qu’on a 13 semaines pour trancher.

Avant, y’avait toujours une candidate de la région PACA. Maintenant, en plus, on a la Québécoise. (J’ai pas dit Nice, j’aime les Niçoises.)

« Moi, j’vais lui vendre du rêve à celle-là » Mister France 2010 vous propose des éjaculations de bonheur.

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13 juillet 2010

Harvey Pekar avec Sparklehorse

C’est pas du tout du tout ce que je voulais poster aujourd’hui. Mais tant pis.

L’autre jour, je pensais à Kurt Cobain. En fait, je regardais le doc sur Courtney Love parce qu’Elixie avait dit de regarder le doc sur Courtney Love et que je fais ce qu’elle dit parce que c’est quelqu’un de goût au blog exquis.

Je pensais donc à Kurt. Je pensais que je comprenais que quand on a très mal au ventre depuis des années (Kurt était fragile du bidon) et qu’on est atrocement malheureux depuis des années (Kurt était fragile de la tête), et qu’on a plein de choses très bien pour être heureux mais qu’on continue à se sentir mal-à-mourir et bien justement on se rend compte que rien ne suffira à arranger notre mal-être et un jour, on décide que ce n’est pas supportable d’être aussi malheureux alors on meurt. On quitte. On démissionne.

Je pensais donc à tout ça et puis hier soir, j’apprends la mort de Harvey Pekar. Je ne sais pas si Harvey Pekar s’est suicidé (on attend l’autopsie, il avait un cancer de la prostate) mais une chose est sûre : Harvey Pekar était un dépressif chronique.

Et justement, les journées comme hier où le travail devient horrible, je repense souvent à Pekar, à sa description de ces journées affreuses et banales, et sa phrase « la vie ordinaire, c’est un truc assez complexe ».

Pekar était scénariste de bande-dessinées. Il ne parlait ni de super-héros, ni de personnages lambda. Il parlait de lui. Un mec gros râleur perpétuellement déprimé, mécontent, brutal et drôle. Son grand oeuvre c’est American Splendor. Certaines des planches d’American montrent seulement Pekar se levant le matin pour aller au travail en se demandant à quoi ça rime. Dans l’article de Télérama, j’ai retrouvé cette citation de Pekar sur le sujet récurrent de ses BD : « ces faits de la vie de tous les jours qui ont plus d’incidence sur une personne que n’importe quel évènement traumatique ou spectaculaire. Il s’agit de ces 99 % de l’existence sur lesquels personne n’écrit jamais. »

Je me permets de mettre des photos de ces dessins sans autorisation (mais Serge, son éditeur pour la France ne m’en voudra pas) :

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Pekar n’a pas marqué une période de ma vie. Rien n’y est attaché. J’ai seulement eu ce sentiment de reconnaissance, d’intimité avec un inconnu qu’arrivent à créer certains artistes quand ils touchent juste. Du coup, quand on apprend leur mort, c’est comme d’apprendre celle d’un ami qu’on a jamais rencontré mais qu’on connait quand même. La dernière fois que ça m’a fait ça, c’était en mars dernier quand Mark Linkous, le chanteur de Sparklhorse, s’est tiré une balle dans le coeur.

Mais plutôt que de s’apitoyer, c’est l’occasion pour ceux qui aiment la BD indé de découvrir un de ses plus grands auteurs.

Pour ceux qui n’aiment pas la BD indé, c’est l’occasion de voir un film coolos.

American Splendor avait été adapté au cinéma il y a quelques années. De façon brillante. Comme la BD représentait toujours Pekar mais dessiné par des auteurs différents (notamment Crumb), le film mêlait dessins, scènes de fiction, interview de Pekar, émissions dans lesquelles il apparaissait (il avait fait scandale chez Letterman).

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