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Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

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8 juin 2010

La conférence TED et Moot (et un peu M6)

Quelques bonheurs en vidéos.

D’abord, sans doute une des plus belles déclarations d’amour et de soumission depuis Histoire d’O (désolée pour la mise en page foireuse) : « si j’te sucerais pas, tu serais pas content ». Non, ce n’est pas un extrait d’une lettre de Rimbaud à Verlaine. Ce n’est pas non plus Proust à son valet. Ni même Marc Lévy à Proust. Il s’agit de Tatiana parlant à Mickael in Les Français, l’amour et le sexe. Bientôt sur M6.

Pour entendre de visu cette déclaration on clique là où y’a du rose, oui, là, par exemple. Ou là.

Mais pourquoi cette phrase me plaît autant ? Pas pour me moquer de Tatiana. Eh non. Mais précisément parce que la maladresse de sa syntaxe en dit beaucoup plus que si elle s’était exprimée sans faute. Reprenons :

« si j’te sucerais pas, tu serais pas content ».

En fac de grammaire et conjugaison, on nous apprend que l’emploi du conditionnel est intellectuellement plus logique que celui de l’imparfait. Pour le cerveau, la conjugaison « si je ne te suçais pas, tu ne serais pas content » où « suçais » est à l’imparfait alors que l’on parle non pas d’un fait du passé mais d’une hypothèse n’est pas cohérent. C’est pour ça que les enfants ont tendance à faire cette faute et à mettre du conditionnel – et ils n’ont pas tort.

Mais du coup, la conjugaison de Tatiana est marquée comme enfantine. Son lexique aussi avec le mot « content ». (On est content ou pas content, comme on est gentil ou méchant et on est un bisounours ou on n’est pas un bisounours.) Or son propos est aussi enfantin et c’est là, la magie de cette phrase où finalement la faute de conjugaison renforce le sens de ce qu’elle dit. Sucer son mec parce que sinon il ne sera pas content, donc avoir peur de le fâcher, c’est se mettre dans une situation d’enfant qui craint de contrarier ses parents en ne faisant pas ce qu’ils attendent.

Et que cette phrase se rapporte au sexe, à savoir une activité considérée comme réservée aux adultes, est encore plus fort.

Et là, je me dis que si la libération sexuelle ça a juste autorisé les mecs à réclamer des fellations, si la conséquence dans la vie quotidienne des femmes c’est pas du tout d’écouter leurs envies mais seulement d’avoir peur de ne pas satisfaire leur mec et qu’il aille voir ailleurs (comprendre : une autre femme qui, elle, fera tout pour qu’il soit content) et bin mes enfants, on n’est pas rendus.

Tatiana

Capture d’écran 2010-06-08 à 16.30.54

Dans un registre totalement différent, c’est la conférence des gens intelligents du monde entier. Aka la conférence TED. Et cette année, Moot, Christopher Poole, est intervenu. Est-ce que je vous rappelle une énième fois que Moot est le fondateur de 4chan ? Imageboard, genre de forum entièrement anonyme, d’où émergent le meilleur et le pire de la culture web ? Non ? c’est pas la peine ? Auto-link pour un meilleur maillage :

interview de Moot un exemple d’attaque de 4chan 4chan et les trolls

Bref, Moot n’est pas seulement un demi-dieu, c’est aussi un être doué de parole :

D’abord amour et gloire à ce garçon qui reste d’une simplicité désarmante. Mais juste, au passage, les gens qui suivent l’actu de 4chan, on notera que pour défendre/présenter positivement la communauté des channers, Moot choisit l’exemple de Dusty (dont j’avais parlé sur BBB.) Dusty, petit chat maltraité par son maître qui filmait les sévices et les mettait sur Youtube. Les channers ont enquêté, retrouvé le monstre et l’ont dénoncé à la justice.

Sauf que les channers ont fait autrement mieux. Ils ont également dénoncé à la police des pédophiles qu’ils avaient pistés sur le web. Si Moot préfère l’exemple de Dusty, c’est parce que c’est beaucoup plus innocent. Mais dans le fond, le principe et le même : 4chan peut monter une armée qui décide de sa justice. Mais le jour de la TED conférence, Moot n’avait visiblement pas trop envie de parler de la puissance réelle de son site et a préféré minorer tout ça.

Sinon, son propos est simple : dans un interweb mondial de plus en plus fliqué, il faut préserver quelques espaces de totale liberté. Or sur internet, la liberté, c’est l’anonymat.

Je pourrais trouver d’autres choses intéressantes à dire, je devrais aussi aller voir les autres vidéos de la conférence TED, ce que je ferai demain sans faute, mais là, je dois m’en aller pour l’apéro. Décevant, n’est-ce pas ?

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6 juin 2010

Il n’y a pas de petit sujet

mais par contre, il y a des petits posts comme je m’apprête à en faire la démonstration.

D’abord et en premier lieu, je n’ai point retrouvé Tikka. Ce qui tendrait à prouver que vous n’avez pas prié assez fort. En outre, c’est une non-retrouvaille particulièrement pathétique puisqu’elle a a priori été localisée mais dans une résidence avec 45 jardins privatifs. Voir le régisseur il faut.

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Never forget

Comme j’étais malheureuse, j’ai décidé que j’étais moche. Du coup, j’ai longuement traîné sur des forums de moches. (Parce qu’évidemment, sur les forums beauté, c’est pas des meufs trop belles qui viennent poster parce que les meufs trop belles, ce temps précieux, elles le consacrent à niquer et elles ont bien raison. Les forums beauté, c’est des forums de moches virtuelles.) Bref. Ca a été une grosse révélation pour moi et j’ai enfin compris mon erreur. Moi qui pensais naïvement que doctissimo faisait la loi sur le web français, je rectifie mon appréciation : doctissimo et auféminin règnent en maître. Si j’étais un prédateur sexuel, j’irais chasser sur auféminin.

Dans ma détresse, j’ai aussi découvert Dilemme. J’en parlerai une autre fois. TROP A DIRE sur le sujet.

Et finalement, j’ai décidé d’aller chez le coiffeur. Ca, ça prouve que j’étais vraiment désespérée. Je suis nulle en deux choses dans la vie : en chaussures et en cheveux. Du coup, j’en achète jamais (ni des chaussures ni des cheveux, vous avez bien compris). Et là, il est l’heure d’insérer un intermède philosophico-logique en deux hypothèses :

1°) Je suis nulle en cheveux donc je ne vais pas chez le coiffeur parce que j’ai horreur de me confronter à ma nullité dans ce domaine.

2°) Je suis nulle en cheveux parce que profondément c’est un domaine qui ne m’intéresse pas.

Sans doute les deux.

Ca existe vraiment les individus qui entrent dans un salon de coiffure en disant des trucs précis ? « Alors je voudrais un effilage derrière, deux mèches asymétriques mais de longueur égale à peu près à ce niveau vous voyez, et ensuite un dégradé qui irait vers l’avant. »

Toujours est-il que la conséquence directe de mon incapacité à choisir une coupe (et plus simplement à nommer une coupe de cheveux) c’est que j’ai toujours choisi des coiffeurs qui me maltraitaient, des coiffeurs qui sentaient qu’ils pourraient facilement avoir l’ascendant sur moi, ce qui m’arrange parce que je suis une soumise du cheveu. J’entretiens clairement un rapport sado-masochiste avec mes coiffeurs.

Rappelons-nous qu’avec ma kiné c’était pas mieux. Mais au moins, cette salope de kiné me faisait physiquement du mal et de la souffrance. Avec les coiffeurs, j’aime moins parce que c’est purement psychologique comme torture.

Il y a quelques années, quand j’ai découvert Ben le coiffeur, j’étais convaincue que je ne pourrais décemment pas trouver un coiffeur qui me traiterait plus mal que lui. (Ni un coiffeur chez qui je pourrais fumer.) Ben m’insultait, me disait que j’étais moche, que mes cheveux étaient affreux et surtout, surtout, il ne me demandait même pas ce que je voulais comme coupe vu que dans son esprit j’étais une sombre merde à peine capable d’articuler trois mots: « Bonjour, combien, merci ». Et le fait que je m’obstine à lire du Roland Barthes pendant qu’il m’insultait n’y changeait rien.

Malheureusement, Ben a dû fermer son salon (mais proposait de venir me massacrer chez moi) et j’ai dû changer de coiffeur. Et alors, j’ai rencontré Caro. Pur miracle. Soyons clair : Caro me terrorise. Caro ne me reconnait jamais (en même temps, j’y vais une fois l’an). Caro n’aime pas trop son travail. En règle générale, Caro est toujours de mauvaise humeur. (Caro est très française.) Caro a une putain de classe de ouf. J’imagine très bien que Caro était la rebelle la plus cool de son lycée.

L’autre jour, donc, je me speede pour ne pas arriver en retard à mon rendez-vous de 15H, sinon ça allait mettre Caro de mauvaise humeur. J’entre dans le salon, je tente un sourire timide. Caro me regarde, me passe devant et… sort du salon. Pas pour fumer une clope hein. Elle se barre. Sa collègue m’explique « elle va à la banque ». Ah. Ok. Normal quoi.

15h30 Caro revient et fume une clope.

15h40 Caro m’installe et me demande ce que je veux. Et alors que je bafouille « je sais pas, faire un truc, une coupe, couper un tout petit peu les pointes et refaire des mèches sur le côté » Caro se retourne vers sa collègue et dit « PUTAIN MA MERE ME PETE LES COUILLES. Putain… chuis d’une humeur de merde là… Fait chier BORDEL. »

Après, elle a pris ses ciseaux et j’ai compris qu’elle avait pas écouté un mot de mes explications mais j’ai rien osé dire. Elle continuait à raconter ses emmerdes à sa collègue et moi je souriais bêtement quand elle faisait une blague.

Là, où j’ai arrêté de sourire c’est quand elle a pris mes cheveux de devant et qu’elle a coupé et que dans le miroir, je me suis vue avec une frange. *je mens, j’aurais jamais eu le courage d’arrêter de sourire. Donc je souriais toujours aussi bêtement mais avec des larmes dans les yeux*.

A la fin, Caro m’a regardée. Ca devait être la première fois, j’avais les yeux rougis, et elle a eu cette remarque sublime. Sur un ton plein de contentement, elle m’a dit « Ah bah, c’est la première coupe que je réussis aujourd’hui. »

Notons au passage que cette coupe, Caro doit bien la maîtriser parce que je suis ressortie du salon avec exactement la même tête qu’elle m’avait faite en décembre 2007. Je crois que ce soir je vais aller au Triptyque. (Amis des régions, désolée pour cette vieille blague de parisien.)

Et sinon, je ne vais pas me lancer dans une théorie sur le conflit israélo-palestinien ici. En-dehors de mes opinions personnelles, je dois juste avouer que j’ai été scotchée par le superbe coup médiatique des bateaux de la paix. (Pas des morts hein, l’idée d’envoyer des bateaux. Parce que l’idée de tuer des gens armés de chaises par contre, c’était pas top une réussite.) Le bateau, dans l’imaginaire collectif, est connoté positivement parce qu’il est un des symboles de la liberté.

Bref, l’autre jour, je me suis retrouvée sur le passage d’une manif pro-palestinienne. Et là, ma conviction que le bateaux était le symbole parfait a été confortée par ça :

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Le symbole du cortège c’était donc ce bateau. Par contre, je n’avais pas anticipé le symbole du dauphin…

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28 mai 2010

Une des choses que j’aime le plus, après internet

J’ai fait un papier sur les retraites que je ne saurais suffisamment vous recommander parce que dedans s’y trouve la vérité.

Mais je ne suis pas seulement une journaliste qui tente sans cesse de saisir une infime parcelle de la réalité de notre pays, je suis également une femme brisée.

Aujourd’hui, point de gaudriole mais tristesse infinie.

Il m’est arrivé terrible drame. Tellement grave que depuis deux semaines, je n’arrive pas à écrire dessus. Je sais, vous imaginez que c’est encore de la gaudriole mais noooon, vous allez voir, vous aussi vous allez chialer. C’est juste un pan de l’internet tout entier qui s’effondre.

Il y a deux semaines donc, mes collègues avaient mystérieusement disparu. (En fait, non, ces petits bâtards avaient juste attendu que j’aille faire pipi pour partir déjeuner entre eux.) Là où ma méfiance naturelle m’a poussée à voir un complot pour me punir de regarder mes collègues avec parfois, de temps en temps, un léger air mi-affligé, mi-consterné, j’aurais dû en réalité interpréter un signe du destin. Parce que deux jours plus tard, la même chose s’est reproduite chez moi. Tout le monde avait disparu. A l’exception de deux personnes. Nous sommes trois à vivre dans cet appart.

Il manquait Tikka.

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Best cat eva

Cette grosse truffe s’est faufilée par la porte de l’appart pour aller explorer le vaste monde. (Visiblement, elle avait pas compris que le vaste monde était plus beau sur internet.) Mondieumaisquecechatestcon. On a sonné chez tous les voisins, ce qui a été l’occasion d’échanger quelques mots fort agréables avec Ouin-Ouin.

– MMMMMMMMpitichatalalalala…

– Mais est-ce que tu l’as vu, Ouin-Ouin ?

– OUIOULALALAOUIiiiijjjjjskdiiimmmaajjiii…Premierétage. Piti chat terrorisé. TERRORISE. Pas pu le caresser. TERRORISE.

– Donc, tu ne l’as pas mangé, c’est ça ?

– Non. Là, Ouin-Ouin a fait un grand sourire avant d’ajouter : Pas pu l’attraper.

Le voisin de Ouin-Ouin, qui fait 100 kilos pour 2mètres, le tout tatoué de dragons, m’a également dit avoir vu Tikka mais qu’il ne l’avait pas attrapée parce qu’il a peur des chats. « Ca aurait été un chien, j’aurais pu. Mais un chat ça griffe ». Heureusement que j’ai pas perdu un hamster, le mec aurait plus jamais pu s’endormir tranquille avec cet être de l’enfer en liberté dans le quartier.

En attendant, je me berce d’histoires incroyables de chats qui retrouvent leur maison. Elle va revenir bien sûr. Un soir, je vais la trouver sur le palier. Mais je me demande vraiment quand même elle va faire le code (c’est vachement haut un digicode). Et comme elle a pas la clé, faut qu’elle pense à sonner à l’interphone des voisins si je suis pas là.

Bref. J’ai zété dans un état proche de la Floride. (Vous avez compris ? Non ? On explique le subtil jeu de mots. Un état proche de L’Ohio -> Marée noire -> Floride. Jeux de mots incompréhensible fait sur le modèle des titres des articles de Slate quand le patron est de bonne humeur et se rappelle comment il aimait bien faire des titres tordus à Libération.)

On a donc sacrifié l’esthétique du quartier en mettant des affiches partout. On ne parlera jamais assez du traumatisme de coller une affiche « disparue » ou « recherchée ». J’aurais tout aussi bien pu mettre « Grosse nulle, lamentable être humain qui mériterait de pourrir dans un marécage avec les jambes et les bras coupés en mangeant des chaussettes a perdu son chat qui était tellement malheureux et maltraité qu’il préfère encore vivre dans une poubelle ». Pour l’anecdote, j’ai été confrontée à un dilemme. J’allais mettre une affiche sur une vitrine de magasin qui était vraiment idéalement bien placé, et puis je me suis rendue compte qu’il y en avait déjà une de la petite Estelle Mouzin. J’ai un peu hésité. Mais j’ai pas osé.

Comme les affiches, ça suffisait pas, j’ai eu une idée de génie. Mettre un bout d’un de mes vieux t-shirts sales sous la porte cochère de l’immeuble. Pourquoi ? Mais c’est évident! Quand Tikka va se promener dans le quartier en cherchant la maison, c’est pour lui indiquer à l’odeur que chez elle c’est ici et qu’elle doit attendre qu’on lui ouvre. (Rapport à la hauteur du digicode hein.) J’étais passablement fière de mon idée. D’abord, j’ai pas trop compris quand le partenaire-vie m’a regardée avec des larmes au bord des yeux. J’ai insisté « non mais c’est géniale comme idée, tu trouves pas ?! » Et il m’a juste dit, la voix étranglée : « Oui oui. Fais-le, ça te fera du bien. »

Comme j’étais un peu frustrée qu’il ne s’incline pas devant tant d’esprit d’entreprise, je l’ai raconté à Francesca. Francesca a une faculté particulière pour l’optimisme et l’enthousiasme. Sauf que là, elle a fondu en larmes et elle s’est contentée de me dire « c’est le truc le plus triste que j’ai entendu de ma vie ».

Je l’ai quand même fait.

Pour l’instant, ça a pas trop bien marché.

Mais peut-être qu’elle est enrhumée en ce moment.

C’est l’occasion pour moi de répondre à une interrogation : que se passe-t-il quand on met des affiches avec un numéro de téléphone ? Et bien les gens appellent.

« Allô ? Vous avez perdu votre chat ? Moi je retrouve tout le temps plein de chats sous les voitures. Vous devriez regarder. » Le conseil qui sert à rien.

« Allô ? T’as perdu ton chat ? Ouais… j’l’ai p’être. C’est koi la récompense ? Hein ? Attends, j’vais réfléchir. » Le racaillou qui sert à rien.

« Allôôô ? Parlez plus fort, j’ai 88 ans vous savez. C’est terrible pour ce petit chat. Terrible. Il est pas tatoué en plus ?! Olalala… C’est vraiment terrible… Je vais prier très fort. » La vieille qui sert pas à grand chose à part me faire culpabiliser.

Et mon préféré, un nombre démentiel d’appels pour me dire :

« Allô ? J’ai vu un chat sur un toit hier. »

Super. Merci.

Mais après, c’est pire. Parce que les gens arrêtent d’appeler. Et les affiches disparaissent une par une.

Heureusement, ce matin, quelqu’un dit l’avoir peut-être vue mais pas sûr rue de Paradis. Alors aujourd’hui, je vais aller faire le tour de la rue en agitant une boîte de croquettes et un t-shirt.

J’ai aussi testé l’internet des gens qui perdent ou trouvent des chats. Sur chat-perdu.org ils ont carrément fait une carte des chats de France. Ce qui m’a rassurée c’est de voir le nombre de gens nuls comme moi qui devraient être déchus de leurs droits de citoyens parce qu’ils ont perdu leur chat.  J’ai aussi bien aimé la rubrique témoignages (parce qu’évidemment c’est jamais les gens qui ont pas retrouvé leur chat qui viennent témoigner). A part ce témoignage, là les gens auraient mieux fait de s’abstenir : « Nous venons de retrouver notre chat Mattéo, disparu depuis le 24 janvier 2009. Après plus d’un mois et demi dans la nature, il a été retrouvé dans la cour du service de voierie de notre commune. Il est en très mauvais état, il ne peut pas marcher et il a énormément maigri. Il m’a reconnu de suite et à ramper jusqu’à moi, puis il a ronronné de toutes ses forces. Je l’ai aussitôt amené chez le vétérinaire qui fait tout son possible pour le remettre sur pattes. Nous gardons espoir, il recommence doucement à manger. »

Si c’est pour récupérer un chat cul-de-jatte qui se déplace en rampant, c’est pas top. Surtout que déjà que quand je m’occupais de Tikka elle était quand même chelou, alors après deux semaines à fumer du crack dans la rue, j’ose pas imaginer ce que je vais récupérer comme chat :

hurrdurrtikka

Mais ne dramatisons pas. Il est aussi possible qu’elle soit partie pour des raisons de contrats cinématographiques. Rappelez-vous que Tikka avait déjà tourné dans un excellent film.

En attendant, je regarde en boucle cette scène qui me console pas du tout parce que je me dit que la vie est injuste. Pourquoi cette pouffiasse qui s’occupe pas une seule fois de son chat pendant tout le film le retrouve en un claquement de doigts ?  (Sans doute parce que la happy end est une nécessité hollywoodienne, dans le livre de Truman Capote, elle ne récupère ni le chat, ni le mec et part en Afrique.)

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21 mai 2010

Du cute, du lol, du pron… de l’internet

Je n’avais absolument pas prévu de poster aujourd’hui mais mon travail m’obligeant à trainer sur l’interweb à la recherche de news…

D’abord j’ai vu ça, et je me suis dit : « c’est bon Titiou, tu vas pas faire un post dès qu’un chat l’emporte sur n’importe quel autre animal même si c’est pour apporter la preuve de leur supériorité sur les chiens. »

D’ailleurs, tu devrais arrêter avec les chats. Y’en a qui en ont un peu marre que la richesse du monde animal soit limitée comme ça alors que :

Meet the sloths from Amphibian Avenger on Vimeo.

Les paresseux ça t’irait tellement mieux comme mascotte.

Après, j’ai vu cettevidéotropcraquanted’unchatond’amour et j’ai sérieusement commencé à envisager de faire un post juste pour lui <3

Penser à élaborer une théorie sur le degré de mignonnerie des animaux qui lèvent les pattes.

Et puis, il y a eu cet excellent papier sur le porno et apple. Où on vous explique que le Flash ça marche pas sur l’iPad. Que Steve Jobs a déclaré que l’iPad allait nous libérer de la récupération plus ou moins frauduleuses de nos données par des sites et aussi du porno. (Non, Steve Jobs ne se masturbe pas. Parce que lui, il travaille mes amis.) Sauf que Youporn est en train de changer son format vidéo. Ils passent de Flash à html5, qui sera lisible sur l’iPad. (Au passage, devrait y’avoir moins de bug dans la lecture de porno grâce à ça.)

Mais au fond, ce qui m’a décidée c’est que depuis deux jours, je m’intéresse pas mal aux mascottes des JO. Regardez-moi ces horreurs. Y’en a un des deux qui représente les jeux paralympiques (oui, là on on peut voir des hommes troncs tenter de battre le record de course à pieds. Exactement.) Mais je sais plus si c’est celui qui a une couche ou pas.

mascots

Je ne m’y intéresse pas par… heu… bah par intérêt quoi. Je suivais ça parce que je savais que ça allait donner lieu à un détournement fendard. Et CA Y EST. Il est là :

hitlerJO

Et il est tellement cool que ça m’a obligée à poster quand même pour faire partager. Parce que l’internet mes amis, c’est aussi ça, du partage et de l’amour.

Bon, sinon, j’ai moultes aventures à raconter – ma vie, c’est un peu comme le pays de Candy : on s’amuse, on pleure, on rit etc – mais ça sera pour plus tard.

Vous avez vraiment cru que j’en profiterais pas pour refourguer le générique de Candy ?

Edit : OULALALA… Je suis à la masse, j’ai failli oublier de me plaindre que le temps passe et que c’est terrible les ravages que ça peut faire quand on n’est pas scientologue (oui, c’est la même nana, je confirme) :

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Edit bis : Je suis vraiment à la masse. J’ai oublié la vidéo la plus fascinante. Celle des poissons rouges dressés par un japonais. Comment on dresse des poissons rouges ? Pourquoi ? Venons-nous d’un aquarium ?

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17 mai 2010

Mes vacances en Grèce – part two

Un post sous le signe des parenthèses.

Précédemment, je narrais avec délicatesse et subtilité mon anti-grecquisme primaire. *putain, ça va être dur aujourd’hui, j’expliquerai pourquoi un autre jour…*

Donc malgré toutes les promesses que je m’étais faites à moi-même, je suis retournée en Grèce. Le premier avantage c’est que je risquais pas d’être déçue. C’est un peu comme si je me décidais à manger des épinards. Le second, c’est que j’aime bien aller dans les pays frappés par une terrible crise économique. En 2002 j’étais en Argentine. C’était chouette. C’était la première (et unique) fois de ma vie où j’avais l’impression d’être la reine du pétrole alors que j’avais juste bossé deux mois au smic (à l’époque j’étais gardienne d’immeuble pour l’OPAC mais c’est une autre histoire).

Sauf que cette fois, les pauvres habitants qui vont se payer un méchant plan de rigueur, ils avaient l’air de s’en battre les couilles sévère. (Exception faite des fonctionnaires.) Soyons clairs, j’ai une affection particulière pour les gens qui n’aiment pas travailler. En la matière, je me considérais un peu comme une championne. Jusqu’à la Grèce. Parce que là, mes amis, on est face à des sortes de champions du monde de l’inefficacité paresseuse et de l’amateurisme.

Même au restau, le serveur, on a l’impression qu’il est là par erreur. Il remplace son cousin qui est malade mais en vrai il est plombier, pas du tout serveur. Donc quand il vous apporte à boire, il s’arrête solennellement devant votre table. (En général, en France, les serveurs essaient d’être discrets. Pas en Grèce.) Il va pour poser la carafe d’eau. Et là, il hésite. Il se ravise. Remet la carafe sur son plateau et regarde longuement votre table et son plateau. Par quoi doit-il commencer ? Finalement, il se décide pour un verre. (Je sais pas trop pourquoi dans son esprit, il vaut mieux commencer par le verre que par la carafe.) Il pose un verre devant mon partenaire vie. Il va pour poser le deuxième verre mais s’arrête brusquement. Il reprend le verre et finalement le met devant moi. A ce stade, il fait une pause réflexive. Doit-il me servir de l’eau avant de poser le deuxième verre ? Finalement non. Il pose le deuxième verre. *là, ça fait deux minutes qu’on ne parle plus, fascinés* Ensuite, c’est facile, il ne reste plus que la carafe d’eau. Mais le partenaire-vie lui demande un cendrier. PANIQUE A BORD. Apporter tout de suite le cendrier ou finir ce qu’il a commencé ?

Alors autant dire que notre pognon avec ses 5% d’intérêts, on est pas prêts de le revoir mes enfants.

Du coup, j’en profite pour passer un message à M. Strauss-Kahn, dont je sais qu’il apprécie particulièrement mes posts du vendredi. Je ne fais qu’accomplir mon devoir de délation républicaine. Cher Dom, je tiens à vous signaler que les Grecs ils nous rembourseront jamais notre pognon. Parce que les Grecs monsieur Strauss-Kahn, ils passent tout au black.

D’ailleurs, pour vous montrer comment ils ont pas envie de rendre l’argent avec 5% d’intérêts :

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Sinon, il aura quand même fallu que j’aille jusqu’en Grèce pour trouver l’origine du web. La source du réseau.

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Si on résume, en Grèce, y’a rien à foutre, à part aller à la plage :

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Je sais pas pourquoi, ça a complètement déprimé mon partenaire-vie. Il a commencé à angoisser, à transpirer, à secouer la tête. « Non mais là ça va pas, c’est pas du tout paradisiaque… »

Evidemment, au lieu de le rassurer, je me suis dit que c’était le bon moment pour l’enfoncer un peu.

– Oui, bin c’est la Grèce quoi. C’est toi qui as choisi cette destination.

(En fait, je crois qu’il disait ça à cause de l’aérosol qui trainait sur le sable.) (Il est très sensible au cadre.)

Pour lui remonter le moral, on est allés manger. (J’ai une vision assez simple de la psychologie masculine.) Sauf que dès qu’on entrait dans un restau et qu’il entendait parler français à toutes les tables, il devenait tout pâle et il recommençait à transpirer. (En même temps, j’avais acheté le Guide du routard pour choisir les restaus alors bon…)

Au bout de deux jours d’apathie, le partenaire-vie est tombé dans une sorte de délirium tremens. Il s’est levé un matin d’excellente humeur : il avait décidé qu’on serait les seuls en Grèce. (Me posez pas de question, je sais pas, peut-être que c’est l’effet du poulpe grillé.) A compter de ce moment, il a mis un soin particulier à éviter tout endroit touristique, ce qui, en Crête, est une gageure à peu près équivalente à celle de trouver un dauphin dans la Seine. D’abord, il a fallu se déplacer uniquement en taxi. (Parce qu’il supportait pas que dans les bus y’ait plus d’Allemands que de Grecs. Moi, je m’en foutais, j’aime ni les uns ni les autres.) On restait de longues heures terrés dans la chambre, les sacs à portée de main, le blouson sur le dos. Le partenaire était tapi derrière la fenêtre à observer la rue. Brusquement, il levait la tête et hurlait « ON Y VA. GO GO GO. »  A ce moment-là, il fallait se précipiter dehors en courant, comme si on allait sauter en parachute. Sauf que c’était pour « aller se balader » parce que c’était le créneau horaire où les autres touristes étaient rentrés dans leur hôtel.

Du coup, on s’est levés tous les matins à 8h pour faire semblant qu’on était les seuls sur l’île. On allait se baigner à midi pile, quand il faisait trop chaud et que tout le monde était à l’ombre, au restau. On vivait en parallèle du reste du monde.

J’avais un peu l’impression d’être une enfant juive en vacances d’été 1944 à Berchtesgaden (lieu de villégiature d’Adolf et Eva) :

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Quand il n’y avait plus ni Libé ni le Monde au kiosque à journaux, il fallait surtout pas dire que c’était à cause des 380 Français qui étaient passés une heure avant nous sur le port mais « ah, c’est l’aéroplane de Crocodile Dundee qui a dû tomber en rade ».

Grâce à ces subterfuges, le partenaire était heureux. On a alors pu se livrer à la seule activité vacancière qui vaille le coup : un concours de bronzage (comme j’ai pas de pénis, on peut pas faire de concours de bite, alors on remplace). Je bronze très vite (comprendre = j’ai un énorme sexe). J’en tire une grande fierté (= je suis la plus forte). Au bout de quatre jours, je paradais « Regarde comme je suis plus bronzée que toi ». Le partenaire a dû l’admettre. Et il a rajouté « Mais tu bronzes bizarre. Tu bronzes pas doré. » J’ai levé un sourcil de mépris. Et puis j’ai mieux regardé ma peau tannée et là, horreur.

J’ai découvert que je bronzais Jennifer Aniston.

Je bronze orange. (Attention, lien sur le pédé qui explique très bien pourquoi Jennifer Aniston devrait mourir.)

Je bronze moche.

Du coup, maintenant, j’attends de débronzer. FAIL.

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