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Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

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5 juillet 2012

Le challenge des vacances et de la vie

J’ai fait un article WOUHOU (avec en prime une très jolie photo d’un de mes agendas de collégienne), cet article (sans grand intérêt vu que je suis en période peticaca, cf plus loin dans ce post) est consultable :

ICI oui, LA mais tu peux aussi cliquer LA ça marche également. Ou même SUR CE LIEN LA qui en fait est le même que celui-là.

C’est les vacances \o/

On sait désormais, après 4 années de blog, que j’ai un talent certain pour foirer lamentablement mes vacances d’été. Je vais donc relever le challenge une nouvelle fois à la force de mes petits biscotos. (Biscotos, un mot trop peu usité.)

Evidemment,  ça va être compliqué de faire aussi chiatique que l’été dernier. Mais ne nous avouons pas vaincu. Déjà, cette année, je pars avec des enfants. DES ENFANTS. A la louche, je crois qu’il y en a 5. En plus, je pars fauchée et ça, c’est toujours un bon truc pour foirer ton été. J’ai aussi une recrudescence de mes crises de migraines (attation, entendons-nous bien, je ne parle pas du mal de tête que vous avez de temps à autre mais de la crise migraineuse qui te fait vomir de douleur et t’abat sur le lit pendant 48h), recrudescence qui m’oblige à limiter ma consommation d’alcool ce qui constitue une excellente base de vacances pourries. Rajoutons à ça des destinations pour le moins exotiques : Clermont-Ferrand (je vais finir par obtenir la nationalité clermontoise à force d’y passer tous mes étés) et la Normandie où a priori, si tout se passe comme prévu, il devrait flotter quotidiennement. En prime, je vous rajoute le chef qui a dit des trucs comme « planning de vacances quotidien », « premier jour visite des plages du débarquement, du cimetière, visionnage avec les enfants du Jour le plus long » etc.

Je vous mets aussi dans ce panier garni la grille des programmes d’été d’Inter qui est la pire depuis belle lurette. (Belle lurette une expression trop peu usitée.)

Et tenez, c’est cadeau, j’ai également noyé mon ordi dans un bain de thé bouillant, RIP mon clavier donc. Accident qui complique passablement ma vie et mes futures vacances.

Mais je dois prendre garde parce que ça pourrait aussi être chouette pour une raison simple : je vais passer mes premières vacances avec Têtard. JE PLAISANTE hein. L’idée c’est plutôt que je vais filer Têtard à son père pendant que je travaillerai (avec des cahiers et des stylos donc). Et puis, je pars avec ma belle-mère (je suis amoureuse d’elle, je lui ai déjà proposé qu’on se pacse mais elle a refusé).

En fait, ces derniers temps ont été tellement… hum… attendez… je cherche le qualificatif adéquat… Affreux ? Epuisants ? Déprimants ? Quenelle ? que ma vie ne peut que tendre vers une amélioration.

Si on résume : je suis enfermée chez moi avec un nourrisson malade depuis cinq mois.

Là, je mens un peu. Je suis sortie de chez moi pour deux hospitalisations en pédiatrie. Des aventures qui mériteraient un numéro complet de Spécial Investigation.

Maman, sors-moi de là au lieu de prendre des photos…

Je ne peux pas travailler – mon fils ayant visiblement décidé que l’argent poussait sur des arbres et qu’il suffisait que j’aille le ramasser 10 minutes par jour, ce qui nous laisse tout le reste du temps pour faire des concours de vomi trop rigolos.

CRIIIC. Vous entendez le piège de la free-lance qui se referme sur elle à l’occasion de son entrée dans la maternité ?

Au début, j’étais énervée parce que je ne pouvais pas travailler et que je voyais pas trop au nom de quelle loi absurde le chef pouvait conquérir le monde et gagner des sous, alors que moi je devais faire des biberons tout en payant les frais de la maison à 50%. (Etre féministe ET femme au foyer = enculade bien profonde.) C’est l’époque où le chef m’a fait une sortie misogyne. Soyons honnête, ça lui arrive pas souvent mais celle-là était sublimement zémourienne. Alors que je me plaignais de la situation, en faisant planer la menace de cesser de payer ma moitié de loyer, il m’a répondu :

« Mais je t’ai trouvé une solution, y’a une nounou qui veut bien s’en occuper. »

Cette phrase est l’occasion de tester votre degré de conscience féministe. Si en la lisant, vous ne voyez pas le problème, vous allez retourner tout de suite me potasser Beauvoir et Butler.

Analysons donc ce sublime exemple de misogynie rampante :

Je t’ai trouvé une solution comprendre tu as un problème, je t’aide à le résoudre

Comprendre qui s’occupe de Têtard dans la journée est TON problème, pas le mien.

(En outre, on n’a pas de fric pour se payer une nounou donc bon.)

CRIIIIC le piège de la free-lance.

Mais bon, à l’époque, j’étais encore super motivée par la vie. Donc dès que j’avais une plage horaire de 20 minutes de libre, je me frottais les mains « AH, 20 minutes de tranquillité, je vais pouvoir écrire un article, faire un post de blog et commencer à bosser sur un nouveau roman ». (Je prenais beaucoup de café.)

Après, je suis passée en mode neurasthénique. Quand t’as plus de vie sociale ni de travail, tu es psychologiquement ostracisée de la société. Tu rentres dans une non-dynamique. Tu commences à te sentir comme un gros caca inutile et incompétent. De « putain, fait chier, j’ai pas le temps d’écrire » tu passes à « crotte, ma petite flamme s’est éteinte, plus jamais je n’écrirai une ligne ». A ce moment-là, quand t’as 20 minutes de liberté, tu fais la liste de tous les trucs que tu devrais faire mais que tu peux pas faire en 20 minutes et finalement, tu décides plutôt de te laver les dents. A la fin de la journée, tu te dis logiquement que t’es bonne à rien à part à te laver les dents. Quand tu croises des gens, ils te demandent sur quoi tu travailles et toi tu réponds avec un éclat de rire chaleureux « ahahaha, sur rien du tout, je me sens comme une grosse merde en ce moment, je suis bloquée, j’arrive à rien, et de toute façon j’ai pas le temps rapport à l’enfant, mais dans le fond je suis au bout du rouleau, épuisée nerveusement et psychologiquement, ah AH AH… » Là, t’as beau faire quelques blagues et un grand sourire pour exhiber tes dents toutes blanches, tu sens bien que la personne en face de toi est mal à l’aise. Elle te pose la main sur le bras, elle te dit « j’étais très heureuse de parler avec toi » et elle s’en retourne à sa vie trépidante.

Du coup, cette semaine, quand j’ai lu Les chroniques de Jérusalem de Guy Delisle (j’arrive un peu après la bataille mais c’est très bien) j’étais pleine d’empathie à chaque planche où il espère pouvoir travailler et où en fait non.

Je me sens un peu comme ELLE aussi.

En parlant BD, j’ai également lu l’Amour de Bastien Vivès. Et entre la reproduction des dessins plutôt figés et les répliques trash, il arrive à créer une putain d’atmosphère (oui, mes photos sont affreuses mais j’ai un problème d’ordinateur/imprimante/scanner) :

Bref. J’ai pris une décision. En quatre temps. D’abord, je vais arrêter de penser que l’achat d’un lave-vaisselle serait la solution à la totalité de mes problèmes. Ensuite, je vais laisser tomber le café et me remettre au maté. Puis je vais mettre fin à cette période de dépression et travailler. (Ou alors, objectif plus raisonnable, je mets à profit ma dépression pour travailler.) Et enfin, je vais révolutionner la littérature.

PS : rien à voir mais j’aime beaucoup ce papier, je pense qu’on pourrait l’élargir à toute décision existentielle (du type : dois-je me laver les dents ou écrire un article ?)

 

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31 mai 2012

Cannes 2012 – part one

En préambule, oyez et sachez que je serai au salon du livre de Montpellier ce week-end. (Samedi toute la journée et dimanche matin.) (Par contre, je suis blindée en pots de nutella.) (Mais pas en petits écoliers chocolat noir.)

Cannes Cannes CANNES Rhââ… Mais c’était tellement bien… STOP. Non, je ne vais pas vous infliger un post « j’ai bu une bouteille de Jack Daniels avec Kanye West à 5h du mat au Baron ». En fait, j’ai plutôt mangé un couscous au Palais du Couscous avec Coach, Henry-Michel, Delgoff, Ioudgine et Loïc.

Sortir sans poussette, travailler sans être couverte de dégueulis, aller bouffer au restau sans se prendre la tête sur l’heure du prochain biberon = LIBERTE je blogue ton nom.

L’année dernière à Cannes j’avais dormi. Cette année, j’ai vu des films. Et très vite, s’est imposée une question fondamentale : C’est quoi un film de cinéma ? (Ce qui suit est la version raccourcie de la première chronique de film que j’ai faite pour Slate.)

Si on prend les critères de la sélection de Cannes cette année, de toute évidence, c’est un film de cinéma c’est un film qui donne envie d’avaler une poignée de clous rouillés et d’attendre la mort.

Le premier jour, vu les horaires, j’avais le choix entre : Au-delà des collines, film roumain de 2h30 de Cristian Mungiu et Les Chevaux de dieu film d’1h55 de Nabil Ayouch. Pour se décider, avec Coach on a lu les résumés officiels.

Soit, choix 1 : « Alina revient d’Allemagne pour y emmener Voichita, la seule personne qu’elle ait jamais aimé et qui l’ait jamais aimée. Mais Voichita a rencontré Dieu et en amour, il est bien difficile d’avoir Dieu comme rival. »

Ou choix 2 : « Yachine, 10 ans, vit avec sa famille dans le bidonville de Sidi Moumen à Casablanca. (…) Un père dépressif, un frère à l’armée, un autre presque autiste et un troisième, Hamid, petit caïd du quartier. (…) Hamid se retrouve en prison, Yachine enchaîne alors les petits boulots pour sortir de ce marasme où règnent violence, misère et drogue. A sa sortie de prison, Hamid a changé. Devenu islamiste radical pendant son incarcération… » A ce stade de la lecture, on a tranché « ok, on va voir les nonnes gouines roumaines refoulées ».

Au vu de ces résumés, on se dit que quand même, parfois, Cannes est une caricature de lui-même. On a donc choisi Au-delà des collines de Cristian Mungiu qui avait eu la palme pour 4 mois, 3 semaines et 2 jours en 2007 – que je n’ai pas vu.

Si je vous dis Roumanie, vous pensez :

1°) gens pauvres dans des paysages dépressifs

2°) gens pauvres dans des paysages dépressifs qui croient à Satan

3°) gens pauvres dans des paysages dépressifs qui croient à Satan et qui ont passé leur enfance dans des orphelinats où ils ont subi des sévices sexuels

4°) gens pauvres dans des paysages dépressifs qui croient à Satan, ont passé leur enfance dans des orphelinats où ils ont subi des sévices sexuels ET qui portent des jogging moches.

Bah voilà. Au-delà des collines racontent l’histoire de filles pauvres qui croient à Satan, ont passé leur enfance dans un orphelinat où elles ont subi des sévices sexuels et portent des jogging moches. Voichita s’est donc réfugiée dans un monastère. Alina vient la chercher pour qu’elles vivent leur amour en paix mais Voichita ne veut pas quitter dieu. Alina décide donc de devenir nonne pour rester avec elle. Mais elle se révolte sans cesse. Les autres nonnes pensent qu’elle est possédée par le malin. Alors elles essayent de la désenvoûter pour la sauver. Mais ça marche pas. Alors elles essayent encore. Mais ça marche pas. Alors elles essayent encore.

Dans ma vie, j’ai vécu beaucoup de tranches de 2h30 mais celle-là m’a paru particulièrement longue. (Je me suis endormie 5 minutes, j’avoue. Le roumain, c’est très mélodieux comme langue, ça vous berce facilement.)

Pourtant, c’est pas un mauvais film. L’histoire est intéressante. C’est bien joué. Le point de vue adopté est original. On comprend comment le drame va se produire – oui, parce que je ne veux pas spoiler mais au cas où vous ayez eu un doute sur l’issue de l’intrigue, je vous préviens, ça finit mal. C’est esthétiquement beau. Et pourtant, c’est chiant. Pourquoi ? Parce que c’est doublement redondant. D’abord, la succession des scènes est redondante. Autrement dit, la progression dramatique est nulle. On assiste à la répétition de la même scène encore et encore. Ensuite, les plans eux-mêmes sont redondants. Il y a toujours trois secondes de trop sur chaque image. Pourquoi Cristian Mungiu a fait ce choix ? Evidemment, les critiques de ciné professionnels nous fournissent des réponses. Ainsi, mon collègue de Slate parle de « sa capacité à observer, à laisser vibrer les corps, à attendre l’instant où davantage de sens, et surtout davantage de présence, émane de l’écran. » Perso, je veux bien attendre de laisser vibrer les soutanes de nonnes mais sinon, il existe une chose au cinéma qui s’appelle le montage et qui peut se révéler bien utile.

Bonus : Je pourrais finir ma critique sur cette petite pique mais l’honnêteté intellectuelle m’oblige à raconter la suite. Le lendemain, avant de m’enquiller le Haneke ( l’histoire d’« un couple d’octogénaire dont la femme a un accident cérébral »), j’ai frénétiquement cherché un film qui ne me donnerait pas envie de me pendre. Un pari de grosse guedin vu la sélection cannoise de cette année. Je me suis rabattue sur Lawless de John Hillcoat, qui avait fait en 2009 La route. Au temps de la prohibition, trois frères qui trafiquent de l’alcool. J’avais entendu des avis plutôt positifs « on ne s’ennuie pas, c’est énergique, voire drôle » mais une remarque récurrente qui m’agaçait : « ce n’est pas du tout un film pour Cannes ». Ah ? Parce qu’on ne s’ennuie pas alors c’est pas du film de cinéma c’est ça ?

En sortant de la projection, j’ai dit « on ne s’ennuie pas mais je comprends pas ce que ça fait à Cannes ». C’est un sympathique film du dimanche soir devant sa télé. Mais ça n’invente rien, ça ne laisse pas de trace. En contrepoint, j’ai été obligée d’admettre que Mungiu a une vision du cinéma. Son film arrive à exister en tant qu’œuvre là où Lawless reste cantonné au simple divertissement.

Mais diantre, œuvre ou pas, s’emmerder au cinéma est impardonnable.

Notons que Les Gouines au-delà des collines a eu le prix d’interprétation féminine (why not), et meilleur scénario (on m’apprend que Robert McKee se serait suicidé pendant le palmarès).

Voilà. Ca, c’était ma critique de film. Certes, c’était pas extra-ordinaire mais bon. Cet article a été l’occasion d’une assez magistrale mise au point. Je venais à peine de rentrer chez moi => de me jeter sur mon ordi. Je checke Slate parce que je suis une grosse control freak et là, je crie « Chef! ». Le Chef était en train de me préparer mon manger. Il arrive, nu sous son tablier, une rose entre les dents. « Ouiii ? J’ai presque fini de faire cuire ta vache et tes patates. »

- Tu peux m’expliquer pourquoi ma critique de film est dans le blog Cannes alors que celles des autres journalistes non ?

- Ah oui. C’est rien. Juste les vraies critiques de film je les ai mises en article. Tu veux quoi comme sauce petite fleur sauvage d’amour ?

- MAIS PUTAIN MAIS VA TE FAIRE FOUTRE. Ca m’apprendra à me casser le cul pour essayer d’écrire un papier pas trop chiant avec un angle. Tu peux m’expliquer en quoi c’est pas une vraie critique de film ? Parce que j’essaye de pas emmerder les lecteurs sachant qu’ils n’ont pas vu le film ? J’aurais dû donner mon papier à quelqu’un d’autre. C’est de la confiture à un cochon là.

- Et pour ta sauce alors ?

- Non mais là on n’est pas en mode couple merde. On parle de travail. »

Du coup, on est passé en mode engueulade généralisée. Parfois, c’est quand même compliqué comme situation.

Comme c’était vraiment ma journée, on a fait un examen à Têtard. On sait maintenant que son RGO vient d’une plicature gastrique – terme médical pour dire qu’il a l’estomac naturellement plié en deux. Vous pensez bien que j’allais pas avoir un enfant normalement fonctionnel. Ca aurait été trop simple. La bonne nouvelle c’est que y’a pas à opérer, ça se soigne tout seul. La mauvaise c’est qu’il faut attendre qu’il ait environ un an. Super.

PS : J’ai mis part one en titre mais en fait, je sais pas si j’ai de quoi faire une part two. On verra.

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18 mai 2012

6 mai 2012 à la Bastille

Avant de partir à Cannes, (CANNES = colo de vacances avec les copains, cinéma gratos, alcool, liberté. Tout ça pendant 4 jours.) revenons sur un autre événement pour lequel je suis sortie de chez moi (ALLELUIA). Le 6 mai 2012.

J’ai donc testé la place de la Bastille le soir de la victoire de François Hollande.

C’était trop génial de vivre un moment historique comme celui-là et puis y’avait vraiment une super ambiance, hyper conviviale, on était vraiment tous là pour faire la fête.

Hum… Ca, c’est ce que je raconterai à mes enfants pour bien leur foutre les boules. Exactement comme on a fait avec nous pour 81. « C’était bien ta manif Têtard ? Cool. Mais ça ne vaudra jamais le soir de l’élection de Hollande. C’était magique. On ne revivra plus jamais un moment comme celui-là. Je me souviendrai toute ma vie du moment où François Hollande a lâché un phénix d’or qui s’est envolé majestueusement au-dessus de la place pour venir se percher sur le génie de la Bastille. »


En vrai :

1°) Tous les moins de 40 ans étaient là parce qu’ils avaient raté Mitterrand en 81 et qu’on nous saoule avec ça depuis des années. Sauf que précisément, en 81, les gens y étaient pour Mitterrand. En 2012, on était une partie non négligeable à y aller parce qu’on avait raté Mitterrand. Ca fait une sacrée différence.

Disons qu’à titre personnel, c’était dans la liste des trucs à faire dans ma vie : sauter en parachute, aller à Bastille fêter l’élection d’un président de gauche.

2°) On était complètement paumé. Imaginez, c’était la première fois depuis pfiou… des dizaines d’années que les « gens de gauche » manifestaient POUR quelque chose. De façon positive. C’était hyper déstabilisant. Normalement, les manifs de gauche c’est anti-FN, anti-CPE ou n’importe quelle autre mesure concernant l’Education Nationale, anti-discrimination, anti-réforme des retraites, anti-expulsion, anti-mesures d’austérité etc.

Résultat personne ne savait quoi crier. Sorti de « machin ta réforme si tu savais où on se la met », c’est le néant.

Du coup, il a fallu se rattraper et très vite sont apparus des slogans anti-Sarkozy. « Sarkozy aux chiottes et pissons-lui à la gueule et faisons un gros caca par-dessus le nain et tirons la chasse » et autres formules aussi élégantes. On fêtait certes l’élection d’un nouveau Président de gauche mais ce qui dominait, c’était l’étonnement et la satisfaction vengeresse d’avoir réussi à se débarrasser de Nicolas Sarkozy. Ca reste assez fascinant comment cet homme a réussi à concentrer les haines contre lui.

On était moins dans « changeons la vie » que dans « ça va être moins pire ».

« Tu comprends Têtard, on n’était pas blasé et pragmatique comme ta génération. A l’époque on croyait encore qu’on allait changer le monde, la France, la vie de chacun. François Hollande avait incarné cette aspiration, il l’avait portée avec majesté, ampleur, souffle, lyrisme. Quand une montgolfière a lancé des nuages de pétales de rose sur la place, c’était nos rêves qui virevoltaient dans la brise printanière. C’était ça la Bastille en 2012, un rêve éveillé. Hein ? Quelle pluie ? Qui t’a dit ça ? N’importe quoi… Ecoute moi, j’y étais, il faisait 25 degrés. »


3°) Les slogans anti-Sarkozy étaient sans doute liés à la très grosse présence des militants du Front de gauche – à croire qu’ils campaient sur place depuis le meeting de Mélenchon.

Echange entendu entre deux jeunes :

« Alors maintenant le SMIC va être à 1700 euros ?

- Non mais t’es con au quoi ? Lui c’est Hollande, c’est pas Poutou. »

Tu m’étonnes que si le mec pensait que maintenant le smic est à 1700 euros il soit venu faire la teuf.

« Et je t’ai parlé de l’arc-en-ciel nocturne, mon Têtard ? Non mais parce que quand même, c’est hyper rare comme phénomène un arc-en-ciel en pleine pénombre. Je dois avouer que ça a rajouté à la magie du moment. »



4°) Dans le métro et aux alentours de la place, l’ambiance était fort sympa. Par contre, une fois que vous vous immergiez au milieu de la foule, c’était l’horreur. Vous étiez littéralement piégé, impossible d’avancer ni de reculer. Ce qui évidemment a provoqué des mouvements de panique. J’ai vu plusieurs meufs faire des malaises et impossible de les évacuer.

Il y a eu un début de baston entre une famille qui vendait des merguez et un mec qui était bloqué contre leurs grillades.

Là, la mère de famille le supplie de ne plus frapper son mari… Charmant.

Perso, je me suis embrouillée avec un mec d’à peu près 1,90m. Je l’ai bousculé, il m’a dit « je vais te frapper pétasse ». Et là, j’ai eu une résurgence absolument ridicule du temps où je vivais à Bagnolet. A Bagnolet, après la fois où je me suis faite agresser avec coups et violence sous la menace d’une arme (c’est comme ça que les mecs de la BAC avaient qualifié le truc, s’il vous plait), j’avais décidé que plus jamais. Du coup, au moindre type qui me regardait de travers, je passais direct en mode agression.

Le mec a donc eu la surprise de me voir l’attraper par le col et lui hurler : « QUOI QUOI ? Tu crois que t’es plus fort que moi ? Mais moi je te rétame ta gueule de fils de pute de ta race !! Vas-y viens quoi !! » avec en prime un semblant de très vague accent du 93 que j’avais fini par choper à l’époque quand je m’énervais. C’est son pote qui s’est interposé.

Y’avait aussi les inévitables mecs qui veulent te taxer une clope, à qui tu dis non et qui t’engueulent parce que putain on est là pour partager tous ensemble. Va partager ton cul oui. Moi je suis là parce que j’ai jamais vu Mitterrand.

« Tu vois, Têtard, le truc le plus fort ce soir-là c’était la communion entre les gens. C’était une foule très dense mais sans aucun accrochage, on était vraiment tous ensemble. On se frôlait, on se touchait, on se caressait. Certains ont commencé à se déshabiller, des couples ont fait l’amour au milieu de la foule et tous les regardaient avec respect. Un mélenchonniste m’a proposé un cunnilingus, comme ça, gratuitement, parce qu’on était là pour se donner du bonheur les uns les autres. C’était à la fois simple et beau. Hein ? Oui, j’ai accepté bien sûr. »

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16 mai 2012

Autisme et administration

Samedi, je pars à Cannes, le choc risque d’être violent dans la mesure où je traverse une phase d’autisme sans aucun doute liée au fait d’être enfermée chez moi depuis 4 mois.

(En parlant de Cannes, il faut aller regarder l’excellente fausse sélection de Brain.)

1°) Ma vie comporte peu de moments vraiment… hum… disons vraiment satisfaisants ces derniers temps. (Cf le Point MILF ci-dessous) Heureusement, depuis que j’ai fait l’acquisition de son manuel de coaching, je suis les conseils de Shannen Yoda Doherty. Je vois déjà les esprits chafouins qui vont me répondre Shannen ?! La meuf à qui plus personne sur le plateau de Beverly Hills ne voulait parler ? La meuf à qui plus personne sur le plateau de Charmed ne voulait parler ? Shannen dont la carrière a donc tourné court ? La meuf qui vient de vendre son mariage pour une télé-réalité ?

Tout à fait. Celle-là même.

Dans le petit livre rouge de Shannen, on apprend que la « badass » pour affronter les périodes difficiles de la vie doit se ménager de petits bonheurs. C’est donc ce que j’ai fait. Ces derniers jours, à n’importe quel moment de la journée, je suis brusquement envahie d’une sensation de soulagement, due à la mise en œuvre concrète d’une décision prise il y a deux ans. Celle de ne plus m’infliger les films de Tim Burton. Rappelez-vous, j’avais expliqué que son Alice était une daube au fromage.

A chaque fois que j’entends parler de son nouveau film, je suis pénétrée du bonheur que me procure la certitude que je n’irai pas le voir. (Parce que jusqu’à présent, j’avais toujours fini par craquer mais là, je sais que je tiendrai bon.) (C’est aussi rapport au fait que j’ai pas de place en crèche et que donc, je ne vais plus au ciné mais bon.)

2°) Je commence à être assez admirative de l’énergie que met la Sécu à ne pas me donner mes sous. Ca leur demande clairement de déployer des trésors d’inventivité. J’avais déjà eu droit à un entretien pendant ma grossesse au cours duquel la conseillère m’avait dit qu’elle ne comprenait rien à mon statut et que du coup, je n’aurais droit qu’au minimum. LOGIQUE. Minimum qui ne me permettait pas de payer mon loyer mensuel. Depuis le démoulage, ils me renvoient toutes mes feuilles de soin pour des raisons diverses et variées. La dernière fois c’est parce qu’ils trouvaient que la date de la consultation médicale n’était pas assez lisible. Et du côté de la mutuelle, ils me disent qu’ils kifferaient vraiment à mort rajouter têtard mais que malheureusement trop la lose il semblerait qu’il y ait un retard du côté de la sécu…

Parallèlement à ça, j’ai reçu une lettre de la caf qui me demande de rendre l’allocation de naissance. Parce que ? Bah juste parce que. Genre ils ont changé d’avis. Du coup, je leur ai répondu que foutre dieu, je voyais pas pourquoi je rendrais des sous que, vu l’état de ma chatte après 12 heures de travail, je considérais mériter amplement.

Précisons que dans mon esprit, la prime donnée pour la naissance d’un enfant ne sert pas à acheter des berceaux et des bassines à vomi. Je vois plutôt ça comme un salaire versé à la mère pour son travail pendant l’accouchement. D’ailleurs, la loi le dit « tout travail mérite salaire ».

Et comme j’ai une putain de baraka en ce moment niveau administratif, aujourd’hui, j’ai reçu un avis d’huissier. Il semblerait que j’ai omis de résilier l’assurance de mon ancien appart et que du coup, l’assurance ils comprennent pas pourquoi je leur donne pas des sous et qu’ils ont décidé de venir les chercher avec les dents.

Dans ces moments-là, je me rappelle que je n’irai pas voir le film de Tim Burton et tout de suite, la vie me paraît plus légère.

3°) Le truc le plus fou-fou de ma vie ces derniers jours c’est que je suis harcelée par un numéro de téléphone non masqué. Une fois j’ai décroché et c’était un monsieur qui me disait qu’il m’appelait comme convenu pour fixer le rendez-vous pour le ramonage. Là, j’ai fait la seule chose possible dans ce genre de circonstances : j’ai paniqué. J’ai demandé au chef de quoi il s’agissait. Il m’a dit non. J’ai répété connement au mec « non ». Le mec m’a répondu « Mme Lecoq, je vous ai eu au téléphone hier et vous m’avez dit de rappeler aujourd’hui pour le rendez-vous ». Hein ? Là, le chef qui me voyait sur le point de m’évanouir (j’ai un problème pathologique avec le téléphone, j’ai également un problème pathologique avec les inconnus) m’a dit de raccrocher. J’ai raccroché.

Depuis, le monsieur arrête pas de me rappeler. A des heures qu’on peut qualifier d’indues. Franchement, quel ramoneur téléphone à 20h45 ?

Et puis, il veut ramoner quoi ? (Tu le penses très fort ? Moi aussi. Mais abstenons-nous de cette blague trop facile.)

A PART ma chatte.

(Désolée, j’ai craqué.)

La nuit, allongée dans mon lit, je garde les yeux grands ouverts et toutes ces questions tournent sans fin dans ma tête. C’est dire la richesse de ma vie intérieure…

Du coup, j’ai fait le truc le plus con du monde : j’ai cherché ledit numéro sur Google. WTF hein… Tout ce que j’ai su c’est que :

Partant de là, on peut en tirer pas grand chose OU ALORS un nombre infini de possibilités. Ce qui en terme de physique quantique revient exactement au même. (Je devrais pas faire ce genre de blagues, il paraît qu’il y a un chercheur en physique qui lit mon blog.)

En tout cas, ça veut quand même dire qu’il y a 27 personnes aussi cinglées/paranoïaques que moi sur terre. C’est rassurant. Enfin… je crois.

Point MILF (o)(o)

Têtard a donc un RGO (reflux gastro-oesophagien) qui n’est pas « contrôlé par la prise de médicaments » (c’est ce que le dernier docteur a noté). Et pourtant, je peux vous dire qu’on en a essayé. Des médocs. Et des médecins.

Ce qui m’a amené l’autre jour à dire à Twitter que « c’est pas un enfant que j’ai, c’est une poche à vomi ». Sauf que la réalité est plus compliquée. Disons que « c’est pas un enfant que j’ai mais une poche à vomi qui déborde sans cesse » – mais c’était moins drôle comme formulation. En fait, cet enfant est un puit sans fond de gerbouille. Sauf que là encore, la comparaison montre les limites du concept. Puisqu’un puit sans fond, on arrive jamais à le remplir. Donc il ne déborde jamais. Et pourtant, quand on voit tout ce que cet enfant est capable de régurgiter chaque jour, c’est forcément l’image d’un puit sans fond qui s’impose à l’esprit, une sorte de tonneau des Danaïdes de la gerbe.

Evidemment il a mal.

Evidemment, quand il a mal, il pleure et il me regarde.

Evidemment, je ne peux rien faire.

Evidemment, à chaque fois, je dois perdre une minute d’espérance de vie et gagner un pourcentage supplémentaire de risque de développer un ulcère.

Evidemment, quand il me regarde, je crois qu’il dit « j’ai mal, pourquoi tu ne fais rien pour moi maman ? ».

Alors qu’en vrai, il dit juste « GGGGAAAAAaaaaaaaaa ».

De tout ça, vous devinez que je suis un peu cloîtrée chez moi hein… (Ou comment le piège du boulot en free-lance se referme sur toi pour te transformer en mère au foyer qui bosse quand même.)

Oui, parfois j’ai l’impression de vivre dans ce publicommuniqué pour Fedex mais où Wilson (le copain ballon) vomirait tout le temps et où l’île ne serait en réalité qu’un amoncellement de papiers administratifs avec l’en-tête de la sécu.

Au fait, même si ça n’a rien à voir, je suis devenue complètement accro à la rubrique « Secrets de tournage » d’Allociné. Là, en cherchant Seul au monde, je viens d’apprendre que

« Soucieux de réalisme, le scénariste Chuck Noland a décidé de jouer les échoués volontaires pendant quelques temps sur une île proche de la Mer de Cortes (au large du Mexique). A son retour, il a déclaré que «livré à moi-même, j’appris à localiser une source d’eau potable, à utiliser du silex en guise de couteau, etc. Autant d’expériences basiques qui furent ultérieurement développées et incorporées au script. »

« Soucieux de réalisme »… Tu m’étonnes…

J’imagine pour les Morues « Soucieuse de réalisme, l’écrivain Titiou Lecoq a décidé de s’alimenter exclusivement de vodka pendant deux ans. Cette expérience fut ultérieurement développée et incorporée au roman. »

Donc, samedi je pars à Cannes. Je ne sais pas trop comment ça va se goupiller avec mon autisme actuel. Peut-être que mon cerveau va exploser. Ou alors je vais finir comme ça :

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5 mai 2012

Khal Drogo et Nicolas Sarkozy

Commençons avec un point people qui n’intéressera qu’un nombre fort limité de personnes.

Je vais incessamment sous peu commencer la 2ème saison de Game of thrones. Tu l’as pas vu ? Tu as tort. Tu l’as vu, rigole avec moi de cette image:

Bref. Je viens de découvrir que Khal Drogo, de son vrai nom Jason Momoa (mais plus connu parmi les femmes hétérosexuelles et les gays sous le nom « oui, vas-y, prends-moi tout de suite là maintenant avec ton énorme turgescence ») ce mec donc est marié avec Lisa Bonnet.

Tu es né après 1985, tu ne connais pas Lisa Bonnet, c’était l’une des filles du Cosby show (ma préférée) et l’ex femme de Lenny Kravitz (qui, vu les meufs qu’il s’est tapées, doit bien avoir quelque chose de séduisant).

Voilà. Ca n’a aucun intérêt mais ça m’a scotché. Ils ont 12 ans de différence – vous me direz que ça, c’est comme le Chef et moi. Sauf qu’un couple où c’est le mec qui est plus âgé c’est d’une terrifiante banalité. (Parfois je me dis que d’un point de vue politique, ça serait une raison de rompre. Mais après je me rappelle qu’il sait faire du pain perdu.) Donc un big-up à Lisa. Par contre, je me permets d’émettre un léger doute sur le choix du prénom de leurs enfants. La fille s’appelle : Lola Lolani Momoa. Et le garçon se nomme… enfin… se je sais pas quoi parce que clairement on ne peut pas appeler ça un nom : Nakoa-Wolf Manakauapo Namakaeha Momoa. Ce qui détrône le Bronx Mowgli Wentz de Ashlee Simpson. (Oui, Ashlee Simpson a appelé son fils Mowgli.) (C’est un peu comme si j’avais une fille et que je l’appelait Buffy Summer Lecoq.)

(En même temps, je vais pas trop me moquer des prénoms des enfants de stars. Quand j’ai dû aller à l’état-civil pour la déclaration de naissance de Têtard, je venais d’accoucher, j’étais encore incarcérée à la maternité – pour être sûr que vous en sortez pas, ils ont un bureau spécial dans l’hosto pour faire les papiers. Et je sais pas trop ce qui m’a prise mais quand j’ai vu qu’on pouvait mettre trois prénoms, sachant qu’on en avait pas parlé, j’ai collé en 3ème prénom à Têtard « Alfred ». Me demandez pas, je sais pas trop ce qui s’est passé dans mon cerveau. Je devais encore être gâvée d’hormones.)

Voilà. Vous pouvez noter l’intérêt de ces remarques sur une échelle de 1 à 2. 2 signifiant « pas du tout intéressant » et 1 « j’ai envie de manger un bol de chocopops ».

So. Toutes ces réflexions ne suffisent sans doute pas à occulter le fait que demain, on aura un nouveau Président. OU PAS.

Ce qui m’amène à une interrogation introspective : pourquoi je n’ai pas fait de papiers récemment sur cette putain d’élection ?

Parce que faire un papier pendant l’entre-deux tours, c’est impossible. En tout cas, pour moi.

1°) La principale activité des journalistes – et d’ailleurs de la plupart des gens – a consisté à faire des calculs de report de voix, des paris de PMU. Comme je suis pas incroyablement forte en pronostic, j’aurais rien dit de mieux que Brice Love Teinturier.

2°) J’aurais pu faire des analyses de la rhétorique des discours, décortiquer les raccourcis dans les stratégies argumentatives. Sauf que j’ai eu beau chercher, je n’ai pas détecté d’argument pendant cette période. J’ai l’impression que l’espace médiatique a été saturé par une déferlante de propos xénophobes venant de l’UMP. Ce n’était même plus un objet d’analyse rhétorique mais simplement un ramassis de mensonges confondant immigration légale et illégale, balançant des phrases fausses mais qui allaient résonner avec l’inconscient. Pendant le débat encore, on en a eu un exemple avec la référence aux petites filles afghanes à qui les talibans coupaient les mains parce qu’elles portaient du vernis à ongles. C’est une histoire qu’on a déjà vaguement entendue, on ne sait plus trop bien où mais qui du coup prend une valeur de vérité. Sauf qu’en fait, cette histoire est fausse. (Christian Salmon, auteur de Storytelling, s’était intéressé à la genèse de ce mythe.) La même chose s’est produite avec l’affaire des piscines municipales ouvertes pour les femmes voilées.

Or l’affirmation de choses fausses ne relève pas de la rhétorique.

3°) La dernière raison qui m’empêche d’écrire, c’est la dramaturgie de l’élection elle-même. En scénario, on dirait que le jour des résultats représente le dénouement. Et que le débat était le climax de l’intrigue. (Déjà dans la tragédie classique, la scène où les deux protagonistes se retrouvent enfin en face à face est toujours l’acmé de la pièce.)

A ce stade de la campagne on était donc en pleine dramaturgie. Un moment où la raison n’a pas vraiment sa place. D’ailleurs, Nicolas Sarkozy ne s’est pas privé d’hystériser au maximum cet entre-deux tours. Or je suis bon public. Moi, dès que vous me présentez des protagonistes pris dans un conflit, je marche. Donc ces derniers jours, j’aurais eu bien du mal à écrire avec le recul nécessaire. Je l’avoue, j’ai jubilé quand Hollande a balancé des vannes à Sarkozy. Et inversement, j’ai trépigné de rage quand Sarkozy vannait Hollande. Je trouvais les vannes du premier de très bonne qualité, celles du second n’étaient que mauvaise foi à mes yeux. Partant de ce constat, je me voyais mal écrire quoique ce soit. Je me sentais juge et partie.

Vous me direz, c’est toujours le cas, l’objectivité journalistique ça n’existe pas.

Certes mais d’habitude on peut garder quand même un peu de recul. Là, dans ce contexte de tension extrème, ça m’était impossible.

D’où d’ailleurs, l’un des problèmes que ça me pose de liver la soirée de demain pour Slate.

Parce que franchement, si Nicolas Sarkozy est réélu, je… Rhâââ… putain, je veux même pas imaginer mon état. Je ne vous dis même pas que Hollande ferait un meilleur Président – c’est juste un problème de mathématique.

- En 95, à l’élection de Chirac, j’avais eu un peu les boules.

- En 2002, quand ce mec qui je considérais alors clairement comme un escroc qui aurait dû être déféré devant la justice a réussi à se faire réélire, je l’ai eu franchement mauvaise.

- En 2007, j’ai commencé à désespérer.

- En 2012, soit après 12 ans de Chirac + 5 de Sarkozy, soit 17 ans PUTAIN 17 ANS de suite avec un Président de droite, l’idée d’en reprendre pour 5 ans, ce qui nous amènera à 22 ans de présidence de droite non mais franchement… Juste au nom du besoin d’alternance quoi…

Amis de droite (oui, j’en ai), imaginez si vous aviez dû subir 17 ans de présidence de gauche dans quel état vous seriez à l’idée d’en manger 5 de plus. Mettez-vous à notre place. Soyez compatissants, faites-nous un petit cadeau quoi. On vous demande pas le bout du monde, juste un quinquennat.

Merci d’avance.

 

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