Social

fil rss girls and geeks girls and geeks sur facebook girls and geeks sur facebook

Citations

Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

Cam

profil1

Les Archives

16 août 2012

Partenariat, pubs, thunes, blog, coach

L’autre soir, j’ai dîné avec Dieu. Fred Royer donc. Je sais, je radote mais l’homme qui faisait ça ne peut être que de nature divine :

Désolée, je m’en lasse pas…

Bref. En discutant avec Dieu, j’ai encore une fois fait le constat de ma pine-attitude. (Alors non, précisons que la pine-attitude ne consiste pas à se ballader avec un collier de bites autour du cou, mais se résume plutôt dans le fait d’être une pine.) (Les linguistes féministes noteront d’ailleurs qu’être une pine signifie être nul, alors qu’avoir de la chatte/ou de la moule = avoir de la chance.) Je suis littéralement une bite de cheval dès qu’il s’agit de mes intérêts pécuniers. J’ai donc pris la décision de m’améliorer mais dans les idées suggérées par dieu, il y en a une que je refuse absolument. Pas celle de la prostitution non. Celle qui consisterait à foutre de la pub sur le blog. Je l’ai déjà écrit ici même mais c’était y’a longtemps donc je renouvelle ma profession de foi : ceci est un espace sans pub, sans publi-communiqué et donc, amis du marketing, c’est également un espace vierge de toute trace de votre si merveilleux travail… Parce que oui, je reçois des propositions de « partenariat » via la page Facebook de Girls and Geeks.

Partenariat = « fais-moi de la pub gratos pour mon produit tout pourri et je t’enverrai un poke ». Florilège des dernières propositions que j’ai reçues :

- Le mec qui ferait mieux de s’inscrire en BTS commerce avant d’être autorisé à avoir une boite mails :

“Je travaille pour une start up qui développe une application smartphone qui permet de créer des cartes postales personnalisées en utilisant Facebook, Instagram ou les photos de ses albums persos. Je pense que cette appli pourrait intéresser vos lecteurs et je voulais donc vous demander si vous pouviez faire un post ou même écrire un article sur nous. En échange vous auriez droit à un accès gratuit aux fonctionnalités de l’appli sur une période donnée.”

(En relisant son mail, je me dis qu’il devrait aussi suivre une formation juridique.)

- La meuf qui n’a visiblement jamais lu mon blog et qui doit penser qu’il s’agit d’un collectif.

“Bonjour chers geek et cheres geekettes!

Nous nous présentons : 4 entrepreneurs créant nouvelle marque de jus de fruits 100% naturel à base de fruits de fleurs ou d’épices.

Nous ajoutons une nouveauté à notre précédente gamme de produits. Après la Nymphette Délicieuse, le Dandy des Bas Fonds, la Cougar Puritaine et le Tartuffe de Monte Carl. Le GEEK CHIC a vu le jour !
Vous voyez peut être maintenant où est ce que nous voulons en venir..

N’hésitez donc pas à parler de nous sur votre blog ou votre page facebook. Nous serons ravis de vous intégrer sur notre prochain article spécial Geek !” 

- Et attention, le meilleur, le message qui se veut sympa mais qu’en fait tu prends hyper mal:

“Je fais appelle à vous car je suis actuellement sur un nouveau programme d’émission pour une grande chaine. Je cherche des femmes célibataires et aventureuse de 25 à 40, et surtout en quête d’amour!

Nouveau concept d’émission très sympa dont j’aimerai vous faire part. Je cherche LA femme qui à tout pour plaire mais qui ne trouve pas chaussure à son pied. Pas de bimbo, une Alexandra Lamy dans un gars une fille qui cherche son Loulou, mais pas désespérément, évitons le misérabilisme!”

J’en profite pour linker le projet complètement WTF d’un lecteur : recréer une horloge fonctionnelle à partir de 1440 photos d’internautes.

Pourquoi je veux pas faire de partenariat avec les gentilles entreprises qui me le proposent ? 1°) je refuse de monétiser le blog avec de la pub. Je l’ai ouvert pour pouvoir écrire exactement ce que je voulais, faire des phrases trop longues, mettre trop d’adverbes, tenir des propos non pertinents. Bref, pour écrire sans avoir quelqu’un qui me modifie mon papier. Or si tu rentres dans le cercle dantien de la pub et des partenariats, tu vas commencer à réfléchir en termes financiers. Tu vas te dire que cette vanne vaudrait mieux l’enlever parce qu’elle pourrait être mal perçue. Tu vas t’auto-censurer parce que tu vas penser aux sous, au nombre de pages vues, aux entreprises qui te font des cadeaux. Tu vas avoir peur de ne pas/plus plaire. 2°) De manière générale, la mode actuelle qui consiste à nous faire croire que la publicité peut aussi être une information me fait gerber des caillots de sang. (Y’a quelques années, on avait déjà essayé de nous faire croire que la pub c’était de l’art.) Or c’est cette idée qui amène à faire des posts sponsos, à accepter de brouiller les lignes entre réclame commerciale et véritable contenu.

D’ailleurs, en parlant de partenariat, une blogueuse a raconté une petite histoire fort instructive. Elle a gagné un concours organisé par une marque (coréenne) (ça suffit comme indice ?) (qui fait du matos technologique) pour passer 3 jours à Londres pendant les JO. Allez voir (si le sujet vous intéresse) ce qui s’est vraiment passé. (En gros, elle a été réduite en esclavage.) Je vais pas prendre sa défense parce que 1°) elle ose considérer que faire des posts sponsos c’est du reportage. OMFG. 2°) elle a pas été foutue de gueuler (à mon avis en partie parce qu’elle ne voulait pas se fâcher avec une marque qui l’a fait bosser, on en revient à l’auto-censure).

Ca n’a absolument rien à voir mais j’aimerais dire au mec qui m’envoye des textos que je pense qu’il fait une erreur de numéro :


En vrai, je pense qu’après une nuit de foutre, la meuf en question lui a lâché un faux numéro, qui se trouve être le mien.

Sinon, à cause des vacances, j’ai raté l’anniversaire du blog en juillet. Pour ses quatre ans, je lui offre une petite cure de soins qui est en cours. (Donc si y’a des problèmes de chargement ou mise en page chelou, c’est normal. Je vous dirais ce que répondent TOUS les informaticiens du monde dans ce genre de cas : « Vide ton cache ».) Bref. 4 ans de blog, ça mérite un petit bilan.(LISTE OUAAAAIIIIISSSSSS)

Depuis que j’ai ouvert le blog, on peut résumer ma vie sous la forme d’une suite non mathématiquement cohérente  4/2/3/2/30/2/1/3/1/14, soit : 

j’ai eu quatre apparts (merci de m’éviter les commentaires sur mon instabilité chronique ou sur les difficultées d’être mon ami qui se coltine mes brusques déménagements)

J’ai eu deux chats.

J’ai publié trois livres.

J’ai fait deux tatouages.

J’ai eu 30 ans.

J’ai fait une pièce de théâtre.

J’ai perdu 3 amis. (Rangez les mouchoirs, ils ne sont pas morts. Enfin… pas à ma connaissance.)

J’ai eu un enfant.

J’ai eu 14 employeurs (à la louche hein, du lycée Octave Feuillet à Slate, Grazia, Arte en passant par des trucs comme IDTGV, Voici, les Inrocks, Fluctuat, Trois Couleurs).

Je sais pas trop ce que ça donne niveau numérologie. Mais je sais c’est grâce au blog que j’ai rencontré Coach – ce qui est déjà en soi une chose qui illuminerait la vie de n’importe quel individu. (Il va me détester d’écrire ça, il est légèrement plus pudique qu’un moine trappiste de l’ordre cistercien de la stricte observance.) Vous allez me dire « il a l’air cool, ok, mais et alors ? ». Et bien, quand je fais le bilan de ma vie actuelle, je me rends compte que je lui dois à peu près tout et qu’on peut enlever le “à peu près”. Et qu’à chaque fois que j’ai voulu lui dire merci, il a détourné la discussion. “Coach, je voulais te dire que vraiment, grâce à toi…” “Pfff… On reprend une bouteille ? Tu veux qu’on partage un dessert ? Pourquoi moi je suis juste coach alors que Frédéric Royer c’est Dieu ?”. Donc voilà. Au moins, cette fois, il ne pourra plus esquiver.

Bonus : Coach et petit scarabée (j’ai un regard de lapin sous acide mais c’est la seule photo que j’avais).

43 commentaire(s)

4 août 2012

Les grandes vacances

Ok… Je prends trois semaines de vacances et avant même mon retour, je découvre que Kristen Stewart a fait la connerie de tromper Robert Pattinson. Nan, je blague. Je découvre que Kristen Stewart a fait la connerie de se faire griller en emballant le réal de Blanche Neige dans une voiture sans vitre teintée. Putain mais meuf quoi… Tu pouvais aussi carrément aller le sucer devant les bureaux de TMZ tant que t’y étais. Fuck, y’a des règles pour un adultère réussi.

Qu’Avril Lavigne est gouine. (Really ? Seriously ?)

Les autres photos sur Buzzfeed

Que les Japonais, ce peuple de dégénérés géniaux, ont fait une campagne de pub pour une agence de voyage avec un chat qui se fait désormais appeler NyaRan.

Qu’un mec est recherché pour avoir mangé des sièges de bus.

Sinon, j’ai fait un premier papier sur Marilyn Monroe (et un deuxième mais qui sera en ligne que demain).

Interlude anecdote : j’ai vécu une expérience physique nouvelle. Et vu mon grand âge et mon ancien statut de blogueuse sexe qui m’obligeait à expérimenter toutes sortes de perversités, c’est pas si fréquent. Donc en résumé, on m’a vomi dans le nez. Vous avez sûrement déjà vomi PAR le nez. Ce qui est assez désagréable. Bah là, un malheureux concours de circonstances acrobatiques impliquant têtard se tenant sur le dos, en appui sur les pattes avant, sa mère (moi hein donc) voulant faire un truc rigolo et glissant sa tête entre les bras dudit têtard et la levant comme une conne vers lui, et le têtard se mettant à vomir exactement au moment où sa bouche s’est retrouvée collée à ma narine – tout ça a amené un jet de vomi à rentrer dans mon nez.

Une sensation indescriptible mais je ne manquerai pas de narrer à toutes les meufs ou mecs qu’il ramènera à la maison quand il sera ado histoire de bien lui coller la honte.

Et sinon, ces vacances ? Disons qu’à la fin des vacances, on s’est regardés avec le Chef et on a partagé notre étonnement parce qu’on avait passé de bonnes vacances. Ce qui n’était pas évident si on rappelle  nos données de départ : pas de thune, plein d’enfants (à ne pas confondre avec l’inverse), un planning absurde (une semaine à Clermont, une semaine en Normandie, une semaine à Clermont, un week-end à Vauvert). (Evidemment, si vous voulez du rêve niveau destination de vacances, allez plutôt chez Elixie – ou Pénélope dont le blog ressemble de plus en plus à un prospectus d’agence de voyages pour te faire crever de jalousie.)

En fait, pendant ces vacances, y’a eu qu’un truc qui a chié.

Je savais déjà que le chef fonctionnait par ce qu’on appellera des obsessions passives. Je fonctionne également par obsessions mais actives. Enfin… actives… disons que mes obsessions aboutissent généralement à claquer de la thune (au terme d’une période de trois semaines où je saoûle tout le monde avec ma nouvelle obsession) Le chef, lui, parfois il a un truc qui lui tourne dans la tête en permanence et qu’il ressasse sur une période plus ou moins longue sans qu’en définitive il ne se passe rien. Quand il est en phase obsessionnelle, ça se remarque assez bien parce qu’il arrête de parler et qu’il vit avec les sourcils froncés. Certains se souviendront de son obsession des balcons parisiens qui allaient tous s’effondrer.

Bah là, j’ai découvert une de ses obsessions. La première semaine des vacances, comme il avait le sourcil gauche froncé et l’iphone vissé à la main, j’ai cru qu’il avait reçu des infos inédites sur une attaque imminente de l’Iran par les Etats-Unis.

La deuxième semaine, j’en pouvais plus de ce suspens alors je lui ai demandé cash « mais il se passe un truc ? Tu reçois des mails importants ? » Il m’a regardée l’air incrédule avant de me répondre « pas du tout. Je suis sur le site de MétéoFrance ».

OMG.

Alors soyons clairs, sur une échelle du sexy allant de 0 à 3 000 000, l’obsession de la météo, je la mets à 0.

Cher lecteur, mon frère mon ami, sache que j’ai une position politiquement très nette sur le sujet-météo : je m’en branle comme de mon premier zéro en math. Il fait le temps qu’il fait. Le matin, je regarde par la fenêtre, j’évalue vite fait la température ambiante avec un outil appelé la main pour répondre à une série d’interrogations (manches courtes ou manches longues ? Chaussettes ou pas ? Veste pas veste ?) qui finissent systématiquement par « je vais quand même prendre une petite laine dans mon sac, on sait jamais ».

Si dans ma famille on ne loupait jamais le bulletin météo à la télé c’est essentiellement parce que ma mère déteste les présentatrices – ce qui en soi, vous l’avouerez constitue une excellente raison de regarder. Du coup, mater la météo s’est en général résumé à : dire du mal de ces feignasses de Corses qui ont toujours beau temps, évaluer le degré d’anorexie supposée de Catherine Laborde, balancer une ou deux vannes sur les jupes d’Evelyne Dhéliat.

Ce que ma mère n’avait pas anticipé c’est que ce désintérêt profond pour la météorologie constituerait un lourd handicap social. J’ai un souvenir pénible de mon séjour linguistique en Angleterre où la mère de famille chez qui j’étais s’obstinait à me commenter l’état du ciel chaque matin.

Bref. Ce handicap s’est réveillé pendant les vacances.

Parce qu’à mon grand effroi, j’ai donc découvert que le Chef était obsédé par le temps, que ça faisait 10 jours qu’il vivait scotché à son appli MétéoFrance. Quand j’ai pris conscience de la gravité de son addiction à ses putains de sites météo, j’ai voulu me tourner vers Zappette, mon amie (on était à table en train de manger comme des parisiennes = boire comme des trous normands) et là, j’ai vu ma pote, ma morue, en train de consulter aussi la météo avec son iPhone.

Elle  :

Ca fait les yeux du sexe sur les photos mais en vrai ça pense qu’à évaluer la vitesse de déplacement des nuages.

A la limite vouloir connaître les prévisions pour le lendemain je peux comprendre. Surtout quand t’es en vacances en Normandie et que tu te pèles le cul et les grandes lèvres sur la plage. Mais les vrais malades c’est pas ça qui les intéresse. Ce qu’ils veulent (et que d’autres malades leur fournissent) c’est le temps qu’il fera dans une heure. Parce que ces deux cinglés ont chacun des applis qui te donnent l’évolution du temps heure par heure. (Je dis bien deS appliS, faut en avoir plusieurs pour pouvoir comparer les prédictions de chacune.) Notons d’ailleurs que TOUTES les prévisions se sont révélées fausses. A quoi le Chef m’a répondu « c’est normal, on est au bord de la mer, le temps change toutes les dix minutes ». Ouibondoncvoilàréfléchisdeuxsecondesmec…

A  cette occasion, Zappette a d’ailleurs avoué qu’en se réveillant le matin, avant même d’ouvrir les volets pour regarder le temps, elle consultait d’abord la météo en temps réel sur son putain de téléphone.

Faudrait qu’on m’explique l’intérêt de la météo en temps réel. Parce que, si on y réfléchit une minute, la météo en temps réel c’est pas autre chose que le temps qu’il fait IRL.

Y’a pas mal de domaines dans lesquels je me suis toujours sentie « différente ». Mais pour le coup, au sujet de la météo, je suis intimement convaincue d’incarner la normalité et que le reste du monde est barré.

Ce qui m’effraie le plus en écrivant ça, c’est que je pense à vous lecteurs, et que je suis convaincue qu’une majorité d’entre vous appartient à la bande des déglinguos de la météo.

 

42 commentaire(s)

5 juillet 2012

Le challenge des vacances et de la vie

J’ai fait un article WOUHOU (avec en prime une très jolie photo d’un de mes agendas de collégienne), cet article (sans grand intérêt vu que je suis en période peticaca, cf plus loin dans ce post) est consultable :

ICI oui, LA mais tu peux aussi cliquer LA ça marche également. Ou même SUR CE LIEN LA qui en fait est le même que celui-là.

C’est les vacances \o/

On sait désormais, après 4 années de blog, que j’ai un talent certain pour foirer lamentablement mes vacances d’été. Je vais donc relever le challenge une nouvelle fois à la force de mes petits biscotos. (Biscotos, un mot trop peu usité.)

Evidemment,  ça va être compliqué de faire aussi chiatique que l’été dernier. Mais ne nous avouons pas vaincu. Déjà, cette année, je pars avec des enfants. DES ENFANTS. A la louche, je crois qu’il y en a 5. En plus, je pars fauchée et ça, c’est toujours un bon truc pour foirer ton été. J’ai aussi une recrudescence de mes crises de migraines (attation, entendons-nous bien, je ne parle pas du mal de tête que vous avez de temps à autre mais de la crise migraineuse qui te fait vomir de douleur et t’abat sur le lit pendant 48h), recrudescence qui m’oblige à limiter ma consommation d’alcool ce qui constitue une excellente base de vacances pourries. Rajoutons à ça des destinations pour le moins exotiques : Clermont-Ferrand (je vais finir par obtenir la nationalité clermontoise à force d’y passer tous mes étés) et la Normandie où a priori, si tout se passe comme prévu, il devrait flotter quotidiennement. En prime, je vous rajoute le chef qui a dit des trucs comme « planning de vacances quotidien », « premier jour visite des plages du débarquement, du cimetière, visionnage avec les enfants du Jour le plus long » etc.

Je vous mets aussi dans ce panier garni la grille des programmes d’été d’Inter qui est la pire depuis belle lurette. (Belle lurette une expression trop peu usitée.)

Et tenez, c’est cadeau, j’ai également noyé mon ordi dans un bain de thé bouillant, RIP mon clavier donc. Accident qui complique passablement ma vie et mes futures vacances.

Mais je dois prendre garde parce que ça pourrait aussi être chouette pour une raison simple : je vais passer mes premières vacances avec Têtard. JE PLAISANTE hein. L’idée c’est plutôt que je vais filer Têtard à son père pendant que je travaillerai (avec des cahiers et des stylos donc). Et puis, je pars avec ma belle-mère (je suis amoureuse d’elle, je lui ai déjà proposé qu’on se pacse mais elle a refusé).

En fait, ces derniers temps ont été tellement… hum… attendez… je cherche le qualificatif adéquat… Affreux ? Epuisants ? Déprimants ? Quenelle ? que ma vie ne peut que tendre vers une amélioration.

Si on résume : je suis enfermée chez moi avec un nourrisson malade depuis cinq mois.

Là, je mens un peu. Je suis sortie de chez moi pour deux hospitalisations en pédiatrie. Des aventures qui mériteraient un numéro complet de Spécial Investigation.

Maman, sors-moi de là au lieu de prendre des photos…

Je ne peux pas travailler – mon fils ayant visiblement décidé que l’argent poussait sur des arbres et qu’il suffisait que j’aille le ramasser 10 minutes par jour, ce qui nous laisse tout le reste du temps pour faire des concours de vomi trop rigolos.

CRIIIC. Vous entendez le piège de la free-lance qui se referme sur elle à l’occasion de son entrée dans la maternité ?

Au début, j’étais énervée parce que je ne pouvais pas travailler et que je voyais pas trop au nom de quelle loi absurde le chef pouvait conquérir le monde et gagner des sous, alors que moi je devais faire des biberons tout en payant les frais de la maison à 50%. (Etre féministe ET femme au foyer = enculade bien profonde.) C’est l’époque où le chef m’a fait une sortie misogyne. Soyons honnête, ça lui arrive pas souvent mais celle-là était sublimement zémourienne. Alors que je me plaignais de la situation, en faisant planer la menace de cesser de payer ma moitié de loyer, il m’a répondu :

« Mais je t’ai trouvé une solution, y’a une nounou qui veut bien s’en occuper. »

Cette phrase est l’occasion de tester votre degré de conscience féministe. Si en la lisant, vous ne voyez pas le problème, vous allez retourner tout de suite me potasser Beauvoir et Butler.

Analysons donc ce sublime exemple de misogynie rampante :

Je t’ai trouvé une solution comprendre tu as un problème, je t’aide à le résoudre

Comprendre qui s’occupe de Têtard dans la journée est TON problème, pas le mien.

(En outre, on n’a pas de fric pour se payer une nounou donc bon.)

CRIIIIC le piège de la free-lance.

Mais bon, à l’époque, j’étais encore super motivée par la vie. Donc dès que j’avais une plage horaire de 20 minutes de libre, je me frottais les mains « AH, 20 minutes de tranquillité, je vais pouvoir écrire un article, faire un post de blog et commencer à bosser sur un nouveau roman ». (Je prenais beaucoup de café.)

Après, je suis passée en mode neurasthénique. Quand t’as plus de vie sociale ni de travail, tu es psychologiquement ostracisée de la société. Tu rentres dans une non-dynamique. Tu commences à te sentir comme un gros caca inutile et incompétent. De « putain, fait chier, j’ai pas le temps d’écrire » tu passes à « crotte, ma petite flamme s’est éteinte, plus jamais je n’écrirai une ligne ». A ce moment-là, quand t’as 20 minutes de liberté, tu fais la liste de tous les trucs que tu devrais faire mais que tu peux pas faire en 20 minutes et finalement, tu décides plutôt de te laver les dents. A la fin de la journée, tu te dis logiquement que t’es bonne à rien à part à te laver les dents. Quand tu croises des gens, ils te demandent sur quoi tu travailles et toi tu réponds avec un éclat de rire chaleureux « ahahaha, sur rien du tout, je me sens comme une grosse merde en ce moment, je suis bloquée, j’arrive à rien, et de toute façon j’ai pas le temps rapport à l’enfant, mais dans le fond je suis au bout du rouleau, épuisée nerveusement et psychologiquement, ah AH AH… » Là, t’as beau faire quelques blagues et un grand sourire pour exhiber tes dents toutes blanches, tu sens bien que la personne en face de toi est mal à l’aise. Elle te pose la main sur le bras, elle te dit « j’étais très heureuse de parler avec toi » et elle s’en retourne à sa vie trépidante.

Du coup, cette semaine, quand j’ai lu Les chroniques de Jérusalem de Guy Delisle (j’arrive un peu après la bataille mais c’est très bien) j’étais pleine d’empathie à chaque planche où il espère pouvoir travailler et où en fait non.

Je me sens un peu comme ELLE aussi.

En parlant BD, j’ai également lu l’Amour de Bastien Vivès. Et entre la reproduction des dessins plutôt figés et les répliques trash, il arrive à créer une putain d’atmosphère (oui, mes photos sont affreuses mais j’ai un problème d’ordinateur/imprimante/scanner) :

Bref. J’ai pris une décision. En quatre temps. D’abord, je vais arrêter de penser que l’achat d’un lave-vaisselle serait la solution à la totalité de mes problèmes. Ensuite, je vais laisser tomber le café et me remettre au maté. Puis je vais mettre fin à cette période de dépression et travailler. (Ou alors, objectif plus raisonnable, je mets à profit ma dépression pour travailler.) Et enfin, je vais révolutionner la littérature.

PS : rien à voir mais j’aime beaucoup ce papier, je pense qu’on pourrait l’élargir à toute décision existentielle (du type : dois-je me laver les dents ou écrire un article ?)

 

48 commentaire(s)

31 mai 2012

Cannes 2012 – part one

En préambule, oyez et sachez que je serai au salon du livre de Montpellier ce week-end. (Samedi toute la journée et dimanche matin.) (Par contre, je suis blindée en pots de nutella.) (Mais pas en petits écoliers chocolat noir.)

Cannes Cannes CANNES Rhââ… Mais c’était tellement bien… STOP. Non, je ne vais pas vous infliger un post « j’ai bu une bouteille de Jack Daniels avec Kanye West à 5h du mat au Baron ». En fait, j’ai plutôt mangé un couscous au Palais du Couscous avec Coach, Henry-Michel, Delgoff, Ioudgine et Loïc.

Sortir sans poussette, travailler sans être couverte de dégueulis, aller bouffer au restau sans se prendre la tête sur l’heure du prochain biberon = LIBERTE je blogue ton nom.

L’année dernière à Cannes j’avais dormi. Cette année, j’ai vu des films. Et très vite, s’est imposée une question fondamentale : C’est quoi un film de cinéma ? (Ce qui suit est la version raccourcie de la première chronique de film que j’ai faite pour Slate.)

Si on prend les critères de la sélection de Cannes cette année, de toute évidence, c’est un film de cinéma c’est un film qui donne envie d’avaler une poignée de clous rouillés et d’attendre la mort.

Le premier jour, vu les horaires, j’avais le choix entre : Au-delà des collines, film roumain de 2h30 de Cristian Mungiu et Les Chevaux de dieu film d’1h55 de Nabil Ayouch. Pour se décider, avec Coach on a lu les résumés officiels.

Soit, choix 1 : « Alina revient d’Allemagne pour y emmener Voichita, la seule personne qu’elle ait jamais aimé et qui l’ait jamais aimée. Mais Voichita a rencontré Dieu et en amour, il est bien difficile d’avoir Dieu comme rival. »

Ou choix 2 : « Yachine, 10 ans, vit avec sa famille dans le bidonville de Sidi Moumen à Casablanca. (…) Un père dépressif, un frère à l’armée, un autre presque autiste et un troisième, Hamid, petit caïd du quartier. (…) Hamid se retrouve en prison, Yachine enchaîne alors les petits boulots pour sortir de ce marasme où règnent violence, misère et drogue. A sa sortie de prison, Hamid a changé. Devenu islamiste radical pendant son incarcération… » A ce stade de la lecture, on a tranché « ok, on va voir les nonnes gouines roumaines refoulées ».

Au vu de ces résumés, on se dit que quand même, parfois, Cannes est une caricature de lui-même. On a donc choisi Au-delà des collines de Cristian Mungiu qui avait eu la palme pour 4 mois, 3 semaines et 2 jours en 2007 – que je n’ai pas vu.

Si je vous dis Roumanie, vous pensez :

1°) gens pauvres dans des paysages dépressifs

2°) gens pauvres dans des paysages dépressifs qui croient à Satan

3°) gens pauvres dans des paysages dépressifs qui croient à Satan et qui ont passé leur enfance dans des orphelinats où ils ont subi des sévices sexuels

4°) gens pauvres dans des paysages dépressifs qui croient à Satan, ont passé leur enfance dans des orphelinats où ils ont subi des sévices sexuels ET qui portent des jogging moches.

Bah voilà. Au-delà des collines racontent l’histoire de filles pauvres qui croient à Satan, ont passé leur enfance dans un orphelinat où elles ont subi des sévices sexuels et portent des jogging moches. Voichita s’est donc réfugiée dans un monastère. Alina vient la chercher pour qu’elles vivent leur amour en paix mais Voichita ne veut pas quitter dieu. Alina décide donc de devenir nonne pour rester avec elle. Mais elle se révolte sans cesse. Les autres nonnes pensent qu’elle est possédée par le malin. Alors elles essayent de la désenvoûter pour la sauver. Mais ça marche pas. Alors elles essayent encore. Mais ça marche pas. Alors elles essayent encore.

Dans ma vie, j’ai vécu beaucoup de tranches de 2h30 mais celle-là m’a paru particulièrement longue. (Je me suis endormie 5 minutes, j’avoue. Le roumain, c’est très mélodieux comme langue, ça vous berce facilement.)

Pourtant, c’est pas un mauvais film. L’histoire est intéressante. C’est bien joué. Le point de vue adopté est original. On comprend comment le drame va se produire – oui, parce que je ne veux pas spoiler mais au cas où vous ayez eu un doute sur l’issue de l’intrigue, je vous préviens, ça finit mal. C’est esthétiquement beau. Et pourtant, c’est chiant. Pourquoi ? Parce que c’est doublement redondant. D’abord, la succession des scènes est redondante. Autrement dit, la progression dramatique est nulle. On assiste à la répétition de la même scène encore et encore. Ensuite, les plans eux-mêmes sont redondants. Il y a toujours trois secondes de trop sur chaque image. Pourquoi Cristian Mungiu a fait ce choix ? Evidemment, les critiques de ciné professionnels nous fournissent des réponses. Ainsi, mon collègue de Slate parle de « sa capacité à observer, à laisser vibrer les corps, à attendre l’instant où davantage de sens, et surtout davantage de présence, émane de l’écran. » Perso, je veux bien attendre de laisser vibrer les soutanes de nonnes mais sinon, il existe une chose au cinéma qui s’appelle le montage et qui peut se révéler bien utile.

Bonus : Je pourrais finir ma critique sur cette petite pique mais l’honnêteté intellectuelle m’oblige à raconter la suite. Le lendemain, avant de m’enquiller le Haneke ( l’histoire d’« un couple d’octogénaire dont la femme a un accident cérébral »), j’ai frénétiquement cherché un film qui ne me donnerait pas envie de me pendre. Un pari de grosse guedin vu la sélection cannoise de cette année. Je me suis rabattue sur Lawless de John Hillcoat, qui avait fait en 2009 La route. Au temps de la prohibition, trois frères qui trafiquent de l’alcool. J’avais entendu des avis plutôt positifs « on ne s’ennuie pas, c’est énergique, voire drôle » mais une remarque récurrente qui m’agaçait : « ce n’est pas du tout un film pour Cannes ». Ah ? Parce qu’on ne s’ennuie pas alors c’est pas du film de cinéma c’est ça ?

En sortant de la projection, j’ai dit « on ne s’ennuie pas mais je comprends pas ce que ça fait à Cannes ». C’est un sympathique film du dimanche soir devant sa télé. Mais ça n’invente rien, ça ne laisse pas de trace. En contrepoint, j’ai été obligée d’admettre que Mungiu a une vision du cinéma. Son film arrive à exister en tant qu’œuvre là où Lawless reste cantonné au simple divertissement.

Mais diantre, œuvre ou pas, s’emmerder au cinéma est impardonnable.

Notons que Les Gouines au-delà des collines a eu le prix d’interprétation féminine (why not), et meilleur scénario (on m’apprend que Robert McKee se serait suicidé pendant le palmarès).

Voilà. Ca, c’était ma critique de film. Certes, c’était pas extra-ordinaire mais bon. Cet article a été l’occasion d’une assez magistrale mise au point. Je venais à peine de rentrer chez moi => de me jeter sur mon ordi. Je checke Slate parce que je suis une grosse control freak et là, je crie « Chef! ». Le Chef était en train de me préparer mon manger. Il arrive, nu sous son tablier, une rose entre les dents. « Ouiii ? J’ai presque fini de faire cuire ta vache et tes patates. »

- Tu peux m’expliquer pourquoi ma critique de film est dans le blog Cannes alors que celles des autres journalistes non ?

- Ah oui. C’est rien. Juste les vraies critiques de film je les ai mises en article. Tu veux quoi comme sauce petite fleur sauvage d’amour ?

- MAIS PUTAIN MAIS VA TE FAIRE FOUTRE. Ca m’apprendra à me casser le cul pour essayer d’écrire un papier pas trop chiant avec un angle. Tu peux m’expliquer en quoi c’est pas une vraie critique de film ? Parce que j’essaye de pas emmerder les lecteurs sachant qu’ils n’ont pas vu le film ? J’aurais dû donner mon papier à quelqu’un d’autre. C’est de la confiture à un cochon là.

- Et pour ta sauce alors ?

- Non mais là on n’est pas en mode couple merde. On parle de travail. »

Du coup, on est passé en mode engueulade généralisée. Parfois, c’est quand même compliqué comme situation.

Comme c’était vraiment ma journée, on a fait un examen à Têtard. On sait maintenant que son RGO vient d’une plicature gastrique – terme médical pour dire qu’il a l’estomac naturellement plié en deux. Vous pensez bien que j’allais pas avoir un enfant normalement fonctionnel. Ca aurait été trop simple. La bonne nouvelle c’est que y’a pas à opérer, ça se soigne tout seul. La mauvaise c’est qu’il faut attendre qu’il ait environ un an. Super.

PS : J’ai mis part one en titre mais en fait, je sais pas si j’ai de quoi faire une part two. On verra.

43 commentaire(s)

18 mai 2012

6 mai 2012 à la Bastille

Avant de partir à Cannes, (CANNES = colo de vacances avec les copains, cinéma gratos, alcool, liberté. Tout ça pendant 4 jours.) revenons sur un autre événement pour lequel je suis sortie de chez moi (ALLELUIA). Le 6 mai 2012.

J’ai donc testé la place de la Bastille le soir de la victoire de François Hollande.

C’était trop génial de vivre un moment historique comme celui-là et puis y’avait vraiment une super ambiance, hyper conviviale, on était vraiment tous là pour faire la fête.

Hum… Ca, c’est ce que je raconterai à mes enfants pour bien leur foutre les boules. Exactement comme on a fait avec nous pour 81. « C’était bien ta manif Têtard ? Cool. Mais ça ne vaudra jamais le soir de l’élection de Hollande. C’était magique. On ne revivra plus jamais un moment comme celui-là. Je me souviendrai toute ma vie du moment où François Hollande a lâché un phénix d’or qui s’est envolé majestueusement au-dessus de la place pour venir se percher sur le génie de la Bastille. »


En vrai :

1°) Tous les moins de 40 ans étaient là parce qu’ils avaient raté Mitterrand en 81 et qu’on nous saoule avec ça depuis des années. Sauf que précisément, en 81, les gens y étaient pour Mitterrand. En 2012, on était une partie non négligeable à y aller parce qu’on avait raté Mitterrand. Ca fait une sacrée différence.

Disons qu’à titre personnel, c’était dans la liste des trucs à faire dans ma vie : sauter en parachute, aller à Bastille fêter l’élection d’un président de gauche.

2°) On était complètement paumé. Imaginez, c’était la première fois depuis pfiou… des dizaines d’années que les « gens de gauche » manifestaient POUR quelque chose. De façon positive. C’était hyper déstabilisant. Normalement, les manifs de gauche c’est anti-FN, anti-CPE ou n’importe quelle autre mesure concernant l’Education Nationale, anti-discrimination, anti-réforme des retraites, anti-expulsion, anti-mesures d’austérité etc.

Résultat personne ne savait quoi crier. Sorti de « machin ta réforme si tu savais où on se la met », c’est le néant.

Du coup, il a fallu se rattraper et très vite sont apparus des slogans anti-Sarkozy. « Sarkozy aux chiottes et pissons-lui à la gueule et faisons un gros caca par-dessus le nain et tirons la chasse » et autres formules aussi élégantes. On fêtait certes l’élection d’un nouveau Président de gauche mais ce qui dominait, c’était l’étonnement et la satisfaction vengeresse d’avoir réussi à se débarrasser de Nicolas Sarkozy. Ca reste assez fascinant comment cet homme a réussi à concentrer les haines contre lui.

On était moins dans « changeons la vie » que dans « ça va être moins pire ».

« Tu comprends Têtard, on n’était pas blasé et pragmatique comme ta génération. A l’époque on croyait encore qu’on allait changer le monde, la France, la vie de chacun. François Hollande avait incarné cette aspiration, il l’avait portée avec majesté, ampleur, souffle, lyrisme. Quand une montgolfière a lancé des nuages de pétales de rose sur la place, c’était nos rêves qui virevoltaient dans la brise printanière. C’était ça la Bastille en 2012, un rêve éveillé. Hein ? Quelle pluie ? Qui t’a dit ça ? N’importe quoi… Ecoute moi, j’y étais, il faisait 25 degrés. »


3°) Les slogans anti-Sarkozy étaient sans doute liés à la très grosse présence des militants du Front de gauche – à croire qu’ils campaient sur place depuis le meeting de Mélenchon.

Echange entendu entre deux jeunes :

« Alors maintenant le SMIC va être à 1700 euros ?

- Non mais t’es con au quoi ? Lui c’est Hollande, c’est pas Poutou. »

Tu m’étonnes que si le mec pensait que maintenant le smic est à 1700 euros il soit venu faire la teuf.

« Et je t’ai parlé de l’arc-en-ciel nocturne, mon Têtard ? Non mais parce que quand même, c’est hyper rare comme phénomène un arc-en-ciel en pleine pénombre. Je dois avouer que ça a rajouté à la magie du moment. »



4°) Dans le métro et aux alentours de la place, l’ambiance était fort sympa. Par contre, une fois que vous vous immergiez au milieu de la foule, c’était l’horreur. Vous étiez littéralement piégé, impossible d’avancer ni de reculer. Ce qui évidemment a provoqué des mouvements de panique. J’ai vu plusieurs meufs faire des malaises et impossible de les évacuer.

Il y a eu un début de baston entre une famille qui vendait des merguez et un mec qui était bloqué contre leurs grillades.

Là, la mère de famille le supplie de ne plus frapper son mari… Charmant.

Perso, je me suis embrouillée avec un mec d’à peu près 1,90m. Je l’ai bousculé, il m’a dit « je vais te frapper pétasse ». Et là, j’ai eu une résurgence absolument ridicule du temps où je vivais à Bagnolet. A Bagnolet, après la fois où je me suis faite agresser avec coups et violence sous la menace d’une arme (c’est comme ça que les mecs de la BAC avaient qualifié le truc, s’il vous plait), j’avais décidé que plus jamais. Du coup, au moindre type qui me regardait de travers, je passais direct en mode agression.

Le mec a donc eu la surprise de me voir l’attraper par le col et lui hurler : « QUOI QUOI ? Tu crois que t’es plus fort que moi ? Mais moi je te rétame ta gueule de fils de pute de ta race !! Vas-y viens quoi !! » avec en prime un semblant de très vague accent du 93 que j’avais fini par choper à l’époque quand je m’énervais. C’est son pote qui s’est interposé.

Y’avait aussi les inévitables mecs qui veulent te taxer une clope, à qui tu dis non et qui t’engueulent parce que putain on est là pour partager tous ensemble. Va partager ton cul oui. Moi je suis là parce que j’ai jamais vu Mitterrand.

« Tu vois, Têtard, le truc le plus fort ce soir-là c’était la communion entre les gens. C’était une foule très dense mais sans aucun accrochage, on était vraiment tous ensemble. On se frôlait, on se touchait, on se caressait. Certains ont commencé à se déshabiller, des couples ont fait l’amour au milieu de la foule et tous les regardaient avec respect. Un mélenchonniste m’a proposé un cunnilingus, comme ça, gratuitement, parce qu’on était là pour se donner du bonheur les uns les autres. C’était à la fois simple et beau. Hein ? Oui, j’ai accepté bien sûr. »

28 commentaire(s)