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Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

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18 octobre 2012

Pathologie de la vie quotidienne

L’autre jour, je suis sortie avec têtard pour faire des courses. (= Racheter le sac plastique géant qu’on attache à la poussette et qu’on appelle communément « l’habillage pluie »:

A Paris, il y a une vaste compétition de vol d’habillage pluie à laquelle j’ai décidé de ne pas prendre part. Donc quand on me vole le mien, je pars « en boutique » en racheter un comme une grosse truffe alors que je pourrais simplement voler celui de la poussette d’à côté qui est sûrement celui qu’on m’a piqué la semaine dernière. Bref.)

Je vais donc prendre le métro. En haut des escaliers, je change mon sac d’épaule pour pouvoir bien attraper la poussette à deux mains avec ledit têtard qui repose majestueusement dedans et je m’apprête à descendre précautionneusement les marches. Là, un gentil monsieur me demande « vous voulez que je vous aide ? ». Je lui fais un grand sourire / yeux qui pétillent avant de répondre avec un entrain un peu exagéré « non merci, ça ira ! ».

Ca, c’est la scène vue de l’extérieur.

Si on passe en focalisation interne avec moi, c’est pas du tout, du tout la même chose.

Dans ce cas, il faut faire un flash-back. On rembobine la scène jusqu’à la sortie de chez moi. Je suis avec ma poussette devant l’entrée de l’immeuble et j’hésite. Soit je vais à gauche, soit je vais à droite.

I A droite, j’y vais à pieds mais c’est relou. C’est loin, il fait froid.

II A gauche, j’y vais en métro. Problème, il y a les escaliers à descendre et monter. Sauf que, attention, dans la phrase « Problème, il y a les escaliers à descendre et monter » le problème ce ne sont pas les escaliers à proprement parler. Le problème qui me fait hésiter sur la direction à prendre, c’est que si on me voit en train de galérer avec ma poussette, quelqu’un risque de venir me proposer de l’aide. HORREUR. ABOMINATION. Parce que là, de deux choses l’une.

a/ Soit j’accepte et il va y avoir quelques secondes où on va devoir descendre les marches en rythme (ce que je n’arrive jamais à faire), quelques secondes qui sont trop courtes pour se parler mais où on est bloqués dans une certaine intimité. Malaise. Et puis à l’arrivée, il va falloir dire quelque chose. Genre « merci beaucoup ». Remalaise. Et ensuite, je vais avancer et, le métro parisien étant ainsi foutu, me retrouver face à une nouvelle volée de marches. Et la personne qui m’aura aidée se sentira obligée de recommencer alors qu’elle n’avait peut-être pas prévu ça. Reremalaise.

b/ Soit, je refuse son aide d’entrée de jeu mais c’est compliqué de dire non à quelqu’un qui agit par pure gentillesse.

Conclusion : Voilà, en gros, tout ce qui se passe dans ma tête quand je suis au seuil de mon immeuble. J’ai quand même choisi de prendre le métro, et j’ai ressassé le scénario de « on va venir m’aider qu’est-ce que je vais faire » pendant les 300 mètres qui me séparaient de la bouche du métro.

Ouverture de conclusion : Autrement dit, je me mets de moi-même dans une situation qui va générer une interaction sociale (meuf seule de 30 kilos avec sa poussette et son têtard qui en pèsent 18), interaction que je me sens incapable de gérer correctement.

C’est le genre de pensées qui occupent une bonne partie de mes journées.

C’est aussi pour ça que je travaille seule de chez moi. Outre le plaisir de trainer en pyjama et d’avoir un accès illimité à youporn, ça me simplifie la vie. Je n’ai plus à perdre mon temps à anticiper d’éventuelles interactions sociales. Parce que dans le fond, le vrai problème ce n’est pas l’interaction elle-même c’est la place qu’elle occupe dans mon esprit en amont. (En choisissant de bosser seule à la maison, je fais un peu comme Barack Obama qui n’a que deux couleurs de costards, gris ou bleu. « Pour ne pas s’encombrer le cerveau avec des choix sans importance, il limite les options. Pour la sélection du costume du jour, cela signifie : le gris ou le bleu. « Il faut avoir sa routine », conseille Obama. Selon lui, des études l’ont montré : le simple fait de prendre des décisions diminue la capacité à en prendre d’autres. Mieux vaut éviter de se laisser distraire par des détails quand on a à arbitrer entre Jérusalem et Téhéran.” Très cool portrait de lui d’ailleurs.)

Ce n’est pas de la timidité ou un problème d’estime de soi. C’est

1°) un réflexe que j’ai depuis mon enfance lié à l’idée que les Autres = danger. (Dès mes deux ans, j’ai eu des intuitions sartriennes.)

2°) le fait que j’ai eu beaucoup de difficultés à intégrer les codes sociaux élémentaires et que toute situation reposant uniquement sur ces codes de bonne manière me donne l’impression d’être une poule devant un couteau. Ou un Inuit devant une banane.

 

A l’inverse, une interaction sociale négative ne me pose aucun problème dans la mesure où elle enfreint précisément les codes. Genre : insulter quelqu’un dans la rue, je fais sans souci. (En ce moment, ma spécialité avec la poussette c’est de rouler sur les talons des gros culs qui se baladent par trois en prenant toute la largeur du trottoir. Une attitude qui provoque une interaction sociale type “putain, mais bougez vos gros boules dégoulinants de merde!”)

Ceci étant, ça va en s’améliorant avec le temps. Je me souviens très bien, quand j’étais étudiante, de rester chez moi à compter mes pièces de monnaie avant d’aller m’acheter un pain au chocolat et en découvrant que je n’avais pas pile la monnaie de m’effondrer sur mon canapé-lit en me demandant comment j’allais faire. Je pouvais passer une heure à retourner l’appart à la recherche des pièces qui me manquaient. Parce que donner un billet pour payer un truc pas cher me gênait profondément et entrainait une interaction sociale plus longue avec le vendeur. (D’ailleurs, en l’écrivant, je me rends compte que je continue de m’excuser quand je n’ai pas pile le compte.)

Bref, ça va en s’arrangeant mais ça continue quand même d’être là. Je suis au café. Je suis bien. Jusqu’au moment où je prends conscience que le serveur ne m’a pas filé l’addition avec le café. Horreur 1. Il va falloir lui demander. Horreur 2. Il me l’apporte et que je n’ai pas la monnaie. Il va falloir que j’aille au comptoir avec ma note et mon billet pour payer. Ces pensées me gâchent alors la fin de mon café que je prenais tranquillement toute seule.

Amis étudiants en psychiatrie, vous êtes les bienvenus. Considérez que vous êtes ici comme chez vous hein.

Pour autant, tout cela ne m’empêche pas d’aller au café, de prendre le métro avec ma poussette, de manger un pain au chocolat. Ca engendre juste une putain de pollution dans mon cerveau.

Comment on fait pour vivre tranquillement avec ça ?

Plusieurs techniques. D’abord, ça dépend de mon état d’esprit. Certains jours, tout ça me pose beaucoup moins de problèmes. Je suis en mood “conquérir le monde”. Ensuite, avoir des amis qui gèrent ça à votre place. “Ondine, tu peux demander l’addition ? Et tu peux aussi aller aux toilettes, pour me dire après où c’est pour que j’ai pas à demander ?” etc. Enfin, ça rend bizarrement beaucoup plus aimable. Pour contrer le fait que je ne sais pas gérer naturellement l’interaction sociale codifiée, je me transforme en meuf la plus avenante du monde. Quand je dois demander où sont les chiottes, on dirait un peu que je suis en train de demander le serveur en mariage. Et last but not least, on comprend mieux pourquoi Internet m’est apparu comme la plus belle invention humaine ever.

L’autre soir, j’expliquais tout ça au chef en attendant un peu qu’il éclate de rire et s’exclame “mais tout le monde est comme ça tu sais!”. Mais il a pas du tout répondu ça. Il m’a dit que c’était de la phobie sociale. J’étais pas trop convaincue parce que pour moi phobie sociale = phobie des gens. Or je n’ai pas la phobie des gens. Je suis pas certaine que ce soit de la phobie sociale donc. Ce sont moins les gens que les codes qui me posent un problème. (A noter d’ailleurs, que passer à la télé ne me pose aucun problème parce que j’ai beaucoup mieux intégré les codes qui régissent la télé que ceux qui régissent les rapports avec mon boulanger.)

Sinon, je sais pas si vous avez remarqué mais c’est incroyable ce que Paul Ryan (le vice-president de Romney en cas de victoire)

ressemble à Nathan Scott de One Tree Hill.

 

Et pour finir, ma photo de déguisement de couple préféré au monde (via 4chan) :

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13 septembre 2012

Si mon blog était un tumblr #2

Reprenons où nous nous étions arrêtés à savoir… heu… la poupée qui pète c’est bien ça ? Ok.

On est jeudi soir, j’ai trois tonnes de boulot en retard, je suis fatiguée et il est tard. (22h48) (Ouais, pour vous c’est peut-être pas tard mais moi, je me lève à 10h le matin)(j’ai naturellement besoin de dormir 10h par nuit)(oui, j’ai un enfant qui se réveille à 10h30 le matin, allez-y, détestez-moi).

4°) Des images.

C’était le 11 septembre donc hommage (je la fais tous les ans celle-là et j’assume) :

C’était l’arrivée de l’iPhone 5, c’était la keynote. Ce que les médias ne vous ont pas dit, c’est qu’Apple a aussi montré ses nouveaux écouteurs appelés Earpods. Ils sont comme les anciens sauf qu’ils ne rentrent dans aucune oreille humaine. Mais comme tous les écouteurs Apple, ils seront capables de faire tout ça :

Ca n’a vraiment rien à voir (à part que ça me fait rigoler comme un petit confetti joyeux) et je ferais mieux de mettre tout ça sur mon tumblr mais tant pis :

(Via 4chan)

Et :

 

Une semaine riche en émotions familiales puisque :

ma grand-mère a ressuscité :

sous la forme d’une espèce de singe nouvellement découverte et nommée Lesula.

Et que ma cousine dont j’étais sans nouvelle semble en pleine forme :

(via le tumblr avec le plus beau design ever)

5°) Comme vous l’avez peut-être remarqué c’est la rentrée littéraire. Pour l’instant, j’avais fait l’impasse dessus mais là, je tiens quand même à signaler que mon auteur préféré de tous les temps vient de publier un nouvel ouvrage :

Nan, c’est pas une blague. Je pense que tout foyer qui se respecte devrait être pourvu d’un Guiness Book. Plutôt que cette daube de La Terre Vue du Ciel. Petite, j’ai passé des heures d’éblouissement devant une édition de 1974 qu’on avait récupérée sur un trottoir. Le Guiness c’est le livre de tous les rêves. C’est le livre de l’internet avant internet. Il est l’ancêtre naturel de la webculture.

Dans cet ouvrage ciselé par de petites fées, on trouve des records comme le mec qui a couru le 100 mètres obstacles en palmes le plus vite au monde. (C’était en 2008, un Allemand.)

C’est une ôde à l’inventivité humaine. Les mecs qui ont décidé de perdre leur temps à inventer un record à la con ont toute mon estime. Même ces gens qui ont battu le record de la plus grande mosaïque faite avec des tasses de café pleines (sachant qu’ils se sont fait chier à doser le lait dans le café pour faire des putains de dégradés).

Et puis, il y a le champ animalier. Cette année, y’a le perroquet qui met le plus de paniers de basket AU MONDE. Le plus impressionnant est l’enthousiasme de la meuf qui aura consacré des mois de sa vie pour arriver à ce résultat au détriment de toute vie sexuelle. (Tu ne peux décemment pas passer tes journées à entrainer un perroquet à mettre des paniers ET continué d’avoir une vie sexuelle normale.)Mais j’aime aussi la blonde aux cheveux longs, une déléguée du Guiness, qui enregistre le record. J’aime son air blasé, ce genre de « hier j’ai mesuré le plus gros caca fait par un nain et avalé par un cheval », c’est pas ton perroquet qui va m’impressionner ». Comment tu finis là dans ta vie ? A quoi ressemblent tes journées de boulot ?

Et le grand classique (hin hin hin…) l’homme et la femme les plus petits du monde.

Non, ce n’est pas du voyeurisme malsain. C’est pour fêter la beauté de la diversité humaine.

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7 septembre 2012

Moules au camembert et allaitement #1

Mon papier sur les gens connus qui détestent l’Internet est en ligne. 

Ceci étant dit, passons à l’essentiel parce que, je ne vous cacherai pas mes amis que là, on est hyper à la bourre sur le programme. Et être déjà en retard le 7 septembre, ça s’annonce mal pour la suite de l’année. En fait, le problème c’est qu’au cours de la journée, je me dis souvent “tiens, ça faudra que j’en parle sur le blog” et puis je garde de côté, de par devers moi (joie de pouvoir employer cette expression) ledit truc parce que je me dis qu’il ne mérite pas un post à lui tout seul. Du coup, je fais des collections de petites choses foutraques. Donc là, je vais essayer de les mettre à la suite, histoire « d’évacuer » un peu tout ça.

1°) La dernière fois que nous nous sommes parlé chers amis lecteurs, je partais m’enfiler des moules au camembert. J’étais joie. J’étais ce week-end de félicité.

Quand on regarde les photos ça a l’air merveilleux hein… (Oui, j’ai décidé de recommencer à poster des photos.) (Ca me permet de justifier auprès de moi-même le prix de mon appareil photo.)

Oulalala… trop mignon. (Je sais pas si ça sauve son droit à l’image…) (Remarquez que mon appareil photo sublime même les tâches de gerbouillis.)

Sauf que ça a très vite viré à la tentative de suicide :

Tentative à laquelle ses géniteurs n’ont prêté aucune attention puisque son père (qui est donc le chef) (ah oui, au fait, le chef n’est pas coach, parce que sinon il s’appellerait coach et pas chef) donc son père était en train de faire de l’internet :

Alors que sa mère était en pleine séance de poufiasserie :

(J’espère qu’à 40 ans j’arrêterai de faire des auto-portraits parce que déjà à 20 ans, je trouvais ça assez honteux.)

J’explique cette tentative d’auto-étouffement par le fait qu’il trouvait ça super nul de faire ses dents en pleine canicule. Une opinion qu’il nous largement faite partager pendant 24h.

Je me dis que dans le futur, il ne m’en voudra pas de ce genre de tweets vu que Twitter n’existera plus. D’ailleurs, ça se trouve, le web lui-même n’existera plus.

2°) J’ai fait un papier sur l’allaitement au nichon. Jusque là rien d’incroyable. (Vous me direz, dans la suite non plus.)

Attention : séquence David Pujadas qui chuchote pour vous emmener dans les coulisses de “cette énorme machine de travail”.

Temps 1 : je trainais ce sujet depuis ma grossesse, vous l’aurez compris. J’avais déjà pissé pas loin de 5 pages qui partaient dans tous les sens, lu des études etc. Et puis j’arrivais pas à organiser le truc. Surtout que, à part au regard de ma vie privée (qui est certes passionnante) ça n’était pas particulièrement d’actualité comme sujet. J’ai donc laissé tomber. Quand il s’agit du travail, ma volonté est assez faible. Ainsi, apprenez que j’ai tout un dossier intitulé “articles en cours” et où on trouve en vrac des docs comme “web catho”, “Mélanie Laurent”, “Feux de l’amour”, “4chan n’existe pas”, “Sasha Grey”, “Morano”, “Comment coucher avec une célébrité sans ruiner sa vie”, “réalité ajoutée”, “Tunisie porno” – et dont certains datent de 2009. Donc le papier allaitement est allé retrouver ses petits camarades morts-nés.

Temps 2 : début août tombe une actu sur le sujet. Je ressors donc le cadavre du document word.

Là, je réfléchis. Ca m’arrive assez fréquemment en travaillant – je pense que c’est un mécanisme d’ordre naturel qui doit me permettre de compenser mon manque total de volonté. Je me dis que je dois faire un papier balancé, posé, calme. Ce qui a été un véritable effort. Ca aurait été très facile de tomber dans les blagues graveleuses ET vindicatives. (J’en ai faite qu’une seule et elle est hyper discrète.) (Mais y’a quand même un mec sur Twitter qui l’a repérée.)

Je me suis donc passablement cassé le cul pour écrire un papier empreint de sérénité et de pondération, faisant fie de toute polémique.

Bah visiblement, parler allaitement et être pondéré, c’est pas possible.

Florilège aux mille saveurs des réactions (négatives) :

Sur Facebook… Je sais pas pourquoi une si grosse proportion des gens qui commentent les liens sur la fanpage de Slate ont une déficience mentale. J’ai juste trouvé un début d’explication : l’application des règles d’or des Community Manager. Le CM te dira qu’il faut toujours TOUJOURS interpeller le badaud du réseau social en lui posant une question. Une règle d’or qui a longtemps été appliquée à Slate où les titres des articles étaient régulièrement transformés en question ouverte. (Ils se sont calmés depuis.) Du coup, dans les commentaires les crétins ne lisent pas l’article hein, pas la peine, ils te donnent directement la réponse COMME SI tu leur demandais vraiment leur analyse sur la question.

Démonstration :

CA C’EST UN PUTAIN D’APPEL AU TROLL. Parce que les gens pas très fins, ils ne comprennent pas qu’on ne leur demande pas vraiment comme ça, à brûle-pourpoint, leur analyse du conflit israelo-palestinien. Ils ne voient pas qu’en réalité on essaye de faire naître dans leur esprit l’envie de connaitre la réponse du journaliste qui a fait le papier.

Bref.

Je m’égare.

Mes enfants, on n’y arrivera jamais. On n’en est encore qu’au 2. C’est la bérézina totale. Ou la “full berez” comme disent les jeunes.

Donc pour mon papier, les commentaires Facebook :

« Quel article tendancieux, résolument anti-allaitement. Ayant allaité mon dernier fils pendant 31 mois, je peux dire que c’est ce qui convient le mieux à un bébé. IL n’a presque jamais été malade (deux accès de fièvre et quelques rhumes dans sa première année). »

(dis, ton gosse, t’es sûre qu’il a été à la crèche ?)

Attention, le mec qui répond hyper sérieusement à la question posée dans le statut qui était :

« non, le diktat c’est plutôt celui d’un monde où on ne prend pas le temps de s’occuper de ses enfants pour privilégier sa « carrière professionnelle » et ensuite dire des bêtises (pour rester poli) du genre « Oh-la-la, ça grandit trop vite ! » Mais non, madame, vous n’avez simplement pas passé assez de temps avec eux pour les voir grandir (quel dommage : ça n’est PAS RATTRAPABLE !) »

Et aussi :

« J’aime bien voir les femmes qui ne veulent pas allaiter leurs enfants, sous prétexte qu’elles veulent garder la forme etc..à dire, on dirait qu’elles vont vivre une éternité sur terre, et le but de la vie n’est plus de passer le flambeau à la génération future..Il y a que dans les pays développés qu’on voit ce genre de réaction..pas étonnant que l’homme africain, indien d’amazonie et autres peuples qu’on disait sous développés..ben eux ils n’ont pas besoin de 30 essais pour avoir un bébé.. »

Sans oublier mon préféré :

« la mode est aux mauvaises mamans qui se mettent du vernis et pianotent sur leur clavier plutot que d’élever leur progéniture…et de l’autre côté, il y a les soit disant hystériques issues d’une secte qui prôneraient un allaitement jusqu’aux 18 ans du gamin… »

Là, j’avoue que je me suis retournée pour voir si j’étais bien seule dans la pièce.

Et aussi sur Twitter cette fois, un inévitable :

 

Le web 2.0 étant une source infinie de bonheur sadique, il y avait aussi des commentaires sous le papier (je mets que les premiers hein) :

« La norme de l’espèce humaine est l’allaitement (quoi que certains puissent en dire). tout le reste n’est que mensonges. »

Mensonge et baliverne même!

«  Si la nature a donné des seins aux femmes, c’est qu’il y a une raison et ce n’est pas pour plaire aux hommes. »

En même temps, qui te dit que dans dix siècles, avec l’évolution darwinienne et l’apparition du biberon, les seins féminins n’auront justement pas disparu parce que la nature les aura jugés inutiles ?

« Bien sur qu’on ne doit pas culpabiliser les mères…. Mais leur rappeler que les vaches allaitent les veaux, les chèvres les cabris…. et les femmes leurs nourrissons, et que cela ressort de la nature. Leur rappeler aussi que leurs nourrissons ont des droits, comme ceux d’être aimés, bien entretenus, protégés,prémunis contre l’athérosclérose prématurée, l’insuffisance intellectuelle, l’obésité, et que tout cela passe par l’allaitement naturel, et donc l’allaitement au sein. »

Oui bon tout cela passe par l’allaitement au sein. Tout cela n’a rien à voir avec d’autres facteurs socio-culturels-économiques hein.

Une question quand même : si les nourrissons ont des droits, ont-ils des devoirs ?

Vous avez 20 minutes.

Bref. J’en suis sortie avec une lassitude certaine. Le genre de sentiment qui t’amène à des “à quoi bon ?” Ca sert à quoi de se faire chier à bosser un papier qui ne convainc que ceux qui sont déjà d’accord et qui exaspère ceux qui n’étaient pas d’accord –  ça ne fait rien avancer du tout.

Où Titiou Lecoq réalise brusquement que son travail n’améliore pas le sort de l’humanité, où elle est parcourue par un frisson d’effroi en songeant que peut-être que ses papiers ne modifieront pas en profondeur la société française.

Du coup, j’ai dit au Chef que je ferais mieux de vendre des chaussures de sport.

(Non, je n’ai pas un  tempérament extrème, je suis simplement maniaco-dépressive.)

Mais finalement, j’ai eu quelques réactions de jeunes mères qui m’ont dit que ça leur avait fait du bien, que ça les avait déculpabilisées. Donc j’étais utile. Donc j’étais contente. Et ensuite, en regardant plus en détail les réactions, je me suis rendue compte que les commentaires les plus agressifs venaient de mecs…

Que les femmes en général étaient plutôt unanimement d’accord – les propos étaient à peu près les mêmes entre les mères qui avaient allaité au sein ou au biberon, ou d’ailleurs testé les deux. Ce qui tendrait à démontrer que certains hommes n’ont pas encore intégré l’idée certes révolutionnaire selon laquelle le corps de la femme appartient à la femme. Idée que les femmes, à l’inverse, ont bien saisie.

Bon bah là autant dire que y’a pas la place pour le 3°).

Nan ?

Bon, ok. Mais alors juste une vidéo.

3°) Une pub pour une poupée qui cartonne en Corée parce qu’elle… 

Ok, c’est pas très nouveau le coup de la poupée qui pète mais là, j’aime bien parce qu’après elle rougit.

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17 août 2012

Liens et revival des ados des 90′

Dear friends,

Ce soir, je pars plonger dans une marmite de moules au camembert. Mais avant, j’ai quelques vieux liens à poster. Dont certains trucs je sais plus d’où ça vient mais tant pis. (Désolée, je ferai mieux la prochaine fois.)

Après Avril Lavigne gouine, j’apprends que Kylie Minogue et Jean-Claude Van Damme ont couché ensemble. En 1994 certes, soit l’année de la mort de Kurt Cobain mais ça n’excuse pas tout. Bientôt on va nous dire que Marilyn Monroe s’est tapée Louis de Funès.

Mulder et Scully sont ensemble ? OH MAIS PUTAIN QUOI… En fait, info ou intox, on n’en sait rien. On sait juste que Gillian Scully Anderson a annoncé qu’elle se séparait de son mec. Scully se retrouve face au dilemme le plus terrible dans la vie d’une femme hétéro : est-ce vraiment une promesse de bonheur de se maquer avec une bite ambulante ?

Du coup, j’ai l’impression que ça a créé un revival X-files. Donc bon, suivons le mouvement :

Y’a aussi cette magnifique traduction française d’une réplique de Scully : “Je vais appeler Internet et leur demander de me fournir les numéros de téléphone de toutes ces femmes”

Puisqu’on est en plein revival, cette photo dont je sais plus où je l’ai prise :

(Oui, Macaulay Culkin porte du vernis à ongle rouge. Mais j’ai pas l’impression que ce soit le truc le plus décadent dans sa vie en ce moment.)

Au passage, je m’adresse à celles qui ont eu comme moi ce poster dans leur chambre

les gamines qui ont considéré que c’était le film de leur vie. On nous montrait un nouveau genre de petite-fille, une gamine névrosée, dépressive, vaguement nécrophile et complètement garçon manqué. Sauf qu’en y repensant, je me rends compte que c’était carrément sexiste puisqu’à la fin du film, l’amélioration de sa santé mentale se matérialise par le fait qu’elle échange enfin son jean et ses baskets contre une jupe et des sandales et qu’elle part jouer à la corde à sauter avec ses copines.

Et encore un coup de revival, la campagne de pub de l’enfer.

Je dis non. Je m’insurge. Je suis choquée. (On notera l’absence de Shannen Doherty. On peut penser que c’est dû au fait que l’ensemble du cast de la série la hait. Ou alors préférer se dire qu’elle est au-dessus de ce genre de spots miteux. Elle vise plus haut, plus loin, plus fort. La preuve, elle a vendu son mariage pour une émission de télé-réalité.)

 

Mon coup de coeur du moment c’est ce couple qui va avoir un bébé et qui aime plutôt bien Lost

Je crois que mon truc préféré c’est le combo la photo “Desmond et Penny style” et la vierge Marie (pas précisé s’il y avait de la coke dedans).

Sinon, y’a toujours ce putain de procès Apple/Samsung auquel personne ne comprend rien et qui saoûle tout le monde. Bah visiblement, ça commence aussi à emmerder la juge qui a littéralement péter un plomb pendant une audience. L’avocat d’Apple lui demande d’accepter une nouvelle liste de témoins et là, elle a dit : “Je ne vais pas me dépêcher pour éplucher 75 pages d’informations concernant des personnes qui ne vont pas témoigner ! Je veux dire, voyons… 75 pages ! 75 pages ! Vous voulez que je fasse une ordonnance sur 75 pages, alors que, à moins que vous ne fumiez du crack, vous savez que ces témoins ne pourront pas être appelés alors qu’il vous reste moins de quatre heures ! »

Pourtant, elle a l’air coolos sur la photo :

Sinon, plusieurs d’entre vous ont été interpellés par ma liste qui comprenait 2 chats en 4 ans. Mais personne ne semble avoir pensé que tout simplement je tue un chat à chaque année bisextile.

 

Point MILF   (o)(o) 

Têtard a toujours son putain de RGO à la con. Mais ça ne pose plus de problème de santé parce qu’il a démarré sa courbe de croissance, expression médico-parentale pour désigner le fait d’enfler comme un goret.

A part ça, je suis fascinée par sa fascination pour moi. Dès qu’on se croise dans l’appart, il a le visage illuminé comme si on se retrouvait après des semaines de séparation. Bon, alors, je précise la notion de “se croiser dans l’appart”, faut comprendre quand je passe devant son transat. Ce qui arrive à peu près 50 fois par jour.

Vous imaginez ça ? Etre enfermé dans un appart depuis six mois avec une personne et à chaque fois que vous croisez son regard, vous êtes inondés de bonheur ? (Ce qui me fait penser que cette année, je n’ai pas parlé de Secret Story.) (Oui, là en fait, je pensais au regard de Nadège à chaque fois qu’elle croise Thomas avec qui elle est pourtant enfermée depuis 3 mois.) (C’est dommage que j’en ai pas parlé mais j’ai l’impression que plus personne ne regarde. Du coup, en société, j’ose pas trop faire des blagues en disant des trucs comme “je vais lui mettre une disquette” ou “tu me prends pour un citron”.)

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16 août 2012

Partenariat, pubs, thunes, blog, coach

L’autre soir, j’ai dîné avec Dieu. Fred Royer donc. Je sais, je radote mais l’homme qui faisait ça ne peut être que de nature divine :

Désolée, je m’en lasse pas…

Bref. En discutant avec Dieu, j’ai encore une fois fait le constat de ma pine-attitude. (Alors non, précisons que la pine-attitude ne consiste pas à se ballader avec un collier de bites autour du cou, mais se résume plutôt dans le fait d’être une pine.) (Les linguistes féministes noteront d’ailleurs qu’être une pine signifie être nul, alors qu’avoir de la chatte/ou de la moule = avoir de la chance.) Je suis littéralement une bite de cheval dès qu’il s’agit de mes intérêts pécuniers. J’ai donc pris la décision de m’améliorer mais dans les idées suggérées par dieu, il y en a une que je refuse absolument. Pas celle de la prostitution non. Celle qui consisterait à foutre de la pub sur le blog. Je l’ai déjà écrit ici même mais c’était y’a longtemps donc je renouvelle ma profession de foi : ceci est un espace sans pub, sans publi-communiqué et donc, amis du marketing, c’est également un espace vierge de toute trace de votre si merveilleux travail… Parce que oui, je reçois des propositions de « partenariat » via la page Facebook de Girls and Geeks.

Partenariat = « fais-moi de la pub gratos pour mon produit tout pourri et je t’enverrai un poke ». Florilège des dernières propositions que j’ai reçues :

- Le mec qui ferait mieux de s’inscrire en BTS commerce avant d’être autorisé à avoir une boite mails :

“Je travaille pour une start up qui développe une application smartphone qui permet de créer des cartes postales personnalisées en utilisant Facebook, Instagram ou les photos de ses albums persos. Je pense que cette appli pourrait intéresser vos lecteurs et je voulais donc vous demander si vous pouviez faire un post ou même écrire un article sur nous. En échange vous auriez droit à un accès gratuit aux fonctionnalités de l’appli sur une période donnée.”

(En relisant son mail, je me dis qu’il devrait aussi suivre une formation juridique.)

- La meuf qui n’a visiblement jamais lu mon blog et qui doit penser qu’il s’agit d’un collectif.

“Bonjour chers geek et cheres geekettes!

Nous nous présentons : 4 entrepreneurs créant nouvelle marque de jus de fruits 100% naturel à base de fruits de fleurs ou d’épices.

Nous ajoutons une nouveauté à notre précédente gamme de produits. Après la Nymphette Délicieuse, le Dandy des Bas Fonds, la Cougar Puritaine et le Tartuffe de Monte Carl. Le GEEK CHIC a vu le jour !
Vous voyez peut être maintenant où est ce que nous voulons en venir..

N’hésitez donc pas à parler de nous sur votre blog ou votre page facebook. Nous serons ravis de vous intégrer sur notre prochain article spécial Geek !” 

- Et attention, le meilleur, le message qui se veut sympa mais qu’en fait tu prends hyper mal:

“Je fais appelle à vous car je suis actuellement sur un nouveau programme d’émission pour une grande chaine. Je cherche des femmes célibataires et aventureuse de 25 à 40, et surtout en quête d’amour!

Nouveau concept d’émission très sympa dont j’aimerai vous faire part. Je cherche LA femme qui à tout pour plaire mais qui ne trouve pas chaussure à son pied. Pas de bimbo, une Alexandra Lamy dans un gars une fille qui cherche son Loulou, mais pas désespérément, évitons le misérabilisme!”

J’en profite pour linker le projet complètement WTF d’un lecteur : recréer une horloge fonctionnelle à partir de 1440 photos d’internautes.

Pourquoi je veux pas faire de partenariat avec les gentilles entreprises qui me le proposent ? 1°) je refuse de monétiser le blog avec de la pub. Je l’ai ouvert pour pouvoir écrire exactement ce que je voulais, faire des phrases trop longues, mettre trop d’adverbes, tenir des propos non pertinents. Bref, pour écrire sans avoir quelqu’un qui me modifie mon papier. Or si tu rentres dans le cercle dantien de la pub et des partenariats, tu vas commencer à réfléchir en termes financiers. Tu vas te dire que cette vanne vaudrait mieux l’enlever parce qu’elle pourrait être mal perçue. Tu vas t’auto-censurer parce que tu vas penser aux sous, au nombre de pages vues, aux entreprises qui te font des cadeaux. Tu vas avoir peur de ne pas/plus plaire. 2°) De manière générale, la mode actuelle qui consiste à nous faire croire que la publicité peut aussi être une information me fait gerber des caillots de sang. (Y’a quelques années, on avait déjà essayé de nous faire croire que la pub c’était de l’art.) Or c’est cette idée qui amène à faire des posts sponsos, à accepter de brouiller les lignes entre réclame commerciale et véritable contenu.

D’ailleurs, en parlant de partenariat, une blogueuse a raconté une petite histoire fort instructive. Elle a gagné un concours organisé par une marque (coréenne) (ça suffit comme indice ?) (qui fait du matos technologique) pour passer 3 jours à Londres pendant les JO. Allez voir (si le sujet vous intéresse) ce qui s’est vraiment passé. (En gros, elle a été réduite en esclavage.) Je vais pas prendre sa défense parce que 1°) elle ose considérer que faire des posts sponsos c’est du reportage. OMFG. 2°) elle a pas été foutue de gueuler (à mon avis en partie parce qu’elle ne voulait pas se fâcher avec une marque qui l’a fait bosser, on en revient à l’auto-censure).

Ca n’a absolument rien à voir mais j’aimerais dire au mec qui m’envoye des textos que je pense qu’il fait une erreur de numéro :


En vrai, je pense qu’après une nuit de foutre, la meuf en question lui a lâché un faux numéro, qui se trouve être le mien.

Sinon, à cause des vacances, j’ai raté l’anniversaire du blog en juillet. Pour ses quatre ans, je lui offre une petite cure de soins qui est en cours. (Donc si y’a des problèmes de chargement ou mise en page chelou, c’est normal. Je vous dirais ce que répondent TOUS les informaticiens du monde dans ce genre de cas : « Vide ton cache ».) Bref. 4 ans de blog, ça mérite un petit bilan.(LISTE OUAAAAIIIIISSSSSS)

Depuis que j’ai ouvert le blog, on peut résumer ma vie sous la forme d’une suite non mathématiquement cohérente  4/2/3/2/30/2/1/3/1/14, soit : 

j’ai eu quatre apparts (merci de m’éviter les commentaires sur mon instabilité chronique ou sur les difficultées d’être mon ami qui se coltine mes brusques déménagements)

J’ai eu deux chats.

J’ai publié trois livres.

J’ai fait deux tatouages.

J’ai eu 30 ans.

J’ai fait une pièce de théâtre.

J’ai perdu 3 amis. (Rangez les mouchoirs, ils ne sont pas morts. Enfin… pas à ma connaissance.)

J’ai eu un enfant.

J’ai eu 14 employeurs (à la louche hein, du lycée Octave Feuillet à Slate, Grazia, Arte en passant par des trucs comme IDTGV, Voici, les Inrocks, Fluctuat, Trois Couleurs).

Je sais pas trop ce que ça donne niveau numérologie. Mais je sais c’est grâce au blog que j’ai rencontré Coach – ce qui est déjà en soi une chose qui illuminerait la vie de n’importe quel individu. (Il va me détester d’écrire ça, il est légèrement plus pudique qu’un moine trappiste de l’ordre cistercien de la stricte observance.) Vous allez me dire « il a l’air cool, ok, mais et alors ? ». Et bien, quand je fais le bilan de ma vie actuelle, je me rends compte que je lui dois à peu près tout et qu’on peut enlever le “à peu près”. Et qu’à chaque fois que j’ai voulu lui dire merci, il a détourné la discussion. “Coach, je voulais te dire que vraiment, grâce à toi…” “Pfff… On reprend une bouteille ? Tu veux qu’on partage un dessert ? Pourquoi moi je suis juste coach alors que Frédéric Royer c’est Dieu ?”. Donc voilà. Au moins, cette fois, il ne pourra plus esquiver.

Bonus : Coach et petit scarabée (j’ai un regard de lapin sous acide mais c’est la seule photo que j’avais).

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