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Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

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8 janvier 2013

Lettre à M.Playskool

M. Playskool,

croyez bien que je suis navrée du courrier que je me vois dans l’obligation de vous faire parvenir. Je respecte profondément votre travail, votre oeuvre oserais-je dire. Sachez cependant que j’ai une réclamation à vous faire concernant l’aeroballes elefun, également connu sous la désignation d’éléphant bleu qui lance des balles et les rattrape avec ses oreilles. Dans votre réclame télévisée, cet éléphant provoque une joie extatique sur les enfants qui l’essayent. Ils hululent de bonheur et se jettent contre leur maman pour les remercier de ce merveilleux cadeau.

 

Permettez-moi de vous faire de ma propre expérience quant à l’éléphant bleu.
Déjà, il n’est pas vendu avec les piles, et vous n’êtes pas sans savoir qu’aller acheter des piles fait partie du top 30 des trucs les plus chiants à faire dans la vie quotidienne. Mais bref, passons sur cette petite pingrerie de votre part.
Le véritable problème, c’est que mon enfant ne s’est pas du tout jeté dans mes bras pour m’inonder d’amour et de bisous reconnaissants. Dès que j’ai actionné l’éléphant bleu, il s’est jeté à terre un peu comme si une explosion nucléaire était en train de ravager Paris. Quand j’ai réussi à lui décoller la figure du sol, il était méconnaissable. J’ai constaté que l’angle de sa bouche s’était inversé. Ses yeux étaient à la fois rétrécis et remplis de larmes. Sa bouche était déformée pour laisser s’échapper une série de hurlements qui n’étaient pas sans rappeler ceux d’une pompom girl éviscérée dans un film d’horreur.
Je me suis interrogée sur les raisons de cette réaction cataclysmique. Je pense que le système de propulsion d’air intégré à l’éléphant et dont le bruit n’est pas sans rappeler celui d’un boeing en phase de décollage n’y est pas pour rien. En outre, la solution de vos ingénieurs qui a consisté à tenter de couvrir le bruit du boeing avec une musique de cirque Pinder transformé en tecknival n’a pas franchement arrangé les choses.

Vous conviendrez qu’il s’agit d’un échec flagrant. Votre jouet a terrifié un têtard qui, jusqu’à présent, n’avait jamais montré aucun signe de peur. Alors, certes, en un sens, on peut dire que cet éléphant est éducatif puisqu’il a permis à mon fils d’expérimenter une nouvelle émotion : la panique. Mais était-ce vraiment ce que je souhaitais développer chez lui à l’occasion de son premier Noël ? Je vous le dis tout de go : la réponse est non.
De deux choses l’une. Soit mon fils est une grosse lavette. Soit votre éléphant est la réincarnation de Chucky.
Evidemment, j’ai été légèrement déroutée par sa réaction. Mais je ne suis pas femme à m’avouer vaincue aussi facilement. J’ai donc cherché le têtard dans tout l’appartement, l’ai sorti de force de dessous le canapé et je l’ai recollé devant l’elefun malgré ses tentatives pour fuir dès qu’il a reconnu l’engin. J’ai relancé l’aeroballes en lui hurlant par-dessus le bruit de l’aéroport et du cirque de cocaïnés “MAIS C’EST DROLE NON ? TU TROUVES PAS CA RIGOLO ?”

Bref, qu’un bébé de 11 mois soit traumatisé et développe à l’âge adulte une phobie des éléphants n’est pas très grave dans la mesure où il n’habite pas au sud de l’Inde. Ce que je ne peux vous pardonner M. Playskool c’est MA propre déception. Une déception ultime. J’étais toute prête à m’identifier aux mamans de vos réclames, celles avec les cheveux soyeux, les barrettes et les pantalons beiges.
Je suis triste M. Playskool.

PS : j’ai noté au passage que Brice Nane Teinturier, le chat de la maisonnée, avait eu à peu près la même réaction que l’Enfant.

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31 décembre 2012

Nouvel an et come-back sur l’Inde

Le problème quand on a un blog depuis quelques années c’est qu’inévitablement on se répète. Pas par manque d’inventivité mais alors vraiment pas du tout pour ça hein mais parce que la vie elle-même se répète. (« C’est pas ma faute, c’est la faute de la vie », allez, c’est cadeau, une excuse qui fonctionne pour à peu près tout.) Par ex, tous les ans, il y a le nouvel an. Mais est-ce que, pour autant, tous les ans je vais répéter que je hais le nouvel an, que je chiale à chaque fois ? Non. En même temps, je vais pas non plus prétendre que j’aime brusquement cette putain de soirée de merde juste histoire de ne pas radoter.

« Whaou… Une année de moins à vivre !!! GENIAL! »

Du coup, j’ai pris une décision : j’ai éliminé le nouvel an de ma vie. Cette année, c’est la troisième fois où je ne fais rien. (A part regarder des images qui bougent.) Ca marchait bien jusqu’à ce que mon esprit pervers trouve la faille. Désormais, c’est la veille du réveillon qu’il me force à faire des bilans déprimants. Mais cette année, il s’est passé un truc assez paradoxal.

Si on résume mon année, le seul truc incroyable que j’ai fait, c’est accoucher. (A mon échelle, je continue à envisager ça comme un exploit personnel et je m’en branle de savoir que des millions de femmes l’ont déjà fait avant moi, et qu’elles l’ont fait sans péridurale.) Mais à part ça, franchement… On va dire que j’ai fait 3 ou 4 papiers pas mal. 2 ou 3 posts bien. C’est tout. Autant dire la lose. Surtout en comparaison de l’année 2011 qui, forcément, dans mon esprit, est désormais parée de tous les charmes puisque j’avais publié deux livres, écrit 400 papiers dont rétrospectivement je me dis que 380 étaient tout simplement géniaux. (Mon autodévalorisation passe par une certaine tendance à magnifier mes actions passées. C’est une autodévalorisation temporalisée.)

C’est la révélation qui m’a frappée le 30 décembre. Je suis en pleine lose. Plus exactement, je suis DE NOUVEAU en pleine lose. Je dois de nouveau écrire un roman, je galère de nouveau, j’ai de nouveau l’impression que j’arriverai jamais à rien. Je n’arrive de nouveau pas à m’organiser. Je suis de nouveau paniquée par l’avenir.

En un mot, je suis de nouveau moi-même.

Ce constat m’a rassérénée.

Cette fidélité à moi-même m’apparait comme un élément positif. Si on excepte la période faste 2010/2011 (qui apparait clairement dans mon parcours comme une scorie, une grosse vérue de réussite), avant on ne peut pas dire que j’avais été d’une productivité dingue. J’avais quand même passé les dix années précédentes à procrastiner sévère. La dernière fois que j’ai été frappée par une telle révélation, je me suis finalement bougé le cul. Donc là, c’est un peu comme si je remontais dans le temps. Donc comme si je rajeunissais. Voire qu’on me rajoutait deux années d’espérance de vie. Il ne me reste donc plus qu’à faire comme il y a quelques années : me mettre au boulot. (Un autre truc qui n’a pas changé : je n’aime pas travailler.)

Ayant donc pris deux décisions contradictoires 1°) faire comme si le nouvel an n’existait pas, 2°) prendre des résolution de nouvel an, mon esprit est désormais préoccupé par l’affaire dite de « l’étudiante indienne ». (Oui, ça n’a rien à voir. Je passe de mes préoccupations égotistes au viol d’une étudiante indienne mais ce genre de changement de sujets, en histoire de la littérature, ça s’appelle le flux de conscience, stream of consciousness et ça a fait la gloire de Virginia Woolf et James Joyce.)

D’abord, parce que voir les Indiens se révolter enfin contre la manière dont sont traitées les femmes dans ce pays, c’est un soulagement. (Oui oui, je vais VRAIMENT parler de ça pendant 5000 signes, c’était pas une blague.) Quand je suis partie en Inde, il a fallu plusieurs jours pour que, excédée, je dise à mon compagnon « putain, ça fait chier, ils sont tellement nombreux dans les rues qu’on est tout le temps bousculés ». Et c’est vrai que la foule immense qui vous entoure continuellement dans certains quartiers rend chaque déplacement à pieds pénible. Sauf que mon compagnon m’avait répondu « De quoi tu parles ? Justement, je trouve qu’ils font très attention à ne pas nous toucher. » En fait, ce que je prenais pour des mouvements dûs à la foule étaient simplement des centaines de mains que je me prenais chaque jour dans le dos, au cul, sur les épaules etc. Il y a aussi eu l’épisode où je me suis endormie dans un train (je précise qu’on voyageait dans les catégories moyennes-pas chères).

C’était pas dans ce train-là mais tant pis.

En pleine nuit, je me réveille et là, je vois 5 hommes debout devant moi en train de me mater depuis je ne sais pas combien de temps. Dont un, un militaire, qui me prenait en photo avec son téléphone. Je suis restée litéralement tétanisée. Et que je me sois réveillée ne les a pas troublé une seconde. Vous allez me dire que j’avais qu’à pas me saper comme une pute occidentale. Mais en vrai, je crois que ma tenue la plus sexy de ce voyage c’était ça (je dis « je crois » mais la vérité c’est que je ne me suis pas changée de tout le séjour, donc cette nuit-là, je portais forcément ça, on voit pas sur la photo mais ma serpillère verte est assortie d’un jean large) :

Mais que ces chiottes sont propres ne manquerez-vous pas de vous exclamer. Certes, mais ce sont les toilettes du Taj Mahal.

Bref. J’avais du coup commencé à me renseigner sur la condition des femmes en Inde et le constat était effrayant. Le système des castes jouant un rôle qui renforce les discriminations et les violences en les justifiant. En effet, « comme la pureté de la caste se transmet par le sang, la fidélité de la femme est la condition sine qua non du maintien de ce système. Et c’est là le coeur du problème. Parce qu’elle est la garantie du maintien de la caste, la femme hindoue représente donc une menace potentielle pour l’homme et pour l’univers tout entier. Elle doit donc être soumise et protégée de ses instincts afin que jamais le Dharma ne puisse être menacé par la faible nature qu’on attribue à la femme. »

Jusqu’alors, mon approche de la femme indienne c’était tout connement les héroïnes de Bollywood. Or les personnages féminins dans les films indiens sont largement plus modernes que Julie Lescaut. Ce sont toujours des femmes présentées comme belles, pétillantes, vives, drôles et en général nettement plus intelligentes que les persos masculins. Elles affirment leur liberté de choix, refusent toute contrainte.

Un des films à l’affiche lors de mon séjour

Ces films sont regardés autant par des hommes que par des femmes. (Quand j’ai été au cinéma, les hommes étaient plus nombreux que les femmes dans la salle pour regarder une comédie romantique.)

Bonus : le plus grand ciné d’Inde, situé à Jaïpur. Et le film que j’y ai vu.

A l’époque, j’avais proposé à Slate de faire un papier sur cette apparente contradiction d’une femme indienne adulée à l’écran, maltraitée dans la vie. (Ensuite, je m’étais rappelée que j’aime pas travailler.)

La nation indienne elle-même est considérée comme une figure divine féminine. (D’où Mother India, d’où aussi la force pour les Indiens du surnom donné à l’étudiante : India’s Daughter, la fille de l’Inde, c’est la fille de la divinité mère Inde.)

Dans mes notes pour ce papier, j’avais écrit (= sûrement recopié) « Madame Shabana Azmi, journaliste, mais ancienne actrice hindi vénérée, écrit dans l’Hindoustan Times, en mars 1988 : “ la glorification de la femme indienne peut constituer un piège éminemment dangereux qui se referme sur elle. En l’appelant “ Devi ” ou “ Savitri ”, en l’idolâtrant, on lui vole toute possibilité de se défendre, de se battre ou de faire respecter ses droits ”.

Parce que oui, il y a une glorification des femmes.

(Je sais pas si vous avez remarqué mais j’arrive à faire visiter les coulisses d’un article que je n’ai jamais écrit).

Quand on entend parler de l’affaire de l’étudiante, on pense pas vraiment « pays de la glorification de la meuf ». On se dit plutôt « ah ouais, putain, c’est horrible ». Mais quand on a les détails, on gerbe. Au début, j’ai lu des articles sur le sujet parce que primo, je m’étais donc déjà intéressée à la condition des Indiennes, deuxio (et c’est nettement plus pervers) je ne voyais pas trop comment on pouvait mourir des suites d’un viol collectif. C’est donc une étudiante en kiné de 23 ans, milieu très modeste. Ses parents, paysans, ont vendu leurs terres pour financer ses études. Son père travaille à l’aéroport de Delhi. Elle va finir ses études, devenir kiné, et se marier. Ce soir-là, elle va justement au ciné avec son mec, voir l’Odyssée de Pi. Ils rentrent en bus. 6 mecs bourrés sont dans le bus et les emmerdent. Son mec s’engueule avec eux. Les six mecs le tabassent et entrainent l’étudiante au fond du bus où ils la violent et la torturent. Pendant ce temps, le bus continue de rouler normalement à travers la ville (le chauffeur aurait quand même fait une pause pour venir participer au carnage). Pendant 45 minutes. Alors que les mecs sont, entre autre, en train de la violer avec une barre de fer rouillée (ce qui va lui provoquer de graves lésions à l’intestin). Ils finissent par la croire morte, et la jettent hors du bus.

Comme cette meuf n’en avait vraiment pas assez bavé, quand les autorités ont vu les manifs qui s’organisaient en protestation, elles ont décidé de la transférer à l’hôpital de Singapour histoire de l’éloigner et de calmer la rue. En s’en foutant royalement qu’elle ait subi trois opérations chirurgicales et fait un arrêt cardiaque. L’un des chefs de service de l’hosto Sir Ganga Ram de New Delhi (le premier qui fait une blague avec Gangnam Style, je lui fait avaler analement une barre de fer rouillée) a d’ailleurs déclaré « C’est une décision politique. » Et « Je ne comprends pas comment on peut transférer un patient dans un état critique qui souffre de septicémie avec une forte fièvre et qui est placé sous respiration artificielle ».

Elle est morte à Singapour.

La rue ne s’est pas calmée.

Human Rights Watch a dénoncé la manière dont sont traitées les rares Indiennes voulant porter plainte pour viol. Elles subissent le « test du doigt » qui consiste pour un médecin a testé avec son doigt le vagin d’une victime pour déterminer son état de relâchement…

Des viols accompagnés de torture, il y en a un bon paquet dans le monde chaque année. Choisir de s’émouvoir de l’un d’entre eux, c’est toujours délicat. Mais ce type de barbarie, je l’avais surtout lue dans des articles sur des pays en guerre ou des dictatures (notamment pendant la guerre d’Algérie, l’article où Simone de Beauvoir avait raconté le calvaire de Djamila Boupacha.) Ici, le viol n’est pas une arme de guerre. Delhi est une grande ville. La victime est une étudiante tout ce qu’il y a de plus banal. Ca se passe dans un bus. Si le détail du titre du film qu’elle venait de voir apparait dans tous les papiers français c’est justement que, consciemment ou pas, il situe l’horreur dans un quotidien qui nous parle.

Il y a donc une autre chose qui n’a pas changé, heureusement, c’est ma capacité à me révolter.

Je mets une photo dont je n’ai pas les droits, si ça pose un problème je l’enlèverai, mais j’avais envie de montrer que des hommes indiens sont également descendus dans la rue pour prostester.

Allez, bonne année les amis.

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24 décembre 2012

Attachée de presse, Noël, têtard

Hello,

je suis désolée de vous écrire aussi rapidement mais on est le 24 décembre, il est midi et je n’ai toujours pas fini d’emballer mes cadeaux. En plus, j’aimerais bien regarder le film de Noël de l’après-midi.

Ma vie ces derniers temps :

– j’ai fait un papier CUL/SEXE/MASTURBATION/PORNOGRAPHIE pour Slate. 

– l’autre jour, j’ai écrit les deux pages les plus révolutionnaires de l’histoire de la littérature et, je ne comprends pas ce qui s’est passé pendant la nuit, mais le lendemain elles avaient été remplacées par les deux pages les plus à chier de l’histoire de l’humanité. Ce qui m’amène à penser que je devrais peut-être essayer d’écrire dans la journée le roman le plus daubasse de l’histoire pour qu’il se transforme en chef d’oeuvre pendant la nuit. Même si c’est une expérience que Marc Levy a tenté à plusieurs reprises sans succès.

– je me suis engueulée avec une attachée de presse. En soi, ça n’existe pas. L’attachée de presse est par essence un être de négociation et de miel. (Je mets au féminin parce que je ne reçois jamais de mail d’attaché de presse homme.) L’histoire : je reçois un mail qui me vante les extra-ordinaires capacités d’une trottinette électrique dont je devrais parler dans un article parce que c’est vraiment un objet de toute beauté. La chose en question coûte la modique somme de 899 euros. Je rigole un peu, je fais rigoler le chef avec et je ne réponds évidemment pas. Quelque temps, plus tard, l’attachée de presse me relance (l’attachée de presse est par essence un être de négociation ET de persévérance). Cette fois, je décide de répondre parce que je me demande si elle réalise l’indécence ridicule de proposer une planche à roulettes à 900 boules.

« Bonjour,

alors tout d’abord, de manière générale, je ne fais pas de pub pour des produits. Ou alors parfois des applications web, si possible gratuites. Mais surtout, 800 euros une trottinette ?! Seriously ? Je ne veux pas vous agresser mais vous vous rendez compte que c’est 2/3 d’un smic ? »
Là, en toute logique, elle aurait dû me répondre que certes le prix était un peu excessif surtout en période de crise mais que ce produit était destiné à des gens aisés et amis de la planète. Et bah pas du tout, elle m’a répondu que

« Bonjour,

Je ne vous sollicitais pas pour faire de la pub mais simplement pour tester le produit et en parler si celui-ci vous plaisait.

De plus, le prix de la trottinette est effectivement élevé mais il s’agit d’un moyen de transport à part entière, non pas d’un jouet pour enfant. Le prix est ainsi justifié par les différentes caractéristiques techniques. Tout comme la plupart des gens dont le téléphone portable est un Iphone (qui coûte environ 600€) et cela ne choque personne… »

A quoi j’ai répondu

« La plupart des gens ont payé leur téléphone 600 euros ?

Vous avez de la chance de vivre dans un univers comme celui-là mais dans mon univers, je ne pense pas que la plupart des gens puissent mettre 600 euros dans un téléphone. « 
Bon… Au moins, elle, elle a dû me radier de son listing.
-  Le lien poésie du jour. Un mec, nommé Thierry Cohen, a fait des photos pour montrer à quoi ressembleraient les grandes villes la nuit si il n’y avait aucune lumière artificielle. Pour ça, il est allé dans des endroits complètement déserts situés à la même latitude. C’est beau partout sauf, déception, à Paris. 

– Vous vous souvenez que j’avais voté pour Kim Jong-Un comme personne de l’année pour le Time ? Bah on a gagné et ça fait bien plaiz tu vois.  Maintenant, j’envisage de participer à la pétition sur le site des pétitions de la Maison-Blanche pour que Barack lance la construction d’une étoile de la mort en 2016. 

– Le tumblr qui sert à rien : Brad Pitt eating things 

 

Point MILF (o)(o) 

Ca faisait longtemps hein ? En plus, l’autre jour quelqu’un me disait « je n’ose pas diminuer le Mopral ». Pareil. Pourtant, le RGO de têtard va en se résorbant poco a poco. (C’était quoi déjà cette blague pourrie en cours d’espagnol sur l’oiseau fait son nid poco a poco ?) Donc message aux parents désespérés qui sont arrivés sur ce blog en cherchant « mon nourrisson a un RGO, qui donc peut me vouloir autant de mal ? » : ça passe. Mais sinon, j’ai compris certaines choses sur les enfants.

Les enfants c’est pas compliqué. En gros : plus un truc est à chier, plus ils aiment.

D’ailleurs c’est pareil pour la musique. C’est incapable de distinguer une daube d’un bon morceau avant 14 ans. A l’âge de 10 ans, ce que ça préfère à la télé c’est les pubs.

Si vous leur demandez « tu préfères lécher la barre du métro ou essayer en avant première mondiale les lunettes Google qui vont changer notre vie ? » ils choisiront systématiquement le truc nul et dégueu.

Mais chez les bébés c’est encore mieux. Leur échelle de beauté et d’intérêt est inversement proportionnelle à la nôtre.

Là où on voit ça

 

Ils voient ça

Et l’inverse est vrai.

Par ex, têtard aime : le tambour de la machine à laver, les vieux mouchoirs en papiers plein de morve, les sacs plastiques, les portes, lécher les semelles des chaussures.

Vous noterez que je trouve très important de laisser une dizaine de sacs plastiques à portée de main d’enfant.

Il n’aime pas : la nourriture, porter une couche propre, les jeux intelligents. (Intelligents = mettre des anneaux sur un plot hein.)

De manière générale, il préfère les gens aux objets. (Encore une preuve de son manque total de discernement.)

Ce qui nous amène à : c’est Noël soit le premier Noël de Têtard, autrement dit mon premier Noël de maman. (Putain… Je suis maman… Je m’y fais toujours pas. Bref.)

J’ai trouvé ce livre qui raconte l’histoire de petits têtards.

Et matez-moi ça comme c’est beau :

Passons en mode blog dont vous êtes le héros.

1)  Vous n’avez pas d’enfant -> vous trouvez ça très joli.

2)  Vous avez des enfants -> vous explosez de rire en ricanant “ hahaha… mais quelle conne, il va lui défoncer son bouquin hors de pris en deux minutes ahahahahaha”.

Du coup, j’envisage de lui offrir à l’occasion de son bac.

Bref, en cherchant un cadeau de son âge qui ne soit pas un de mes mouchoirs sales, je suis tombée sur cette horreur au Printemps. C’est la marque Frenchy Yummy, c’est un putain de body qui coûte 49 euros. (Filez-moi le mail de leur attachée de presse.) Et c’était dans les idées cadeaux mises en avant par le Printemps…

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7 décembre 2012

Before instagram, un food tumblr, Kim Jong Un

En ce moment, je dirais sans ambage que ma vie est aussi trépidante et réjouissante que ça :

(ça = un plan séquence de Tarkovski pour ceux qui n’ont pas regardé mais franchement c’est beaucoup moins drôle à dire, vous auriez pu mater au moins le début de la vidéo merde, bordel, je me fais chier à embedder des trucs et vous, vous avez même pas le courage de cliquer pour rigoler un peu… pfff…)

En fait, les moments les plus intenses de ma vie actuelle se concentrent la nuit, pendant mes longues heures d’insomnie que j’occupe à rédiger mentalement des mails d’insultes à tous les gens qui m’emmerdent.

Je ne suis pas tout à fait certaine que ce soit classé comme un signe de bonne santé mentale par les autorités compétentes.

Heureusement, il n’y a pas d’autorité compétente.

Heureusement, il me reste l’Internet.

Cet outil technologique qui permet de partager ce genre de merveilles :

D’ailleurs, en parlant de gueuler sur des gens, vous saviez qu’insulter le robot d’une hotline vous fait passer avant les autres clients ? “Nommé Interactive Voice Response, c’est un système installé par les entreprises dans leur hotline qui surveille et cherche les mots-clés ou le stress dans la voix pour déterminer si un appel doit être traité immédiatement pour prévenir la frustration ou un stress inutile. »

Pour me défouler un peu, j’ai participé à l’opération de 4chan pour que Kim Jong Un soit élu personne de l’année 2012 du Time. Il suffit de voter ici. Evidemment c’est les patrons de Time qui décident à la fin mais bon, ils seront bien obligés de donner les résultats du vote des internautes, c’est toujours ça de pris dans ce monde de daube.

 

Dans le genre des trucs qui m’énervent. L’état se fait de la thune en revendant nos informations personnelles à des entreprises et ça ne choque personne. (Alors que quand on soupçonne Facebook de faire pareil, c’est l’apocalypse.)

Et ça alors : “A la mi-octobre, un étudiant de la HUB (Hogeschool Universiteit Brussel) rentrait d’un baptême déguisé en femme lorsqu’il a été attaqué par deux mineurs. Emmené à l’écart, il a été violé. L’affaire aurait dû rester discrète sauf que son école a décidé, en réaction, d’interdire aux étudiants de se déguiser en femmes. Depuis, tous les journaux flamands en parlent.” NON MAIS FRANCHEMENT… 

Heureusement, il y a toujours un tumblr à la con pour vous réconcilier avec le monde. (Enfin… avec le monde vaguement aperçu à travers l’écran de l’ordi, ce que Lacan aurait peut-être hésité à qualifier de “rapport direct au monde”.)

Donc c’est con mais alors vraiment très très con. Ca consiste à rajouter des noms aliments dans les titres de films.

Plus de n’importe quoi à retrouver donc sur Food ciné. 

 

Ma folie des listes commence à envahir l’espace commun. Ici la cuisine.

Je pourrais aussi en afficher une dans les toilettes avec “faire pipi, faire caca”.

Je me demande dans quelle mesure la liste n’est pas en train de devenir un moyen d’entretenir un dialogue perpétuel avec moi-même à l’aide de petits mots que je me laisse. Par exemple, ce matin je me suis dit que ça serait sympa de m’auto-laisser un mot gentil pour que je le trouve le matin avant de bosser. Un mot où je me dirais “bonjour, tu as bien dormi ?” … Je savais que bosser seule de chez moi aurait un jour des conséquences psys inattendues.

Remarquez, sur mon téléphone y’a déjà ça:

Soit une injonction que je me suis faite à moi-même.

Avoir des listes dans un cachier secret c’est une chose. En épingler un peu partout dans l’appart, c’est clairement franchir un cap dans la maladie. Dire au chef avec une pointe d’hystérie dans la voix “REGARDE j’ai accroché une NOUVELLE liste” s’en est encore une autre. Lui envoyer un google doc sous forme de listes de trucs à faire avec dedans “lire des livres” et “niquer” c’est encore plus grave. Je suis au stade du syndrôme de la liste où je vais avoir besoin d’écrire “me laver les dents” pour me laver les dents et “manger une tartine” avant de manger une tartine.

 

Elixie a posté un lien vers un oatmeal que j’avais loupé. Il est LA. Et je m’y reconnais de bout en bout. Surtout ça :

 

 

Sauf que je ne porte jamais de culotte avant 17h.

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15 novembre 2012

Meta-site, inceste and co

Je pense que vous devriez immédiatement arrêter toutes vos activités pour les 20 prochaines minutes. Annulez tout. Fermez vos 45 onglets.

Et découvrez avec joie, avec une extase religieuse le meta-site qui sert à rien. C’est une trouvaille des copains d’Ecrans. C’est un site qui mène vers les sites qui ne servent à rien.

Ces sites sont les bijous du net. Ces sites sont l’Internet. Ils sont comme un condensé de la philosophie qui sous-tend la webculture.

Donc vous cliquez sur ICI et hop, on se retrouve dans 20 minutes.

 

Coucou, vous êtes revenus ? C’était chouette ? Est-ce que vous êtes tombés sur celui-là ? Et sur celui-là ?

Ok. On peut reprendre normalement.

Message de service à un commentateur : oui, c’était moi au concert. Vous eussiez pu venir me parler. Parce que bon, la phobie sociale ça va 2 minutes mais ça diminue vachement face au fait de pouvoir se la péter en mode « ON M’A RECONNUE T’AS VU ? »

Autrement, qu’ai-je à dire ?

1°) ces derniers jours, je m’enfile du dossier de demande de sous. Pour une fois, ce n’est pas moi qui demande de la thune. Je suis dans le jury d’attribution de subvention de la SACD. (Catégorie : web/programme court/comédie.) Ce qui m’a amené à deux constats. D’abord, les auteurs qui écrivent des programmes pour enfants se sentent mystérieusement obligés de préciser que leur public peut aller de 2 ans à 77 ans. Ce qui est évidemment faux. Ce n’est pas parce que certains « seniors » portent des couches qu’ils ont le niveau intellectuel d’un télétubbies. Ensuite, visiblement, dans une fiction, un personnage secondaire homosexuel est toujours un homme. Les gouines, clairement, les auteurs ne leur trouvent pas d’utilité narratives. Je dis discrimination. Je dis mocheté.

2°) ce qui nous amène en toute subtilité à la trash-tribune de Virginie Despentes dans Têtu. « Mais pourquoi tant de souplesse morale quand ce sont les hétéros qui se torchent le cul avec le serment du mariage, et cette rigidité indignée quand il s’agit des homosexuels? On salirait l’institution? On la dévoierait? Mais les gars, même en y mettant tout le destroy du monde, on ne la dévoiera jamais d’avantage que ce que vous avez déjà fait, c’est perdu d’avance… dans l’état où on le trouve, le mariage, ce qui est exceptionnel c’est qu’on accepte de s’en servir.  » Oui elle est énervée, oui elle y va à la hache mais devant ces absurdes débats sans fin, je la comprends. On va peut-être arrêter de relancer le débat dès qu’un curé trouve un micro pour parler de polygamie pédophile, nan ?

3°) En parlant de polygamie pédophile, je suis littéralement fascinée par un procès en ce moment. Celui du père qui a couché avec ses filles mineures. Inceste/viol/crime ? Sauf que pas tout à fait dans la mesure où les filles affirment qu’elles étaient consentantes. Elles témoignent donc en faveur de leur père. L’une des deux vit même désormais avec lui puisqu’ils sont amoureux. Et ils ont eu une fille ensemble. Bonne ambiance familiale à Noël j’imagine. Et la mère dans tout ça ? Bah elle faisait ce que font toutes les mères dans ce genre de cas : elle organisait des plannings des rapports sexuels de ses filles avec son mari parce que sinon, c’était un peu le bordel n’est-ce pas. Accessoirement, elle leur apprenait aussi à faire des fellations parfaites. (Ca s’appelle la transmission du savoir familial.) Ceci étant, la mère est la seule à souhaiter être condamnée et à admettre que quelque chose a déconné. J’aurais tellement aimé que cette meuf tienne un blog de maman pour nous raconter le quotidien de sa famille « atypique ». J’aime beaucoup la finesse de l’avocat du père qui parle d’un « phalanstère post soixante-huitard, avec une très grande proximité des uns vis-à-vis des autres, c’était un peu le grand n’importe quoi » au lieu de dire « inceste sur leurs filles mineures ».

 

4°) Difficile de faire l’impasse sur cette photo :

Mais étant moi-même dans une union intergénérationnelle, je me garderais bien de faire des blagues. Je pourrais vous raconter la fois où allant dans un musée avec le chef, il demande deux places, sort sa carte de presse pour avoir une réduction et où le guichetier s’est tourné vers moi pour me demander ma carte de lycéenne mais ça serait mesquin.

Pour finir, étant toujours sans nouvelle de Romain Roza, voici donc la suite mon ignoble chantage :

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