Social

fil rss girls and geeks girls and geeks sur facebook girls and geeks sur facebook

Citations

Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

Cam

tartine

9 février 2010

Si tu es intéressé par la Loppsi et les dauphins

Comme l’auront noté les lecteurs du post d’hier, en ce moment mon cerveau n’est pas un exemple de cohérence ni de structure. Assumons jusqu’au bout.

D’abord, j’ai voulu faire un article sur Hadopi, Loppsi et l’Acta pour les nuls. Le problème c’est que le sujet n’intéresse que les spécialistes. Je partais d’une bonne intention pourtant.

Ensuite, putain… c’est dur la vie de pigiste…

Un peu de poésie (ok, c’est de la chasse mais c’est surtout des dauphins qui font des ronds dans l’eau) :

Diane l’a posté dans sa toujours géniale revue du web mais j’aime tellement cette vidéo que je la mets aussi, le chien qui sourit :

Parce que ça correspond assez bien à ma vision de la poésie :

Là, ça serait facile de caser du Lacan, mais même pas je le fais :

Et pour finir, un lien parce que la vidéo n’est pas intégrable. Ashton Kutcher c’est un peu l’ambassadeur mondial de Twitter. Avec Andy Samberg, il invente Tooter.

10 commentaire(s)

24 janvier 2010

Trente ans et alors ?

Je pourrais faire un post déprimant.

Je pourrais faire un post célébrant l’ivresse de l’existence.

Ou ni l’un ni l’autre.

Pour cet anniversaire, il y avait deux scénarios de vie possible.

A/ j’étais seule dans mon studio supra pourri du fin fond du 19ème, sans une thune. Même me faire consoler via des réseaux communautaires eut été compliqué vu que mon laptop a 6 ans et qu’à cet âge-là un PC ça rame comme la traversée de l’Atlantique par ta grand-mère. C’eut été tristesse, j’en conviens. Ca aurait surtout signifié que je n’avais pas avancé d’un iota de pouce de main de nain.

Ledit studio pourri (pris en photo avec l’appareil pourri)

P1090966

avec son ingénieux placard cuisine (là où tu peux ranger ton pull et faire cuire tes pâtes).

cuisineplacard

Son charmant vis-à-vis. Voisine chinoise qui passait tes soirées dans ta cuisine, je ne t’oublierai jamais.

vis-à-vis

Ses murs orange. Orange. Orange. (Enfin là, ils ont surtout l’air jaune jaune jaune.)

mursorange

Last but not least, sa salle de bain au faux carrelage du plus bel effet :

P1090963

B/ je suis dans l’appart de mes rêves avec le monsieur que je voulais et on fait une fête avec les amis. On m’offre un nouvel ordi et un nouvel appareil photo. Je fais un bilan (j’aime les bilans et les listes parce que j’ai des ovaires. Si tant est qu’il existe une nature féminine elle ne réside pas dans l’instinct maternel, l’affectif, la paix, l’amour, mais dans la passion fasciste pour les listes) dans ce bilan donc, je vois que j’ai atteint tous les objectifs que je m’étais fixée un an auparavant (parce que oui, l’année précédente, je faisais déjà des listes puisque j’étais déjà une fille).

L’appart avec une cheminée

chemineeblanche

Et une pièce cuisine

comptoirbeton

Un scénario hautement romanesque. Dans la saison 3 de Girls and Geeks, l’héroïne trouve enfin le bonheur. Pourtant, elle se plaint encore. Pourquoi ?

Réponse 1 : elle est parisienne.

Réponse 2 : trente ans, c’est dur. D’abord, ça veut dire qu’on aura 40 ans un jour. Ensuite, même si on savait que ça arriverait, c’était très abstrait. Et la concrétisation a comme un goût d’arnaque. On sait qu’on ne sera pas toujours jeunes et pourtant, au fond, on n’y croit absolument pas. On vit pendant des années dans un cadre sociétal figé. Celui des génération. Nous, on est les jeunes. En-dessous, y’a les enfants, aucun intérêt. Au-dessus y’a les un peu plus vieux qui ont l’air cool mais qu’on connaît pas trop. Ensuite, les plus vieux qui dirigent le monde. Et puis les âgés. Quand on se rend compte un jour que tout le monde a sauté d’une case, on s’est tous décalés, bah c’est le choc. Les enfants sont devenus les jeunes. Les très vieux sont morts. Les baby-boomers sont à la retraite.

Réponse 3 : « un étudiant, c’est l’infini, l’indéfini » préface de Sartre à Aden Arabie, p 20. Le fait d’obtenir ce qu’on voulait ne procure évidemment pas le sentiment de plénitude attendu. Dans le cadre du scénario 1, je n’avais pas avancé mais tout restait à faire. Tout n’était que projection dans un futur hypothétique. Le champ des possibles était ouvert à l’infini (ou presque). C’est l’avantage de la non-réalisation et du rêve. Une fois que vous faites les choses, même si vous obtenez ce que vous voulez, même si tout se passe encore mieux que ce que vous aviez imaginé, vous n’êtes plus dans la fantasmagorie mais dans le réel. Or, le réel c’est la restriction du possible. Les choses ont été faites, elles ne sont plus à refaire. Vous n’êtes plus dans le prospectif. Il faut donc se fixer de nouveaux objectifs et pour cela faire une nouvelle liste.

Dans la saison 4 de Girls and Geeks, l’héroïne après avoir conquis le bonheur individuel, tentera de conquérir le monde universel.

IMG_1059

Ceci étant, je tiens à rassurer mes lecteurs jeunes : trente ans c’est dur mais c’est infiniment mieux que 20. 20 c’était vraiment pourri. « J’avais 20 ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. » Paul Nizan in Aden Arabie.

39 commentaire(s)

15 janvier 2010

Blanche-neige, le miroir, la chasse, le désir

Today, it’s friday sex. Une rubrique qui se distingue surtout pour son irrégularité. Aujourd’hui, intéressons-nous au désir de les femmes.

femme-desirs

J’avais déjà parlé du manifeste de Maïa Mazaurette sur sexactu pour l’érotisation immédiate des hommes. La première partie de mon plussoiement est là.

Maïa écrit, entre autres choses, ceci : « Dans l’immédiat, je pense que plein de femmes (dont moi) désirent plus le désir de l’autre que l’autre tout court. Si le boyfriend me regarde avec un pénis dans les yeux (non, il n’est pas contorsionniste, mais oui, il arrive quand même à mettre son pénis dans ses yeux), je vais me sentir sexy, et vouloir profiter de mon potentiel d’attraction. Bilan : quelque part, je me ferai l’amour toute seule. Bon ok j’abuse. Mais il y a de ça. La conséquence, c’est que le jour où je ne ME plais pas, je ne désire pas l’autre. Et en vieillissant, mon narcissisme devrait s’en prendre plein les dents, et si le mec en face a lui-même lâché l’affaire sur la séduction, on finira à dormir en pyjama. Les hommes de cinquante ans râlent sur le manque de désir des femmes : super, mais on doit désirer quoi ? Montrer un corps qui ne correspond plus à nos propres attentes ? Baiser un mari qui non seulement ne fait plus d’effort, mais n’en a jamais fait ? Tu m’étonnes que ça devient mécanique. » Brillant.

Là, je m’arrêterai sur ce rapport au désir. Que le désir des femmes soit plus cérébral, c’est des bullshits totales. La femme a autant de pulsions sexuelles que l’homme (ne serait-ce que parce qu’elle a autant besoin de se reproduire que lui). Mais ces instincts sont très refoulés par des codes sociaux. Et la construction de l’identité sexuelle de la femme (j’ai envie de niquer) se faisant dans notre société via le regard de l’Autre (je te trouve bonne, j’ai envie de te niquer), une majorité de nanas a besoin de sentir le désir chez l’autre pour qu’il naisse chez elle (tu me trouves bonne, j’ai envie de te niquer). Et oui, ça aboutit à une sexualité profondément masturbatoire. Parce qu’on ne désire pas l’autre, on ne désire pas son corps, on désire son regard sur notre corps à nous. Ca crée une situation paradoxale.

1°) à la fois, la femme se réifie. N’étant pas un corps désirant l’autre, elle fait d’elle le seul corps désirable. L’homme est celui qui doit désirer. Elle doit être celle qui est désirée. Elle se transforme donc d’une certaine manière en objet. Or un objet n’a pas de sens seul, il n’existe que pour l’utilisation qu’on en fait. (Comme une télé par exemple, qui n’a de sens que s’il y a quelqu’un pour l’allumer et la regarder.)

2°) à la fois elle s’infantilise. Elle vit une sexualité profondément enfantine dans laquelle l’autre n’existe pas vraiment, puisqu’il n’est là que pour lui renvoyer un reflet d’elle positif. Le partenaire sexuel devient alors le miroir de la reine dans Blanche-Neige. Il n’est là que pour dire « vous êtes la plus belle » (ça, il le dit avec une belle érection).

Ce schéma, c’est celui de la majorité des nanas mais j’ai l’impression qu’il évolue un peu. Je ne parle même pas de moi, vu que je suis en pleine maturité sexuelle. Ca me rappelle surtout ma sexualité adolescente. Pendant longtemps, je n’imaginais même pas qu’il était possible pour une femme, que ce soit moi ou la moitié de l’humanité,  d’avoir du désir pour l’autre en tant que tel. Sans jeu de regard, donc de miroir. Un peu comme se masturber devant des photos de mecs à poils. Un mec qui veut une meuf devient séduisant parce qu’il se positionne comme mâle. Et puis, avec le temps, on sort de ce schéma d’onanisme aliénant pour se connecter à quelque chose de plus primaire, le très très simple « putain… ce mec… je bave, je le veux. J’en ferais bien mon quatre heures ». [En même temps, la dernière fois que je me suis dit ça, je suis tombée amoureuse donc bon…] En tout cas, on est dans quelque chose de plus instinctif. Et c’est peut-être ce retour à du pulsionnel qui fait que les nanas sont de plus en plus en position de chasseuse. Elles ont moins besoin du désir du mec pour mouiller, et conséquemment elles doivent chasser pour assouvir leurs pulsions.

A suivre – la semaine prochaine, pourquoi l’instinct du 4h se transforme après consommation en « va-t-il rappeler ? »

christina-ricci-chaineChristina Ricci en nymphomane incontrôlable dans Black Snake Moan

28 commentaire(s)