Citations

Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

22 février 2010

Adopter un pingouin ou ajouter un rss

Aujourd’hui mes petits enfants, j’ai envie de vous parler de quelque chose que j’aime bien : l’internet. (@fred_royer : là, je mets l’article à dessein. Dérision. Humour.)

D’abord, ma productivité se ressent très légèrement de la découverte d’un zookeeper sur facebook et appli iphone. On se souvient de ma période d’addiction. C’est même la photo du groupe. Bon, là, c’est moins sympa parce qu’ils ont remplacé les petits animaux cromignons par des boules de couleur (terrible manque d’imagination ou hommage à la forme soviétique du jeu vidéo tel que Tétris ? Seuls les créateurs pourraient nous répondre.) Donc, pour être certain de râter votre année et de perdre votre travail – bah oui, on est jamais à l’abri d’une bonne note ou d’un travail bien fait, faisez attention. Ceci n’est pas juste une boutade mais un cours de philosophie politique sciemment dissimulé sous du lol. Si vous travaillez bien, que vous avez de bonne note, que vous êtes productifs au taff, votre patron il va faire quoi ? Il va vous en demander plus. C’est normal. De même, le prof va commencer à nourrir une attente quant à votre niveau et se mettre à vous noter plus sévèrement. hésite lourdement à faire une blague sur les ZEP mais se dit qu’au cas où elle achèterait une voiture un jour, elle préférerait pas qu’on lui brûle. Ils ont bien compris ça en ZEP. de toutes façons, je ne passerai jamais mon permis, je suis parisienne. Dans tous mes jobs d’été, quand j’étais jeune jouvencelle studieuse et motivée, je me faisais engueuler parce que je travaillais trop vite. Comme je remplaçais quelqu’un en vacances, les collègues m’insultaient, pointaient mon manque de solidarité parce qu’au retour, le vacancier allait devoir trimer. *aka le jour où j’ai compris que j’étais pas plus forte que mes collègues de 50 ans mais que juste, elles faisaient exprès d’être nulles* Situation qui s’est produite aussi bien au service prêt d’une grande banque (LA BRED) qu’à l’OPAC de Paris. Donc rien à voir avec le fait d’être dans le public ou le privé. Bref. Quant à ceux qui évoquerait la nécessité d’améliorer la rentabilité de l’entreprise, je leur conseille d’aller consulter les courbes de l’accroissement de la productivité des employés entre 1898 et 2010.

Devant cet impératif moral et politique, une seule solution donc, des sessions de Goobox. Vous cherchez sur Facebook et ensuite vous cliquez sur Elementz. L’intérêt par rapport à zookeeper c’est évidemment de pouvoir défier vos amis et comparer vos scores avec ceux de tous les autres branleurs du monde entier.

Puisqu’on en est à facebook, j’ai beaucoup prié pour que cette pub disparaisse :

Capture d’écran 2010-02-16 à 15.33.40

parce que j’étais vraiment à deux doigts de cliquer. Putain-de-graphiste-de-merde. Maintenant, ils me proposent une tortue mais ça marche vachement moins bien sur moi.

On a tous (= généralisation hâtive et stupide) des petits plaisirs sur internet. Qui des vidéos de chorégraphies indiennes, qui des blagues potaches, qui des infos insolites. Mais il n’y a pas que Zigonet dans la vie même si ça mériterait un poème en décasyllabe. Bref. Aujourd’hui, je rends un hommage appuyé, registre épidictique, au blog d’Udner. Certes, je ne suis pas à la pointe de l’innovation puisqu’il blogue depuis 2006. Et voui, il est déjà dans ma blogroll sauf qu’il parait que certaines personnes ne cliquent pas sur les liens amis joliment mis en valeur dans la colonne active de droite ->

Donc, je vous présente Udner. Génie de l’absurde. En plus, c’est un dessin noir et blanc / une légende = facile à charger (il paraitrait même que ça fonctionne sous Internet Explorer) et rapide à lire. Un bonbon, comme le werther original que papy nous offrait après une bonne partie de chasse à courre.

A titre personnel et individuel, ça me fait hurler de rire. En même temps, à la fac j’avais choisi d’étudier la sémiotique parce que j’aimais bien alors bon… Et puis j’ai le lifestyle d’une personne née en 1935.

Mais démonstration par l’exemple (et le pillage d’images), je trouve ça brillantissime, d’une intelligence inversement proportionnelle à celle de Yann Moix :

Activit_n_2_

D_tail

Deconvenue

_---sion

Principe

Comme je sais bien que vous avez pas cliqué la première fois, sinon vous ne seriez plus ici, internet c’est magique mais vous allez pas faire croire qu’on peut être ici et ailleurs en même temps et ouvrir deux espaces différents dans le même écran, REVOILA LE LIEN. clic clic clic.

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15 février 2010

Yann Moix, innocente victime de l’effroyable facebook

Vous connaissez Yann Moix ? L’écrivain assez agaçant sur qui on pourrait dire moultes vacheries.

Passons sur l’égocentrisme de l’artiste, ça n’est pas mon propos. Typiquement, plus Moix sent les gens énervés contre lui, plus il se dit avec délectation : « je dérange hin hin… je suis du poil à gratter dans leur bien-pensence ».

On ne va pas non plus parler du fait qu’il pense que Polanski subit un acharnement judiciaire parce qu’il est juif. (Au début, quand j’ai entendu sa thèse, j’étais convaincue que c’était une blague, que d’ailleurs je trouvais plutôt bonne, j’étais honnêtement toute prête à me bidonner et pourtant je suis pas bon public. J’ai même pas envisagé que le mec il avait décemment pu écrire un livre pour soutenir cette idée. Mais en fait, il parait que si.)

Non, moi, mon propos c’est la couleur du cheval que Moix a monté pour pourfendre l’ignoble Facebook. Dans le genre, « oyez oyez je suis le premier martyre du 2.0 ».

On récapitule la polémique. Yann Moix s’est étendu à longueur d’interviews, et continue, pour expliquer qu’il haïssait la Suisse, que les Suisses étaient des « salaups mous », tout ça avec une analyse d’une finesse et d’une subtilité que lui envierait Merleau-Ponty, je cite Moix : « Je te hais, Suisse. Je te demande de m’arrêter, moi, aussi, le jour où je viendrai te voir. Pour cracher sur ton sol immonde. » Les Suisses, ils ont pas trop kiffé la déclaration et ils ont fait la chose la plus simple du monde, un groupe facebook intitulé « Yann Moix, les Suisses t’emmerdent !!!!! »

Comme ce gros bêta il met en lien sur sa page Facebook tous ses articles, il y a mis aussi ses diatribes anti-suisses. Du coup, ça a pas loupé, y’a des utilisateurs qui ont signalé son profil comme comportant des propos limites (ah oui, parce qu’il les traite aussi de putes et de nazis). Facebook a alors suivi la procédure classique – et automatique – le profil de Moix a été suspendu, le temps de regarder le contenu de plus près.

Donc un matin, Yann Moix a voulu se connecter et, horreur, il n’avait plus de page Facebook. Et il s’est fendu d’une tribune qui vaut son pesant de merde.

Parce que de la part d’un mec qui se dit doué d’une grosse intelligence, le minimum aurait été de se renseigner. Et c’est là qu’à là fois ça m’énerve et ça m’intéresse. De toute évidence, Yann Moix, comme pas mal de gens, ne comprend rien à internet et ne cherche pas à comprendre. Il y colle ses vieilles grilles d’analyse.

En voyant qu’il a plus de page, il se dit : HAN… Je dérange Facebook, Facebook m’a censuré. Parce que Yann Moix, il pense vraiment que les dirigeants de Facebook en ce moment, ils ont que ça à foutre de s’occuper de lui. Evidemment, il ne connait rien de la procédure de suspension d’un profil, ni de signalement par d’autres utilisateurs. D’ailleurs, il se demande pourquoi les groupes qui appellent à l’enculer sévère sont toujours actifs alors que son profil non. (Je cite parce que c’est vraiment drôle : « Car pendant qu’on me fait taire, qu’on me sabre, qu’on me supprime, qu’on m’élimine virtuellement, culturellement, intellectuellement, tous les groupes Facebook haineux à mon endroit, eux, perdurent, sont là, consultables, en pleine forme. ») Je lui donne un élément de réponse : c’est parce que tu ne les as pas signalés. La première police de Facebook , c’est les utilisateurs. Non, il n’y a pas une police qui serait payée pour se promener au hasard sur les millions de profils, pour patrouiller et prendre une infraction en flag. Ca, c’est IRL. Pas internet. Sur internet, c’est un système de surveillance de chacun par tous. On signale. Et seulement alors, la « police » enquête et agit.

Une telle incompréhension du site, ça me sidère. Il en est quand même à vouloir appeler ses avocats : « J’ai de la force, de l’énergie, de la conviction, de l’intelligence et des avocats. Le combat commence aujourd’hui. Ceux qui voudront me soutenir sont les bienvenus. » Non mais j’imagine la tête des avocats s’il leur avait exposé le cas. Moix pense que facebook c’est ouvert à tout (« Je suis le premier artiste français, le premier écrivain au monde a être excommunié d’une société virtuelle ouverte à tout le monde sauf un, ouverte au monde entier sauf à moi. ») Tout ça parce que sur la page d’accueil y’a écrit « ouvert à tout le monde ». « Ouvert à tout le monde », c’est pas un engagement politique que prendrait Facebook, c’est un slogan d’entreprise.. Il n’a visiblement aucune idée que non, ce n’est pas une place publique mais une entreprise privée et que pour s’inscrire, il a accepté des conditions d’utilisation. Je sais pas… Il doit croire que Facebook est un droit imprescriptible, pas un service privé. Et il croit ça à cause de deux éléments : la taille mondiale du site ET son aspect public. Le côté public de Facebook peut rappeler l’agora, la place publique du village mondial. Sauf qu’encore une fois, toute comparaison avec le monde IRL ne fonctionne pas. Internet est un autre espace qui répond à d’autres règles.

Forcément, quand on part bille en tête avec un schéma faux, on en vient à dire des conneries monumentales, comme, au hasard : « Ce site pour tous sauf pour Yann Moix. Ce site pour l’humanité entière à une exception près. Ce site universel à un paria près : moi. » Oui, il radote mais je ne m’en lasse pas.

Au moins, avouons que c’est drôle.

Je sais pas pourquoi mais ce genre d’emphase ça me rappelle cet inoubliable discours.

Mais cette fausse polémique (évidemment, est-ce utile de signaler qu’il a récupéré son profil deux jours après) est révélatrice. Et pas seulement de la méconnaissance de Moix. Tous les articles que j’ai lus qui racontaient l’affaire, donnaient uniquement la version de Moix. Pas un pour signaler que sa tribune ne tenait pas la route. SAUF EUX qui savent de quoi ils parlent, Arnaud Devillard, bravo. Mais sinon, niet. (Leur angle majoritaire est de dire que Moix se sert de cette histoire pour faire de la pub autour de la sortie de son livre, ce qui est sans doute vrai.) Pas un alors qu’on peut supposer que ces mêmes journalistes ont une page Facebook. Et on découvre alors qu’ils sont aussi ignorants que Moix. Alors certes, d’expérience, je sais qu’on fait ces news dans le speed, qu’on n’a pas forcément le temps de se renseigner ni d’y réfléchir. Mais ça veut dire que pour savoir que Moix raconte des conneries, il faut encore se renseigner. Ca signifie donc qu’ils ne le savent pas en amont. Et j’en reviens toujours au même constat : il y a une vraie éducation à faire. Tout le monde a une page Facebook et soit les gens ne connaissent pas son régime de fonctionnement, soit ils imaginent un truc faux.

Ca me rappelle un peu les cours d’éducation sexuelle pour les élèves du lycée où je bossais. Elles avaient l’impression de savoir comment ça marchait parce qu’elles baisaient mais dès qu’on parlait un peu avec elles, elles vous sortaient des absurdités comme le fait que les femmes ovulent de plaisir. Ca vous parait con ? Bah ça me parait pas plus bête que la tribune de Moix.

Donc voilà, plus que de propager des idées fausses sur le net, Moix est symptomatique de ces rumeurs paranoïaques. Non pas que Facebook soit un parangon de vertu, au contraire, on peut leur reprocher plein de choses. Mais précisément, on donne une idée fausse du fonctionnement du site, et du coup on empêche de réfléchir et/ou informer sur les vrais problèmes. Par exemple,  à quels compromis on est prêt pour profiter d’un service gratuitement.

yannmoix

PS : Je voudrais pas être mauvaise langue parce que ce n’est pas du tout mon genre mais quand je pense qu’il prépare l’adaptation cinématographique de Voyage au bout de la nuit… oui, on parle bien du grand réalisateur qui nous a infligé Podium et Cinéman.

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9 février 2010

Si tu es intéressé par la Loppsi et les dauphins

Comme l’auront noté les lecteurs du post d’hier, en ce moment mon cerveau n’est pas un exemple de cohérence ni de structure. Assumons jusqu’au bout.

D’abord, j’ai voulu faire un article sur Hadopi, Loppsi et l’Acta pour les nuls. Le problème c’est que le sujet n’intéresse que les spécialistes. Je partais d’une bonne intention pourtant.

Ensuite, putain… c’est dur la vie de pigiste…

Un peu de poésie (ok, c’est de la chasse mais c’est surtout des dauphins qui font des ronds dans l’eau) :

Diane l’a posté dans sa toujours géniale revue du web mais j’aime tellement cette vidéo que je la mets aussi, le chien qui sourit :

Parce que ça correspond assez bien à ma vision de la poésie :

Là, ça serait facile de caser du Lacan, mais même pas je le fais :

Et pour finir, un lien parce que la vidéo n’est pas intégrable. Ashton Kutcher c’est un peu l’ambassadeur mondial de Twitter. Avec Andy Samberg, il invente Tooter.

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