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Citations

Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

Cam

tartine

17 mars 2009

Chiotte n°4

Dans la fascinante série « où bien faire pipi à Paris », je peux dores et déjà vous annoncer que la réponse n’est pas au panic room. Certes, l’endroit a beaucoup de charme, à l’image de son extra-ordinaire directeur artistique, M. Guido Minisky.
Pourtant, en entrant dans les toilettes du Panic Room, j’ai été prise d’espoir. Serait-ce enfin la perle que je cherche depuis des mois ? On note un véritable effort pour produire un environnement visuel agréable. De la couleur et du bon goût, du gris et du rose. Le cadre du miroir doré.
Mais, et je pose solennellement la question : fallait-il pousser ce désir de satisfaction des yeux jusqu’à enlever la serrure des toilettes dames, laissant ainsi deux larges trous pour la zyeutage ?
Ce qui rend une des deux cabines plus ou moins interdite (selon votre degré d’exibitionnisme). Sur cette photo, Mlle Taschatt avait mis du pq dans les trous mais autant dire que cette saine initiative a vite été réduite à néant.

Quant à la seconde… Comment vous expliquer un phénomène aussi incompréhensible… Le rebord de la cuvette des chiottes est recouverte de pisse. Mais entendons-nous bien. Pas des gouttes de quelqu’un qui, suite à une sur-consommation d’alcool, aurait mal visé la cuvette. Non, comme si quelqu’un avait délibéremment visé le contour de la cuvette pour la noyer.

Vous allez me dire, bah c’était une fois, peut-être un petit plaisantin. C’est aussi ce que j’ai pensé. Je ne pouvais décemment pas trancher comme ça, sur un soir. J’y suis donc retournée, parce que vraiment les toilettes du panic room j’y croyais à mort. Et rebelote. Nous étions une semaine plus tard, la serrure de la cabine rose n’était toujours pas réparée ET la cuvette de la cabine grise avait encore connu un tsunami.

Et là se pose un problème éthique grave. Est-ce qu’on peut décemment juger les toilettes d’un bar dégradées par les clients. L’incivisme des clients doit-il pénaliser la note finale attribuée à un établissement ? La réponse est oui. (C’est important d’apporter une réponse claire aux problème éthiques.) En l’état actuel des choses, il est malheureusement impossible de pisser tranquille au panic room.

Je suis déçue.

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13 mars 2009

lol


Bah ouais, c’tait une blague. Je me souviens assez précisément d’avoir eu un rapport sexuel en août 99.

En vrai, je n’ai pas eu le temps de préparer un post.
En vrai, je n’ai pas eu le courage de préparer un post.
En vrai, je suis trop fatiguée pour préparer un post.

Donc cette semaine sur G&G, vous avez assisté à une tentative de suicide bloguaire. Soit pas de post à connotation sexuelle. Pas de guide des chiottes. Pas de people. Peu de réponses aux gentils commentaires dont vous m’avez fait l’aumône. Et 35 000 signes sur un bouquin du début du XXème siècle.

Hereusement, la semaine prochaine ce sera sperme et polémique.

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13 mars 2009

C’est vendredi,

C’est sexe, aboie la foule en délire, la bave au coin des lèvres, une lueur lubrique enflammant les yeux.
Mais j’en ai assez de cette imposture – sous prétexte que le sexe ça génère du trafic.
Alors, je vous le dis, quitte à perdre ma 7856ème place dans le classement wikio :
je suis vierge.
Non pas que je me sois réservée pour un homme précis. Juste les années consacrées à engloutir des pages imprimées, des images qui bougent ou des kilomètres de réseau internet, ne m’ont pas laissé le temps de me livrer à ce type d’activités qui, de toutes façons, ne m’ont jamais tellement attirée (l’échange de fluides corporels, sans façon).

Je me sens mieux.

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12 mars 2009

Nadja, l’ancêtre du blog – part 2

3°) la non-relecture.

C’est à cause de cette simultanéité écriture/vie que s’ébauche dans Nadja le principe de la non-relecture. (Même si Breton corrigera des tournures syntaxiques des années plus tard, en 1962). « si je relisais cette histoire, de l’oeil patient et en quelques sorte désintéressé que je serais sûr d’avoir, je ne sais guère, pour être fidèle à mon sentiment présent de moi-même, ce que j’en laisserais subsister. Je ne tiens pas à le savoir. » (p172) Parce que c’est le Breton d’août 1927 qui a écrit et que le Breton de décembre 1927 n’a pas à le corriger et ne s’intéresse d’ailleurs même plus à cette histoire (ce qui l’intéresse désormais, c’est Suzanne). De même qu’un blogueur ne va pas corriger un vieux post, ça n’aurait pas de sens. Ce qui l’intéresse c’est le présent, sa Suzanne à lui.
Et donc : « je laisse à l’état d’ébauche ce paysage mental » (p179)
La non-relecture n’est donc pas une simple paresse. Elle est indissociable de la volonté de fixer le présent. La seule relecture que s’autorise beaucoup de blogueurs consistent à relire de vieux posts non pas pour les corriger mais pour les commenter. En arrière-fond, cette attitude présuppose que l’individu évolue sans cesse en une succession de « moi » qui s’abolirait les uns après les autres. La seule continuité existante devient alors précisément le blog qui représente cette succession (un peu ce qu’elle dit ICI). Exactement l’inverse d’une autobiographie qui recrée les évènements a posteriori.
La référence au « moi » n’est pas innocente. Nadja, comme nombre de blogs, tend vers une quête identitaire. Exprimer sa subjectivité, c’est forcément l’interroger, chercher ce qui différencie chacun des autres. « Par-delà toutes sortes de goûts que je me connais, d’affinités que je me sens, d’attirances que je subis, d’évènements qui m’arrivent et n’arrivent qu’à moi, par-delà quantité de mouvements que je me vois faire, d’émotions que je suis seul à éprouver, je m’efforce, par rapport aux autres hommes, de savoir en quoi consiste, sinon à quoi tient, ma différenciation. N’est-ce pas dans la mesure exacte où je prendrai conscience de cette différenciation que je me révélerai ce qu’entres tous les autres je suis venu faire en ce monde. » (p11)

4°) le mélange des genres.

Nadja est le paysage mental de Breton en 1927 parce qu’il y suit le fil de sa pensée du moment ce qui implique forcément un mélange des genres (surtout dans la première partie). On y trouve donc tout et rien (en apparence sans cohérence, d’où beaucoup de blancs typographiques pour marquer que l’auteur passe à autre chose, un découpage qui rappelle celui des posts. Evidemment, le texte trouve sa cohérence dans son auteur.) Anecdotes, réflexions personnelles, souvenirs, se mêlent sans plan d’ensemble pré-établi.
Anecdote : « Il n’y a que quelques jours, Louis Aragon me faisait observer que l’enseigne d’un hôtel… » (p64)
Les prises de position personnelles (et le défoulement) : « Je sais que si j’étais fou, et depuis quelques jours interné, je profiterais d’une rémission que me laisserait mon délire pour assassiner avec froideur un de ceux, le médecin de préférence, qui me tomberait sous la main. J’y gagnerais au moins de rendre place, comme les agités, dans un compartiment seul. On me ficherait peut-être la paix. » (p166,167)
Ce fil de la pensée implique aussi un style polymorphe. Même si pour un lecteur actuel, le style de Breton relève plutôt d’un registre soutenu, il s’agit avant tout de retranscrire le plus fidèlement possible le vécu. Donc pas de descriptions romanesques mais des détails précis. D’où l’emploi de :
– phrases nominales (« Cinq cents francs. » p107)
– formules lapidaires (« 9 octobre. – Nadja a téléphoné en mon absence. » p109)
– des phrases interrompues par « etc » ou « … »
– la multiplication des parenthèses – notamment pour commenter.
– l’emploi des italiques pour insister.
– l’utilisation des capitales « la beauté sera CONVULSIVE ou ne sera pas.« 

La différence fondamentale c’est que chez Breton cette écriture est l’expression d’une démarche théorisée, réfléchie, consciente – au point d’en faire un manifeste. Parce que la vie se présente comme un cryptogramme à déchiffrer, parce que Breton se meut dans une forêt de signes. Ainsi, la rencontre Nadja lui apparaît finalement comme une anticipation de son amour pour Suzanne.

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