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Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
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8 septembre 2011

Mon premier salon du livre

Bonjour mes petits amis, c’est la rentrée, youpi, troB1. Jetons aux orties de l’eau du bain avec mémé cet été pourrave.

Certes, j’ai encore du boulot en retard avant de reprendre un rythme de posts de croisière (ouais, c’est pas correct comme formulation mais je m’en fous, maintenant je suis écrivain, ça me donne de facto le droit d’écrire comme une brelle). (Je sens que c’est mes chefs qui vont super contents de ma nouvelle posture d’écrivain à qui on touche pas une syllabe sinon ça reviendrait à défigurer la littérature française, puisque désormais je fais partie de ce beau patrimoine.)

Donc. C’est la rentrée ce qui, tous les ans, provoque chez moi la même réaction : le besoin frénétique de dépenser des sous en achat de vêtements. Sauf qu’évidemment, cette compulsion n’est que mascarade. Dans le fond, ce dont j’ai vraiment envie c’est une nouvelle trousse, et un nouveau cahier, et un cartable. Et qu’on me donne mon emploi du temps, et de voir qui il y a dans ma classe.

Putain… c’est tellement triste la rentrée sans emploi du temps…

Heureusement, j’ai une nouvelle personne dans ma vie, chargée de me communiquer mon planning. (Quand on est élève, on a un emploi du temps, quand on est grand on a un planning.) Cette personne s’appelle Julien V., c’est le commercial du Diable Vauvert. Quand Julien m’a envoyé mon planning, j’ai râlé, comme tous les élèves.

Ca n’a servi à rien. Comme pour les élèves.

Le julien-planning, en fait, c’est les dates de signatures et les salons auxquels je dois participer. (J’ai failli écrire « assister » mais ça aurait trop beau que j’ai juste à y assister.)

Donc le week-end dernier, j’ai fait mon premier salon en tant que primo-romancière. En Suisse. Au bord d’un lac. Lac = angoisse. Le lac comme la rivière sont des étendues d’eau servant à noyer des gens qui n’ont rien demandé. C’est pas le petit Grégory qui me contredira.

J’appréhendais fortement la chose parce que :

1°) Donc lac = petit Grégory

2°) la Suisse. Un pays trop calme pour être honnête.

3°) Comme d’hab. Etre enfermée loin de chez moi, sans possibilité de fuite, avec des gens que je ne connais pas et qui s’attendent à ce que je sois aimable avec eux voire même que je leur parle, ça m’angoisse.

Dans le train, je me suis retrouvée à côté d’un confrère (comme on dit dans ces cas-là) à qui j’ai réussi à ne pas adresser la parole pendant 4h de trajet. A ma décharge, il lisait ça :

Je me suis demandée si tous les gens du salon étaient des gros intellos, mais plus tard j’ai croisé Jean-Pierre Coffe et Jean-François Kahn. Après, j’ai appris que mon voisin était également journaliste et là, ça m’a rescotchée deux fois plus fort. Un journaliste qui lit Hume, c’est un peu comme si un mec du bidonville de Calcutta mettait ses pots de yaourts dans la poubelle jaune. Et pourtant… Ca m’a d’autant plus impressionnée que Hume, c’est vraiment le philosophe au sujet duquel tu peux pas faire semblant d’être calé. Avec Hegel ou Kant, tu peux toujours essayer de bluffer vite fait. Avec Leibniz, ça commence à être compliqué. Avec Hume, c’est pas la peine, je suis même pas foutue de citer le titre d’un seul de ses bouquins… alors un de ses concepts…

Donc, mon voisin était plongé dans son Hume et pendant ce temps, moi, je lisais Mimi Cracra se fait sodomiser. Du coup, j’essayais de planquer un peu la couv.

Mais j’ai vite abandonné ma lecture, ayant trouvé un objet de fascination pour les 3h restantes. Parfois, il suffit d’un minuscule détail du quotidien pour que je rentre dans une transe qui oscille entre l’envie de m’uriner dessus de plaisir et celle de taper dans mes mains en agitant hystériquement mes longs cheveux. (Après, je m’arrache quelques mèches, je les roule en boule et je les mange.) Ce jour-là, ce détail, c’était CA :

Ce monsieur, très aimable au demeurant, avait presque assorti ses chaussettes et son pantalon. La raison de ma fascination réside dans le ‘presque’. Selon l’éclairage, l’ensemble était parfaitement identique (comme ci-dessus) et par moment, plus tout à fait :

En plus, il y avait la texture de la chaussette qui paraissait crémeuse comme des œufs en neige. (Nota Bene : ne jamais se risquer à une comparaison alimentaire quand on n’y connaît que dalle en cuisine.) J’avais très envie de me lever et d’aller les caresser. Je me donnais des coups de coudes à moi-même, et je hochais la tête en souriant avec une hystérie légèrement teintée de béatitude. Un peu comme si on avait chatouillé Sainte Thérèse de Lisieux. A côté de moi, Hume a commencé à trouver ça bizarre. Et puis, il a sorti un traité sur la Doctrine nominaliste rédigé en araméen.

Plus je regardais ces chaussettes, plus je m’excitais. Finalement, j’ai craqué, et j’ai sorti mon appareil photo qui n’est pas du tout, mais alors vraiment pas du tout, discret. Et j’ai mitraillé les chaussettes. Hume a fait semblant de ne rien voir. Ce qui était fort poli de sa part, assez british en fait, et en prime pas évident vu le bruit de déclenchement de mon appareil.

Hume en plein travail. (Je triche, cette photo-là c’est dans le train de retour, on était face-à-face. En fait, le festival avait décidé qu’on serait copains de transport, et je ne peux que les en remercier parce que Hume est un compagnon tout simplement parfait.)

Dans le train donc, heureusement, qu’il y avait la présence rassurante de Hume et les chaussettes parce que sinon, c’était affreux. A un moment, y’a une meuf roussexydée (subtil croisement entre rousse et peroxydée) qui me demande mon ticket et mon nom. Je lui tends mon ticket sur lequel était noté mon nom. Je me suis dit que ça m’épargnerait de lui épeler t-i-t-i-ou. La poufiasse me répond « mais j’ai besoin de votre nom aussi ». Je lui fais remarquer que c’est écrit sur mon billet et là, elle me dit « non mais moi je suis éditrice hein, pas hôtesse d’accueil ». Personnellement, j’ai été hôtesse d’accueil.

J’ai eu très envie de lui dire que moi et mes camarades hôtesses d’accueil on lui conseillait d’aller brûler en enfer avec son coloriste démoniaque.

A la place, je me suis replongée dans Mimi cracra se fait sodomiser. (Un titre qui ne manquera pas de m’amener de belles requêtes Google.)

Ensuite… bah ensuite la Suisse. Comment vous décrire Lausanne ? En fait, c’est simple. C’est une ville de politique-fiction. C’est un peu comme si Jospin avait été élu en 2002. 0 sdf. 0 racaillou. 0 handicapé à moignon qui font la manche.

Mais en sortant de la gare, on tombe quand même sur ça :

Alors ok. Nous aussi en France on a des affiches de ce genre. Mais elles sont collées à l’arrache, la nuit, sur des murs décrépis. C’est jamais de grandes affiches officielles encadrées à des arrêts de bus.

Le journal du matin ressemble à ça :

Les gens sont d’une honnêteté effrayante. Au café, vous pouvez laisser votre iPhone sur la table pour aller pisser. Vous serez d’accord pour conclure qu’un tel sentiment de sécurité est plutôt flippant.

Ensuite… le salon. Le samedi matin, en bonne élève, j’arrive en avance à ma table. Et là, enfer et damnation, je vois une pile de Kata-Sutra qui m’attendent. Mais merde quoi… Cela eusse pu me faire plaisir si Jacob-Duvernet l’éditeur nous avait un jour donné nos sous. Par exemple, à la date prévue sur nos contrats. Là, on vient de contacter un avocat quand même. Donc l’apparition des Kata-Sutra c’était de l’ordre du choc traumatique.

Sur le principe même du salon, j’ai décidé d’attendre d’en avoir fait au moins deux avant de juger. Et peut-être même d’en faire un papier si par miracle il y a des choses à raconter sur le sujet.

Pour l’instant, je peux dire que dans un salon, il y a des moments de solitude intérieure qui ressemblent à ça :

L’auteur inconnu reste fier dans sa solitude

En vrai, extérieurement, ça ressemble plutôt à ça (toutes les photos suivantes ont été prises depuis ma chaise sans trucage) :

Ce que je voyais devant moi donc. Je vous rappelle que ça a duré deux jours.

Quand tout le monde vous tourne le dos, ça donne un peu l’impression d’être une pute unijambiste dont aucun client ne veut. Surtout quand à votre gauche, le reste de la table ressemble à ça :

Et que vous et votre livre, vous avez droit à ça comme regard :

Heureusement, Hume est passé me voir à ma table. (Peut-être parce qu’il avait compris que ma santé mentale était branlante.) Et un garçon est venu m’offrir des chocolats parce que j’avais dit à la radio suisse que j’avais peur de venir chez eux et que je voulais du chocolat. (Enfin… il parait que j’ai dit ça mais j’en ai aucun souvenir.)

Mais finalement, hormis ma rencontre avec Hume, si je devais retenir une image de ce périple, ça serait cette pub. Même si je suis un peu triste de penser qu’il n’y aura jamais un meuble à mon nom.

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20 août 2011

L’été de la quenelle

Quand un blogueur que je suis ne poste pas pendant l’été, j’imagine aisément que c’est pour une raison qui visuellement ressemble à ça :

Ce qui, dans l’ordre de mes réactions provoque cet enchaînement : un net agacement, puis une déclaration à moi-même sur le fait que son blog finalement il est pas si bien que ça (je crois que j’ai transféré l’image de l’artiste tourmenté à celle du blogueur tourmenté) avant d’admettre que je me sens trahie par le blogueur et que je suis pétrie de jalousie.

Mon bon lecteur, mon ami, mon frère, tu es donc en droit de me détester. Mais sache qu’en réalité, mon été a ressemblé très précisément à ça :

Soit ce qu’on peut qualifier poliment d’été de merde.

Si je n’ai pas blogué c’est donc parce que la vie est une pute et que j’aimerais bien l’enculer mais que pour l’instant c’est plutôt elle qui me la met profond. Ca a au moins eu un avantage : être une réponse empirique à ce que certains commentateurs m’avaient écrit à une époque « ton blog était plus drôle quand t’étais malheureuse ». Cet été aura prouvé que le rapport qualité du blog/degré de bonheur est nul et non avenu.

Parmi mes amis, l’été 2004 resta dans les annales sous le nom de « Grand Eté de la Lose Absolue ». De manière générale, on préférait même éviter de le nommer, on se contentait d’un pudique « tu te souviens de l’été… » « oui oui, ça va, je m’en souviens, n’en parlons pas ». C’est un été où faute de finances suffisantes, on en est resté à la terrasse d’un café joliment appelé le Carton à regarder mornement nos vies partir en couilles. (Oui, il y a un moment, face à l’avalanche de catastrophes, la seule chose à faire est de ne plus bouger en attendant que ça se tasse.)

Le Grand Eté de la Lose Absolue n’a jamais été dans nos esprits un record à battre.

Et pourtant, qui eut cru que l’édition estivale 2011 parviendrait à concurrencer 2004 ? Peut-être que chez vous ça n’a pas été le cas, mais dans ma vie et autour de moi ça a été l’hécatombe. Comme le raconte Lois, on a été pas loin de se faire des lexomil’s party. Je ne sais pas ce qui s’est passé cet été mais d’un coup tout est parti en quenelle. Pour vous, êtres dénués d’imaginaire poïétique, la quenelle vous évoque ça (et aussi la cantinière qui crachait dans le plat avant de vous servir) :

En réalité, comme nous l’apprend Google manitou :

Ce qui donne une dimension philosophique à cet excellent conseil également trouvé sur le site de Marmiton « Laissez vos préjugés… et découvrez les vraies quenelles ! » Et pourris ta vie jusqu’à la moëlle en nageant dans un océan de caca.

Si la quenelle a toujours une texture pré-vomitive (comme certaines nourritures sont prémâchées, la quenelle elle est pré-vomie pour faciliter le transit), elle peut toutefois varier ses formes. La preuve en est la quenelle scénaristique dans ces séries où vous suivez le quotidien des personnages jusqu’au jour où un scénariste pervers avec une casquette et un morceau de pizza à la main décide de tout changer en modifiant un seul élément a priori anodin (la fameuse quenelle). Ex : Friends et les épisodes Si Monica était restée grosse. La quenelle estivale a clairement commencé par prendre une forme météorologique. L’été s’annonçait caniculaire – j’ai même failli acheter un ventilo. Et puis, après… ça a été quenelle sur quenelle. En même temps, un été qui commençait en chiant dans un sac plastique faute d’avoir des toilettes en état de fonctionnement ne pouvait pas être un bon été. Sur la suite des quenelles, je ne vais pas vous les détailler, ça prendrait 25 posts. Et puis en 2008, on était déjà arrivé à la conclusion que ma nature profonde de femme est celle d’un panier de basket.

La question est : quel élément a été modifié cet été pour que la vie de mes amis (et accessoirement la mienne) devienne n’importe quoi ? A ce jour, le mystère reste entier. Nonobstant le fait que mes amis et moi-même partageons le même don pour ne pas prendre la BONNE décision mais toujours préférer le choix qu’il est clairement PAS LE BON, choix qui est pourtant souvent entouré de panneaux comme celui-là :

Mais bordel qu’est-ce qui se passe dans nos cerveaux dégénérés pour que devant ce panneau

on se dise : non mais je suis sûr qu’ils exagèrent un peu les précautions.

Pareil quand un peu plus loin, on tombe sur ça :

Ou même ça :

Au final, la suite de quenelles a fait que mes vacances se sont résumées à 4 jours. Rappelez-vous en 2008, j’étais partie à Clermont. Cette année si sur mon billet de train était bien noté ‘Clermont’, en réalité, je ne suis pas partie là-bas, je suis allée dormir, manger et me faire dorloter pendant 4 jours par la maman d’Ondine (coucou Michèle). On avait d’ailleurs à l’avance décidé de ne pas foutre le petit orteil en ville (l’expression « en ville » est certes un peu exagérée quand on parle de Clermont Ferrand mais bon). A la place, on a été dans un centre ‘thermoludique’ qui proposait de vivre une éjaculation de bien-être. Et on est aussi retournées sur le gros caillou rouge d’où j’ai pu constater que la densité de futurs cahiers oxford (autrefois appelés ‘arbres’) était toujours aussi impressionnante.

Bref, mes petits amis, tout ça pour en arriver à une édifiante leçon de vie de tata Titiou, n’oubliez jamais que :

N.B. : ce post était sponsorisé par le Comité de Promotion de la Ratatouille.

 

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23 juillet 2011

Plomberie et temps de chiottes

1°) Je pense qu’il est temps d’admettre que passer ses vacances à Paris était vraiment ma pire idée de l’année. (Et sachez que cette année je fus particulièrement prolixe en idées de merde.) Tous les matins en me levant, je regarde par la fenêtre et je m’écrase une cigarette sur la main pour chaque nuage que je vois.

Les séances de ciné en plein air de la Villette on les a bien dans le cul.

Evidemment, le fait que je sois fauchée comme le blé a un peu joué le soir où j’ai décidé de ma destination de vacances.

2°) Que faire des expressions comme « fauchée comme les blés » qui à l’origine était sans aucun doute une merveilleuse invention stylistique mais dont la bonne fortune l’a transformée en cliché ? Si le cliché est tombé en désuétude, on peut considérer qu’il acquiert une virginité nouvelle. Donc en juillet 2011, il redevient acceptable d’écrire des choses comme « fauchée comme le blé ».

3°) Où en sont mes fascinants problèmes de plomberie ? Au jour 1, j’ai dû opter pour cette solution, un fort élégant harnachement :

Puis, les 15 jours suivants, j’ai été faire caca chez ma voisine du dessous qui était partie en vacances en me laissant aimablement un double de ses clés. Au final, c’était un peu comme vivre dans un duplex. Ca a aussi été l’occasion de tester le degré de puritanisme de mes amis. Quand ils voulaient pisser, je leur offrais le choix. Tu préfères :

a/ qu’on descende tous les deux chez ma voisine, ce qui est un peu relou

b/ pisser dans ma douche qui finalement, si on y pense bien, est une sorte de toilette à la turque.

J’ai vu des hésitations, des « non mais je peux pas pisser dans ta douche quand même… » puis une lueur de lubricité dans les yeux « Si ? T’es sûre ? » Au final, 100% des amis ont choisi la douche. Ce qui m’a rendue plutôt fière d’eux.

Après 15 jours de hurlements au téléphone, et 6 plombiers différents venus constater la fuite mais sans avoir l’autorisation de la réparer, lundi dernier, le syndic de l’immeuble s’est pointé avec deux jeunes plombiers pour faire les travaux. AH. Enfin. Je m’en vais actionner ma chasse d’eau pour leur montrer le déluge total qui se produit alors sur le palier du dessous. On reste deux minutes, nos têtes levées vers le plafond. Et finalement, l’un des plombiers émet ce constat simple et implacable : « Bah, y’a pas de fuite ». Effectivement. Rien. Pas une goutte d’eau. Plus de fuite.

Je m’énerve, je leur jure que ça fuit depuis 15 jours (parce que je sentais bien venir le truc qu’ils allaient rien réparer et que dès le lendemain ça allait recommencer). A ce moment-là, passe cet enculé de plombier polonais (qui est toujours dans l’immeuble pour finir de percer toutes les canalisations), je l’attrape. Je lui montre l’absence de fuite (et je vous promets que montrer une absence de quelque chose c’est métaphysiquement assez difficile). A quoi il me répond en souriant « normal-normal, ça a séché ». Ok. Merci de ton explication mec. Sachez donc que les fuites, ça sèche. Les plombiers finissent par tapoter les tuyaux et m’annoncent « alalala… mais c’est votre douche qui fuit là».

Donc mes toilettes fuyaient et ils ont réparé ma douche.

Je laisse tomber.

4°) Quoi de cool sur l’internet ces derniers jours ? Pas grand chose en fait. J’ai redécouvert le relativisme culturel (une expression que vous n’avez sans doute pas entendue depuis vos cours de français en seconde avec les Persans débiles de Montesquieu) en apprenant que Cajoline en anglais s’appelle Snuggle. Je sais très bien que ça n’a aucun intérêt mais ça me trouble.

Même sur Tumblr, pas des masses de choses. A part des pots qui dégueulent :

Un Mario de bon goût :

Et un sweat qui a la classe :

Voilà. Quel été fascinant, n’est-ce pas ?

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15 juillet 2011

Test n°1 de la presse people

Pour distraire certains lecteurs qui ont l’air de passablement s’emmerder ce mois-ci au travail, j’ai décidé de tester la presse people.

J’ai donc fait l’acquisition de 7 mags people cette semaine (pour la modique somme de 11 euros 30 que je ne pourrai pas faire passer en note de frais vu que ça reviendrait à me les rembourser à moi-même). Hors de question que je médise sur la presse people rapport au fait que j’aimerais assez un jour avoir une chronique dedans. (Je suis fauchée. et au chômage. Donnez-moi du travail. Merci.) Tout ce qui suit est donc à lire avec le regard de la taquinerie bienveillante entre collègues journalistes n’est-ce pas.

Evidemment je me suis précipitée sur Oops! qui me fascine pas mal. Simplement parce que j’ai jamais vu un titre qui correspond aussi bien à sa maquette. Mais cette folle virée au kiosque a aussi été l’occasion de découvrir Waouh ! qui semble être une sorte de sous-Oops!. (Qui eût cru qu’il serait un jour possible d’écrire une telle phrase ?)

Au final, on obtient une dichotomie de la presse people en trois niveaux :

1°) le haut de gamme. Gala, Match, Voici. On y trouve nombre de photos de seins de stars françaises à la plage. Cette semaine, Laura Smet.

2°) le milieu de gamme qui consiste en un copié-collé des ragots des sites people américains. Bah oui, les procès des stars françaises ça coûte cher. Avec les Ricains, on est tranquilles.

3°) le très très bas de gamme. Quelques pages sur des stars américaines mais surtout des candidats de télé-réalité qui ne feront pas de procès vu qu’ils sont consentants rapport au fait qu’ils ont besoin d’un peu d’argent de poche. On dirait des Starmags financés par Endémol.

Pour bien décrypter les pratiques journalistiques de la presse people, j’ai dû définir un corpus d’étude : le cas Pippa/ Harry. Pippa, la meuf qui va au mariage royal de sa sœur en robe de mariée et sans culotte. Harry le bad boy rigolo de la famille royale. A peu près tous les magazines de la semaine en parlaient mais pas vraiment avec les mêmes infos.

1°) ILS FILENT LE PARFAIT AMOUR, Pippa + Harry = c’est du sérieux, forever.

C’est en tout cas ce qu’affirme Oops!, à la hauteur de sa réputation, puisqu’ils n’ont pas peur d’affirmer tout et n’importe quoi pour nous offrir ce qu’on a envie de lire, faisant fie de ce petit détail qu’on nomme la réalité. Oops! c’est un peu les Calderon de la Barca de la presse people. (Calderon de la Barca, auteur du très baroque La vie est un songe qui interroge subtilement la notion de réalité et d’apparence. « Qu’est-ce que la vie? Un délire. Qu’est-ce que la vie? Une ombre, une illusion. » )

Dans la même veine, People Story en remet une couche avec une preuve indéniable que les deux forniquent : « ils se voient en cachette dans un salon de thé ! » C’est assez méconnu comme vérité mais en Angleterre, quand tu veux te cacher, tu vas dans un salon de thé et pour brouiller un peu plus les pistes tu bois un earl grey.

2°) HARRY SORT AVEC UN MANNEQUIN LINGERIE. Là, il y a unanimité entre Closer, Public et Voici. (On met un point bonus à Public qui nous précise que c’est sa cousine. Ok. Sa cousine au 8ème degré mais ça reste quand même pas loin de l’inceste.)

3°) PIPPA EST :

a/ avec Alex Goude (dans Public)

b/ avec George Percy (dans Voici)

c/ seule mais on sait pas trop mais on va quand même mettre « scoop » en haut à gauche de la page.

Après tout ça, je vous soumets une question à méditer : quel degré de confiance peut-on accorder aux journalistes de la presse people, sur une échelle de 0 à -1 ?

Waouh ! ne m’a pas déçue puisque j’y ai trouvé cette photo choc. Prière d’éloigner les enfants.

Regardez bien. Ce sont des seins. DES SEINS. Certes, sous un pull, mais quand même des seins. Mais quelle espèce d’immonde serpillière à foutre cette Rihanna.

Sinon, retenons que ça a été un vaste démoulage ces dernières semaines. (N.B. : « démoulage » terme particulièrement imagé employé par Zappette pour qualifier le fait de donner la vie à un petit être fragile et précieux.) Concentrons-nous sur Victoria Beckham qui a mis au monde une fille. ENFIN une fille, après ses trois garçons. Une mini-Victoria. Quel soulagement n’est-ce pas de savoir que la relève est donc assurée, que quand, amis lecteurs mes frères, mes semblables, nous approcherons de la retraite et de la ménopause, on aura encore à subir la gueule de mini victoria dont on espère qu’elle héritera le sourire charmeur de sa mère :

No boobs jokes

Cette semaine, on apprend également que Claudia Schiffer pense que son mari est le père du futur enfant de la meuf de Mad Men (la blonde, la femme de Draper qu’on n’aime pas). Claudia est dévastée et la preuve irréfutable c’est qu’elle a minci. En lisant les tabloids américains et français, on voit que toute la presse people internationale a la même obsession : le poids des meufs. De toute évidence, selon les fins psychologues qui travaillent dans ces journaux, on ne peut pas faire une dépression nerveuse sans maigrir. Et donc, logique implacable, quand on maigrit, c’est qu’on va mal. A l’inverse, quand on grossit, c’est qu’on se laisse aller parce qu’on est heureux mais on devient moche. Ca donne que cette semaine Angelina Joli et Claudia Schiffer sont clouées au pilori parce qu’elles ont maigri. Et que Britney Spears et Laura Smet sont moquées parce qu’elles ont grossi.

Hypothèse : la plupart de ces journaux n’ayant pas accès à de vraies infos, ils doivent broder. Et le seul matériel qu’ils ont à leur disposition c’est le corps des people.

Notons que j’ai bien aimé la rubrique Vrai/Faux dans Public. En gros, on vous expose des rumeurs que personne n’avait entendues pour les démentir. Je devrais faire pareil sur le blog, avec une jolie édition. « MARINE LE PEN n’EST pas LESBIENNE. »

Mais Voici reste le grand gagnant dans mon cœur, ne serait-ce que pour leur rubrique tribunal.

En outre, un journal qui écrit : « Nikos, c’est un peu le Robert Doisneau de Twitter » ne peut pas être vraiment mauvais. (Ce qui ne m’étonne qu’à moitié puisque c’est le seul mag pour lequel j’ai pigé et où on me disait « vas-y hein, tu peux y aller plus fort. »)

Tous ces mags étalaient les photos de vacances des stars, mais au final, sur c’est l’interweb que j’ai trouvé les pires.

Et sinon, y’a mon premier roman que j’ai écrit qui sort en librairie le 18 août mais bon, on en parlera la prochaine fois hein.

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4 juillet 2011

L’immeuble du bonheur et des emmerdes

Où il est beaucoup question de mes origines non-juives.

Non mais putain de bordel de merde de vie de chiottes.

Un jour dans votre existence, vous avez sûrement vu la bande-annonce du film de Dany Boon La maison du bonheur. Je suis en pleine adaptation existentielle pour une version qui s’intitule L’immeuble du bonheur. Au gré de ma lose d’appart et de thune, j’ai quand même écumé pas mal d’immeubles mais aucun n’avait atteint le niveau de celui-ci.

Et pourtant, je reviens de loin.

Plus précisément de Montreuil. Rappelez-vous la vue depuis le salon :

A Montreuil donc, deux nanas s’étaient installées en coloc en dessous de chez nous (nous = JRF le rockeur et moi). Deux théâtreuses intermittentes du spectacle (déjà, j’aurais dû me méfier, c’est de la graine à emmerdes ça). Bref. Un samedi après-midi elles viennent sonner chez moi pour m’informer qu’elles organisent une « petite pendaison de crémaillère » et que ça serait « super que tu passes faire la fête avec nous ». Je fais oui, oui, et je leur ferme la porte au nez en me demandant comment ces deux boudins peuvent imaginer une seconde que je vais aller écouter leurs potes jouer du djembés alors que y’a Zemmour à la télé. A 23h, je m’installe donc tranquillement devant la télé avec ma tisane et une tablette de chocolat. A 23h05, les fondations de l’immeuble se mettent à trembler. Véridique. Je n’ai jamais compris comment elles avaient réussi à produire un tel vacarme. Ma seule explication c’est qu’elles avaient dû organiser un concours de jeté d’obèses contre les murs vu que lesdits murs se fissuraient. Mes voisins de palier qui avaient deux enfants en bas âge ont failli se pendre. Et les voisins de l’autre côté de la place ont appelé les flics. Ca reste, dans mon souvenir, comme une des pires nuits de ma vie, et pourtant, en tant que parisienne, je peux vous assurer que j’ai enduré nombre de fêtes de la musique.

Le samedi aprèm suivant, j’étais chez moi (non, j’avais aucune vie sociale à l’époque par contre j’étais très intelligente parce que je lisais des livres), ça sonne. C’est les deux déchets de l’intermittence. « Coucou, on organise notre pendaison de crémaillère ce soir si tu veux passer. »

Un instant, j’ai cru à une faille spatio-temporelle.

– Bah c’était pas la semaine dernière déjà votre fête de merde ?

– Si. Mais on pouvait pas inviter tout le monde en même temps, alors on a fait ça en deux parties pour moins déranger.

Mouarf… Clairement, elles et moi, on jouait pas dans la même catégorie. Ce soir-là, JRF, mon rocker du cœur, était là. Il est arrivé dans l’appart et m’a trouvée en train de faire les valises en pleurant. J’ai essayé de lui expliquer que les voisines refaisaient une teuf et que j’avais repéré sur Google Maps les abris antiatomiques les plus proches. A quoi il m’a répondu « t’es folle ? Y’a Zemmour ce soir à la télé. Hors de question qu’on bouge. »

A minuit, on était assis sur le canap, le regard dans le vide, sans échanger un mot, devant la télé dont on entendait pas un son, à essayer de faire abstraction du bruit de l’enfer qui nous environnait. L’appart des deux sacs à merde du théâtre subventionné devait être trop petit alors ils avaient décidé de faire la teuf dans tout l’immeuble, escalier compris. A un moment quand même, on distingue au milieu des bruits de marteaux piqueurs, des hurlements d’obèses et des cris des enfants en train d’être égorgés, un son étrange. Des coups assez réguliers donnés contre notre porte. On se lève, on ouvre et là…

Comment vous expliquer ce qu’on a vu…

Ce qui cognait contre notre porte, c’était la tête de la voisine en train de se faire baiser par un de ses invités sur notre palier. Du coup, en ouvrant notre porte, on s’est retrouvé face à face avec le mec qui nous a regardés et nous a sourit tout en continuant de pistonner méthodiquement notre voisine, ce ramassis à mycoses, dont la tête saoûle gisait donc à nos pieds. Après, ils nous ont dit « désolés, on va aller se finir dans la cave ». Et d’après le bruit, c’est effectivement ce qu’ils ont fait.

Mais malgré tout, ça n’arrive à la demi cheville de mon immeuble actuel. Y vivre, c’est avoir l’impression que dieu vous a chié sur la gueule.

Que s’est-il passé ces deux derniers mois dans l’immeuble du bonheur ?

Déjà, Ouin-Ouin, rappelez-vous cette créature née du croisement improbable d’une pipe à crack et d’un lama. J’ai failli vous narrer sa dernière catastrophe et puis, sur le coup, j’ai abandonné, et préféré me concentrer sur la recherche de numéros de tueurs à gage albanais. En résumé : il y a deux mois, Ouin-Ouin a mis le feu à son matelas et c’est une voisine et moi qui, alertées par la fumée, avons appelé les flics qui ont arrêté l’incendie et trouvé Ouin-Ouin gisant à moitié asphyxié dans son taudis. Et comme cet immeuble est vraiment maudit, il a survécu.

Ensuite, j’ai découvert que mes voisins les plus proches étaient une fourmilière géante installée dans une fissure du mur de l’immeuble. Résultat : je suis envahie par les fourmis. (Auxquelles se rajoutent les mouches qui viennent de chez Ouin-Ouin, soit parce qu’il n’a pas de toilettes, soit parce qu’il a tué sa maman lama quand il était petit, je sais pas, j’hésite encore entre les deux explications. Tu comprends pas la référence ? Tu vas tout de suite m’acheter en folio Les Mouches de Sartre. Bah oui, vous, les mouches, vous les associez au caca. Sartre à la culpabilité et à la justice. De quoi s’interroger sur nos échelles de valeur personnelles.)

Et puis, il y a un mois, apparaît cette affiche :

Entreprise de merde

J’ai tout de suite pressenti c’était une annonce de l’Ange destructeur de la Mort. Ca a pas loupé. Déjà, ils ont creusé un trou sous l’immeuble.

Le trou au début des travaux :

Le trou à la fin des travaux :

Deux jours plus tard, l’Ange de la Mort est repassé déposer cette affiche-là nous informant qu’il y avait eu un « incident » sur la « conduite de gaz ».

Super. Pour vous rappeler ma peur des fuites de gaz qui vont nous tuer, souvenez-vous que je l’avais noté dans ma deathlist. (Non, je ne suis pas juive mais j’ai quand même peur du gaz.)

Donc coupure de gaz, autrement dit coupure d’eau chaude pendant deux jours.

D’où crise de nerfs un jeudi soir.

Ensuite un mois de travaux qui me pète les oreilles.

Et samedi soir, à minuit, LE double dégât des eaux. (z’avez remarqué que les fuites c’est toujours le samedi soir ou les jours fériés ? C’est évidemment un complot des plombiers polonais antisémites. Certes, je ne suis pas juive mais d’abord les plombiers polonais ne peuvent pas le savoir et ensuite, ma non-judaïté ne m’empêche aucunement d’être paranoïaque.)

La fuite se situe entre mon palier et celui de la voisine du dessous qui a littéralement pété les plombs. Résultat elle a agressé verbalement la petite dame d’en face de chez moi, mignonne chose timide aux yeux bleus, immigrée en France depuis 25 ans d’un improbable pays de l’Est et qui ne comprend pas trop ce qui se passe depuis que Ceaucescu est mort.

Et ce matin, en pyjama sur mon palier, j’avais juste l’impression de regarder TF1 irl. A ma gauche, la petite dame qui comprend rien à ce qui se passe mais écarquille ses grands yeux bleus de biche ménopausée. Face à moi, je vous présente le plombier polonais qui parle pas français mais qui me répète que « c’est normal, normal ». Evidemment, on est tombé sur le seul plombier de Paris qui considère que l’état normal d’une canalisation c’est d’être pétée. La voisine du dessous qui m’entend parler avec le plombier, monte nous rejoindre et se met à crier sur la petite dame en lui disant : « Ici on est pas en Europe de l’Est. T’arrêtes ta machine à laver et tu te démerdes sale conne. » Y’a un truc à savoir quand on veut insulter une mamie d’Europe de l’Est, c’est de toujours vérifier qu’elle est vraiment seule et démunie. Parce que là, pas de bol, le fils de la petite dame (1m90) arrive et hurle qu’on parle pas comme ça à sa maman. Au milieu, le plombier qui s’amuse comme un petit fou de toute cette agitation. Tu m’étonnes, il était trop content qu’on l’oublie un peu. Du coup, il est hyper relax pour me répéter : « normal, normal, j’ai cassé tuyau vendredi ».

Perso, j’étais préoccupée par une seule chose : la peur qu’une partie de la fuite touche l’arrivée d’eau de ma douche. Surtout que je revenais de la province et que je me sentais un peu salie par la chlorophylle. Donc je me mets à crier aussi pour couvrir la voix des autres hystéros et je demande au Polonais qui clairement se croit sur un plateau de TF1 avec son putain de sourire de suceur de sang d’enfants juifs : « EST-CE QUE JE PEUX PRENDRE MA DOUCHE ? » Et là, il hoche vigoureusement la tête « Oui oui. Douche ok. Toilettes pas bon. Plus utiliser. »

Faut voir le bon côté des choses. Je n’ai plus de chiottes jusqu’à nouvel ordre mais je peux toujours pisser dans la douche alors que j’aurais eu du mal à me doucher dans les chiottes. Et comme je ne m’alimente plus que de jus de fruits (ma nouvelle lubie nutritionnelle), je ne fais plus caca.

Ceci étant, je commence à envisager de déménager dans quelques mois. Si vous vous entendez d’un plan avec une baignoire et des toilettes…

Edit : ça fait trois heures que je demande au Polonais s’il va réparer la fuite et qu’il me répond un truc que je ne comprends toujours pas mais que d’après son langage corporel je peux résumer par « non ».

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