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Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

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23 juillet 2011

Plomberie et temps de chiottes

1°) Je pense qu’il est temps d’admettre que passer ses vacances à Paris était vraiment ma pire idée de l’année. (Et sachez que cette année je fus particulièrement prolixe en idées de merde.) Tous les matins en me levant, je regarde par la fenêtre et je m’écrase une cigarette sur la main pour chaque nuage que je vois.

Les séances de ciné en plein air de la Villette on les a bien dans le cul.

Evidemment, le fait que je sois fauchée comme le blé a un peu joué le soir où j’ai décidé de ma destination de vacances.

2°) Que faire des expressions comme « fauchée comme les blés » qui à l’origine était sans aucun doute une merveilleuse invention stylistique mais dont la bonne fortune l’a transformée en cliché ? Si le cliché est tombé en désuétude, on peut considérer qu’il acquiert une virginité nouvelle. Donc en juillet 2011, il redevient acceptable d’écrire des choses comme « fauchée comme le blé ».

3°) Où en sont mes fascinants problèmes de plomberie ? Au jour 1, j’ai dû opter pour cette solution, un fort élégant harnachement :

Puis, les 15 jours suivants, j’ai été faire caca chez ma voisine du dessous qui était partie en vacances en me laissant aimablement un double de ses clés. Au final, c’était un peu comme vivre dans un duplex. Ca a aussi été l’occasion de tester le degré de puritanisme de mes amis. Quand ils voulaient pisser, je leur offrais le choix. Tu préfères :

a/ qu’on descende tous les deux chez ma voisine, ce qui est un peu relou

b/ pisser dans ma douche qui finalement, si on y pense bien, est une sorte de toilette à la turque.

J’ai vu des hésitations, des « non mais je peux pas pisser dans ta douche quand même… » puis une lueur de lubricité dans les yeux « Si ? T’es sûre ? » Au final, 100% des amis ont choisi la douche. Ce qui m’a rendue plutôt fière d’eux.

Après 15 jours de hurlements au téléphone, et 6 plombiers différents venus constater la fuite mais sans avoir l’autorisation de la réparer, lundi dernier, le syndic de l’immeuble s’est pointé avec deux jeunes plombiers pour faire les travaux. AH. Enfin. Je m’en vais actionner ma chasse d’eau pour leur montrer le déluge total qui se produit alors sur le palier du dessous. On reste deux minutes, nos têtes levées vers le plafond. Et finalement, l’un des plombiers émet ce constat simple et implacable : « Bah, y’a pas de fuite ». Effectivement. Rien. Pas une goutte d’eau. Plus de fuite.

Je m’énerve, je leur jure que ça fuit depuis 15 jours (parce que je sentais bien venir le truc qu’ils allaient rien réparer et que dès le lendemain ça allait recommencer). A ce moment-là, passe cet enculé de plombier polonais (qui est toujours dans l’immeuble pour finir de percer toutes les canalisations), je l’attrape. Je lui montre l’absence de fuite (et je vous promets que montrer une absence de quelque chose c’est métaphysiquement assez difficile). A quoi il me répond en souriant « normal-normal, ça a séché ». Ok. Merci de ton explication mec. Sachez donc que les fuites, ça sèche. Les plombiers finissent par tapoter les tuyaux et m’annoncent « alalala… mais c’est votre douche qui fuit là».

Donc mes toilettes fuyaient et ils ont réparé ma douche.

Je laisse tomber.

4°) Quoi de cool sur l’internet ces derniers jours ? Pas grand chose en fait. J’ai redécouvert le relativisme culturel (une expression que vous n’avez sans doute pas entendue depuis vos cours de français en seconde avec les Persans débiles de Montesquieu) en apprenant que Cajoline en anglais s’appelle Snuggle. Je sais très bien que ça n’a aucun intérêt mais ça me trouble.

Même sur Tumblr, pas des masses de choses. A part des pots qui dégueulent :

Un Mario de bon goût :

Et un sweat qui a la classe :

Voilà. Quel été fascinant, n’est-ce pas ?

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15 juillet 2011

Test n°1 de la presse people

Pour distraire certains lecteurs qui ont l’air de passablement s’emmerder ce mois-ci au travail, j’ai décidé de tester la presse people.

J’ai donc fait l’acquisition de 7 mags people cette semaine (pour la modique somme de 11 euros 30 que je ne pourrai pas faire passer en note de frais vu que ça reviendrait à me les rembourser à moi-même). Hors de question que je médise sur la presse people rapport au fait que j’aimerais assez un jour avoir une chronique dedans. (Je suis fauchée. et au chômage. Donnez-moi du travail. Merci.) Tout ce qui suit est donc à lire avec le regard de la taquinerie bienveillante entre collègues journalistes n’est-ce pas.

Evidemment je me suis précipitée sur Oops! qui me fascine pas mal. Simplement parce que j’ai jamais vu un titre qui correspond aussi bien à sa maquette. Mais cette folle virée au kiosque a aussi été l’occasion de découvrir Waouh ! qui semble être une sorte de sous-Oops!. (Qui eût cru qu’il serait un jour possible d’écrire une telle phrase ?)

Au final, on obtient une dichotomie de la presse people en trois niveaux :

1°) le haut de gamme. Gala, Match, Voici. On y trouve nombre de photos de seins de stars françaises à la plage. Cette semaine, Laura Smet.

2°) le milieu de gamme qui consiste en un copié-collé des ragots des sites people américains. Bah oui, les procès des stars françaises ça coûte cher. Avec les Ricains, on est tranquilles.

3°) le très très bas de gamme. Quelques pages sur des stars américaines mais surtout des candidats de télé-réalité qui ne feront pas de procès vu qu’ils sont consentants rapport au fait qu’ils ont besoin d’un peu d’argent de poche. On dirait des Starmags financés par Endémol.

Pour bien décrypter les pratiques journalistiques de la presse people, j’ai dû définir un corpus d’étude : le cas Pippa/ Harry. Pippa, la meuf qui va au mariage royal de sa sœur en robe de mariée et sans culotte. Harry le bad boy rigolo de la famille royale. A peu près tous les magazines de la semaine en parlaient mais pas vraiment avec les mêmes infos.

1°) ILS FILENT LE PARFAIT AMOUR, Pippa + Harry = c’est du sérieux, forever.

C’est en tout cas ce qu’affirme Oops!, à la hauteur de sa réputation, puisqu’ils n’ont pas peur d’affirmer tout et n’importe quoi pour nous offrir ce qu’on a envie de lire, faisant fie de ce petit détail qu’on nomme la réalité. Oops! c’est un peu les Calderon de la Barca de la presse people. (Calderon de la Barca, auteur du très baroque La vie est un songe qui interroge subtilement la notion de réalité et d’apparence. « Qu’est-ce que la vie? Un délire. Qu’est-ce que la vie? Une ombre, une illusion. » )

Dans la même veine, People Story en remet une couche avec une preuve indéniable que les deux forniquent : « ils se voient en cachette dans un salon de thé ! » C’est assez méconnu comme vérité mais en Angleterre, quand tu veux te cacher, tu vas dans un salon de thé et pour brouiller un peu plus les pistes tu bois un earl grey.

2°) HARRY SORT AVEC UN MANNEQUIN LINGERIE. Là, il y a unanimité entre Closer, Public et Voici. (On met un point bonus à Public qui nous précise que c’est sa cousine. Ok. Sa cousine au 8ème degré mais ça reste quand même pas loin de l’inceste.)

3°) PIPPA EST :

a/ avec Alex Goude (dans Public)

b/ avec George Percy (dans Voici)

c/ seule mais on sait pas trop mais on va quand même mettre « scoop » en haut à gauche de la page.

Après tout ça, je vous soumets une question à méditer : quel degré de confiance peut-on accorder aux journalistes de la presse people, sur une échelle de 0 à -1 ?

Waouh ! ne m’a pas déçue puisque j’y ai trouvé cette photo choc. Prière d’éloigner les enfants.

Regardez bien. Ce sont des seins. DES SEINS. Certes, sous un pull, mais quand même des seins. Mais quelle espèce d’immonde serpillière à foutre cette Rihanna.

Sinon, retenons que ça a été un vaste démoulage ces dernières semaines. (N.B. : « démoulage » terme particulièrement imagé employé par Zappette pour qualifier le fait de donner la vie à un petit être fragile et précieux.) Concentrons-nous sur Victoria Beckham qui a mis au monde une fille. ENFIN une fille, après ses trois garçons. Une mini-Victoria. Quel soulagement n’est-ce pas de savoir que la relève est donc assurée, que quand, amis lecteurs mes frères, mes semblables, nous approcherons de la retraite et de la ménopause, on aura encore à subir la gueule de mini victoria dont on espère qu’elle héritera le sourire charmeur de sa mère :

No boobs jokes

Cette semaine, on apprend également que Claudia Schiffer pense que son mari est le père du futur enfant de la meuf de Mad Men (la blonde, la femme de Draper qu’on n’aime pas). Claudia est dévastée et la preuve irréfutable c’est qu’elle a minci. En lisant les tabloids américains et français, on voit que toute la presse people internationale a la même obsession : le poids des meufs. De toute évidence, selon les fins psychologues qui travaillent dans ces journaux, on ne peut pas faire une dépression nerveuse sans maigrir. Et donc, logique implacable, quand on maigrit, c’est qu’on va mal. A l’inverse, quand on grossit, c’est qu’on se laisse aller parce qu’on est heureux mais on devient moche. Ca donne que cette semaine Angelina Joli et Claudia Schiffer sont clouées au pilori parce qu’elles ont maigri. Et que Britney Spears et Laura Smet sont moquées parce qu’elles ont grossi.

Hypothèse : la plupart de ces journaux n’ayant pas accès à de vraies infos, ils doivent broder. Et le seul matériel qu’ils ont à leur disposition c’est le corps des people.

Notons que j’ai bien aimé la rubrique Vrai/Faux dans Public. En gros, on vous expose des rumeurs que personne n’avait entendues pour les démentir. Je devrais faire pareil sur le blog, avec une jolie édition. « MARINE LE PEN n’EST pas LESBIENNE. »

Mais Voici reste le grand gagnant dans mon cœur, ne serait-ce que pour leur rubrique tribunal.

En outre, un journal qui écrit : « Nikos, c’est un peu le Robert Doisneau de Twitter » ne peut pas être vraiment mauvais. (Ce qui ne m’étonne qu’à moitié puisque c’est le seul mag pour lequel j’ai pigé et où on me disait « vas-y hein, tu peux y aller plus fort. »)

Tous ces mags étalaient les photos de vacances des stars, mais au final, sur c’est l’interweb que j’ai trouvé les pires.

Et sinon, y’a mon premier roman que j’ai écrit qui sort en librairie le 18 août mais bon, on en parlera la prochaine fois hein.

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4 juillet 2011

L’immeuble du bonheur et des emmerdes

Où il est beaucoup question de mes origines non-juives.

Non mais putain de bordel de merde de vie de chiottes.

Un jour dans votre existence, vous avez sûrement vu la bande-annonce du film de Dany Boon La maison du bonheur. Je suis en pleine adaptation existentielle pour une version qui s’intitule L’immeuble du bonheur. Au gré de ma lose d’appart et de thune, j’ai quand même écumé pas mal d’immeubles mais aucun n’avait atteint le niveau de celui-ci.

Et pourtant, je reviens de loin.

Plus précisément de Montreuil. Rappelez-vous la vue depuis le salon :

A Montreuil donc, deux nanas s’étaient installées en coloc en dessous de chez nous (nous = JRF le rockeur et moi). Deux théâtreuses intermittentes du spectacle (déjà, j’aurais dû me méfier, c’est de la graine à emmerdes ça). Bref. Un samedi après-midi elles viennent sonner chez moi pour m’informer qu’elles organisent une « petite pendaison de crémaillère » et que ça serait « super que tu passes faire la fête avec nous ». Je fais oui, oui, et je leur ferme la porte au nez en me demandant comment ces deux boudins peuvent imaginer une seconde que je vais aller écouter leurs potes jouer du djembés alors que y’a Zemmour à la télé. A 23h, je m’installe donc tranquillement devant la télé avec ma tisane et une tablette de chocolat. A 23h05, les fondations de l’immeuble se mettent à trembler. Véridique. Je n’ai jamais compris comment elles avaient réussi à produire un tel vacarme. Ma seule explication c’est qu’elles avaient dû organiser un concours de jeté d’obèses contre les murs vu que lesdits murs se fissuraient. Mes voisins de palier qui avaient deux enfants en bas âge ont failli se pendre. Et les voisins de l’autre côté de la place ont appelé les flics. Ca reste, dans mon souvenir, comme une des pires nuits de ma vie, et pourtant, en tant que parisienne, je peux vous assurer que j’ai enduré nombre de fêtes de la musique.

Le samedi aprèm suivant, j’étais chez moi (non, j’avais aucune vie sociale à l’époque par contre j’étais très intelligente parce que je lisais des livres), ça sonne. C’est les deux déchets de l’intermittence. « Coucou, on organise notre pendaison de crémaillère ce soir si tu veux passer. »

Un instant, j’ai cru à une faille spatio-temporelle.

– Bah c’était pas la semaine dernière déjà votre fête de merde ?

– Si. Mais on pouvait pas inviter tout le monde en même temps, alors on a fait ça en deux parties pour moins déranger.

Mouarf… Clairement, elles et moi, on jouait pas dans la même catégorie. Ce soir-là, JRF, mon rocker du cœur, était là. Il est arrivé dans l’appart et m’a trouvée en train de faire les valises en pleurant. J’ai essayé de lui expliquer que les voisines refaisaient une teuf et que j’avais repéré sur Google Maps les abris antiatomiques les plus proches. A quoi il m’a répondu « t’es folle ? Y’a Zemmour ce soir à la télé. Hors de question qu’on bouge. »

A minuit, on était assis sur le canap, le regard dans le vide, sans échanger un mot, devant la télé dont on entendait pas un son, à essayer de faire abstraction du bruit de l’enfer qui nous environnait. L’appart des deux sacs à merde du théâtre subventionné devait être trop petit alors ils avaient décidé de faire la teuf dans tout l’immeuble, escalier compris. A un moment quand même, on distingue au milieu des bruits de marteaux piqueurs, des hurlements d’obèses et des cris des enfants en train d’être égorgés, un son étrange. Des coups assez réguliers donnés contre notre porte. On se lève, on ouvre et là…

Comment vous expliquer ce qu’on a vu…

Ce qui cognait contre notre porte, c’était la tête de la voisine en train de se faire baiser par un de ses invités sur notre palier. Du coup, en ouvrant notre porte, on s’est retrouvé face à face avec le mec qui nous a regardés et nous a sourit tout en continuant de pistonner méthodiquement notre voisine, ce ramassis à mycoses, dont la tête saoûle gisait donc à nos pieds. Après, ils nous ont dit « désolés, on va aller se finir dans la cave ». Et d’après le bruit, c’est effectivement ce qu’ils ont fait.

Mais malgré tout, ça n’arrive à la demi cheville de mon immeuble actuel. Y vivre, c’est avoir l’impression que dieu vous a chié sur la gueule.

Que s’est-il passé ces deux derniers mois dans l’immeuble du bonheur ?

Déjà, Ouin-Ouin, rappelez-vous cette créature née du croisement improbable d’une pipe à crack et d’un lama. J’ai failli vous narrer sa dernière catastrophe et puis, sur le coup, j’ai abandonné, et préféré me concentrer sur la recherche de numéros de tueurs à gage albanais. En résumé : il y a deux mois, Ouin-Ouin a mis le feu à son matelas et c’est une voisine et moi qui, alertées par la fumée, avons appelé les flics qui ont arrêté l’incendie et trouvé Ouin-Ouin gisant à moitié asphyxié dans son taudis. Et comme cet immeuble est vraiment maudit, il a survécu.

Ensuite, j’ai découvert que mes voisins les plus proches étaient une fourmilière géante installée dans une fissure du mur de l’immeuble. Résultat : je suis envahie par les fourmis. (Auxquelles se rajoutent les mouches qui viennent de chez Ouin-Ouin, soit parce qu’il n’a pas de toilettes, soit parce qu’il a tué sa maman lama quand il était petit, je sais pas, j’hésite encore entre les deux explications. Tu comprends pas la référence ? Tu vas tout de suite m’acheter en folio Les Mouches de Sartre. Bah oui, vous, les mouches, vous les associez au caca. Sartre à la culpabilité et à la justice. De quoi s’interroger sur nos échelles de valeur personnelles.)

Et puis, il y a un mois, apparaît cette affiche :

Entreprise de merde

J’ai tout de suite pressenti c’était une annonce de l’Ange destructeur de la Mort. Ca a pas loupé. Déjà, ils ont creusé un trou sous l’immeuble.

Le trou au début des travaux :

Le trou à la fin des travaux :

Deux jours plus tard, l’Ange de la Mort est repassé déposer cette affiche-là nous informant qu’il y avait eu un « incident » sur la « conduite de gaz ».

Super. Pour vous rappeler ma peur des fuites de gaz qui vont nous tuer, souvenez-vous que je l’avais noté dans ma deathlist. (Non, je ne suis pas juive mais j’ai quand même peur du gaz.)

Donc coupure de gaz, autrement dit coupure d’eau chaude pendant deux jours.

D’où crise de nerfs un jeudi soir.

Ensuite un mois de travaux qui me pète les oreilles.

Et samedi soir, à minuit, LE double dégât des eaux. (z’avez remarqué que les fuites c’est toujours le samedi soir ou les jours fériés ? C’est évidemment un complot des plombiers polonais antisémites. Certes, je ne suis pas juive mais d’abord les plombiers polonais ne peuvent pas le savoir et ensuite, ma non-judaïté ne m’empêche aucunement d’être paranoïaque.)

La fuite se situe entre mon palier et celui de la voisine du dessous qui a littéralement pété les plombs. Résultat elle a agressé verbalement la petite dame d’en face de chez moi, mignonne chose timide aux yeux bleus, immigrée en France depuis 25 ans d’un improbable pays de l’Est et qui ne comprend pas trop ce qui se passe depuis que Ceaucescu est mort.

Et ce matin, en pyjama sur mon palier, j’avais juste l’impression de regarder TF1 irl. A ma gauche, la petite dame qui comprend rien à ce qui se passe mais écarquille ses grands yeux bleus de biche ménopausée. Face à moi, je vous présente le plombier polonais qui parle pas français mais qui me répète que « c’est normal, normal ». Evidemment, on est tombé sur le seul plombier de Paris qui considère que l’état normal d’une canalisation c’est d’être pétée. La voisine du dessous qui m’entend parler avec le plombier, monte nous rejoindre et se met à crier sur la petite dame en lui disant : « Ici on est pas en Europe de l’Est. T’arrêtes ta machine à laver et tu te démerdes sale conne. » Y’a un truc à savoir quand on veut insulter une mamie d’Europe de l’Est, c’est de toujours vérifier qu’elle est vraiment seule et démunie. Parce que là, pas de bol, le fils de la petite dame (1m90) arrive et hurle qu’on parle pas comme ça à sa maman. Au milieu, le plombier qui s’amuse comme un petit fou de toute cette agitation. Tu m’étonnes, il était trop content qu’on l’oublie un peu. Du coup, il est hyper relax pour me répéter : « normal, normal, j’ai cassé tuyau vendredi ».

Perso, j’étais préoccupée par une seule chose : la peur qu’une partie de la fuite touche l’arrivée d’eau de ma douche. Surtout que je revenais de la province et que je me sentais un peu salie par la chlorophylle. Donc je me mets à crier aussi pour couvrir la voix des autres hystéros et je demande au Polonais qui clairement se croit sur un plateau de TF1 avec son putain de sourire de suceur de sang d’enfants juifs : « EST-CE QUE JE PEUX PRENDRE MA DOUCHE ? » Et là, il hoche vigoureusement la tête « Oui oui. Douche ok. Toilettes pas bon. Plus utiliser. »

Faut voir le bon côté des choses. Je n’ai plus de chiottes jusqu’à nouvel ordre mais je peux toujours pisser dans la douche alors que j’aurais eu du mal à me doucher dans les chiottes. Et comme je ne m’alimente plus que de jus de fruits (ma nouvelle lubie nutritionnelle), je ne fais plus caca.

Ceci étant, je commence à envisager de déménager dans quelques mois. Si vous vous entendez d’un plan avec une baignoire et des toilettes…

Edit : ça fait trois heures que je demande au Polonais s’il va réparer la fuite et qu’il me répond un truc que je ne comprends toujours pas mais que d’après son langage corporel je peux résumer par « non ».

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20 juin 2011

Lulzsec, Anonymous, 4chan, guerre mondiale

Si tous les hackers du monde s’unissaient pour lutter contre la corruption des gouvernements, il se passerait quoi ?

N’est-ce pas une excellente question qui mériterait une réponse d’expert ? Ou bien alors, ne serait-ce pas une excellente question qui mérite une réponse approximative de blogueuse qui a mal au ventre ?

Nota Bene : vous entrez dans un post pas du tout lol, ni perso, ni correctement rédigé. Tout ça, ça sera pour la prochaine fois bb.

Ca fait quelques jours que j’essaie d’écrire un truc sur Lulzsecurity mais sans y arriver (parce qu’en ce moment, je suis une immonde limace). Et je vais vous l’annoncer immédiatement : c’est pas aujourd’hui que je vais réussir (parce que des extra-terrestres ont aspiré l’intérieur de mon être et que je ne suis plus qu’un ectoplasme). J’ai donc décidé de le faire quand même mais en mode échec (ectoplasme mixé à un robot qui n’aurait qu’un seul mode : échec.) (En fait, peut-être que je suis une réincarnation d’Internet Explorer ?)

Pas de bol pour les médias traditionnels, au moment où ils commençaient tout juste à essayer de comprendre ce que sont les Anonymous, voilà que débarque Lulzsecurity, un nouveau collectif de hackers. (Sur le fait qu’on n’en sait pas tellement plus sur eux, vous pouvez allez lire Olivier.) Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils souffrent d’hyperactivité. Ils n’arrêtent pas les attaques.

– Sony

– d’autres entreprises de jeux comme Minecraft, Eve Online ou Escapist magazine

– le site du Sénat américain

– la chaîne australienne PBS (ils ont pénétré le backoffice du site pour y publier un article révélant que Tupac est toujours vivant et se tripote la nouille en Nouvelle-Zélande)

– la liste des candidats de X Factor

– des sites affiliés au FBI (suite à l’idée de l’OTAN de qualifier des attaques de pirates d’actes de guerre)

Un beau tableau de chasse, surtout pour une période de deux mois. En prime, ils ont fait un bel effort de comm : ils se font appeler Pierre Dubois et François Deluxe, ils ont un logo, un site magnifique (la croisière s’amuse <3), un compte Twitter (leur mode de communication privilégié) et même une ligne téléphonique. 614-LULZSEC pour 614-585-9732.

Mais surtout, ils ont originellement gagné ma sympathie grâce à cette sublimissime image :

Dans ce tableau digne du Louvre du Web, on retrouve donc leur icône (le perso au binocle, mélange d’anachronisme et de désuétude fort apprécié de l’interweb), le meme « all your base are belong to us » (vieille phrase tirée d’un jeu vidéo japonais qui, dans sa version américaine, avait une traduction absurde) et nyan cat.

Si vous ne connaissez pas nyan cat, il est grand temps de pallier cette honteuse lacune. Nyan cat, c’est très simple, c’est juste ça (attention, on monte le son mais on met ses écouteurs si on est au travail ou à la bibliothèque) :

Là où les actions les plus médiatisées des Anonymous étaient des attaques par deni de service (celles où l’on se sert de LOIC), Lulzsec en fait également mais surtout, revient à la figure classique du hacking qui consiste à mettre à jour les failles dans la sécurité des réseaux informatiques. Ainsi, dans le cas de Sony, ça a consisté à « voler » les identifiants, voir les numéros de cartes de crédit, de 40 000 (selon Sony) clients de l’entreprise. Histoire de montrer que le réseau informatique de Sony était aussi easy à sodomiser qu’une motte de beurre tiède. Et dénoncer le fait qu’il est incompréhensible que cette entreprise offre aussi peu de sécurité à ses clients. Pour autant, Lulzsec n’essaie pas de se la péter « on est des putains de hackers ». Au sujet d’une des attaques contre Sony, ils ont précisé : « Notre but ici n’est pas de vouloir apparaître comme des maîtres du hack, surtout à la vue de ce que nous allons révéler : SonyPictures.com est tombé à l’aide d’une injection SQL simplissime, l’une des vulnérabilités les plus primitives et communes, à la portée de tout le monde aujourd’hui. » (Oui, enfin ça, c’est vite dit…)

Philosophie. C’est là que ça se complique sérieusement. Les « lizards » se revendiquent du « lulz » (soit le côté obscur et méchant du lol). Ainsi, foutre en public sur l’Internet mondial les coordonnées bancaires de certains internautes, ça obtient le label lulz sans problème. D’ailleurs, leur argument de défense est : « releasing everything in full is just as evil, what with accounts being stolen and abused, but welcome to 2011. »

Ils se sont fightés avec 4chan dans un semblant d’embryon de guerre civile. Ca a commencé par un truc assez banal aux yeux des gens normaux. Quand Lulzsec attaque les sites de jeux vidéos, /v/ (la section de 4chan consacrée aux jeux vidéos) a fait la gueule. C’était le début des hostilités qui assez vite a pris la forme de :

Histoire d’agacer encore plus les channers, sur Twitter, Lulzsec a demandé aux gens d’aller pourrir 4chan avec des posts parlant de Boxxy, et qu’en récompense ils leur fileraient 50 000 adresses mails (avec les mots de passe) pour s’amuser. Ils les avaient récupérées au cours de leurs différentes attaques et ils les ont « offertes » en guise de jouets à qui voulait. Pur lulz, sans aucune justification politique.

Du coup, une partie des followers de Lulzsec ont testé les mails et pu s’amuser à foutre le bordel dans la vie numérique des victimes (classique coup de la photo de bite à la place de la photo de profil, dont Lulzsec dit : « we do things just because we find it entertaining. Watching someone’s Facebook picture turn into a penis and seeing their sister’s shocked response is priceless ».)

Bref. Tout ça pour en arriver à maintenant. Alors qu’on pensait (imparfait indiquant une période s’étendant du paléolithique à la semaine dernière) que les Anonymous et Lulzsec allaient se faire la guerre – Lulzsec privilégiant la rigolade, Anonymous s’étant spécialisé dans des actions politiquement sérieuses depuis Wikileaks – voilà qu’on apprend qu’ils s’allient. (Et 4chan étant proche des Anonymous, on assiste un peu à la synergie de toutes les forces vives de l’internet.)

Mieux, ils lancent un appel à tous les hackers du monde.

Pour l’opération Antisec (Anti-security). « we encourage any vessel, large or small, to open fire on any government or agency that crosses their path. (…) If you’re aware of the corruption, expose it now, in the name of Anti-Security.

Top priority is to steal and leak any classified government information, including email spools and documentation. Prime targets are banks and other high-ranking establishments. If they try to censor our progress, we will obliterate the censor with cannonfire anointed with lizard blood.

It’s now or never. Come aboard, we’re expecting you…

History begins today.

Lulz Security »

Il s’agit donc de pirater un maximum de réseaux informatiques liés au pouvoir (gouvernementaux ou financiers) pour collecter des informations suspectes, les rendre publiques et lutter contre la corruption qui salit l’univers. L’opération concerne les gouvernements de toute nationalité. N’est-ce pas. Autant faire les choses en grand.

A ma connaissance, c’est la première fois qu’une entreprise de cette ampleur et de ce genre est lancée. Auparavant, on a assisté à de nombreuses opérations collectives de hacking mais plus souvent dirigées contre une seule cible et souvent dans un but de défense (ex : l’affaire Pirate Bay). La cible avait fait quelque chose que la communauté jugeait comme un affront. Il s’agissait donc d’une réaction.

Et en arrière fond, ça nous ramène à Wikileaks. On a beaucoup crié à la révolution et/ou à la dictature de la transparence (selon que votre date de naissance était postérieure ou non à 1940 et que vous étiez ou non une personnalité médiatique). Mais au final, Wikileaks ne révolutionnait pas grand chose, ça ressemblait aux infos confidentielles que des sources filent aux journalistes. Genre gorge profonde. Surtout à partir du moment où ils ont décidé de partager leurs infos avec des journaux qui les analysaient.

Là, par contre, si jamais par hasard Antisec aboutissait à quelque chose, on serait face à un vrai changement. (Pour l’instant, j’ai encore un doute sur la capacité de l’opération à sortir des infos intéressantes mais en même temps, je n’ai pas les connaissances techniques suffisantes pour en juger. Tout ce que j’ai vu pour le moment c’est des sites gouvernementaux hors ligne.) C’est un peu le « prolétaires de tous les pays unissez-vous » appliqué au web. Un journaliste de Gizmodo n’hésite pas à se demander si ça peut être l’occasion d’un mai 68. J’aime pas trop ce genre de comparaisons foireuses (argument : parce qu’elles sont foireuses) mais ça a déjà plus de chance de marcher que les Indignés de la place de la Bastille.

Donc si tous les hackers du monde s’unissaient il se passerait quoi ? (note aux gens qui s’y connaissent : on exclue évidemment les white hats purs et durs, qui préviennent les entreprises des failles avant de les rendre publiques.) Bah j’en sais rien. D’abord, qui dit système, dit faille. Mais la vraie question c’est de savoir si ces failles peuvent apporter des éléments exploitables. Par ex, Lulzsec peut trouver une faille dans le système de sites proches du FBI, ou du site du sénat, mais pour autant, les infos qu’ils arrivent alors à obtenir n’ont rien d’extra-ordinaire. En tout cas, pas de quoi faire péter la République. C’est là, où j’ai un doute sur les répercussions de l’opération Antisec.

Le plus intéressant reste le changement d’état d’esprit que ça dénote. Il ne s’agit plus de réagir aux attaques des ennemis de l’Internet qui veulent y limiter la liberté d’expression. Mais d’aller chercher la merde que les dirigeants nous cachent. Et là, on retombe sur un sujet de société à l’échelle mondiale : une exaspération des citoyens envers leurs dirigeants – au sens large, dirigeants politiques comme maîtres de la finance et PDG de multinationales.

Pour finir sur Lulzsec, l’un des arguments intelligents contre leurs actions consiste à dire que s’ils continuent à faire n’importe quoi, à balancer des infos privées d’internautes, ils ne vont aboutir qu’à une chose : donner raison aux gouvernements qui veulent renforcer les lois de sécurité de l’Internet. C’est-à-dire que leurs actions deviennent contre-productives. Ce qui risque effectivement de se produire, mais ce ne sera pas le fait de Lulzsec, ils serviront simplement de prétexte.

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6 juin 2011

Bonjour les animaux morts

En ce moment :

et comme ça

En version chien

Le matin, quand je regarde la liste des choses à faire, j’éprouve à peu près ça :

Et le soir, quand je fais la liste des trucs que j’ai pas eu le temps de faire :

(via crappy taxidermy)

En gros, je m’identifie à lui (Avant/après avoir dû me mettre à bosser pour de vrai) :

Le pire c’est que je ne rêve même pas de vacances. J’ai juste envie d’écrire des posts de blog et des articles. Ce que, malheureusement, mon planning ne m’autorise pas vraiment pendant encore quelques jours.

Mais cette session de boulot en mode intensif est l’occasion de prendre conscience de l’ampleur de mon problème vis-à-vis de le travail. Outre que je considère ça comme une aliénation loin de l’écran de télé et/ou de ciné, bref de l’écran avec des images qui bougent, seule véritable source de liberté et de glande. Outre ça donc. (Ma phrase était trop longue.) (Je coupe comme ça.) J’ai donc un autre souci de travail.

Je ne bosse bien que dans l’urgence. Ok. Sauf qu’arrivée à un certain niveau d’urgence, y’a qu’une chose à faire, prendre ses ovaires à deux mains et balancer la purée. (OMG, que cette phrase est vulgaire… auto-traumatisme. Je crois que c’est l’association purée/ovaire qui me choque. Je me demande ce qu’en pense Google image… Ah. Intéressant. Des résultats complètement wtf.)

Bref. Je bosse donc dans l’urgence. Ce qui devrait ressembler à « ok, encore un paragraphe et j’ai fini. Voilà. C’est fait. Je relis vite fait. Ok. Je passe au texte suivant. J’avance ».

Ce qui se passe dans la réalité : « ok, encore un paragraphe et j’ai presque fini. Voilà. C’est fait. Maintenant je fais une relecture sur les fautes d’orthographe. Ensuite, je fais une relecture cohérence du truc. Puis une relecture sur y’aurait pas trop de lourdeurs de style ? Rhalalala, j’écris comme une soviétique. Bon, faut que je réfléchisse à rajouter des blagues c’est un peu chiant comme ça. Et attends, j’ai un doute quand même. Je suis certaine qu’il y a une dizaine d’années, j’ai lu une thèse qui parlait d’un aspect un peu périphérique de ce sujet mais où il y avait une phrase particulièrement pertinente. Faut que je la retrouve. » Donc j’ai besoin de prendre mon temps pour peaufiner. (Je suis incapable de faire un article en une journée.) Et j’ai besoin d’être dans l’urgence pour me sortir les doigts du cul, et les ovaires de la chatte.

Deux impératifs légèrement contradictoires et dont je mesure la difficulté de co-existence ces derniers jours. Ce qui donne lieu à des scènes effrayantes de violence.

Comme celle de l’autre soir. Je n’arrivais pas à ouvrir un sachet de parmesan. Alors je l’ai jeté par terre (histoire de lui apprendre la vie) et j’ai crié : « putain de bordel de merde de vie » en donnant un coup de pied dans le mur (le mur m’avait rien fait hein. C’était juste pour impressionner le sachet de parmesan.)

Sinon, sachez que je ne suis plus qu’à un degré de séparation de Virginie Despentes, Simone de Beauvoir et Simone de Bougeoir. Alors forcément, pour Beauvoir, ça va être un peu compliqué de la rencontrer (du fait de son décès en 1986 n’est-ce pas).

Finalement, en ce moment, mon seul véritable moment de détente quotidienne, c’est de m’occuper de mon nouveau blog. Nein, point n’est besoin de pousser des cris d’orfraie. C’est juste un Tumblr éphémère entièrement consacré à Adolf Hitler. Tous les jours, pendant deux mois, une nouvelle photo d’Adolf. Et comme de bien entendu, ça s’appelle Bonjour Adolf :)

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