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Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

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4 mars 2011

Vous êtes en week-end ce soir ? Je vous déteste.

On est vendredi et ce week-end s’annonce palpitant. En effet, je m’auto-organise un marathon de boulot. (Je m’auto-organise est une bien belle expression qui masque en partie le fait que si je dois travailler tout un week-end c’est que quelque part dans les semaines précédentes j’ai dû foirer l’organisation de mon temps de travail.) Ah lalala… il est loin le temps de ma folle jeunesse où je transformais mes week-ends en marathon de sexe…

Du coup, pour pimenter un peu cette perspective d’ennui total, j’envisage de live-bloguer mon week-end. #bonjourjem’inventeuneviesociale.

En attendant ce challenge qui s’annonce absolument formidable (évidemment, si tu n’aimes pas les gens qui postent sur Facebook ou Twitter des choses comme « super sandwich au poulet!!! » tu vas pas trouver ça formidable, mais bon, si t’aimes pas la vie, je peux rien faire pour toi), quelques liens (on avait perdu le début de la phrase non ?).

Dont plusieurs de nos amis citronnés. On m’a signalé chez Choucroute garnie, une vidéo toutafé fascinante. On m’a précisé qu’on me la signalait parce que ça parle de la transformation physique des Japonaises. En conséquence de quoi, j’ai décidé de ne pas y voir une allusion à la taille de mes seins. En tout cas, c’est une très bonne vidéo de comique de répétition.

Ceci étant, j’aimerais bien qu’on m’explique le schéma de la vidéo qui semble suggérer que ce corset (parce qu’en gros, c’est ce qu’ils sont en train de réinventer) augmente véritablement la taille des seins par stimulation. (Cf la masse graisseuse représentée par des petits points jaune qui se multiplient comme le bon pain.)

National Géographic a dû lire mon article sur les études à la con. Ils sortent un portrait robot de l’humain moyen. Si on fait la moyenne de tous les humains de la terre à quoi il ressemble ? (attention, spoiler, c’est un fucking chinois.) Mais comme ils ont senti que c’était peut-être un tout petit peu racoleur (et absurde), ils en ont fait une vidéo pour dire que les moyennes ça ne veut rien dire. Mais c’est quand même cool parce qu’on y apprend que si les Chinois sont en train de nous écraser, de broyer notre vieille suprématie, ça va pas durer, bientôt on sera lattés par les Indiens.

Voilà. Tremble vieille Europe rancie.

Via la revue du web de Dianou, une bien belle image (qui pourrait illustrer mon futur week-end)

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Le bonhomme de neige pour traumatiser tes mômes à jamais.

Sinon, je me refuse à parler de Keenan. C’est encore trop dur pour moi.

Mais je veux bien mettre une vidéo de chats même si c’est une pub. Ou un vieux gif de chats.

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Et maintenant, je vais aller me préparer parce pour bien travailler ce week-end, j’ai décidé de sortir boire ce soir.

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24 février 2011

Titiou, un bel exemple de poufiasse parisienne

MOUAR AH AH ah… J’ai pas un mais deux articles en ligne. Et oui, c’est un peu la foire à la saucisse du papier.

D’abord, l’article sur la Loppsi 2. J’ai lamentablement essayé de vous le teaser la dernière fois, mais bon, ça fait pas envie hein, je sais. C’est pas sexy, pas glamour, pas soleil, pas bikini, pas papillon, mais ça mérite quand même qu’on s’énerve un peu. Ca commence à me gaver grave que les politiques français fassent n’importe quoi avec l’internet. C’est pas parce qu’ils aiment pas le web qu’ils doivent en dégoûter les autres. En gros, la France est en train devenir un des pays démocratiques les plus répressifs sur l’interweb, avec en prime l’incroyable scandale de la black-liste tenue secrète (tentative de teasing n°2).

Ensuite, le papier qui m’a demandé un putain travail de recherche alors j’y tiens particulièrement : ces études à la con qui nous prennent pour des connes. (Oui, bon, le travail de recherche se voit pas tout de suite dans le titre.)

Passons à un sujet plus léger : moi.

L’autre jour, j’étais avec un ami et au détour de la discussion, d’un air entendu, je fais référence à ma rencontre télé avec Brigitte Lahaie. Et là, mon ami hausse les sourcils avec incrédulité : « t’as rencontré Brigitte Lahaie toi ? » Je découvre alors ébahie que je ne lui ai jamais raconté cette histoire pas du tout fascinante mais, nettement plus grave, qu’il ne l’a pas non plus lue sur mon blog. Bougre dieu et ventrebleu! Une histoire pas intéressante dont je n’ai pas tiré un post, que la divinité des blogs me pardonne. Un jour dans ma vie je me suis quand même retrouvée sur un plateau de télé avec la gueule de bois et Brigitte Lahaie et j’en ai pas fait des tartines de mots… Il est temps d’y remédier, d’autant que c’est aussi l’occasion de faire un petit traité de la poufiasse parisienne dans toute sa splendeur.

Je m’étais donc prise une putain de cuite la veille avec mon amie Carmela qui trouve que la vodka c’est parfait pour l’apéro avant de manger. Au moment de partir pour l’enregistrement de l’émission, j’étais malade comme un chien (je vous précise un détail d’importance : il était 13h, à savoir la pire heure quand vous avez pris un tôle) et en panique. En panique parce que cette émission n’était pas n’importe laquelle. C’est une sorte d’émission oecuménique avec un curé, un rabbin et un spécialiste de l’Islam. On devait parler de sexe. (Oui, cherchez pas.) (C’était après la sortie de Kata-Sutra.)

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Début de l’émission. Je regarde le verre en me demandant s’il va être assez grand pour contenir mon dégueulis. A côté, on voit Brigitte Lahaie.

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Là, on pourrait croire que je m’ennuie et c’est vrai. Mais surtout mon crâne pèse 300 tonnes, il faut que je le pose quelque part. Comme mon voisin est un putain d’illuminé mystique, je décide de ne pas mettre ma tête sur son épaule. (Il était là parce qu’il a un super concept, genre il emmène des couples dans le désert pour leur initiation sexuelle ou un truc dans le même goût.)

Brusquement, l’animateur décide de me poser une question. J’ai rien suivi parce que je suis en train de mourir et de promettre intérieurement à dieu que je ne boirai plus jamais.

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J’ai l’air mignonne mais je pense fort-fort « pose très vite ta question mec, parce que là, je vais te gerber dessus ».

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BLEURP BLURP BLEURP

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J’ai le foie qui prend cher… (Avouez que peu d’entre vous ont la chance d’avoir une vidéo de lendemain de cuite un peu partout sur internet.) (Il faut dire que j’ai un visage très expressif en général.) (Mon directeur de recherche disait que j’avais un visage-vulve. Véridique.) (Accessoirement, il voulait coucher avec moi.)

Mais ensuite, il s’est passé un truc génial. J’ai été pas d’accord avec les autres intervenants. Ca faisait déjà un moment qu’ils se targuaient tous d’être hyper-modernes parce qu’ils ne voyaient aucun problème à ce qu’un couple ait des rapports sexuels avant le mariage, bah oui, faut bien vivre avec son temps. Et puis que quand même le plaisir charnel, la jouissance, ça vous fait sortir de votre corps et entrer en communion avec dieu. Ca commençait à m’agacer suffisamment pour que j’envisage de me mêler à la discussion. J’ai essayé de glisser qu’en fait, les vrais gens de maintenant ils baisaient sans être amoureux et que ça se passait très bien. Et là, le rabbin m’a parlé avec une forme de commisération insupportable et m’a expliqué que ma vie était nulle parce que je ne rencontrais pas dieu quand je niquais. Bah ça m’a tellement énervée que j’ai oublié ma gueule de bois en contre-plaqué. Et là, c’est l’occasion de constater que si on m’a appris à ne pas couper la parole aux gens (je suis très à cheval sur ce principe), ça ne m’empêche pas de les écouter avec un air d’un mépris et d’une suffisance absolue. Hello poufiasse parisienne !!

Attention, on pourrait penser que les trois images suivantes sont identiques mais pas du tout. D’imperceptibles modifications faciales permettent de retracer le cheminement intellectuel de la poufe.

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Regard de la poufiasse qui pense : « Ma mère m’a appris les bonnes manières alors je t’écoute mais sache que c’est immense bonté de ma part petitcrapaudpuant ». (Moi, une meuf elle me regarde comme ça pendant que je lui parle, je la crucifie direct avec des clous rouillés.) (Mais lui, il pouvait pas faire ça parce qu’il est rabbin.) (Les juifs ont beaucoup à se faire pardonner, ils ont quand même tué Jésus.)

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Etape deux : encore pire. Parce que si certes la pouf t’écoute avec les yeux fatigués de mépris, sa bouche esquisse en même temps un petit sourire narquois parce qu’évidemment elle savait que tu allais dire ça, elle le savait avant même que tu le conçoives dans ton esprit si prévisible, et elle est teeeellllleeement fatiguée à l’idée d’envisager de t’expliquer que tu racontes de la merde.

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Et là, LAISSE-TOMBER MEC, elle t’écoute même plus, elle se demande comment il est possible que vous apparteniez à la même espèce, elle qui pense tellement juste et clair et toi qui vit à la préhistoire.

Pour finir, voici une bien belle illustration de comment ne pas s’intégrer dans un contexte donné sans dire un mot. Besoin de quelqu’un pour pourrir une ambiance ? Je fais aussi les mariages.

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Au terme de cette folle journée, je devais dîner chez Nadia. Ca devait donc faire bien 10 heures que je cuvais ma vinasse (la veille, après la vodka, on était passées au vin rouge en promo), sauf qu’en fait mon organisme ne cuvait rien du tout puisqu’à 19h j’étais aussi mal qu’à midi. Le schmilblick gastrique n’avait pas avancé d’un pouce. Dans mon souvenir brumeux, j’étais affalée sur le canapé en essayant de sourire et parfois je disais « j’ai envie de vomir je crois » alterné avec « j’ai rencontré Brigitte Lahaie aujourd’hui ». Ensuite, je sais même plus si Nadia a eu le temps d’apporter les lasagnes de la cuisine au salon avant que je parte gerber partout dans ses toilettes. (Tu te souviens Nadia ? C’était trop chouette hein ?)

Voilà. C’était fascinant. #Coucou les gens de la télé, vous voulez m’embaucher, non ?

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20 février 2011

Un dimanche de curation

Faisons un peu de curation, la curation c’est une parfaite activité pour le dimanche.

Dans la série, les enfants sont des petites putes, j’aime beaucoup ce petit asiatique obèse. Je trouve qu’il est parfait dans sa choré et qu’en même temps, il pose des questions intéressantes sur la pédophilie, la sur-sexualisation des gamins et le problème de sur-poids de Christina Aguilera.

Asian BurlesqueFree videos are just a click away

Oui, il est beau.

Transformers + photobooth = bravo. Mais combien d’heures les mecs ? Combien d’heures il vous a fallu pour mettre au point une vidéo de 29 secondes ?

Et ouais…

Une minute 10 de mignonnerie et d’amour

Mais les chats restent les meilleurs. (Je sais que c’est un peu old, mais je m’en lasse pas.)

C’est marrant, en fait, on dirait un peu les convulsions de Tom Yorke dans le clip de Lotus Flower.

Sinon, j’ai fait un article pour Slate sur la Loppsi 2 (wahou… so glamour comme sujet, so sexy, so hot la Loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure). Vous aurez noté que j’ai pas mis de lien vu que l’article est pas encore en ligne. (Je comprends pas qu’ils se soient pas précipités pour mettre en avant un papier sur un sujet aussi dingue.) En résumé, l’article 4 de la Loppsi 2 prévoit le blocage de certains sites au contenu pédo-pornographique. (Vous lirez mon article pour comprendre pourquoi c’est aussi bête que dangereux.) Mais à titre personnel, ce qui me fait très peur c’est que 4chan ou plus exactement /b/ se retrouve interdit en France.

Bref, la Loppsi 2 montre combien les politiques français n’ont rien, mais alors absolument rien compris à l’internet. Et en voilà une nouvelle illustration : Nicolas Sarkozy remet la légion d’honneur à Steve Ballmer, le patron de Microsoft. Le discours de Sarkozy est juste aberrant, d’ailleurs j’étais aberrée en l’écoutant. Il ne sait de toute évidence pas de quoi il parle. Jusqu’au cafouillage ultime : « on ne peut pas accepter un système où le marché français serait bon pour que vous vendiez des… des … ce que vous savez faire ».

Mais oui, que vend donc Microsoft ? Des pelles à tartes ou des quiches lorraines ?

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16 février 2011

La liste de la mort, aka Deathlist

Vous avez vu Destination finale ? C’est du très très bon teen movie. Et tout le film repose sur une idée qui me donne simplement envie de faire pipi de bonheur. Dans les films qui font peur, il faut trouver une idée de méchant : des zombies, des vampires, des fantômes, des enfants, des fantômes d’enfants, un serial-killer, des extra-terrestres (Body Snatchers, un film qu’on oublie un peu trop souvent). Bref, vous voyez le concept. Alors les mecs qui se sont dits « bah, dans notre film, le méchant qui tue ce sera… la mort », c’était des putains de génies (surtout qu’ils avaient aussi été scénaristes pour 21 Jump Street). Donc, le méchant, dans Destination finale, c’est la mort, tout simplement, qui peut prendre aussi bien la forme d’un accident domestique que d’un crash d’avion. Au début du film, les héros qui y échappent vont développer une sur-capacité d’attention à leur environnement pour ne pas mourir à l’improviste. Mais peut-on échapper perpétuellement à la mort ?

Destination_Finale

Si vous lisez ce post, nous pouvons en déduire selon une méthode cartésienne au moins deux choses :

1°) vous êtes en vie

2°) vous êtes en âge de savoir lire.

Ce qui fait que scientifiquement, j’en déduis que vous avez survécu à un certain nombre de catastrophes.

Malheureusement, contrairement aux héros de Destination finale, vous n’en avez peut-être pas conscience. C’est là que j’interviens pour vous aider.

Si on fait un rapide récapitulatif, pour l’instant mes amis, nous avons survécu à :

– la bouffe pourrie qui entraîne des problèmes cardiaques,

– aux cancers

– aux médicaments qui tuent

– aux poissons empoisonnés au mercure

– aux ondes invisibles qui tuent

– aux accident de train

– aux attentats

– aux tremblements de terre

– aux accidents d’ascenseur

– au psychopathe qui te pousse sur les rails du métro

– aux éruptions volcaniques

– aux fous qui tirent au hasard dans la rue

– aux animaux dangereux (saviez-vous que nombre de nourrissons sont étouffés dans leur sommeil par des chats qui s’assoient sur leur visage ?)

– aux centrales qui explosent

– aux inondations

– à la vache folle

– à l’accident du manège dont un boulon se dévisse

– aux maladies attrapées à l’hôpital

– à la crise du poulet

– aux crash d’avion

– aux tsunamis

– au sida

– aux incendies dans les immeubles insalubres (le mien brûlera suite à une fuite de gaz, je le sais, la question est : aurai-je déménagé avant que ça arrive ?)

– à la cigarette mal éteinte qui enflamme le matelas

– aux accidents de voitures

– à l’agression dans la rue par des mecs qui voulaient ton portable

– aux coups de couteaux en s’interposant dans une baston (certes, ça concerne moins de gens)

– aux tribunes de stades qui s’écroulent

– aux mouvements de panique d’une foule qui écrase tout le monde

– à l’amiante

– au SARS

– à l’anthrax

– à la listeriose et à la méningite

– au poulet à la dioxine

– au sang contaminé

– aux incendies dans un tunnel

– aux yeux brûlés par une éclipse solaire (vous vous souvenez ? 1999 ?)

– au bœuf britannique

– aux psychopathes type Richard Durn

– aux psychopathes type Guy Georges

– à la grippe aviaire

– au gang des barbares

– aux braquages d’une banque, d’une pharmacie, d’une supérette

– au lait frelaté chinois.

Evidemment, tout ça ne va pas durer éternellement. (Surtout que dans cette liste, nombres d’éléments nous tueront sur du très long terme.)

Mais pour l’instant, je dis bravo. Je dis on est des héros.

Je dis aussi qu’en grandissant au milieu de toutes ces nouvelles, on aurait de quoi être de grands névrosés sous anxiolytiques bien que toujours héroïques. (C’est ton cas ? Ah bah tu vois, en fait t’as d’excellentes raisons pour être complètement dépressif, hypocondriaque et creuser le trou de la sécu avec ton addiction au Lexomil et au Tranxene.)

Et tout cela m’amène à mon second point qui n’a rien, mais alors vraiment absolument rien à voir avec le premier.

Dans quelques dizaines d’années, a priori pour fêter ma ménopause, je comptais m’acheter les seins de Megan Fox. Chacun ses projets de vie. Que celui qui n’a jamais acheté des chewing-gums à l’oestrogène me jette la première pierre. Mais si j’arrive à survivre jusque là, à échapper à tous les dangers qui tuent autour de nous et qu’en prime je parviens à économiser pour, à la sueur de mon sang, si à ma cinquantaine donc, je réussis tous ces exploits, je vous le dis tout de go c’est certainement pas pour, au bout de deux ans, me retrouver avec ça, (je la refais avec un cri d’horreur) CAAAAAA :

megan fox seins

C’est-à-dire avoir deux loutres mortes par asphyxie à la place des nichons.

EDIT : Coach souligne très judicieusement que donc, selon moi, un implant mammaire juste avant sa pose ressemble à ça :

loutres

Et bien ceux de Megan Fox, oui, DE TOUTE EVIDENCE.

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9 février 2011

Aujourd’hui, étudions la web curation

L’autre soir, je prenais l’apéro avec le binôme de l’Internet (elle et lui). Elle sortait d’une conférence sur la curation. Evidemment, j’ai commencé par hocher la tête d’un air entendu. Parce que, soyons clairs, je connais le mot « curation ». Je le connais suffisamment pour savoir qu’il existe pour de vrai. Par exemple, au scrabble, on me sortirait le mot « curation » je validerais. Juste, je sais pas exactement, ni même généralement, ce qu’il veut dire. Du coup, Mélissa m’explique le nouveau sens web de curation. Elle a fait un article dessus ici. (Mais on va y revenir après un détour sémantique.)

Et Techcrunch aussi.

Si on prend l’article de Techcrunch, on a bel exemple de « la langue française est dead, amis étudiants en lettres, laissez tomber, vous pouvez toujours essayer de vous pendre avec vos Littrés ».

Donc en anglais, le mot curator désigne les conservateurs de musée qui choisissent des tableaux pour organiser une exposition. Appliqué au web, the curation veut donc dire le fait d’organiser des liens. (On va y venir après que je vous auras appris à bien parler le navarrois.)

Et Techcrunch nous balance : « la “curation” – à ce stade vous comprendrez que je renonce à traduire le mot en français… » Ah bah non, perso je comprends pas bien, vu que le mot curation existe en français mon gars. Donc là, on est face à un gros problème de traduction. On ne peut pas traduire « the curation » par « la curation » vu que les deux mots ne désignent pas la même chose. La curation en français c’est le traitement des plaies, des maladies. En plus, vu comment déjà la France, elle aime pas le web, qu’elle considère comme une jungle, si maintenant on le considère comme une maladie à soigner, ça va pas arranger nos affaires mes enfants.

Evidemment, le combat est perdu d’avance. Déjà, insidieusement, les commissaires d’exposition avaient commencé à employer le mot curation dans son sens anglais. Et on va tous dire « curation ». Mais voilà, au moins, vous, vous saurez que « curation » c’est pas juste un mot importé de l’anglais mais aussi un mot français dont le sens n’avait rien à voir. Ah Saussure, ils sont devenus fous…

Bref, venons-en à la web curation. La magie de ce mot, c’est de définir un truc qui existe depuis que le web est web et depuis que le lien est lien. C’est donc organiser une sélection de liens. Parce que d’un côté l’internet, c’est le bordel, que y’a plein de contenus, et que de l’autre y’a des gens qui n’ont pas grand chose à faire de leur vie et qui aiment bien faire partager ces liens à leurs amis. Ces branleurs sont donc des curateurs (ou des curators, on sait pas encore), ce qui a vachement plus la classe. Par exemple, au hasard, moi.

Comme vous n’aurez pas manqué de le noter, ami lecteur mon frère, au moins une fois par semaine, je fais un post avec des liens coolos que j’ai trouvés sur le web. Comme Diane fait dans la revue du web des Inrocks ou Alexis dans la revue du web de GQ.

Ca pointe aussi une des caractéristiques de l’internet : « on publie d’abord le contenu avant de le filtrer » (dixit Dominique Cardon).

Ce qui m’inquiète un peu là-dedans, c’est que du moment où on a trouvé un mot pour désigner le truc, on risque la professionnalisation. Bientôt, je vous parie le bras de ma mère qu’on aura des stage de curation et des offres d’emploi de curateurs. Y’avait eu la même chose avec les community managers (rappelons donc : ces gens qui connaissent les mystères impénétrables des réseaux sociaux comme Facebook). Et ça, je sais pas pourquoi, ça me déprime complètement.

Pourtant, aller chercher des liens coolos sur l’interweb et les organiser, oui c’est du boulot. Et oui, vu l’architecture du web, c’est plutôt nécessaire. Mais là, ça me donne l’impression qu’on va se faire gicler par des étudiants en école de commerce qui deviendront curateurs professionnels, qui l’envisageront uniquement comme un boulot et pas par amour. Parce qu’il y a un amour du beau lien. Avant de devenir des curateurs professionnels, Diane, Alexis et moi passions nos vendredis soirs à se montrer des liens rigolos sur l’interweb, pour le plaisir.

Je sens confusément qu’il y a là matière à prolonger ma réflexion sur la mort du web et la quiche lorraine mais je suis un peu trop fatiguée pour ça.

Bref, internet est devenu une affaire sérieuse de grandes personnes assez chiantes, exactement comme le mot curateur, et comme les images qui vont avec :

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Preuve s’il en fallait que l’avenir est sombre : à peu près toutes les occurrences de curation vont de paire avec les mots « marketing » et « marques ». Mais qu’est-ce que les marques viennent foutre dans des revues du web sympatoches ?

Je tombe sur un titre effrayant : Curation, la prochaine étape du marketing de contenu. Le marketing de contenu. Aka la pub intelligente. Aka la mort.

Donc attention, citation pour marketeux en mal de poésie :  » Au-delà de la curation de masse, la pertinence de ce type de service réside dans une évolution du discours des marque sur les médias sociaux. Scoop It spécule sur l’inflation du content marketing pour générer du chiffre d’affaires : « Sur le discours des marques nous en sommes au début en termes de marketing social. Que ce soit du brick and mortar ou autre, aujourd’hui elles ont une page facebook, un twitter et elles payent un content/community manager pour animer le tout. Mais les marques n’ont pas forcément quelque chose de pertinent à dire quotidiennement. Plutôt que de se concentrer sur ses messages corporate, une marque peut parler de sujets liée à son domaine d’intervention, le sport, la nourriture etc… Ce qu’on leur propose c’est de devenir des curateurs.  Cela leur permet de créer une affinité avec son domaine et en plus c’est un modèle vertueux : elles peuvent créer une image de marque à moindre coût en utilisant notre service premium proposé en SaaS…. »

Donc, les marque pour avoir l’air sympa vont faire des veilles internet sur les sujets qui les concernent et faire des revues du web.

Autant dire qu’on est très très loin de nos vendredis soirs chez Dianou passés à rigoler devant des gifs animés.

Si les marques se lancent dans la curation, moi je veux bien et même je leur laisse ce mot affreux. (Curation, ça rappelle quand même beaucoup curetage. Allez-y donc, allez avorter l’internet.) Donc, je propose (je sais que je serai pas suivie, je m’en fous, je suis tel le prophète qui crie seul dans le désert), que le mot curation ne désigne QUE le fait d’éditorialiser des liens au service des marques.

Pour les autres, on vivait très bien sans mot pour définir notre activité. Donc on continuera tranquillement à faire des liens vers des trucs qu’on aime bien et qu’on a envie de partager parce qu’on est webfriendly.

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