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Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
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29 avril 2011

Les nouvelles règles amoureuses et sexuelles

Après une journée entière passée à une activité tout à fait saine à savoir : stalker des gens morts, et une autre à stalker les stalkeurs de gens morts (ce qui, si on y réfléchit bien, revient à me stalker moi-même, Inception du stalking – et après, je m’étonne d’avoir mal à la tête) j’ai enfin fini mon papier sur la famille Dupont de Ligonnès.

Tous ceux qui ont tenu/tiennent des journaux intimes, se sont déjà demandés « Han… mais si je meurs brusquement demain, et qu’on trouve mon journal ? » Parfois, on confie à un proche la tâche de brûler lesdits journaux (ce que meilleur ami ne manquera pas de faire pour moi). Et bin Agnès Dupont de Ligonnès, elle aurait peut-être dû demander à un pote d’effacer toutes ses traces sur l’interweb parce que c’est pas joli-joli ce qu’on trouve.

Pour cet article, j’avais fait une très belle image d’illustration qui n’a pas été retenue.

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Et sinon, comme je vous l’ai déjà dit, je passe mon temps à bosser. La preuve, je suis debout depuis l’aurore (= je suis de très mauvaise humeur) pour live-bloguer le mariage du millénaire avec ma collègue Cécile l’arc-en-ciel. Après quelques légers problèmes techniques, autant dire que c’est parti en couilles et en culotte. Au cas où vous avez envie d’un peu de mauvais goût, c’est par ici.

Mais revenons d’abord à des fondamentaux du vendredi : Les nouvelles règles amoureuses et sexuelles.

C’est simple. En fait, y’en a pas.

Du coup, c’est compliqué.

J’imagine que dans les temps anciens (aka le 19ème siècle) les choses n’étaient pas absolument gravées dans du marbre mais quand même, elles paraissaient assez clairement réglées. L’homme faisait sa cour, puis sa demande en mariage, ils se mariaient et pouvaient enfin se défoncer les parties génitales en se découvrant bibliquement pendant la nuit de noces. Après, chacun trompait l’autre avec qui des amants et qui des maîtresses. L’homme allait au bordel et/ou entretenait une danseuse à qui il avait également fait une sorte de cour en étalant ses billets de banque. Alors que dans le même temps, sa femme se faisait elle aussi courtiser par un autre. (Amis profs d’histoire, vous avez besoin que j’intervienne dans vos cours pour apporter une vision nuancée, subtile et rigoureuse de l’histoire de la société française ? N’hésitez pas à me contacter par mail.)

Finalement, c’était simple. Il y avait d’un côté la relation officielle maritale et de l’autre les liaisons sexualo-amoureuses (ça se dit pas hein ? c’est pas grave, vous avez compris ce que je voulais dire.)

Si l’homme vous arrachait votre corset c’est qu’il voulait vos nichons, s’il vous apportait une bague c’est qu’il voulait votre main. (Amis profs d’histoire, je réitère ma proposition.)

Et puis il y a eu la libéralisation des mœurs, le divorce, ces salopes de femmes ont pris des contraceptifs et sont parties courir le guilledou. Il est devenu quasiment impossible de différencier la catin de la bonne épouse. Voire, horreur absolue, de dangereuses schizophrènes jouaient parfois les deux rôles en même temps. Godness…

Bref.

En regardant le temps présent – oui, à mes heures perdues, je monte sur la Roche de Solutré et je contemple le présent – j’ai l’impression que depuis la révolution sexuelle, les choses continuent de changer. C’est peut-être la conjonction d’un milieu social, d’une génération et d’un moment (ou alors c’est juste que mes amis et moi avons un certain talent pour les relations sentimentales perverses et déviantes) mais quand même, nos discussions amoureuses (hors gens en couple depuis un moment) ressemblent de plus en plus à :

– Et alors, vous êtes ensemble ?

– Je sais pas / pas vraiment / bof / on verra.

– Et il/elle est au courant qu’en fait vous êtes pas vraiment ensemble ?

– Heu… oui… non… je sais pas ».

On notera dans cet échange que la notion de couple reste centrale, nécessaire comme repère. On n’est plus du tout dans les problématiques de la révolution sexuelle ou chez les hippies qui veulent une autre société. On garde les fondamentaux. On a juste instauré un flou de début de relation.

Les règles traditionnelles ont disparu. Même le principe américain, très codifié, du ‘dating’ ne semble plus fonctionner. Y’a qu’à voir Sexfriend. (Oui, j’ai vu Sexfriend. Au cinéma. En VF. J’assume.) Ashton Kutcher ne ‘date’ pas Portman, qui ne se demande pas au bout de combien de dîners il est de bon ton d’accepter de se faire entuber le berlingot. Ils niquent direct.

Sex-friends-Portman-Kutcher

Sans sur-évaluer les capacités d’analyse sociologique de la comédie romantique, je remarque quand même que ça ressemble assez à ce qu’on pratique dans mon entourage.

Pourtant, c’est pas faute d’avoir essayé d’en inventer des nouvelles règles. Ainsi du, précisément, fuckfriend. On a voulu théoriser la chose avec des commandements – et c’est là où le film est déjà un peu dépassé avec ces héros qui établissent une charte précise. Mais finalement, pourquoi s’emmerder à établir des règles alors qu’on peut juste faire n’importe quoi ? Résultat, maintenant, on commence par baiser et on réfléchit après, alors qu’il n’y a pas si longtemps, un coup d’un soir n’était qu’un coup d’un soir et se trouvait tout à fait différencier par essence d’un début de relation. Désormais, la nature de la relation n’est pas définie avant de niquer. One shot, fuckfriend, relation suivie, on verra ça plus tard. (Ok, c’est aussi peut-être parce qu’on est souvent saoûls à ce moment-là.)

En règle générale (disons pour les individus entre 25 et 35 ans) au XXIème siècle : on discute, on boit, on baise.

Et le lendemain, on se réveille et on réfléchit. Là, deux possibilités :

1°) C’était juste un coup d’un soir (et faudrait vraiment que je pense à arrêter de boire)

2°) Remettons ça à l’occasion

La plupart des relations assez récentes qui se transforment en histoire d’amour se sont en définitive contentées de prolonger le schéma du 2°) :

On nique -> on remet ça plusieurs fois -> ah, tiens, on est ensemble.

La relation commence donc par le sexe et du coup, la symbolique s’est déplacée ailleurs. Si avant le sexe était perçu comme un aboutissement, ou une étape importante dans la construction d’une relation, cet aspect symbolique s’est déplacé sur d’autres enjeux comme prendre le petit-déjeuner ensemble ou envoyer un texto dans la journée. De même le jeu de séduction. On se tournait autour, on se draguait, on niquait. Bah maintenant, il est fréquent de se draguer après avoir niqué. On joue à se séduire ensuite parce qu’on se plait, que c’était une nuit assez prometteuse etc. La chronologie sexuelle a totalement changé ce qui modifie quand même pas mal le jeu amoureux.

Et là, vous vous demandez où je veux en venir ? Bah j’en ai foutrement pas la moindre idée. (Par contre, j’ai toujours mal à la tête, ça, j’en suis certaine.)

En fait, je suis en train de réfléchir à un futur post qui ferait de moi la Nadine de Rothschild du sexe. Enfin bref, d’abord, je vais gober des migralgines.

PS : parce qu’une vidéo c’est toujours coolos, voici ce qui semble être une machine à extraction de sperme (?)

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25 avril 2011

Jésus, LE gif, community

Coucou, il fait beau, Jésus a ressuscité, Lindsay Lohan est très choquée d’être condamnée à faire de la prison et Carla Bruni est enceinte. What a wonderful world my friends. Et mon voisin d’en face a décidé de m’imiter en se baladant à poil chez lui. Du coup, on se fait des saluts respectueux de loin, entre hippies naturistes.

Ceci étant, avouons d’emblée que je n’ai rien, mais alors strictement rien à raconter. Mais sur Tumblr je suis tombée sur ce gif « WTF » de toute beauté qui mériterait à lui seul un post :

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Du coup, j’en profite pour balancer les trucs pas intéressants que j’ai vus sur l’interweb. Je l’avais prédit (je sais plus à qui, ni quand, ni dans quelles circonstances) les nouveaux complexes masculins sont apparus. Avant, les complexes masculins étaient assez évidents : taille de la bite, calvitie, petit bedon, pas assez de muscle, faire moins d’1m75. Mais depuis que nos congénères sont à leur tour devenus des victimes des diktats en matière de beauté plastique, depuis que leur corps s’est transformé en marchandise à consommer, les hommes développent de nouveaux complexes au moins aussi ridicules que ceux des meufs. Mais après tout, pourquoi ne pas partager notre connerie ? Nouvelle définition de complexe : regret portant sur une partie de son corps du fait du décalage entre le corps parfait et le sien. (Complexe ne veut donc pas dire que quelque chose cloche vraiment dans votre anatomie, que vous avez une malformation ou une vilenie physique, juste que c’est pas comme dans les pubs.) Or qui dit complexe, dit course à la solution foireuse.

Donc voilà, amis lecteurs, avez-vous déjà pensé à complexer sur vos tétons ? Regardez-les. Sérieusement, vous êtes certains qu’ils sont sexys ? Qu’ils sont assez grands ? Que leur couleur est attrayante ? Au cas où, je vous présente un gars qui a trouvé la bonne solution :

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La carte qui circule en ce moment. Tellementvraituvoisquoi.

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Petit point série. Le succès de Glee reste pour moi un mystère plus impénétrable que les voies génitales de Jésus. Et pourtant vus les kilomètres-heures de séries que je bouffe, je suis plutôt encline à être bon public. Mais vraiment, Glee, y’a un truc qui me dépasse fondamentalement. Pourtant, je fréquente des personnes très bien qui aiment cette série. Bref. L’autre soir, Bret Easton Ellis (dont le dernier roman était une daube mais qui a quand même écrit ce chef d’œuvre de Lunar Park), Bret donc a tweeté : « J’aime l’idée de ‘Glee’ mais pourquoi est-ce qu’à chaque fois que je regarde un épisode j’ai l’impression de plonger dans une flaque de sida ? » Ca lui a valu tellement de réactions horrifiées que le lendemain, il en remettait une couche : « Non, je n’étais pas bourré hier soir. J’étais en train de regarder Chris Colfer chanter ‘Le jazz hot’ et j’avais l’impression d’avoir brusquement contracter le virus du HIV ». Je me suis sentie moins seule. Et encore mieux aujourd’hui, je tombe sur la déclaration de Dan Harmon, créateur de Community conséquemment un des mecs les plus drôles du monde. Il s’explique sur le fait d’avoir tué dans Community un Glee club pour assurer que non, évidemment, faut pas y voir un foutage de gueule sur la série du même nom :
« I have no idea what you mean. There was a glee club at Greendale, and their bus was driving on a rainy night, and a downed power line was hanging across the road, and the bus drove through it, and it sliced through the bus and decapitated everyone, row by row, so that the people in the back had to watch all their friends get decapitated, then they got decapitated, and then the bus drove into a pool of lava. And I guess the crazy thing is, the electricity from the power line somehow kept their nervous systems “alive,” so they could feel the lava. They didn’t escape the pain of the lava just because they didn’t have heads. They felt the lava. It was terrible but it was not metaphorical in any way. I would never be that petty and envious of another show’s popularity. »

(Je traduis pas, c’est trop long mais vous aurez compris.) Via Reddit. Via lui.

Allez jouer au meilleur tetris du monde. (Faisez au moins 4 briques pour comprendre et jouir.) Moi, je retourne travailler.

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19 avril 2011

Comment j’ai essayé le sport, part 3

L’autre jour, j’annonçais donc que j’étais partie en reportage sur le terrain. Et c’était vrai, je suis allée parler de ma vie et de philosophie avec nos charmants amis les scientologues. Une expérience brillamment narrée par moi-même dans ces deux papiers dont les liens suivent ci-joints : J’ai testé la scientologie et c’était pas bien (le test) ET J’ai testé la scientologie et c’était vraiment à chier (la rencontre). Je vous conseille la lecture des commentaires sur ce deuxième papier parce qu’aller à la rencontre de l’Autre et essayer de le comprendre, c’est important.

Malgré tous ces lourds traumatismes liés aux cours d’EPS, j’ai donc décidé de faire du sport, parce que vaguement dans mon esprit, je me disais qu’en état d’épuisement, pratiquer une activité sportive me redonnerait la forme.

Tout le problème étant évidemment de choisir quel mode de torture me satisferait le mieux. En gros, j’aime les sports cons, débiles, qui n’ont aucun sens et aucun but. Par exemple faire des séries d’abdos.

Du coup, je suis plutôt attirée par les sports de poufiasse.

Là, vous allez me dire « ah, t’as essayé la gym suédoise !! » La gym suédoise, c’est le sport qui fait des ravages chez les trentenaires parisiennes.

Mais non. Même pas.

J’ai réussi l’incroyable exploit de trouver encore plus pétasse que la gym suédoise : l’aquabike.

Rien que le nom fleure bon le gloss à la fraise.

Mais l’aquabike kékecé ?

On va pas y aller par 4 chemins en essayant de se faire croire qu’il y a des règles complexes (surtout que ça fait 3 posts que ça traîne cette histoire). Donc : ça consiste à pédaler au fond d’une piscine sans avancer. Franchement, peut-on imaginer plus con que ça ? Non. Et hop, deuxième critère rempli.

Ca se pratique dans des petites piscines spécialisées. (Comprendre : c’est cher, je dis ça à l’intention des amis jeunes qui sont fauchés. Vous ferez du sport de poufiasse quand, comme moi, vous aurez renoncé à toute vie sociale pour consacrer votre existence au travail.) Y’a des vélos attachés au fond de la piscine, vous avez de l’eau jusqu’à la poitrine, et vous pédalez en rythme sur de la musique de pouf. Enfin… ça, c’est en théorie.

Là, il est temps que je vous précise une chose : je ne sais pas faire de vélo. En général, on me dit « c’est parce que t’as jamais essayé ». Et bah non. J’ai essayé, j’ai échoué. Je n’y arrive pas. J’ai un problème 1°) d’équilibre, 2°) de coordination des mouvements. (D’ailleurs, dans la vie de tous les jours, je suis en permanence couverte de bleus.) Mais bon, pour l’aquabike, je me suis dit que c’était pas bien grave. Voire justement, j’aurais vaguement la sensation de savoir faire du vélo.

Pour mon premier cours, je suis tombée sur Musclor comme prof. On m’avait prévenue que Musclor était un peu… tonique. Tu m’étonnes…

Je m’installe sur le vélo.

Et là, Musclor rigole. Les autres élèves rigolent aussi. « Ah non ! On enlève la selle ». Hein ? Cette espèce de gros malade a vraiment enlevé la selle de mon vélo. Après, j’ai fait des cours avec d’autres profs. Comprendre d’autres profs qui n’enlèvent pas la selle. Et je vais vous dire pourquoi leur bon sens leur fait laisser le vélo en entier plutôt que de le dépecer. Parce que, en gros, on fait des exercices par session de deux minutes et après on a un repos de 20 secondes. Sauf que quand t’as pas de selle, tu fais quoi pendant ton repos ? Bah tu continues à pédaler à moins d’avoir envie de t’empaler la chatte sur une barre en fer carrée. (En même temps, en l’écrivant, je me dis que ce dilemme aurait mérité une vraie réflexion de ma part.)

Sinon, dans les descriptions que j’avais lues sur l’internet des magazines féminins, les meufs disaient que l’aquabike c’est super, on fait du sport sans s’en rendre compte, c’est pas du tout fatiguant. Et là, disons le tout net : ces meufs mentent, elles ne sont jamais allées à un cours. (Ou alors, elles y sont allées avec leur carte de presse tatouée sur le front.) Parce que pédaler debout sans selle avec des haltères dans les mains (ah oui, c’est vachement complet comme sport) c’est pas « pas du tout fatiguant » c’est crevant. Comme dans crever. Comme dans mort. Comme dans plus jamais ça.

Je sais pas comment je m’y suis prise mais à peine 5 minutes après le début du cours j’avais déjà retrouvé mon statut de mauvaise élève reloue. D’abord, je faisais mal les exercices. (On se refait pas hein.) Quand il a été question de pédaler à l’envers, c’était juste hors de porté de mes capacités. J’ai pas réussi. Musclor m’a alors très justement fait remarquer « ah oui, ça c’est un problème de coordination des mouvements… » OUI, JE SAIS, MERCI.

Donc je râlais. Quand il regardait pas, je ralentissais mon rythme de pédalage. Quand il me disait d’aller plus vite, je le regardais avec, vous savez, ce charmant regard que j’ai parfois où se mêlent mépris et arrogance comme avec le rabbin, et je lui disais « bah non. Pas plus vite. Parce que je peux pas. » D’autant plus sûre de moi que, contrairement aux cours d’EPS, là, je paye. Je suis cliente donc si je décide de pas aller plus vite, je vais pas plus vite.

J’ai enfin trouvé une illustration pour le regard qui tue :

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Et ce qui pourrait expliquer d’où me vient ce regard naturellement méprisant :

tumblr_liqyyyovs01qhrrjio1_500(Petite, j’ai tout fait pour ressembler à Kelly Kapowski.)

Il y a eu deux moments gênants pendant ce premier cours.

Moment gênant n°1

On est en plein effort. On en chie grave. Pour nous encourager, le prof parle fort. Aka la méthode militaire. Ca rappelle un peu les scènes humoristiques pas drôles dans les films ou les séries avec un instructeur qui fait répéter n’importe quoi à ses soldats. Bref. Je me comprends. Sur le moment, j’écoute pas trop ce qu’il raconte. Je suis concentrée sur ma mort prochaine, parce que mourir c’est quand même un moment important dans une vie, tant qu’à faire j’aimerais ne pas le rater quand ça va arriver, dans quelques minutes, suite à une crise cardiaque. Pédale pédale, lève les bras, pédale, rétropédale. Et à un moment le prof demande d’une voix hyper forte : « ON AIME LE SPORT ? » Et là, c’est sorti tout seul. J’ai crié, mais genre crié, « NOON ». Y’a eu un silence. Le prof m’a dit « non mais ça va pas ? ». Les autres filles m’ont regardée avec l’air de penser « bah oui, on n’aime pas le sport, sinon on ferait pas de l’aquabike mais on le sait, ça sert à rien de le hurler meuf ».

Moment gênant n°2

Aller faire du sport en maillot de bain c’est gênant. Mais il y a une espèce de règle implicite qui veut que non, on ne se jauge pas entre meufs (« tiens, elle en a plus besoin que moi ») et surtout que le prof ne nous mate pas. Règle de base.

Sauf que voilà, cette règle a été irrémédiablement foulée aux pieds par Musclor. C’était au moment d’un exercice présenté comme « Allez les filles, maintenant on passe à l’exercice anti-cellulite ». A ce moment-là, ça faisait déjà 30 minutes que j’étais la mauvaise élève qui fait tout de travers et qui, en prime, râle. (Je sais pas si je vous l’ai déjà dit mais je suis parisienne de naissance.) Bref, le boulet. Et donc, après avoir annoncé cet exercice, accueilli par des cris d’enthousiasme par les autres filles, Musclor se retourne vers moi et dit « bon, toi t’en as pas besoin mais on va dire que c’est préventif ». Ok. Donc il aurait voulu que le reste du groupe me déteste il ne s’y serait pas pris autrement. A la limite, y’aurait eu que des nanas de 50 ans et j’aurais été la plus jeune, pourquoi pas. Mais même sans la regarder, j’ai senti se remplir de larmes les yeux de ma voisine de vélo, approximativement âgée de 16 ans. (Très jolie petite blonde d’ailleurs.) Et en prime, ça voulait quand même dire que Musclor nous mate le cul quand on rentre dans la piscine. (En outre, il a menti. J’ai évidemment de la cellulite comme tout le monde parce que chez moi non plus la nature a pas trouvé d’autre moyen de stocker la graisse qui sert à nourrir les bébés. Juste j’en ai peu, mais comme je fais 40 kilos ça serait quand même la grosse lose d’avoir un physique de somalienne ET d’être couverte de cellulite.)

Au final, je suis plutôt convaincue par l’aquabike. C’est-à-dire que je continue à y aller. (J’en ai même rêvé. En fait, j’ai rêvé que Giuseppe de Qui veut épouser mon fils avait un moignon comme Jamel Debbouze et qu’il me donnait un cours d’aquabike.)

Le seul problème avec l’aquabike c’est que ça reste quand même du sport. Résultat j’ai mal aux muscles. (Incroyable le nombre de muscles qu’on a dans le corps.) (A moins que je me sois cassée des os.) (Dans ce cas : incroyable le nombre d’os qu’on a dans le corps.)

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Je sais pas vous, mais moi j’ai cru qu’on arriverait jamais au terme de ce post sur le sport. 3 posts pour dire que j’ai fait du vélo dans une piscine. Après, on se demande pourquoi Twitter c’est pas trop mon mode d’expression privilégié…

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15 avril 2011

Un écureuil, des chiens, Buscemi, internetic, migraine

Je vais continuer ma grande aventure de le sport mais aujourd’hui j’ai mal à la tête. Chose incompréhensible puisque ça fait deux semaines que j’ai arrêté de boire comme un trou. D’ailleurs, je pense que je vais bientôt être déchue de ma nationalité bretonne. Bref. Mon test du sport, ce sera pour le prochain post. Aujourd’hui, on va plutôt cureter le web.

Et justement, en parlant d’alcool, les lecteurs attentifs auront remarqué que ma préférence va très nettement à la vodka. J’aime la vodka comme le koala aime l’eucalyptus c’est-à-dire avec une passion à la fois tranquille, mignonne et vitale. En ex-URSS, aka la Russie, ils aiment autant la vodka que moi, mais leur gouvernement est incapable de comprendre le sens profond de la vie alors il a lancé une campagne de prévention contre l’alcool. Sauf qu’ils auraient dû deviner que prendre comme mascotte dissuasive un écureuil bourré c’était un peu contre-productif. Qui n’a jamais rêvé un jour d’être réincarné en écureuil bourré ?

Evidemment, les fabricants de vodka, eux, ont bien compris qu’on venait de leur servir sur un plateau un appel à la consommation. Du coup, ils ont fait des bouteilles comme celle-là :

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Un autre genre d’animaux bien barrés. Combien d’heures d’entrainement pour arriver à ça ?

Sinon, le nouveau meme qui agite l’interweb et que j’aime beaucoup c’est Chicks with Steve Buscemi eyes. Soit des reustas sur lesquelles on colle les yeux globuleux de Steve Buscemi (interlude conseils séries télé : regardez Boardwalk Empire). J’arrive pas à m’expliquer pourquoi mais ça a quelque chose de magique. Et de fascinant. Sans doute parce qu’à la fois on reconnait la star et qu’en même temps ça fait un nouveau visage assez crédible.

Rihanna Buscemi

Rihanna Buscemi

Vice Presidential Debate

Sarah Palin Buscemi

LEISURE OSCARS

Natalie Portman Buscemi

avril lavigne buscemi

Avril Lavigne Buscemi

Mais du coup, il y a aussi eu l’inverse, à savoir Steve Buscemi avec des yeux de reusta. Et ça marche aussi.

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Et évidemment, las but not least, Steve Buscemi with chicks eyes

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Pour les drogués de l’interweb, Jed d’Urlesque a fait un remake de la chanson des Daft Punk :

\o/

Sur ce, bon week-end les petits enfants

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6 avril 2011

Comment j’ai essayé le sport, part 2

Donc, j’ai décidé de me REmettre au sport. (Je vous jure, on va finir par y arriver mes amis…)

On a tous un passif avec le sport. Le mien se résume par : j’aime pas ça. Pour une raison simple : je suis nulle en sport. Je tiens à être honnête, si j’avais été forte en gym, je n’aurais pas nourri la même détestation. Et tout ça, c’est la faute de l’Education Nationale. (Si un jour j’ai une maladie qui aurait pu être évitée avec une pratique régulière du sport, je compte bien intenter un procès à l’Etat.) (En ce moment, je regarde The Good Wife, et je me sens capable de plaider à peu près n’importe quelle cause. C’est bien comme série. C’est produit par Tony et Ridley Scott. C’est avec Julianna Margulies d’Urgences, et y’a un personnage, Kalinda, qui rappelle un peu Lisbeth Salander de Millenium.) (Oui, je sais, faut que j’arrête de vous noyer sous toutes ces références culturelles.)

Pour revenir au sport, j’ai en détestation absolue les sports collectifs. Parce qu’à l’école j’étais le boulet dont personne ne voulait dans l’équipe.

J’ai horreur de tous les sports avec ce qu’on nomme dans les fiches pédagogiques de l’Education nationale un « référent bondissant » – ce que la plèbe appelle vulgairement un ballon.

Et puis, il y a eu le drame de la gym, un drame dans lequel une certaine Claire de C. a joué un rôle primordial. Du CP à la 3ème, Claire de C. a été dans ma classe. Cette fille cumulait les raisons pour qu’on la déteste : elle était pétée de thune, pimbêche, jolie, populaire, pimbêche, très bonne élève, pimbêche, ses cahiers étaient toujours impeccables alors que les miens malgré tous mes efforts ressemblaient à l’expression artistique d’une enfant autiste. Bref, Claire de C. était une mini-pute que j’aurais voulu voir brûler en enfer pour lui voler sa vie.

Le jour du drame, nous sommes dans les années 80’, dans un gymnase qui pue, avec tapis de sol à mycoses et cheval d’arçon. On est tous sagement debout devant les tapis de sol. Jusque là, les cours de sport ne ressemblaient à rien sinon à un vaste foutoir dans lequel on s’ébrouait en toute innocence comme de jeunes daims. Mais à compter de ce jour, une chose horrible s’est produite : l’égalité a disparu. Ce jour-là, on a découvert qu’il existait un classement, une hiérarchie, voire carrément un fossé entre les forts et les gros nullards.

Ce jour-là, le prof nous a demandé de faire la roue.

On allait passer un par un, devant le reste de la classe. (Là, y’a clairement matière à gagner mon procès contre l’Education Nationale pour préjudice moral grave.) Il demande d’abord à Claire de C. de commencer parce que cette petite pute, non contente de nous écraser à tous les niveaux, était en prime championne de GRS. Pour vous, ça ne veut peut-être rien dire, mais pour les gamines qui comme moi avaient pour référence existentielle absolue ça :

autant dire que la GRS c’était la vie. Nous sommes aussi à une époque où M6 diffusait à peu près toutes les semaines un téléfilm retraçant la vie de Nadia Comaneci.

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Claire s’est approchée du tapis de sol, droite comme un i, a posé ses mains par terre et s’est lancée avec grâce dans ce qu’il faut bien qualifier de plus belle roue jamais exécutée par un être humain. Y’a eu un moment de stupeur dans l’assemblée. Ensuite, le prof lui a demandé de la refaire mais au ralenti (pfff… trop facile quoi) pour que nous observions bien la perfection de ses mouvements. Elle a refait sa roue, absolument impeccable, les jambes tendues vers les astres, le buste droit, dans un alignement parfait de tout le corps. Cette roue-là, c’était presque la preuve de l’existence de dieu.

Moi, j’étais un petit oisillon maladroit et innocent. Je n’avais même pas encore découvert que j’avais un sérieux problème de coordination de mes mouvements. Et surtout, je pensais naïvement que si un prof me demandait de faire quelque chose, le prof étant un adulte qui avait toute la sagesse du monde, c’est qu’il savait que j’y arriverais. Parce que soyons clairs : quel intérêt de demander à un gosse de faire un truc qu’il ne sait pas faire ? A part si on veut l’humilier profond.

Donc quand ça a été mon tour, j’étais plutôt confiante.

Sauf que déjà, je partais avec un handicap, à savoir que je portais un jogging rouge de la coupe dite « on sait pas si j’ai fait caca dedans ou si je porte encore des couches ». (Claire, elle, portait d’élégants caleçons moulants. Dans les années 80’, le caleçon était considéré comme un objet élégant, oui, surtout s’il était avec des motifs bariolés.) Je préfère passer pudiquement sur cette scène où mes bras se sont révélés incapables de se tendre, où mes jambes sont restées repliées et où, à un quart de roue, elles sont retombées comme deux enclumes sur le tapis de sol – de toute façon j’avais pas réussi à les lever au-delà de 60 centimètres, donc autant dire que les faire passer au-dessus de ma tête c’était pas envisageable. Tout cela pour exécuter ce qu’il faut bien qualifier de plus réussie imitation de crapaud constipé. Cette roue-là, c’était la preuve de l’existence du dieu du caca (poo’s god) et petite chanceuse que j’étais, il m’avait choisie pour être sa représentante sur terre.

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La classe a éclaté de rire et je suis restée stupéfaite.

Pourquoi j’y arrivais pas alors que ça avait l’air tellement facile pour les autres ?

Ayant une force de caractère proche de zéro, j’en ai conclu une chose : j’étais nulle en sport. C’était inné. Il ne servait à rien de lutter.

Comme j’avais vraiment pas le cul bordé de nouilles, du CP à la 3ème, je me suis tapée tous les cours de gym avec Claire de C. Et je suis devenue le cauchemar des profs de sport.

Le reste de ma scolarité, quand je pensais à la vie des adultes, je me disais systématiquement que c’était une vie sans cours de sport. Donc une belle vie.

Partant de là, c’était pas gagné pour que je refoute spontanément les pieds dans un endroit dédié à la pratique d’un sport.

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