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Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

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16 octobre 2011

Le salon du livre de Saint-Etienne – part one

J’avais décidé de vivre ce salon du livre comme un film hollywoodien qui se serait intitulé « 2 nights in Saint-Etienne ».

Mais en réalité, avouons-le tout net : mon périple à Saint-Etienne a mal commencé, c’est poursuivi de façon pas terrible et a fini moins mal (sans doute rapport au fait que je rentrais dans ma maison).

D’abord, le vendredi je devais courir en taxi d’Issy-les-Moules (où j’étais pour une interview sur France 24) à Gare de Lyon pour choper mon train.

En fait, dès France 24 j’ai été chafouinée parce que je préfère le maquillage TF1 au make-up France Télé. Le maquillage France Télé, sur moi, il tient une seconde. A la première expression de visage, il commence à se craqueler. Des failles apparaissent sur le fond de teint et vont en s’élargissant de plus en plus comme la croûte terrestre dans un film catastrophe. Je commence à sourire. Zoom sur la fissure qui s’élargit à toute vitesse, court en même temps que les coins de ma bouche remontent. Résultat : on dirait que je porte un masque de poupée fendillée, craquelée. De vieille petite-fille. A l’écran, ça se voit pas mais sous la lumière blâfarde des chiottes c’est la cata. J’ai l’impression d’être Bette Davis dans Qu’est-il arrivé à baby Jane ? film génial qui m’a complètement trauma :

Ca donc :

A voir :

 

Bref.

Je sors du plateau, prête à sauter dans mon taxi quand on m’apprend que quelqu’un me l’a volé. What ? Une personne est montée dans le taxi G7 qui m’attendait, le chauffeur lui a demandé « vous êtes bien Titiou Lecoq ? » et l’individu a répondu oui alors que de toute évidence c’était faux puisque c’est moi et que les homonymes y’en a pas trop dans le genre.

Résultat, on m’appelle un autre taxi. Je vais l’attendre dehors pour gagner 10 secondes.

Au bout de 20 minutes, je re-rentre pour dire qu’il fait froid. J’apprends que le taxi m’attend depuis 15 minutes à une autre entrée.

Je cours.

Je monte à bord.

En route, je lui demande si c’est bon pour être à 17h20 à Gare de Lyon. Il m’assure sans l’ombre d’un doute qu’on y est dans 45 minutes facile. Easy la vie. Comme c’est son métier, j’ai tendance à le croire.

1h30 plus tard, alors qu’on est à l’arrêt à un feu vert, coïncé dans un bouchon interminable et qu’il est approximativement 17h25, le chauffeur se tourne vers moi pour me dire « désolé ».

Je réponds pas.

Je râte le train de 17h24.

Je râte le train de 17h54.

J’arrive pour celui de 18h20. Je cours à la borne. Je suis dans un état de nerfs proche de celui du type qui était de garde à Tchernobyl le jour J. Je mets mon billet dans la fente pour l’échanger. La machine l’avale puis s’éteint.

Je sais pas si vous voyez bien le bordel ambiant gare de Lyon le vendredi à 18h30. Au milieu de toute cette agitation, je lâche mes sacs et roule des yeux. Je me dis que je vais craquer, que la vie est une grosse connasse.

Malheureusement, la vie m’entend, le prend hyper mal et décide de me le faire payer par un truc qui ne m’était jamais JAMAIS arrivé de ma vie : mon soutif craque.

Je me retrouve avec le soutif qui me remonte d’un coup sous la gorge et toujours le visage de Bette Davis à 82 ans quand elle se déguisait en fillette.

Dans un ultime sursaut, je décide d’acheter quand même un autre billet. J’ai évidemment raté le train de 18h24. (Donc 3 trains de loupés à mon actif en une aprèm.) Je prends une place pour celui de 19h. 130 euros ta mère la pute. (A ce prix-là, je pourrais me payer 25 cunnis chez les putes chinoises de mon quartier.) (Ouais, à cet instant, je suis très triste et fatiguée et je me dis que le seul truc au monde qui pourrait me consoler c’est un cunni. Chacun son truc.)

Là, parce qu’il flaire la meuf désespérée, que je suis maquillée comme une actrice de porno POST tournage et accessoirement que j’ai les nichons à l’air, un mec essaye de me brancher.

Le puits de l’enfer est-il vraiment sans fond ?

Je refuse de lui répondre. Je suis trop fatiguée pour le dégager. Je décide donc de l’ignorer. (Pas facile vu qu’il est debout devant moi.) Du coup, je baisse la tête pour regarder mes chaussures. (Evidemment, vu de l’extérieur, cette réaction n’a aucun sens.) J’ai des chaussures vernies. Parfois, leur vue suffit à me redonner de l’énergie vitale. Sauf que là, à côté de mes chaussures, je vois un pigeon. Un putain de pigeon vivant qui bouge la tête pour tourner son œil aussi rond que vide dans ma direction.

Le pigeon me regarde sans parler.

On se regarde.

Il se passe aussi peu de choses dans son cerveau que dans le mien.

Peut-être qu’il attend aussi que le mec relou se casse ?

Brusquement, je relève la tête. J’ai un éclair de génie. Je sais ce qu’il me faut. Du toblerone.

J’abandonne mec et pigeon et pars m’acheter du toblerone. Inventé en 1908 par Theodor Tobler, le toblerone est la première barre chocolatée de l’histoire. (J’essaye de faire du Houellebecq pour changer un peu de style.)

Ensuite, j’ai tweeté mes chagrins. Et après, j’ai pris le train.

J’ai fini la journée à 1h du mat en fumant une clope toute seule sur le parking d’un hôtel dans la banlieue de Saint-Etienne en pensant qu’on n’était que vendredi soir et que le salon n’avait même pas commencé.

J’étais pas loin de regretter la Suisse.

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9 octobre 2011

Un peu de rien en désordre

L’autre nuit, j’ai fait un cauchemar très moche avec le juge Burgaud qui me voulait du mal parce qu’il était pas content d’un papier de Ioudgine et qu’Arnaud Aubron l’avait énervé – … – Bonjour, vous êtes bien la boîte vocale de l’inconscient de Titiou, laissez un message – Salut, c’est ta conscience. Ca va ? Je voulais juste te dire que j’avais pas trop bien compris ton dernier message… Tu essaies de me dire que les Inrocks ont trempé dans l’affaire d’Outreau c’est ça ? Rappelle-moi s’il te plait.

Mais j’ai aussi fait un rêve super. Je vivais dans une réserve naturelle (mais qui était un peu aussi un espace Leclerc) avec plein d’animaux. Il faisait beau. Et la vie était un jeu de pistes super marrant. Mais surtout, dans ce rêve, il se passait un phénomène magique : j’étais hyper drôle. Dès que je faisais une blague, tout le monde se roulait par terre de rire. C’était top.

Si je rêve de réserve naturelle qui ressemble à un espace Leclerc c’est sans doute parce que j’avais passé le week-end précédent sur un parking d’hypermarché (#écrivain dédicace toussa).

Tout ce temps passé dans cette librairie Leclerc m’a permis de découvrir un ouvrage qui avait échappé à mon corpus littéraire :

Peut-être faut-il s’en prendre au traducteur ?

Ou alors au rédacteur ?

Oui. Au rédacteur en fait…

Bref.

(J’écris « Bref » depuis des années. Mais depuis que la – très bonne – série existe, je me sens un peu dépossédée de mon tic de langage.)

Bref bis.

Le lien absolument con qui m’a fait rire cette semaine. Malheureusement, il est réservé aux utilisateurs de mac. Mac, le truc qui marche super bien SAUF le mien qui merde en permanence. Comme mon vieux PC vous me direz sauf que le PC je savais le bidouiller alors qu’avec le mac je suis juste une putain d’assistée. DONC LE LIEN QUI RESUME MA VIE. (tellement que les premières secondes j’ai pas compris que c’était ça le site.)

Oui, je sais que Steve est mort. Il n’empêche. D’ailleurs, c’est l’occasion de ressortir la meilleure image de Steve Jobs/Bill Gates (que j’avais déjà postée y’a longtemps) :

Attention trompettes et tambour pour une chose qu’on ne voit pas assez souvent : une bite d’écureuil.

 

Une top vidéo d’Elixie dans ses excellentes trouvailles d’internet :

Pour ce qui est du Titiouthon, le cumul des pots de Nutella offerts en dédicace s’élève à… 2. Merci infini à mes généreux donateurs. Dont le premier pot dédicacé :

En parlant promo, à la fête de l’huma, j’ai participé à une table ronde sur le thème du premier roman. J’étais assez fière de moi parce que je me suis bien tenue, j’ai réussi à m’intégrer socialement (sachant que d’habitude y’a un certain nombre de convenances sociales que j’ai beaucoup de difficulté à mimer, c’était un net progrès). J’ai attendu que ce soit mon tour de parler, en attendant j’ai écouté Emmanuel Rabu qui a sorti un super premier roman (je l’ai pas lu mais je fais confiance aux gens qui l’ont lu et approuvé). Après le débat, j’ai pas trop compris que Mama Mazauric, mon éditrice, me dise « tu devrais te forcer à sourire un peu en interview ». Qui ? Moi ? Moi qui avait affiché ce superbe sourire qui fait éclore les fleurs sur mon passage ?

Or le lundi suivant, je découvre sur Facebook cette photo :

Je crois qu’on peut dire que niveau convenances sociales, je suis pas encore au top… (Pourtant ma mère m’a envoyée à la maison verte de Dolto quand j’étais petite pour être certaine que toute ma vie j’aurais d’immenses facilités à socialiser avec mes semblables.)

Pour finir (non, ça n’a aucun rapport mais c’est ça l’internet, la blogosphère, la modernité) :

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25 septembre 2011

La fin des chats ?

Firstement, une urgence pour laquelle j’ai besoin de votre aide. HEEELLLLPPPPPPP…

Ca va vous prendre 15 secondes et ça peut sauver le peu d’équilibre psychique qu’il me reste. Figurez-vous qu’on m’a volé ma vie. Enfin… plus précisément ce qu’on peut évaluer à 1/5ème de mon identité numérique. (Ayons une pensée écoeurée pour le film Grosse fatigue qui est sans doute l’une des plus Grosses Daubasses cinématographiques françaises.) Bref. Y’a un petit con qui a ouvert une fanpage Facebook à mon nom. Ce qui, en soi, était déjà un peu ridicule. Le vrai problème c’est que ce petit con répond aux gens comme s’il était moi. Non. Je rectifie. Le vrai problème c’est qu’il écrit comme une brelle en se faisant passer pour moi. Ce qui me fout un peu la honte. Exemple preuve à l’appui :

« J’aime les hommes qui ont du mordant ! » OMG… LA HONTE QUOI.

En outre, quand je lui ai signalé qu’il fallait arrêter maintenant, il m’a répondu à la manière d’un enfant qui espère qu’on lui fouette les couilles avec des ronces trempées dans du curare. (En même temps, il est né en 1986 et on connaît les déviances de la génération youporn n’est-ce pas.) Non mais regardez-moi ça :

Facebookception

Un instant, j’ai pensé à lui faire la misère. A ruiner toutes ses perspectives de boulot futur. Mais j’hésite encore un peu quand même. En attendant, je vous demande bien humblement de me rendre service : d’aller sur sa fucking fanpage CELLE LA MEME et en bas à gauche de cliquer sur Signaler page puis sur Ceci est un harcèlement envers un ami.

Deux clics, dix secondes et ma reconnaissance éternelle.

Sinon, parlons peu, parlons bien, parlons chat.

De deux choses l’une : soit ma passion pour les chatons s’est émoussée, soit les chats se reposent un peu sur leur statut de Roi des animaux de l’interweb et ne font plus d’effort pour nous attendrir. Les chats n’étaient peut-être pas un puits sans fond pour l’internet…

Bien sûr, il y a des photos qui feront toujours rigoler bêtement :

Des gifs aussi :

(Amour et amitié aux lecteurs qui m’envoient ces jolis liens)

Mais à part ça, c’est la dèche niveau chaton. Ca n’a l’air de rien mais c’est peut-être un signe de la crise de la créativité sur le web.

Ou peut-être pas.

Et en même temps, comme chat = succès sur l’inteweb, les sites continuent à nous abreuver de catmania. Résultat, des trucs pas top qui me fatiguent. Ex avec Buzzfeed (qui, à titre d’agrégateur de contenus venus d’ailleurs est assez représentatif) qui nous sort un très mauvais porn for cat (et pourtant, on avait là, dans l’idée, les deux mamelles du web). Et la mode sans intérêt du cat scan. (Avant sur l’Internet, on scannait des sandwiches.) Même sur Cute overload, on a droit à une vidéo super nase de Chat versus Balai.

Du coup, pour renouveler un peu tout ça, on croise le chat avec d’autres animaux :

Ou alors, on recycle des vieux classiques comme le gif de Maru (le chat japonais qui se fout dans des boîtes)

Sur Buzzfeed, Cute overload et College Humor, on a droit à la même petite vidéo sympatoche de chaton :

Problème : elle date de 2009…

Sinon, y’a bien celle-là (de 2010 mais bon why not)

 

En conséquence de quoi, je propose que nous laissions un peu les chats se reposer. Ca sert à rien de balancer de la vidéo de chats juste pour le principe de foutre un chat. (Foutre un chat… ) Envisagons un internet sans chat pendant quelques temps.

A la place, redonnons leur chance à des animaux qui ont trop longtemps vécu dans l’ombre du roi du web.

Pour le chien, j’attends toujours qu’il fasse ses preuves. Mais Elixie a ressorti cette vielle photo que nous avions tant aimée :

JOIE \o/

Mais je pense que l’animal qui mériterait vraiment une nouvelle chance, (non Lâm, ce n’est pas la loutre, je partage ton amour de la loutre mais elle a bénéficié déjà d’un beau succès numérique), c’est le lama. Alpaga is the new cat.

Franchement, l’interweb ne peut pas ignorer plus longtemps un animal qui ressemble à ça :

(je sais, je l’ai déjà posté celle-là)

Un animal qui a son propre magazine :

Certes, il y avait eu cette magnifique vidéo de 2006 :

Et sa fameuses version Star Wars :

Mais donnons une nouvelle chance au lama de ravir nos coeurs.

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16 septembre 2011

Le julien-planning

A l’origine du monde, je n’avais pas prévu de communiquer mes dates de dédicaces. Parce que dans le désordre :

– c’est un truc de reusta. C’est-à-dire, quand on parle d’internet, de blogueur-dessinateur. (Suivez mon regard lourd et envieux vers les lointaines contrées où s’ébrouent en liberté au milieu d’un champ de billets de 500 euros Pénélope B. et Boulet.) (D’ailleurs, j’avoue que je reste assez perplexe en apprenant leur collaboration sur un album.) (Mais bref. C’est pas du tout le sujet de ce post.) Comme moi je vis dans une cage avec des pièces d’un centime d’euro, je vois pas trop pourquoi je donnerais aux gens mes dates de dédicaces. Ca serait tresser la lanière de cuir pour me faire fouetter.

– en règle générale, je déconseille de rencontrer IRL des gens qu’on aime sur l’internet. C’est un peu comme être un gosse fan de Mickey, aller à Disney et découvrir un Mickey géant en mousse avec une seule expression de visage. DECEPTION.

– si je mets les dates, ça revient à inviter les gens à venir. Du coup, s’il n’y a personne, je peux même plus cacher ma mortification derrière un « ouais mais c’est normal, c’est parce que j’ai prévenu personne ». D’ailleurs, quand j’organise des fêtes pour mon anniversaire, j’invite jamais personne pour être certaine de pas être déçue que les gens ne viennent pas.

– SI par miracle, des gens venaient, ça se trouve je n’aurais pas le temps de leur parler. Et là, c’est l’autre problème des fêtes où on convie des amis, ils viennent pour vous voir mais vous passez la soirée avec d’autres.

– je pourrais sûrement trouver d’autres excuses mais j’ai pas le temps. Donc on s’arrête là.

Sauf que tout ça, c’était avant la Suisse. C’était avant que je meurs d’humidité sous une tente. Avant de découvrir que des lecteurs du blog habitaient en Suisse et seraient venus me tenir compagnie et m’apporter un sweat si seulement je les avais prévenus.

Du coup, voici révélé aux yeux du monde le julien-planning :

Ce soir, à 19h, je suis à la libraire Longtemps dans le 19ème, à Colonel Fabien. (Je sais, je préviens au dernier moment.)

Demain et après-demain, je me recolle sous une tente humide histoire de bien consolider ma pneumonie. Comprendre que je serai à la fête de l’Huma. Genre dans l’aprèm quoi. Si vous voulez m’apporter une merguez communiste, you’re welcome. Et pour le reste :

Les Mots Doubs – Besançon – 23, 24, 25 septembre

Espace Culturel Leclerc – Landerneau – 30 septembre 17h30

Espace Culturel – Quimperlé – 1er octobre – 15h

Rencontre Librairie Violette & Co – 5 octobre – 19h (ça, c’est à Paris je crois)

Signature Librairie L’Ouvre-boite – Paris 10e – 7 octobre 18h

Salon du Livre St-Etienne – 15 et 16 octobre.

Espace culturel Leclerc Brest-Gouesnou – 21 octobre – 17h30

Espace culturel Leclerc Quimper – 22 octobre – 15h

Rencontre Fnac Dijon – 2 novembre

Signature Librairie Lettre Ouverte – Paris 15e– 5 novembre – 17h

Rencontre Virgin St-Quentin en Yvelines – 12 novembre – 16h

Salon du Livre de Toulon – 19 et 20 novembre

Rencontre Virgin Toulouse – 24 novembre – 16h

Rencontre Virgin Roques-Garonne – 25 novembre – 17h

Rencontre Virgin Montpellier – 26 novembre –
Et encore, ça ce n’est que le julien-planning qui se charge de me pourrir tous mes week-ends. (Mais je t’aime quand même Julien tu sais.) Parce qu’il existe aussi un anne-planning qui s’occupe de me caler de la promo dans la semaine. (Promo dont je vous dirai seulement dans un énorme effet de teasing que normalement, si tout va bien, je prie pour chaque soir, je vais être interviewée par Jacky du Club Dorothée en octobre.)
Si vous envisagez de venir me voir, sachez qu’on n’a jamais trop de pots de nutella dans une maison. (Surtout quand on n’en a plus du tout comme moi.) (Ni de beurre demi-sel d’ailleurs.) (Par contre, il me reste encore trois pots de pesto rosso.)
En fait, pour le post d’aujourd’hui, j’avais prévu de faire un mini-essai sur les vidéos de chats mais je crois que ça va être trop long.
Du coup, des trucs glanés ici ou là, aujourd’hui ou y’a trois mois.
Parfois, quand je suis malheureuse et que je mouche mes larmes sur la manche de mon sweat de maison, je me dis que vraiment, Community était la seule chose au monde qui pouvait me réconforter. Heureusement, il reste des gifs qui font toujours comme une tartine de miel sur les coeurs qui saignent :
Buzzfeed avait fait un classement des 14 trucs qui font que vous êtes vraiment un adulte. Je ne me sentais pas trop concernée jusqu’à cette image :
Et sinon, sortir un livre alors que Ikea annonce que les bouquins c’est ringard et qu’ils vont repenser leur étagère Billy pour qu’on y mette plutôt des petits poneys en porcelaine, ça me donne vraiment l’impression d’être loseuse. (Surtout que dans ma famille, on fait un peu la collec des Billys.)
J’envisage sérieusement d’épouser le mec qui va vraiment au boulot avec une cravate comme ça :
Steve Jobs RIP etc. Mais ce qui m’a fascinée, c’est surtout de le voir à côté de son remplaçant…
La prochaine fois, mes petits amis, on ne se concentrera que sur la crise des animaux de l’Interweb.
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8 septembre 2011

Mon premier salon du livre

Bonjour mes petits amis, c’est la rentrée, youpi, troB1. Jetons aux orties de l’eau du bain avec mémé cet été pourrave.

Certes, j’ai encore du boulot en retard avant de reprendre un rythme de posts de croisière (ouais, c’est pas correct comme formulation mais je m’en fous, maintenant je suis écrivain, ça me donne de facto le droit d’écrire comme une brelle). (Je sens que c’est mes chefs qui vont super contents de ma nouvelle posture d’écrivain à qui on touche pas une syllabe sinon ça reviendrait à défigurer la littérature française, puisque désormais je fais partie de ce beau patrimoine.)

Donc. C’est la rentrée ce qui, tous les ans, provoque chez moi la même réaction : le besoin frénétique de dépenser des sous en achat de vêtements. Sauf qu’évidemment, cette compulsion n’est que mascarade. Dans le fond, ce dont j’ai vraiment envie c’est une nouvelle trousse, et un nouveau cahier, et un cartable. Et qu’on me donne mon emploi du temps, et de voir qui il y a dans ma classe.

Putain… c’est tellement triste la rentrée sans emploi du temps…

Heureusement, j’ai une nouvelle personne dans ma vie, chargée de me communiquer mon planning. (Quand on est élève, on a un emploi du temps, quand on est grand on a un planning.) Cette personne s’appelle Julien V., c’est le commercial du Diable Vauvert. Quand Julien m’a envoyé mon planning, j’ai râlé, comme tous les élèves.

Ca n’a servi à rien. Comme pour les élèves.

Le julien-planning, en fait, c’est les dates de signatures et les salons auxquels je dois participer. (J’ai failli écrire « assister » mais ça aurait trop beau que j’ai juste à y assister.)

Donc le week-end dernier, j’ai fait mon premier salon en tant que primo-romancière. En Suisse. Au bord d’un lac. Lac = angoisse. Le lac comme la rivière sont des étendues d’eau servant à noyer des gens qui n’ont rien demandé. C’est pas le petit Grégory qui me contredira.

J’appréhendais fortement la chose parce que :

1°) Donc lac = petit Grégory

2°) la Suisse. Un pays trop calme pour être honnête.

3°) Comme d’hab. Etre enfermée loin de chez moi, sans possibilité de fuite, avec des gens que je ne connais pas et qui s’attendent à ce que je sois aimable avec eux voire même que je leur parle, ça m’angoisse.

Dans le train, je me suis retrouvée à côté d’un confrère (comme on dit dans ces cas-là) à qui j’ai réussi à ne pas adresser la parole pendant 4h de trajet. A ma décharge, il lisait ça :

Je me suis demandée si tous les gens du salon étaient des gros intellos, mais plus tard j’ai croisé Jean-Pierre Coffe et Jean-François Kahn. Après, j’ai appris que mon voisin était également journaliste et là, ça m’a rescotchée deux fois plus fort. Un journaliste qui lit Hume, c’est un peu comme si un mec du bidonville de Calcutta mettait ses pots de yaourts dans la poubelle jaune. Et pourtant… Ca m’a d’autant plus impressionnée que Hume, c’est vraiment le philosophe au sujet duquel tu peux pas faire semblant d’être calé. Avec Hegel ou Kant, tu peux toujours essayer de bluffer vite fait. Avec Leibniz, ça commence à être compliqué. Avec Hume, c’est pas la peine, je suis même pas foutue de citer le titre d’un seul de ses bouquins… alors un de ses concepts…

Donc, mon voisin était plongé dans son Hume et pendant ce temps, moi, je lisais Mimi Cracra se fait sodomiser. Du coup, j’essayais de planquer un peu la couv.

Mais j’ai vite abandonné ma lecture, ayant trouvé un objet de fascination pour les 3h restantes. Parfois, il suffit d’un minuscule détail du quotidien pour que je rentre dans une transe qui oscille entre l’envie de m’uriner dessus de plaisir et celle de taper dans mes mains en agitant hystériquement mes longs cheveux. (Après, je m’arrache quelques mèches, je les roule en boule et je les mange.) Ce jour-là, ce détail, c’était CA :

Ce monsieur, très aimable au demeurant, avait presque assorti ses chaussettes et son pantalon. La raison de ma fascination réside dans le ‘presque’. Selon l’éclairage, l’ensemble était parfaitement identique (comme ci-dessus) et par moment, plus tout à fait :

En plus, il y avait la texture de la chaussette qui paraissait crémeuse comme des œufs en neige. (Nota Bene : ne jamais se risquer à une comparaison alimentaire quand on n’y connaît que dalle en cuisine.) J’avais très envie de me lever et d’aller les caresser. Je me donnais des coups de coudes à moi-même, et je hochais la tête en souriant avec une hystérie légèrement teintée de béatitude. Un peu comme si on avait chatouillé Sainte Thérèse de Lisieux. A côté de moi, Hume a commencé à trouver ça bizarre. Et puis, il a sorti un traité sur la Doctrine nominaliste rédigé en araméen.

Plus je regardais ces chaussettes, plus je m’excitais. Finalement, j’ai craqué, et j’ai sorti mon appareil photo qui n’est pas du tout, mais alors vraiment pas du tout, discret. Et j’ai mitraillé les chaussettes. Hume a fait semblant de ne rien voir. Ce qui était fort poli de sa part, assez british en fait, et en prime pas évident vu le bruit de déclenchement de mon appareil.

Hume en plein travail. (Je triche, cette photo-là c’est dans le train de retour, on était face-à-face. En fait, le festival avait décidé qu’on serait copains de transport, et je ne peux que les en remercier parce que Hume est un compagnon tout simplement parfait.)

Dans le train donc, heureusement, qu’il y avait la présence rassurante de Hume et les chaussettes parce que sinon, c’était affreux. A un moment, y’a une meuf roussexydée (subtil croisement entre rousse et peroxydée) qui me demande mon ticket et mon nom. Je lui tends mon ticket sur lequel était noté mon nom. Je me suis dit que ça m’épargnerait de lui épeler t-i-t-i-ou. La poufiasse me répond « mais j’ai besoin de votre nom aussi ». Je lui fais remarquer que c’est écrit sur mon billet et là, elle me dit « non mais moi je suis éditrice hein, pas hôtesse d’accueil ». Personnellement, j’ai été hôtesse d’accueil.

J’ai eu très envie de lui dire que moi et mes camarades hôtesses d’accueil on lui conseillait d’aller brûler en enfer avec son coloriste démoniaque.

A la place, je me suis replongée dans Mimi cracra se fait sodomiser. (Un titre qui ne manquera pas de m’amener de belles requêtes Google.)

Ensuite… bah ensuite la Suisse. Comment vous décrire Lausanne ? En fait, c’est simple. C’est une ville de politique-fiction. C’est un peu comme si Jospin avait été élu en 2002. 0 sdf. 0 racaillou. 0 handicapé à moignon qui font la manche.

Mais en sortant de la gare, on tombe quand même sur ça :

Alors ok. Nous aussi en France on a des affiches de ce genre. Mais elles sont collées à l’arrache, la nuit, sur des murs décrépis. C’est jamais de grandes affiches officielles encadrées à des arrêts de bus.

Le journal du matin ressemble à ça :

Les gens sont d’une honnêteté effrayante. Au café, vous pouvez laisser votre iPhone sur la table pour aller pisser. Vous serez d’accord pour conclure qu’un tel sentiment de sécurité est plutôt flippant.

Ensuite… le salon. Le samedi matin, en bonne élève, j’arrive en avance à ma table. Et là, enfer et damnation, je vois une pile de Kata-Sutra qui m’attendent. Mais merde quoi… Cela eusse pu me faire plaisir si Jacob-Duvernet l’éditeur nous avait un jour donné nos sous. Par exemple, à la date prévue sur nos contrats. Là, on vient de contacter un avocat quand même. Donc l’apparition des Kata-Sutra c’était de l’ordre du choc traumatique.

Sur le principe même du salon, j’ai décidé d’attendre d’en avoir fait au moins deux avant de juger. Et peut-être même d’en faire un papier si par miracle il y a des choses à raconter sur le sujet.

Pour l’instant, je peux dire que dans un salon, il y a des moments de solitude intérieure qui ressemblent à ça :

L’auteur inconnu reste fier dans sa solitude

En vrai, extérieurement, ça ressemble plutôt à ça (toutes les photos suivantes ont été prises depuis ma chaise sans trucage) :

Ce que je voyais devant moi donc. Je vous rappelle que ça a duré deux jours.

Quand tout le monde vous tourne le dos, ça donne un peu l’impression d’être une pute unijambiste dont aucun client ne veut. Surtout quand à votre gauche, le reste de la table ressemble à ça :

Et que vous et votre livre, vous avez droit à ça comme regard :

Heureusement, Hume est passé me voir à ma table. (Peut-être parce qu’il avait compris que ma santé mentale était branlante.) Et un garçon est venu m’offrir des chocolats parce que j’avais dit à la radio suisse que j’avais peur de venir chez eux et que je voulais du chocolat. (Enfin… il parait que j’ai dit ça mais j’en ai aucun souvenir.)

Mais finalement, hormis ma rencontre avec Hume, si je devais retenir une image de ce périple, ça serait cette pub. Même si je suis un peu triste de penser qu’il n’y aura jamais un meuble à mon nom.

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