Citations

Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

25 septembre 2011

La fin des chats ?

Firstement, une urgence pour laquelle j’ai besoin de votre aide. HEEELLLLPPPPPPP…

Ca va vous prendre 15 secondes et ça peut sauver le peu d’équilibre psychique qu’il me reste. Figurez-vous qu’on m’a volé ma vie. Enfin… plus précisément ce qu’on peut évaluer à 1/5ème de mon identité numérique. (Ayons une pensée écoeurée pour le film Grosse fatigue qui est sans doute l’une des plus Grosses Daubasses cinématographiques françaises.) Bref. Y’a un petit con qui a ouvert une fanpage Facebook à mon nom. Ce qui, en soi, était déjà un peu ridicule. Le vrai problème c’est que ce petit con répond aux gens comme s’il était moi. Non. Je rectifie. Le vrai problème c’est qu’il écrit comme une brelle en se faisant passer pour moi. Ce qui me fout un peu la honte. Exemple preuve à l’appui :

« J’aime les hommes qui ont du mordant ! » OMG… LA HONTE QUOI.

En outre, quand je lui ai signalé qu’il fallait arrêter maintenant, il m’a répondu à la manière d’un enfant qui espère qu’on lui fouette les couilles avec des ronces trempées dans du curare. (En même temps, il est né en 1986 et on connaît les déviances de la génération youporn n’est-ce pas.) Non mais regardez-moi ça :

Facebookception

Un instant, j’ai pensé à lui faire la misère. A ruiner toutes ses perspectives de boulot futur. Mais j’hésite encore un peu quand même. En attendant, je vous demande bien humblement de me rendre service : d’aller sur sa fucking fanpage CELLE LA MEME et en bas à gauche de cliquer sur Signaler page puis sur Ceci est un harcèlement envers un ami.

Deux clics, dix secondes et ma reconnaissance éternelle.

Sinon, parlons peu, parlons bien, parlons chat.

De deux choses l’une : soit ma passion pour les chatons s’est émoussée, soit les chats se reposent un peu sur leur statut de Roi des animaux de l’interweb et ne font plus d’effort pour nous attendrir. Les chats n’étaient peut-être pas un puits sans fond pour l’internet…

Bien sûr, il y a des photos qui feront toujours rigoler bêtement :

Des gifs aussi :

(Amour et amitié aux lecteurs qui m’envoient ces jolis liens)

Mais à part ça, c’est la dèche niveau chaton. Ca n’a l’air de rien mais c’est peut-être un signe de la crise de la créativité sur le web.

Ou peut-être pas.

Et en même temps, comme chat = succès sur l’inteweb, les sites continuent à nous abreuver de catmania. Résultat, des trucs pas top qui me fatiguent. Ex avec Buzzfeed (qui, à titre d’agrégateur de contenus venus d’ailleurs est assez représentatif) qui nous sort un très mauvais porn for cat (et pourtant, on avait là, dans l’idée, les deux mamelles du web). Et la mode sans intérêt du cat scan. (Avant sur l’Internet, on scannait des sandwiches.) Même sur Cute overload, on a droit à une vidéo super nase de Chat versus Balai.

Du coup, pour renouveler un peu tout ça, on croise le chat avec d’autres animaux :

Ou alors, on recycle des vieux classiques comme le gif de Maru (le chat japonais qui se fout dans des boîtes)

Sur Buzzfeed, Cute overload et College Humor, on a droit à la même petite vidéo sympatoche de chaton :

Problème : elle date de 2009…

Sinon, y’a bien celle-là (de 2010 mais bon why not)

 

En conséquence de quoi, je propose que nous laissions un peu les chats se reposer. Ca sert à rien de balancer de la vidéo de chats juste pour le principe de foutre un chat. (Foutre un chat… ) Envisagons un internet sans chat pendant quelques temps.

A la place, redonnons leur chance à des animaux qui ont trop longtemps vécu dans l’ombre du roi du web.

Pour le chien, j’attends toujours qu’il fasse ses preuves. Mais Elixie a ressorti cette vielle photo que nous avions tant aimée :

JOIE \o/

Mais je pense que l’animal qui mériterait vraiment une nouvelle chance, (non Lâm, ce n’est pas la loutre, je partage ton amour de la loutre mais elle a bénéficié déjà d’un beau succès numérique), c’est le lama. Alpaga is the new cat.

Franchement, l’interweb ne peut pas ignorer plus longtemps un animal qui ressemble à ça :

(je sais, je l’ai déjà posté celle-là)

Un animal qui a son propre magazine :

Certes, il y avait eu cette magnifique vidéo de 2006 :

Et sa fameuses version Star Wars :

Mais donnons une nouvelle chance au lama de ravir nos coeurs.

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16 septembre 2011

Le julien-planning

A l’origine du monde, je n’avais pas prévu de communiquer mes dates de dédicaces. Parce que dans le désordre :

– c’est un truc de reusta. C’est-à-dire, quand on parle d’internet, de blogueur-dessinateur. (Suivez mon regard lourd et envieux vers les lointaines contrées où s’ébrouent en liberté au milieu d’un champ de billets de 500 euros Pénélope B. et Boulet.) (D’ailleurs, j’avoue que je reste assez perplexe en apprenant leur collaboration sur un album.) (Mais bref. C’est pas du tout le sujet de ce post.) Comme moi je vis dans une cage avec des pièces d’un centime d’euro, je vois pas trop pourquoi je donnerais aux gens mes dates de dédicaces. Ca serait tresser la lanière de cuir pour me faire fouetter.

– en règle générale, je déconseille de rencontrer IRL des gens qu’on aime sur l’internet. C’est un peu comme être un gosse fan de Mickey, aller à Disney et découvrir un Mickey géant en mousse avec une seule expression de visage. DECEPTION.

– si je mets les dates, ça revient à inviter les gens à venir. Du coup, s’il n’y a personne, je peux même plus cacher ma mortification derrière un « ouais mais c’est normal, c’est parce que j’ai prévenu personne ». D’ailleurs, quand j’organise des fêtes pour mon anniversaire, j’invite jamais personne pour être certaine de pas être déçue que les gens ne viennent pas.

– SI par miracle, des gens venaient, ça se trouve je n’aurais pas le temps de leur parler. Et là, c’est l’autre problème des fêtes où on convie des amis, ils viennent pour vous voir mais vous passez la soirée avec d’autres.

– je pourrais sûrement trouver d’autres excuses mais j’ai pas le temps. Donc on s’arrête là.

Sauf que tout ça, c’était avant la Suisse. C’était avant que je meurs d’humidité sous une tente. Avant de découvrir que des lecteurs du blog habitaient en Suisse et seraient venus me tenir compagnie et m’apporter un sweat si seulement je les avais prévenus.

Du coup, voici révélé aux yeux du monde le julien-planning :

Ce soir, à 19h, je suis à la libraire Longtemps dans le 19ème, à Colonel Fabien. (Je sais, je préviens au dernier moment.)

Demain et après-demain, je me recolle sous une tente humide histoire de bien consolider ma pneumonie. Comprendre que je serai à la fête de l’Huma. Genre dans l’aprèm quoi. Si vous voulez m’apporter une merguez communiste, you’re welcome. Et pour le reste :

Les Mots Doubs – Besançon – 23, 24, 25 septembre

Espace Culturel Leclerc – Landerneau – 30 septembre 17h30

Espace Culturel – Quimperlé – 1er octobre – 15h

Rencontre Librairie Violette & Co – 5 octobre – 19h (ça, c’est à Paris je crois)

Signature Librairie L’Ouvre-boite – Paris 10e – 7 octobre 18h

Salon du Livre St-Etienne – 15 et 16 octobre.

Espace culturel Leclerc Brest-Gouesnou – 21 octobre – 17h30

Espace culturel Leclerc Quimper – 22 octobre – 15h

Rencontre Fnac Dijon – 2 novembre

Signature Librairie Lettre Ouverte – Paris 15e– 5 novembre – 17h

Rencontre Virgin St-Quentin en Yvelines – 12 novembre – 16h

Salon du Livre de Toulon – 19 et 20 novembre

Rencontre Virgin Toulouse – 24 novembre – 16h

Rencontre Virgin Roques-Garonne – 25 novembre – 17h

Rencontre Virgin Montpellier – 26 novembre –
Et encore, ça ce n’est que le julien-planning qui se charge de me pourrir tous mes week-ends. (Mais je t’aime quand même Julien tu sais.) Parce qu’il existe aussi un anne-planning qui s’occupe de me caler de la promo dans la semaine. (Promo dont je vous dirai seulement dans un énorme effet de teasing que normalement, si tout va bien, je prie pour chaque soir, je vais être interviewée par Jacky du Club Dorothée en octobre.)
Si vous envisagez de venir me voir, sachez qu’on n’a jamais trop de pots de nutella dans une maison. (Surtout quand on n’en a plus du tout comme moi.) (Ni de beurre demi-sel d’ailleurs.) (Par contre, il me reste encore trois pots de pesto rosso.)
En fait, pour le post d’aujourd’hui, j’avais prévu de faire un mini-essai sur les vidéos de chats mais je crois que ça va être trop long.
Du coup, des trucs glanés ici ou là, aujourd’hui ou y’a trois mois.
Parfois, quand je suis malheureuse et que je mouche mes larmes sur la manche de mon sweat de maison, je me dis que vraiment, Community était la seule chose au monde qui pouvait me réconforter. Heureusement, il reste des gifs qui font toujours comme une tartine de miel sur les coeurs qui saignent :
Buzzfeed avait fait un classement des 14 trucs qui font que vous êtes vraiment un adulte. Je ne me sentais pas trop concernée jusqu’à cette image :
Et sinon, sortir un livre alors que Ikea annonce que les bouquins c’est ringard et qu’ils vont repenser leur étagère Billy pour qu’on y mette plutôt des petits poneys en porcelaine, ça me donne vraiment l’impression d’être loseuse. (Surtout que dans ma famille, on fait un peu la collec des Billys.)
J’envisage sérieusement d’épouser le mec qui va vraiment au boulot avec une cravate comme ça :
Steve Jobs RIP etc. Mais ce qui m’a fascinée, c’est surtout de le voir à côté de son remplaçant…
La prochaine fois, mes petits amis, on ne se concentrera que sur la crise des animaux de l’Interweb.
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8 septembre 2011

Mon premier salon du livre

Bonjour mes petits amis, c’est la rentrée, youpi, troB1. Jetons aux orties de l’eau du bain avec mémé cet été pourrave.

Certes, j’ai encore du boulot en retard avant de reprendre un rythme de posts de croisière (ouais, c’est pas correct comme formulation mais je m’en fous, maintenant je suis écrivain, ça me donne de facto le droit d’écrire comme une brelle). (Je sens que c’est mes chefs qui vont super contents de ma nouvelle posture d’écrivain à qui on touche pas une syllabe sinon ça reviendrait à défigurer la littérature française, puisque désormais je fais partie de ce beau patrimoine.)

Donc. C’est la rentrée ce qui, tous les ans, provoque chez moi la même réaction : le besoin frénétique de dépenser des sous en achat de vêtements. Sauf qu’évidemment, cette compulsion n’est que mascarade. Dans le fond, ce dont j’ai vraiment envie c’est une nouvelle trousse, et un nouveau cahier, et un cartable. Et qu’on me donne mon emploi du temps, et de voir qui il y a dans ma classe.

Putain… c’est tellement triste la rentrée sans emploi du temps…

Heureusement, j’ai une nouvelle personne dans ma vie, chargée de me communiquer mon planning. (Quand on est élève, on a un emploi du temps, quand on est grand on a un planning.) Cette personne s’appelle Julien V., c’est le commercial du Diable Vauvert. Quand Julien m’a envoyé mon planning, j’ai râlé, comme tous les élèves.

Ca n’a servi à rien. Comme pour les élèves.

Le julien-planning, en fait, c’est les dates de signatures et les salons auxquels je dois participer. (J’ai failli écrire « assister » mais ça aurait trop beau que j’ai juste à y assister.)

Donc le week-end dernier, j’ai fait mon premier salon en tant que primo-romancière. En Suisse. Au bord d’un lac. Lac = angoisse. Le lac comme la rivière sont des étendues d’eau servant à noyer des gens qui n’ont rien demandé. C’est pas le petit Grégory qui me contredira.

J’appréhendais fortement la chose parce que :

1°) Donc lac = petit Grégory

2°) la Suisse. Un pays trop calme pour être honnête.

3°) Comme d’hab. Etre enfermée loin de chez moi, sans possibilité de fuite, avec des gens que je ne connais pas et qui s’attendent à ce que je sois aimable avec eux voire même que je leur parle, ça m’angoisse.

Dans le train, je me suis retrouvée à côté d’un confrère (comme on dit dans ces cas-là) à qui j’ai réussi à ne pas adresser la parole pendant 4h de trajet. A ma décharge, il lisait ça :

Je me suis demandée si tous les gens du salon étaient des gros intellos, mais plus tard j’ai croisé Jean-Pierre Coffe et Jean-François Kahn. Après, j’ai appris que mon voisin était également journaliste et là, ça m’a rescotchée deux fois plus fort. Un journaliste qui lit Hume, c’est un peu comme si un mec du bidonville de Calcutta mettait ses pots de yaourts dans la poubelle jaune. Et pourtant… Ca m’a d’autant plus impressionnée que Hume, c’est vraiment le philosophe au sujet duquel tu peux pas faire semblant d’être calé. Avec Hegel ou Kant, tu peux toujours essayer de bluffer vite fait. Avec Leibniz, ça commence à être compliqué. Avec Hume, c’est pas la peine, je suis même pas foutue de citer le titre d’un seul de ses bouquins… alors un de ses concepts…

Donc, mon voisin était plongé dans son Hume et pendant ce temps, moi, je lisais Mimi Cracra se fait sodomiser. Du coup, j’essayais de planquer un peu la couv.

Mais j’ai vite abandonné ma lecture, ayant trouvé un objet de fascination pour les 3h restantes. Parfois, il suffit d’un minuscule détail du quotidien pour que je rentre dans une transe qui oscille entre l’envie de m’uriner dessus de plaisir et celle de taper dans mes mains en agitant hystériquement mes longs cheveux. (Après, je m’arrache quelques mèches, je les roule en boule et je les mange.) Ce jour-là, ce détail, c’était CA :

Ce monsieur, très aimable au demeurant, avait presque assorti ses chaussettes et son pantalon. La raison de ma fascination réside dans le ‘presque’. Selon l’éclairage, l’ensemble était parfaitement identique (comme ci-dessus) et par moment, plus tout à fait :

En plus, il y avait la texture de la chaussette qui paraissait crémeuse comme des œufs en neige. (Nota Bene : ne jamais se risquer à une comparaison alimentaire quand on n’y connaît que dalle en cuisine.) J’avais très envie de me lever et d’aller les caresser. Je me donnais des coups de coudes à moi-même, et je hochais la tête en souriant avec une hystérie légèrement teintée de béatitude. Un peu comme si on avait chatouillé Sainte Thérèse de Lisieux. A côté de moi, Hume a commencé à trouver ça bizarre. Et puis, il a sorti un traité sur la Doctrine nominaliste rédigé en araméen.

Plus je regardais ces chaussettes, plus je m’excitais. Finalement, j’ai craqué, et j’ai sorti mon appareil photo qui n’est pas du tout, mais alors vraiment pas du tout, discret. Et j’ai mitraillé les chaussettes. Hume a fait semblant de ne rien voir. Ce qui était fort poli de sa part, assez british en fait, et en prime pas évident vu le bruit de déclenchement de mon appareil.

Hume en plein travail. (Je triche, cette photo-là c’est dans le train de retour, on était face-à-face. En fait, le festival avait décidé qu’on serait copains de transport, et je ne peux que les en remercier parce que Hume est un compagnon tout simplement parfait.)

Dans le train donc, heureusement, qu’il y avait la présence rassurante de Hume et les chaussettes parce que sinon, c’était affreux. A un moment, y’a une meuf roussexydée (subtil croisement entre rousse et peroxydée) qui me demande mon ticket et mon nom. Je lui tends mon ticket sur lequel était noté mon nom. Je me suis dit que ça m’épargnerait de lui épeler t-i-t-i-ou. La poufiasse me répond « mais j’ai besoin de votre nom aussi ». Je lui fais remarquer que c’est écrit sur mon billet et là, elle me dit « non mais moi je suis éditrice hein, pas hôtesse d’accueil ». Personnellement, j’ai été hôtesse d’accueil.

J’ai eu très envie de lui dire que moi et mes camarades hôtesses d’accueil on lui conseillait d’aller brûler en enfer avec son coloriste démoniaque.

A la place, je me suis replongée dans Mimi cracra se fait sodomiser. (Un titre qui ne manquera pas de m’amener de belles requêtes Google.)

Ensuite… bah ensuite la Suisse. Comment vous décrire Lausanne ? En fait, c’est simple. C’est une ville de politique-fiction. C’est un peu comme si Jospin avait été élu en 2002. 0 sdf. 0 racaillou. 0 handicapé à moignon qui font la manche.

Mais en sortant de la gare, on tombe quand même sur ça :

Alors ok. Nous aussi en France on a des affiches de ce genre. Mais elles sont collées à l’arrache, la nuit, sur des murs décrépis. C’est jamais de grandes affiches officielles encadrées à des arrêts de bus.

Le journal du matin ressemble à ça :

Les gens sont d’une honnêteté effrayante. Au café, vous pouvez laisser votre iPhone sur la table pour aller pisser. Vous serez d’accord pour conclure qu’un tel sentiment de sécurité est plutôt flippant.

Ensuite… le salon. Le samedi matin, en bonne élève, j’arrive en avance à ma table. Et là, enfer et damnation, je vois une pile de Kata-Sutra qui m’attendent. Mais merde quoi… Cela eusse pu me faire plaisir si Jacob-Duvernet l’éditeur nous avait un jour donné nos sous. Par exemple, à la date prévue sur nos contrats. Là, on vient de contacter un avocat quand même. Donc l’apparition des Kata-Sutra c’était de l’ordre du choc traumatique.

Sur le principe même du salon, j’ai décidé d’attendre d’en avoir fait au moins deux avant de juger. Et peut-être même d’en faire un papier si par miracle il y a des choses à raconter sur le sujet.

Pour l’instant, je peux dire que dans un salon, il y a des moments de solitude intérieure qui ressemblent à ça :

L’auteur inconnu reste fier dans sa solitude

En vrai, extérieurement, ça ressemble plutôt à ça (toutes les photos suivantes ont été prises depuis ma chaise sans trucage) :

Ce que je voyais devant moi donc. Je vous rappelle que ça a duré deux jours.

Quand tout le monde vous tourne le dos, ça donne un peu l’impression d’être une pute unijambiste dont aucun client ne veut. Surtout quand à votre gauche, le reste de la table ressemble à ça :

Et que vous et votre livre, vous avez droit à ça comme regard :

Heureusement, Hume est passé me voir à ma table. (Peut-être parce qu’il avait compris que ma santé mentale était branlante.) Et un garçon est venu m’offrir des chocolats parce que j’avais dit à la radio suisse que j’avais peur de venir chez eux et que je voulais du chocolat. (Enfin… il parait que j’ai dit ça mais j’en ai aucun souvenir.)

Mais finalement, hormis ma rencontre avec Hume, si je devais retenir une image de ce périple, ça serait cette pub. Même si je suis un peu triste de penser qu’il n’y aura jamais un meuble à mon nom.

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20 août 2011

L’été de la quenelle

Quand un blogueur que je suis ne poste pas pendant l’été, j’imagine aisément que c’est pour une raison qui visuellement ressemble à ça :

Ce qui, dans l’ordre de mes réactions provoque cet enchaînement : un net agacement, puis une déclaration à moi-même sur le fait que son blog finalement il est pas si bien que ça (je crois que j’ai transféré l’image de l’artiste tourmenté à celle du blogueur tourmenté) avant d’admettre que je me sens trahie par le blogueur et que je suis pétrie de jalousie.

Mon bon lecteur, mon ami, mon frère, tu es donc en droit de me détester. Mais sache qu’en réalité, mon été a ressemblé très précisément à ça :

Soit ce qu’on peut qualifier poliment d’été de merde.

Si je n’ai pas blogué c’est donc parce que la vie est une pute et que j’aimerais bien l’enculer mais que pour l’instant c’est plutôt elle qui me la met profond. Ca a au moins eu un avantage : être une réponse empirique à ce que certains commentateurs m’avaient écrit à une époque « ton blog était plus drôle quand t’étais malheureuse ». Cet été aura prouvé que le rapport qualité du blog/degré de bonheur est nul et non avenu.

Parmi mes amis, l’été 2004 resta dans les annales sous le nom de « Grand Eté de la Lose Absolue ». De manière générale, on préférait même éviter de le nommer, on se contentait d’un pudique « tu te souviens de l’été… » « oui oui, ça va, je m’en souviens, n’en parlons pas ». C’est un été où faute de finances suffisantes, on en est resté à la terrasse d’un café joliment appelé le Carton à regarder mornement nos vies partir en couilles. (Oui, il y a un moment, face à l’avalanche de catastrophes, la seule chose à faire est de ne plus bouger en attendant que ça se tasse.)

Le Grand Eté de la Lose Absolue n’a jamais été dans nos esprits un record à battre.

Et pourtant, qui eut cru que l’édition estivale 2011 parviendrait à concurrencer 2004 ? Peut-être que chez vous ça n’a pas été le cas, mais dans ma vie et autour de moi ça a été l’hécatombe. Comme le raconte Lois, on a été pas loin de se faire des lexomil’s party. Je ne sais pas ce qui s’est passé cet été mais d’un coup tout est parti en quenelle. Pour vous, êtres dénués d’imaginaire poïétique, la quenelle vous évoque ça (et aussi la cantinière qui crachait dans le plat avant de vous servir) :

En réalité, comme nous l’apprend Google manitou :

Ce qui donne une dimension philosophique à cet excellent conseil également trouvé sur le site de Marmiton « Laissez vos préjugés… et découvrez les vraies quenelles ! » Et pourris ta vie jusqu’à la moëlle en nageant dans un océan de caca.

Si la quenelle a toujours une texture pré-vomitive (comme certaines nourritures sont prémâchées, la quenelle elle est pré-vomie pour faciliter le transit), elle peut toutefois varier ses formes. La preuve en est la quenelle scénaristique dans ces séries où vous suivez le quotidien des personnages jusqu’au jour où un scénariste pervers avec une casquette et un morceau de pizza à la main décide de tout changer en modifiant un seul élément a priori anodin (la fameuse quenelle). Ex : Friends et les épisodes Si Monica était restée grosse. La quenelle estivale a clairement commencé par prendre une forme météorologique. L’été s’annonçait caniculaire – j’ai même failli acheter un ventilo. Et puis, après… ça a été quenelle sur quenelle. En même temps, un été qui commençait en chiant dans un sac plastique faute d’avoir des toilettes en état de fonctionnement ne pouvait pas être un bon été. Sur la suite des quenelles, je ne vais pas vous les détailler, ça prendrait 25 posts. Et puis en 2008, on était déjà arrivé à la conclusion que ma nature profonde de femme est celle d’un panier de basket.

La question est : quel élément a été modifié cet été pour que la vie de mes amis (et accessoirement la mienne) devienne n’importe quoi ? A ce jour, le mystère reste entier. Nonobstant le fait que mes amis et moi-même partageons le même don pour ne pas prendre la BONNE décision mais toujours préférer le choix qu’il est clairement PAS LE BON, choix qui est pourtant souvent entouré de panneaux comme celui-là :

Mais bordel qu’est-ce qui se passe dans nos cerveaux dégénérés pour que devant ce panneau

on se dise : non mais je suis sûr qu’ils exagèrent un peu les précautions.

Pareil quand un peu plus loin, on tombe sur ça :

Ou même ça :

Au final, la suite de quenelles a fait que mes vacances se sont résumées à 4 jours. Rappelez-vous en 2008, j’étais partie à Clermont. Cette année si sur mon billet de train était bien noté ‘Clermont’, en réalité, je ne suis pas partie là-bas, je suis allée dormir, manger et me faire dorloter pendant 4 jours par la maman d’Ondine (coucou Michèle). On avait d’ailleurs à l’avance décidé de ne pas foutre le petit orteil en ville (l’expression « en ville » est certes un peu exagérée quand on parle de Clermont Ferrand mais bon). A la place, on a été dans un centre ‘thermoludique’ qui proposait de vivre une éjaculation de bien-être. Et on est aussi retournées sur le gros caillou rouge d’où j’ai pu constater que la densité de futurs cahiers oxford (autrefois appelés ‘arbres’) était toujours aussi impressionnante.

Bref, mes petits amis, tout ça pour en arriver à une édifiante leçon de vie de tata Titiou, n’oubliez jamais que :

N.B. : ce post était sponsorisé par le Comité de Promotion de la Ratatouille.

 

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23 juillet 2011

Plomberie et temps de chiottes

1°) Je pense qu’il est temps d’admettre que passer ses vacances à Paris était vraiment ma pire idée de l’année. (Et sachez que cette année je fus particulièrement prolixe en idées de merde.) Tous les matins en me levant, je regarde par la fenêtre et je m’écrase une cigarette sur la main pour chaque nuage que je vois.

Les séances de ciné en plein air de la Villette on les a bien dans le cul.

Evidemment, le fait que je sois fauchée comme le blé a un peu joué le soir où j’ai décidé de ma destination de vacances.

2°) Que faire des expressions comme « fauchée comme les blés » qui à l’origine était sans aucun doute une merveilleuse invention stylistique mais dont la bonne fortune l’a transformée en cliché ? Si le cliché est tombé en désuétude, on peut considérer qu’il acquiert une virginité nouvelle. Donc en juillet 2011, il redevient acceptable d’écrire des choses comme « fauchée comme le blé ».

3°) Où en sont mes fascinants problèmes de plomberie ? Au jour 1, j’ai dû opter pour cette solution, un fort élégant harnachement :

Puis, les 15 jours suivants, j’ai été faire caca chez ma voisine du dessous qui était partie en vacances en me laissant aimablement un double de ses clés. Au final, c’était un peu comme vivre dans un duplex. Ca a aussi été l’occasion de tester le degré de puritanisme de mes amis. Quand ils voulaient pisser, je leur offrais le choix. Tu préfères :

a/ qu’on descende tous les deux chez ma voisine, ce qui est un peu relou

b/ pisser dans ma douche qui finalement, si on y pense bien, est une sorte de toilette à la turque.

J’ai vu des hésitations, des « non mais je peux pas pisser dans ta douche quand même… » puis une lueur de lubricité dans les yeux « Si ? T’es sûre ? » Au final, 100% des amis ont choisi la douche. Ce qui m’a rendue plutôt fière d’eux.

Après 15 jours de hurlements au téléphone, et 6 plombiers différents venus constater la fuite mais sans avoir l’autorisation de la réparer, lundi dernier, le syndic de l’immeuble s’est pointé avec deux jeunes plombiers pour faire les travaux. AH. Enfin. Je m’en vais actionner ma chasse d’eau pour leur montrer le déluge total qui se produit alors sur le palier du dessous. On reste deux minutes, nos têtes levées vers le plafond. Et finalement, l’un des plombiers émet ce constat simple et implacable : « Bah, y’a pas de fuite ». Effectivement. Rien. Pas une goutte d’eau. Plus de fuite.

Je m’énerve, je leur jure que ça fuit depuis 15 jours (parce que je sentais bien venir le truc qu’ils allaient rien réparer et que dès le lendemain ça allait recommencer). A ce moment-là, passe cet enculé de plombier polonais (qui est toujours dans l’immeuble pour finir de percer toutes les canalisations), je l’attrape. Je lui montre l’absence de fuite (et je vous promets que montrer une absence de quelque chose c’est métaphysiquement assez difficile). A quoi il me répond en souriant « normal-normal, ça a séché ». Ok. Merci de ton explication mec. Sachez donc que les fuites, ça sèche. Les plombiers finissent par tapoter les tuyaux et m’annoncent « alalala… mais c’est votre douche qui fuit là».

Donc mes toilettes fuyaient et ils ont réparé ma douche.

Je laisse tomber.

4°) Quoi de cool sur l’internet ces derniers jours ? Pas grand chose en fait. J’ai redécouvert le relativisme culturel (une expression que vous n’avez sans doute pas entendue depuis vos cours de français en seconde avec les Persans débiles de Montesquieu) en apprenant que Cajoline en anglais s’appelle Snuggle. Je sais très bien que ça n’a aucun intérêt mais ça me trouble.

Même sur Tumblr, pas des masses de choses. A part des pots qui dégueulent :

Un Mario de bon goût :

Et un sweat qui a la classe :

Voilà. Quel été fascinant, n’est-ce pas ?

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