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Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
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17 octobre 2014

L’homme 2014/2015 vu par H&M

Aujourd’hui, parlons de trucs sans aucun lien entre eux parce que la logique et la cohérence c’est so 1910.
Si comme moi, vous prenez le métro, vous avez sans doute vu la nouvelle campagne de pub de H&M. (Mais jamais tu prendras autant le métro que moi la semaine dernière où j’ai fait 6 fois le même trajet en une seule journée.)

On y voit un jeune homme – oh… salut toi… – assez charmant.

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Charmant mais pas hyper viril. Fini le combo grosse barbe + bonnet (RIP Olivier Tesquet et Loic Rechi donc). Cet homme-là n’a pas de poil. Cet homme-là est sensibilité. Ca se voit à son visage doux comme une fleur de lotus.

Ce jeune homme a d’autres caractéristiques. Il est solitaire. Et… OH MON DIEU… Il lit LE JOURNAL. Fucking what ?!

Non seulement il boit son café seul dans un endroit qui met à disposition des journaux, mais il en a même un posé devant lui. Et ne croyez pas que ce soit un détail puisque sur cette autre affiche, il tient son journal d’une poigne ferme.

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Mais ça ne s’arrête pas là. Il pose également devant… attendez un magasin dont la vitrine présente des cahiers. Une papeterie ?? Où on vend aussi des vieux livres visibles sur le comptoir.

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Partant de là, rien d’étonnant à ce qu’il écoute des vinyls. (Sauf que là, vous noterez qu’il est devant la section Rock PQR. Pour les non-initiés, la PQR en journalisme c’est l’acronyme de Presse Quotidienne Régionale. Cette campagne de pub est sponsorisée par le syndicat de la presse écrite.)

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L’homme H&M 2014/2015 dit non aux tablettes, aux smartphones, aux sites d’infos, aux liseuses, aux mp3. Il dit non à la technologie impersonnelle. Il est sensible et fragile. En fait, cet homme est une pâquerette.

Mais gare à toi, petite pâquerette des bois, parce que H&M te prépare une surprise. Pour eux, ta compagne, ton alter ego féminin, ce n’est pas exactement une héroïne romantique, c’est ça. (Dire d’une voix caverneuse de bande-annonce de film américain : « c’est CA ».) (Elle a problème de céphalie liée aux courbes de l’affichage dans le métro.)

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Elle, elle est pas prête d’ouvrir un livre. Je vous le dis tout de suite. Elle, ce qu’elle veut, c’est du CUL. D’ailleurs, elle est tellement obsédée par la bite qu’elle a oublié de manger autre chose depuis 20 jours. Il est clair que cette créature se nourrit exclusivement de foutre. Elle est droguée au liquide séminal. Je ne dis pas ça rapport à sa mini-jupe. (Surtout que j’ai la même, mais en noir parce que ça fait encore plus pute). Je dis ça à cause de :

a/ son regard vitreux. Je présume que dans l’esprit du pubard, « vitreux » est plus ou moins = à « sensuel ».

b/ sa posture. Jambes écartées, adossée au mur, elle attend sa proie. Qui pourrait bien être le jeune homme romantique qui lit des livres.

C’est un joli renversement des rôles. Du coup, d’une situation sexiste débile on passe, magie de la publicité, à une situation sexiste débile. Avec une décérébrée qui pense avec sa chatte et un pur-esprit éthéré.

Maintenant que je vous ai bien appâtés avec une mini-jupe en plastique et du foutre, parlons littérature.

Je ne sais plus comment, je suis tombée sur une interview assez rare de Céline sur le site de l’Express. Au début, j’ai pensé « wahou… C’est vraiment méga exclusif ». Après, j’ai compris qu’ils avaient juste mis en ligne un entretien de 1957. Mais ça vaut son pesant (d’or ou de merde, selon votre jugement personnel sur Louis-Ferdinand). D’abord, l’intro du papier :

« Céline. Pour les moins de trente ans, rien. Pour les plus de trente ans, un monument souillé de boue, l’auteur d’un chef-d’oeuvre que l’on fit l’erreur de prendre pour l’expression d’une révolte: « Voyage au bout de la nuit ». Ce n’était que l’explosion d’un dégoût de l’homme, ce gros cochon qui se vautre et qu’il faut dresser, dresser, L’armée allemande s’y entendait. Elle eut droit à toute sa considération.

L.-F. Céline a parlé devant nous « pour que Gallimard me donne une avance ».

Ses réponses – ou plutôt son monologue – éclairent crûment les mécanismes mentaux de ceux qui, à son image, ont choisi de mépriser l’homme. L’aveu de son formidable échec, la pitié que peut aujourd’hui inspirer cette face, presque impersonnelle à force d’avoir été dénudée par l’existence, ne doivent ni ne peuvent faire oublier que d’autres rêvent de cette victoire sur l’esprit que l’on nomme fascisme. »

Donc en 1957, les moins de 30 ans n’avaient jamais entendu parlé de Céline ?! (En même temps, Luchini est né en 1951.) (Au fait, que vous aimiez ou pas Céline, il faut aller voir Luchini lire le Voyage. Au moins une fois dans sa vie.)

Bref. Céline, pour ou contre, c’est quand même juste l’un des plus grands écrivains français. Du coup, c’est intéressant de voir comment le journaliste éprouve le besoin de prendre ses distances avec lui. J’imagine la conf de rédac : « Qui veut rencontrer Céline pour parler littérature avec lui ? Michel ?

– Oh non putain… Pas moi. Merci la corvée. »

Et pourtant, cet entretien est fascinant. Et beaucoup de choses sont d’actualité. Morceaux choisis :

« La grosse illusion du monde moderne, c’est de demander à l’homme d’être à chaque fois un Lavoisier ou un Pasteur, de tout faire basculer d’un coup. Il ne peut pas! Un type qui trouve un petit quelque chose de nouveau, c’est déjà beaucoup, il est déjà fatigué. Il en a pour la vie. On parle de « messages ». Je n’envoie pas des messages au monde. L’Encyclopédie est énorme, c’est rempli de messages. Il n’y a rien de plus vulgaire, il y en a des kilomètres et des tonnes. » 

« Quand vous n’avez pas atteint la mercière, vous n’avez pas atteint les grands tirages. La mercière va acheter M. Daninos, va acheter Mme Delly. Tout cela, ça existe, c’est l’histoire, la bonne histoire. En un mot, c’est la série noire, c’est le fait divers que vous avez chez vous très bien fait, un peu brodé. Ça, ça intéresse le public. Le public s’intéresse à la voiture, à l’alcool et aux vacances. Nous sommes champions du monde d’alcoolisme, nous buvons 1.200 milliards d’alcool par an. Il n’y a pas de consommation supérieure. De ce côté-là, nous tenons. Et puis il y a la voiture. Chaque Français aura bientôt sa voiture. Et le cinéma fait le reste. On apprend à vivre au cinéma. Et puis vos journaux instruisent sur la vie. Aujourd’hui on ne va pas lire Balzac pour apprendre ce que c’est qu’un médecin de campagne ou un avare. On trouve ça dans vos journaux, dans les hebdomadaires. Les jeunes filles apprennent la vie dans les hebdomadaires et au cinéma. Alors, qu’est ce que vient foutre un livre? Avant on y apprenait la vie, dans un livre. C’est pourquoi on empêchait les jeunes filles de lire les romans. Les maris surveillaient les lectures de leurs femmes. Mais maintenant les bonnes histoires, il y en a plein dans les journaux: sur l’infirmerie spéciale du dépôt, sur l’asile d’aliénés, n’importe quel canard bien fait en contient mille. Ça ne présente aucun intérêt pour la littérature, c’est le sujet. »

En fait, je pourrais recopier l’intégralité de l’interview. Allez donc la lire.

Et puis, tenez, cette interview dont je ne me lasse pas (la voix, le vocabulaire, le débit)

Et la revoyant, je lui trouve physiquement un air de ressemblance avec Houebellecq. Houebellecq version 2014 hein. Parce que je suis aussi tombée sur cette interview de Houellebecq chez Ardisson. Un Houellebecq jeune, frais, bronzé et disons-le : mignon. Méconnaissable. Merde, on peut pas l’intégrer. Bon, elle est ICI. 

houellebecq-jeune

Sinon, pour occuper votre week-end, vous pouvez aussi aller regarder et lire cet article sur les chevaliers où l’on apprend que l’idée que leurs armures les empêchaient de bouger est totalement fausse, ou Comment on se battait vraiment au Moyen-Age.  

Et si vous avez un chat, vous serez sans doute séduit par l’un de ces incroyables produits. 

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2 octobre 2014

J’aime mon pyjama

Aujourd’hui, nous sommes le 2 octobre, un jour sombre pour tous les free-lances. Le jour où le reste de la France peut enfin déclarer sa flamme à son entreprise. Et oui, aujourd’hui, c’est le jour de l’opération J’AIME MA BOITE. Ma copine Diane s’était livrée à une époustouflante analyse de ce phénomène (impossible de retrouver le lien sur le site des Inrocks alors je mets celui-là, on s’en fout).

Cette fête vise clairement à ostraciser tous ceux qui travaillent seuls de chez eux. C’est pourquoi, cette année, je propose de lancer l’opé :

pyjama

 

 

9h : choix de sa tenue. Certes, on bosse en pyjama mais on travaille pas les pieds nus. Tous les matins, le free-lance doit choisir une paire de chaussettes adéquates.

chaussettes

9h15 : arrivée à la machine à café. Discussion imaginaire avec Augustin Trapenard.

cafe

9h30 : conf de rédac

conf

(Et m’emmerdez pas parce que j’ai un mac hein.)

11h : brainstorming sur mes articles en cours

reflexion

13h : pause déjeuner

dej

15h : aparté avec ma patronne et son gros cul

patronne

16h : moment convivial d’échange avec mes collègues imaginaires, (ici, Stéphanie)

collegue

Cette photo permet d’ailleurs de répondre à une question que plusieurs d’entre vous m’ont posée après mon dernier post : « pourquoi t’habites là ? » Parce que le square est pourrave mais j’ai une terrasse de batard (et un bureau séparé du reste de l’appart).

En cette journée J’M mon pyjama, je souhaite douceur et tendresse à tous les free-lances de France. Et n’oubliez pas, who runs the world ? Who’s the boss ? Free-lance women.

boss

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24 septembre 2014

Paroles de riveraine

Vous vous souvenez (ou pas) de ma première virée au manège avec Têtard (si non, vous devriez aller la lire). Depuis l’arrivée de Curly, toute perclue de culpabilité (oui, avoir un deuxième enfant c’est un peu comme si je faisais cocu Têtard) (ne nous attardons pas sur les implications psychologiques que ce parallèle implique). (De toute façon, être parent = redécouvrir la notion de culpabilité.) Bref. Donc pour compenser, Têtard a eu droit au manège quasi tous les soirs après ma sortie de la mater. Au bout d’un moment, à poireauter devant le truc qui tournait avec un sourire hypocrite scotché sur le visage et la main qui s’agite mécaniquement en disant “coucou têtard” toutes les 4 secondes (ce manège a une circonférence ridiculement petite), j’ai fini par remarquer le panneau qui m’indiquait que plutôt que de me faire enculer de 2 euros à chaque tour de manège, je pouvais me faire sodomiser de 1 euro par tour si j’achetais un carnet de 10 tours. (Pour 10 euros donc, oui, vous suivez bien). Parfait!

Et bien du jour où j’ai acheté ce putain de carnet, Têtard n’a plus jamais voulu faire du manège.

True story.

Têtard, l’autre nom du troll…

Mais surtout, il est passé à une autre passion : le… heu… le… l’espace avec un sol mou et un “collodent” (= toboggan en langage-têtard) et des poubelles éventrées et des seringues et des bastons à coup de machette. En bref, le square de Bagnolet le plus proche de chez nous.

Le truc est pas installé sur une bouche de l’enfer, il EST la bouche de l’enfer. J’ai pas collé de filtre instagram. J’ai cherché, et ils n’ont pas “filtre qui rend ta photo encore plus déprimante”.

Faisons un tour à 360 degrés.

L’entrée du “square”

entree-square

A droite

droite

Jeu n°1 : le toboggan

toboggan

Jeu n°2 : le tourniquet (avec, en exclusivité mondiale, têtard de dos)

tourniquet

Mais l’autre jour, c’était au-delà de tout. Je sais pas comment vous décrire le truc.

Tout y était.

Une petite de 4 ans en obésité morbide qui buvait une cannette de boisson sucrée. Une noire de 5 ans qui jouait avec des aérosols récupérés dans la poubelle pendant que sa petite soeur rampait et léchait un pot de yaourt trouvé par terre (leur grand mère était occupée à téléphoner). Quand des enfants roms se sont approchés pour faire du toboggan, elle leur en a interdit l’accès en criant « vous, vous avez pas le droit! » (alors que Têtard avait été autorisé à monter dessus. Il ne faut pas négliger le racisme entre gamins de moins de 10 ans.) Les adultes affalés sur les côtés qui n’en avaient rien à foutre. J’étais la seule conne debout devant le toboggan pour surveiller mon gamin.

Mais j’ai décidé de trouver un avantage à cette situation à chialer. (J’ai arrêté de lire Cioran depuis 10 ans, désormais je me concentre sur les aspects positifs de la vie.) Donc je me suis dit “au moins, je vais pouvoir me fumer une clope tranquille, sans me faire zyeuter par les autres parents comme si j’étais en train d’asperger le square au napalm”. (Ce qui m’arrivait régulièrement dans notre ancien quartier.)

Je m’allume donc une clope.

Personne ne me regarde.

On tire sur ma manche. Je baisse les yeux, la petite noire avec son aérosol de la poubelle me regarde et me dit “Tu ne devrais pas fumer.”

Rhaaaa… mais putain, c’est pas vrai!

– Oui, merci, je sais.

(Un jour, je vous parlerai de ma difficulté à communiquer avec les enfants.)

– T’es une fille. Les filles, elles ont pas le droit de fumer.

Je m’attendais à un cours sur l’état de mes poumons et je me retrouve face à une accusation quant à mon sexe. Une fucking discrimination en somme.

– What ? Mais qui t’a dit cette bêtise ?

– Ma maman. Elle a pas le droit de fumer parce que c’est une fille.

– Heu… Alors en fait si. Ici, en France, les filles et les garçons ont les mêmes droits.

– Nan. C’est pas vrai.

– Bah si. Les filles ont le droit de voter, de travailler, d’avoir un compte en banque et de fumer.

– Non. Les filles n’ont PAS le droit de FUMER.

Voilà pourquoi j’aime pas la plupart des enfants. Ils sont débiles. C’est impossible d’avoir une discussion correctement argumentée avec eux. Ce qui ne me dérangerait pas si au moins ils en avaient conscience et qu’ils s’écrasaient un peu. Mais les enfants qui se la ramènent genre on parle sur un pied d’égalité, voire qui te prennent de haut, ça me rend DINGUE. Ce qui explique la suite de la discussion :

– T’en sais rien. T’es trop petite pour savoir.

– Non, je suis pas petite.

– Ah ouais ? Tu sais compter jusqu’à combien ?

– Un, deux, cinq, partez.

– Ah! FAUX! TU VOIS!

Non, je ne suis pas un monstre. Elle m’avait cherchée. D’ailleurs, ça a parfaitement fonctionné comme technique parce qu’elle a immédiatement repris son statut d’enfant en quête de savoir s’adressant à une adulte qui SAIT MIEUX QU’ELLE, MERDE et elle m’a demandé :

– On compte comment ?

– Un, deux, trois, quatre, cinq.

– Ah…

L’ordre naturel des choses était revenu. J’ai fini ma cigarette avec la sensation d’enfreindre toutes les lois.

Sauf qu’après, j’ai regardé autour de moi. Elle a recommencé à jouer avec son aérosol.(= elle a essayé d’asperger Têtard avec). Sa soeur léchait le sol. Les enfants roms s’étaient regroupés entre eux, à l’extrémité du square.

Et je me suis sentie complètement déprimée. J’ai dit à Têtard “viens, on s’en va”. Mais lui, il ne voyait pas toute la misère du monde qui nous entourait. Il ne pouvait pas lire le tag “suce ta mère pd” qui est sur le tobogan. C’est chouette d’avoir deux ans et demi et de ne rien comprendre.

Après, je me suis demandée très sérieusement comment faire pour échapper à ce square. Têtard va vouloir y retourner. Et en même temps, le priver de ce square est-ce que ça ne revient pas à l’inscrire dans une école privée pour échapper à la sectorisation – tout en profitant du fait que ledit quartier offre des loyers extrèmement concurrentiels ?

Et puis, le lendemain, j’en parle avec un père de famille du quartier qui me dit “le square à côté ? C’est celui où il y a eu le règlement de compte.

– Oui, je sais. La bataille à coup de machettes.

– Non. Ca c’était la semaine dernière. Cette semaine, il y a eu des coups de feu tirés dans le square.

Ok… Ca a réglé mes problèmes moraux quant à la fréquentation de cet endroit.

Quelques jours plus tard, je repasse devant le square et là, je ne reconnais même plus l’endroit. Une centaine de personnes y squattent avec des caddies et des valises. En fait, il est devenu la place centrale du marché à la sauvette.

Parce que depuis quelques semaine, sans qu’on comprenne ce qui se passait, plus de milles personnes ont débarqué dans notre pâté de maisons. Elles s’entassent sur les trottoirs, débordent sur la chaussée au risque de se faire écraser, elles n’ont pas de toilettes, elles ont l’air fatiguées.

C’est Catherine Dufour, ma voisine, copine et auteur, qui a commencé à se renseigner sur cette situation et à interpeller absolument tout le monde. Elle est du genre tenace. (Et au passage, même si ça n’a rien à voir, elle a écrit un génial texte sur la vie sexuelle d’Alfred de Musset ici.)

Du coup, je suis allée “sur le terrain” comme une journaliste. Avec Curly dans le porte-bébé.

(J’ai même rencontré M. le député, avec donc Têtard à la main “maman, veux faire pipi” et Curly dans le porte-bébé ventral “aheeeuuuu” pendant que je me présentais “Bonjour, Titiou Lecoq, utérus heu… non, journaliste”.) Tout cela a donc donné un article que vous trouverez au bout de ce lien. (Je suis tellement heureuse d’avoir recommencé à écrire et à faire des articles.)

Pour en revenir au square… enfin, à l’espace au sol mou quoi. La mairie a envoyé des mecs d’une société de sécurité pour évacuer l’espace (évacuation ayant des limites temporelles, genre 13h/18h parce que Bagnolet est ruiné) et des camions de nettoyage. Sauf que, pas de bol, les multiples passages des camions ont niqué les structures des jeux pour enfants qui ont dû être retirés. (Ce qui a encore coûté de la thune que la ville n’a pas.) Du coup, maintenant, ça ressemble à ça :

square

 

Vous me direz, l’avantage, c’est que le jour où Têtard a découvert que « maman… Le collodent il a disparu… » (prononcé dans un souffle stupéfait, t’imagines la révolution intellectuelle que c’est pour lui, la découverte que les toboggans peuvent s’évaporer), l’endroit a perdu tout intérêt à ses yeux.

 

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8 septembre 2014

Aujourd’hui, étudions le concept de syllogomanie

Les plus fidèles d’entre vous se souviennent peut-être qu’après la naissance de Têtard, je m’étais assignée une mission : trouver une solution à toutes les petites tracasseries quotidiennes. Ce qui m’avait poussée à réaliser de grands et vastes projets comme trier mes chaussettes. En fait, c’était les prémisses d’une révélation plus profonde que nous appellerons sobrement “déconstruire les scléroses de son cerveau ou comment penser en-dehors de ses cadres habituels”. C’était ma révélation de cet été. L’idée générale, c’est qu’avec le temps et la routine (et l’âge) (et les rides) (et les cheveux blancs) (et la mort qui s’approche à petits pas feutrés), notre cerveau se fige et prend pour acquises des choses qui ne le sont pas – notamment certaines emmerdes. On y reviendra plus tard, sachez juste qu’en gros, il s’agit de trouver des solutions à des problèmes qu’on a pris l’habitude de subir sans même s’en rendre compte. C’est une véritable gymnastique intellectuelle qui peut s’appliquer à tous les champs de la vie, mais aujourd’hui, on va se concentrer sur son aspect le plus pragmatique. (Ouais, j’ai un peu décidé de devenir la coach de moi-même.)

Pendant longtemps, je me suis trouvée confrontée au même problème. Un petit problème certes mais qui, malgré tout, me chiffonnait à intervalle régulier. Ne pas retrouver – quand j’en ai besoin – un truc que je n’utilise jamais – mais dont je sais qu’il est quelque part chez moi.
Vous êtes peut-être familier avec ce cheminement intellectuel:
“Oh! Un truc dont je ne me suis pas servie depuis son achat. – Je devrais donc le jeter. – En même temps, l’année dernière dans telle circonstance, il m’aurait été bien utile. – Donc finalement, c’est chouette de l’avoir retrouvé. Je vais le garder pour l’utiliser la prochaine fois dans 5, 10 ou 15 ans. Peu importe, maintenant, je sais où il est.”

5 ans plus tard.

“Putain de BORDEL DE CHIOTTES! Je sais qu’il est quelque part… Mais où ?! Je me souviens de l’avoir gardé exprès.” (Evidemment, le fait de déménager tous les deux ans, ça n’aide pas.)

J’ai longtemps cherché la solution à cet épineux problème, je sentais qu’elle n’était pas loin, qu’elle était évidente, simple, logique. Mais impossible de la trouver.
Jusqu’à ce samedi. Ce jour magnifique où j’ai inventé le “livre de la maison”.
Je l’ai appelé livre pour faire un peu classe mais en vrai, il s’agit d’un répertoire. (Une chose que je n’avais donc jamais utilisée depuis que je l’avais volée à un de mes jobs d’été il y a fort longtemps. Jamais servi puisque l’invention du téléphone portable et des sauvegardes a rendu obsolètes ce type d’objets.) (Parenthèse : j’ai mis un point d’honneur à voler un truc dans chacun de mes boulots d’étudiante parce que je considérais de mon devoir de m’indemniser pour ces calvaires estivaux.) (J’ai essentiellement volé des rouleaux de pq.) Mais donc aussi ce répertoire auquel finalement j’ai trouvé une utilité, ce qui valide absolument ma théorie du “gardé tout”. Dans les séries américaines, on appelle ça les accumulateurs; les psychiatres, eux, préfèrent parler de syllogomanie. Ma syllogomanie oscille entre 1°) je garde parce que ça pourrait peut-être m’être utile une fois dans ma vie, on ne sait jamais et 2°) je garde parce que j’aime archiver toute mon existence. Et c’est comme ça que le Chef a découvert un jour ceci :

ma collection de vieilles cartes

cartes

Avec la pochette que j’avais fabriquée.
Il m’a dit avec un air soupçonneux “tu ne vas pas garder ça, hein ?”
J’ai marmonné un truc incompréhensible mêlant “valeur sentimentale”, “exposées à Beaubourg un jour”, “collector”, “argent”, “ne pas trahir l’enfant que j’ai été”, « aide pour mes biographes » et je les ai mises dans mon bureau. Ca vous donne une idée du nombre de choses, à l’utilité que nous qualifierons de “modérée”, que je garde chez moi. Le problème étant que ma syllogomanie ne s’accompagne pas d’un amour particulier pour le rangement. Je me contente de cacher mes trucs dans des trous que je trouve. Sans doute une réminiscence venue de mon cerveau reptilien de l’époque où nous étions d’adorables petits rongeurs. D’où la difficulté à les retrouver. (Là, j’entends une voix grave qui dit “la victime s’appelait Titiou Lecoq et… oh… mon dieu… c’était une accumulatrice désordonnée!”)

Mais revenons au Livre de la maison. Qu’y trouve-t-on ?
Tout simplement la liste alphabétique de tous les objets peu utilisés de la maison avec, noté à côté de leur description, l’emplacement où ils se trouvent.
J’admets que ça a été un peu fastidieux à faire. J’ai passé deux jours à arpenter l’appart avec mon petit cahier et mon stylo à la main. Deux jours pendant lesquels Curly a pleuré seul dans son transat et Têtard s’est fait chier parce qu’à chacune de ses demandes, sa mère lui répondait “tu vois bien que je ne peux pas têtard! Tu vois bien que maman est en train de lister tous les objets de la maison. Tu feras de la trottinette/mangeras/boiras de l’eau/pisseras plus tard.”
Fastidieux, mais le jour où l’on aura besoin d’une attelle pour poignet gauche, ou des vis pour agrandir le lit enfant, mon sens pratique triomphera.

A ce stade, il faut que je vous raconte un truc. Nadia, ma pote, mon amie, zappette quoi, avec qui je passe toutes mes vacances depuis pas mal de temps, qui donc me connait bien, a gloussé de bonheur cet été, parce qu’elle m’avait trouvé un nouveau surnom. Monk.

Pas en référence à l’immense Thélonious Monk, non. En référence à lui :

Mr-monk

Oui, lui

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Pas du tout rapport à ses obsessions hygiéniques. Plutôt dans l’esprit de système. (J’aime les systèmes, les méthodes, les listes, bref tout ce qui tend à contenir l’incontrôlable.)
Vous allez bien sûr me dire qu’elle raconte n’importe quoi. C’est pas parce que tu fais une liste alphabétique de tout ce que contient ta maison que tu ressembles à cet handicapé obsessionnel.
Et je serai d’accord avec vous.
Mais, il y a une chose qui lui donne une raison, le petit détail qui fait la différence : j’ai tout noté au crayon à papier en prévision du fait que je déplacerai des choses. Comme ça j’aurai pas à faire de ratures, ni à écrire en biais en tout petit dans la marge parce que j’aurai plus de place avant la ligne suivante. Je n’aurai qu’à gommer et inscrire le nouveau lieu de rangement.

I’m a fucking genious yeah!

PS : j’ai de nouveau mes règles, ce qui explique peut-être cela.

PS 2 : vous aurez peut-être observé que l’autre option possible face à mon problème aurait été de régler ma névrose d’accumulation et de jeter les choses. Mais je préfère largement trouver un moyen de bien vivre ma névrose plutôt que de m’en débarrasser. C’est d’ailleurs le terrible paradoxe de la syllogomanie. Régler sa syllogomanie revient à la jeter, la faire disparaitre, s’en débarrasser, chose dont précisément le malade est incapable.

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25 août 2014

Petit détail gynécologique

Petit détail gynécologique = petit post.

Nous en étions à mon entretien avec Denis, mon gynéco d’amour.

Mais avant ce rendez-vous complètement déprimant, j’avais déjà partagé un moment culte avec lui. C’était lors de mon dernier rendez-vous avant l’accouchement.

Panneau ATTENTION !!!!!!

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J’ai cru comprendre que certain(e)s parmi vous avaient de petites âmes fragiles donc je préfère vous prévenir : ce post peut heurter la sensibilité de tout public, peu importe son âge. Pour tout vous dire, ça a heurté ma propre sensibilité.

 

Donc, nous sommes pendant le dernier mois de grossesse. Je ne dors plus pour plein de raisons : je suis grosse, je trouve pas de position confortable, j’ai mal partout, j’ai trop chaud, Curly bouge, et puis la dernière fois que j’ai dormi, j’ai fait des cauchemars. (Etre enceinte = faire les pires cauchemars de ta vie. A côté, Ring, c’est du marshmallow.)

Donc, je suis seule sur le canapé en pleine nuit, je mate la série super pourrave avec Zooey Deschanel sur M6 = je m’emmerde profond. Je décide donc de trouver une activité. Je sais pas trop comment, dans ma tête, une activité, ça a donné = aller chercher un miroir pour regarder mes organes génitaux. Faut dire que ça faisait un moment que je ne les voyais plus, rapport à mon bide. Ils me manquaient un peu. Je me contorsionne et là… je vois… bah je vois un truc que je qualifierais pudiquement de « pas normal ». Je m’écrie silencieusement : “Holly shit! J’ai de l’herpès génital! Des condylomes!” (Ok, je te dis comme c’était : ça faisait plein de petites boules rouge.)

Le lendemain, je débarque donc en panique chez Denis.

Il me dit “On va regarder ça”.

Il regarde.

Il relève la tête, enlève ses gants et déclare “Non, ce n’est pas de l’herpès, c’est rien, tout est normal”.

Là, il faut savoir que mon gynéco a une technique de communication très au point. D’abord, il te dit des choses pas très claires pour te rassurer. Mais si tu insistes, il te fournit une explication extrèmement précise. En général, tu regrettes très fort ta curiosité.

J’insiste “Non mais c’était pas là avant. C’est quoi ?

– Si, c’était là avant.

– Non. Je veux savoir ce que c’est.

– Et bien… Tu sais que l’entrée de ton vagin est constitué d’une partie granuleuse.

– Ouais. Je sais.

– Avec le poids du bébé qui appuie, l’entrée de ton vagin s’est retournée comme un gant, et la partie intérieure ressort.”

Long silence.

C’est dégueu, hein ?

D’ailleurs, dans ma tête, j’ai fait “AAAaaaaaaahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh”, ce qui est un signe indiscutable que j’étais en train de paniquer grave.

Et puis, j’ai pensé “pourquoi MOI ?!” Mais en réalité, comme me l’a expliqué Denis, ça arrive super souvent. Ce qui est moins courant par contre, c’est de s’en rendre compte parce que normalement à neuf mois de grossesse, t’es plus occupée à préparer ta valise pour la maternité qu’à mater ta chatte.

Voilà. Je dois vous avouer que j’ai un peu hésité à vous raconter cet épisode mais si ce n’est pas moi, qui le fera ? Qui vous dira la vérité ?

Conclusion : femme enceinte, jette tous les miroirs autour de toi.

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