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Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

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26 janvier 2015

L’année de 5ème

A l’approche de mon anniversaire, j’avais décidé de bien me foutre les boules.

N.B : Si vous aviez un peu de respect pour moi, vous allez le perdre.

Donc, je me suis mis en tête de trier mes cassettes. Mes K7 audios. Ouais. Pour bien me rappeler que je suis vieille et ridée. Alors bon, j’ai enfin balourdé mes dizaines de compils enregistrées à la radio sans le début de la chanson mais avec le jingle de l’émission à la fin et qui avaient survécu à chacun de mes nombreux déménagements. Ca m’a permis de me rappeler certaines chansons injustement tombées dans les oubliettes de nos mémoires numériques :

J’ai aussi retrouvé une interview que j’avais faite de John-David et Cyril à leur sortie de Secret Story, entretien ponctué de « mais ça, tu le mets pas dans ton article hein ». Et je vous vends des cassettes de répétitions inédites du groupe Stuck in the Sound.

Mais surtout, je me suis infligée la torture de réécouter plus d’une heure de discussion entre ma meilleure amie et moi au collège. On est en 5ème. On se fait chier.

gueule

On décide de s’enregistrer en train de dire de la merde. Rétrospectivement, c’était une bonne idée. Ca m’a permis de découvrir quelle infâme petite connasse j’étais.

thanks

J’ai envie de me donner des coups de doc martens dans la gueule. Pourquoi les ados ont-ils des inflexions de voix insupportables ? Mais j’ai quand même été assez étonnée par plusieurs trucs. D’abord, j’ai toujours dit que la 5ème était le pire moment de la Vie. Une théorie que j’aime particulièrement exposer aux enfants finissant leur classe de sixième. « La cinquième ? Oh bah tu sais… C’est un peu comme si une main griffue t’attrapait, de transportait au-delà de la vie pour te déposer dans un des cercles de l’enfer. » Pourtant, en nous écoutant, on n’avait pas l’air trop malheureuses. Ensuite, notre vocabulaire. On se traite de pute, de salope, de trainée. Il ne manque que les “sa race” pour qu’on soit au goût du jour. On passe évidemment 60% de notre temps à se vanner. Mais sinon, à quoi rêvent les filles de 12 ans ? Au sexe. On est extraordinairement obsédées par le cul.

hormones

 

Vous me direz, à cet âge-là, c’est logique. Sauf que je ne me rappelais pas que c’était aussi assumé et décomplexé. On n’avait clairement rien à envier aux mecs. On a des échanges poétiques du type : “Je vais chier dans mon froc, je vais aux chiottes. – Ca a du mal à sortir ? C’est trop gros ? T’as besoin d’aide ?” Comme tous les gamins de 12/13 ans, on rencontre aussi quelques soucis de structures syntaxiques. En résumé, on parle lourd, comme dans la phrase : “Si on s’est habillées en pute c’est pour montrer tout le contraire de toi.” (Alors qu’il aurait fallu dire « si on s’est habillées en pute c’est parce qu’on trouve ça trop cool. ») Quand je pense que quelques années auparavant, on s’habillait en princesse.

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(Ouais, j’ai eu la chance de fêter mon anniversaire pile au moment où j’avais plus de dent devant.)

Mais donc, en 5ème, on était connes mais on se marrait bien.


 

“tapés à la machine à écrire”.

BAM PRENDS 50 ANS DANS TA FACE

A un moment, je dis “j’ai eu les félicitations et comme ça n’arrivera plus dans ce siècle, je préfère le dire pour pas oublier parce que je perds la mémoire parce que j’ai un cancer”. Salut, j’ai 12 ans et je parle de cancer. Ok meuf… Et en même temps, j’ai eu une petite nostalgie pour ces aprèms passer à raconter de la merde à l’infini, à rigoler comme on ne le fait plus. Même à cet âge de mini-poufiasserie, on avait gardé ce truc de l’enfance de n’avoir aucun filtre entre nous, d’oser se ridiculiser, d’enchaîner des mots les uns après les autres sans que la discussion n’ait de sens, ni de direction. (En même temps, quand on a joué ensemble aux petits poneys, on n’a plus vraiment de pudeur à avoir.) On ne parlait que sous forme de vanne, de références au cul et de répliques de films ou de sketches. En définitive, on n’avait rien à dire mais on s’en foutait. On sortait fraichement de l’enfance et pour nous, parler revenait à jouer.

sauvé

Les 40% du temps restant (après les vannes et le cul) était consacré à quelque chose qui n’existe plus. Attention :

CHERCHER L’AIR D’UNE CHANSON. Et oui. Qui fait encore ça de nos jours ? A l’époque, on n’avait pas internet. Si tu retrouvais pas l’air, t’étais NIQUEE. D’où l’interêt d’avoir des amis qui pouvaient faire office de jukebox ambulants. C’est aussi pour ça qu’on chantait tout le temps, parce que sinon, y’avait pas de musique. On pouvait pas mettre un morceau très fort sur son téléphone portable pour en faire profiter tout le monde. (Et le baladeur n’était pas dans nos moyens.) (Les CD non plus.)

On remarquera un problème annexe : la maitrise des langues étrangères. Ce qui est largement confirmé par cet autre extrait

 – Y’a ta mother à côté. In front of you.

– Devant moi. Ca veut dire ça in front of ?

– Bon bah alors next door.

– C’est la porte prochaine. La prochaine porte.

– Non, next door ça veut dire à côté.

– Quoi ? C’est next to!

Voilà. Rétrospectivement, je me demande ce qu’on a branlé pendant toutes nos heures de cours d’anglais. (Enfin, je me souviens qu’à notre décharge notre prof en 6ème était dotée du postérieur le plus large du monde. Elle devait se mettre de biais pour franchir la porte. Donc je crois qu’on passait l’heure dans la contemplation fascinée de son cul.) Précisons que nous étions de bonnes élèves dans de très bonnes classes dans un lycée parisien pas trop mal. La connasse hystérique qui se fout de sa copine c’est moi, la meuf qui traduit “next door” par “la porte prochaine”… Mon dieu… L’adolescence… C’est vraiment dommage que TF1 n’ait pas diffusé Beverly Hills en VO, je suis convaincue que j’aurais fini bilingue.

Ce qui est assez marrant c’est que je n’avais plus de nouvelle d’Albane depuis plusieurs années et justement, le jour de mon anniversaire, elle m’a recontactée. On va aller se boire un pot toutes les deux. Mais bon, je pense qu’on passera plus de temps à parler marques de couches qu’à faire des covers honteuses de Patricia Kaas.

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Les deux mini-meufs qui zyeutent avec envie le gâteau de l’autre…

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13 janvier 2015

L’actualité expliquée à ton enfant relou

Ces derniers jours, au milieu de l’horreur, certains d’entre nous se sont trouvés confrontés à un autre problème annexe : les enfants. Entre les sirènes dans tous les sens, les flics partout et les parents englués devant les infos, il a bien fallu qu’on leur parle.

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Heureusement, les médias étaient là pour nous relayer leurs bon conseils en la matière et savoir quoi dire à nos chers têtes d’anges. Mais j’ai l’impression qu’ils sont un peu passés à côté de l’essentiel. Il faut parler avec les enfants, entamer un vrai dialogue, les rassurer et leur apprendre à donner du sens au monde, aux évènements. Voici ma modeste contribution, vous y piocherez quelques idées pour aborder ces sujets difficiles avec vos enfants, peu importe leur âge. (Guillaume Erner, Louise Tourret, vous me pardonnerez parce que je vous aime d’amour.)

 

Maman, papa, qu’est-ce qui se passe ?

Tu sais chéri(e), il y avait de très gentils monsieurs qui faisaient des dessins pour rigoler.

Oui ?

Et des putains de fils de pute de merde sont venus les massacrer à coups de kalashnikov. Les kalashnikov c’est des grosses armes qui font vachement de bruit.

Et maintenant ?

Ils sont morts.

Qui ? Les méchants ou les gentils ?

Tous. Ils ont tous clamsés.

Et les méchants, alors, ils ne vont pas revenir ?

Ah ah ah… Mais qu’est-ce tu crois ? Y’en a un millier comme eux. Ils sont partout parmi nous, ça peut péter à n’importe quel moment. Même dans ton école.

Et les policiers ? Ils nous défendent non ?

Ouais… Enfin, tu sais, les méchants que tout le monde prend pour des attardés, ils ont quand même réussi à descendre trois flics.

C’est quoi l’épicerie où ils étaient les gens ?

C’est un endroit chelou où t’achètes des gâteaux qui ont pas de goût.

Et pourquoi ils ont tué les gens qui faisaient leurs courses ?

C’était pas juste des gens qui faisaient leurs courses. C’est aussi des gens qui… et bien qui à partir du vendredi soir n’ont plus le droit de toucher des interrupteurs.

Hein ? Mais tu dis n’importe quoi !

Pas du tout! Je te jure. C’est un truc spirituel, ça s’appelle shabbat.

Mais les méchants, leur dieu il est aussi méchant ?

Ecoute, dieu, si tant est qu’il existe, c’est le nom qu’on donne à un principe organisateur de la nature. Alors bon… ça m’étonnerait qu’il soit bon ou mauvais. Il a surtout organisé des trucs comme la photosynthèse des géraniums. Le reste, c’est pas trop son domaine tu comprends.

Mais pourquoi les méchants ils nous ont attaqués ?

Pfff… J’en sais rien. Ils aiment pas qu’on se moque d’eux. Les méchants, c’est toujours hyper susceptible. Regarde dans Blanche-Neige. La meuf, y’a un jour dans sa vie où on lui dit qu’elle a mauvaise mine et paf! Elle va empoisonner une gamine plus fraiche qu’elle.

Oui mais dans Blanche-Neige, la reine elle veut tuer la princesse parce qu’elle est plus belle qu’elle. Là, je comprends pas pourquoi les méchants ils nous détestent autant.

Ecoute, puisque t’insistes peut-être que, vaguement on aurait bombardé leur pays, ils sont français, mais ils disent que c’est leur vrai pays. Alors maintenant, ils sont super véners.

Mais… c’est nous les méchants alors ?

Ah non! On a bombardé parce qu’on nous a demandé de l’aide! Ca partait pas d’une mauvaise intention. Nous, on croyait bien faire.

Et eux, ils croient pas bien faire ?

Bah si… Mais tu vois, c’est pas pareil parce que eux, ils sont méchants.

C’est quoi Al-Quaïda ?

C’est des putains de connards dégénérés.

C’est quoi le terrorisme ?

C’est ça. C’est quand on va tuer des gens.

Bah c’est comme la guerre alors.

Non, pas du tout. La guerre… La guerre déjà y’a des règles comme heu… la convention de Genève. Et puis, à la guerre on se bat entre deux armées.

Mais moi, ils me détestent aussi les méchants ?

T’imagines même pas. Ils détestent tes vêtements, tes jeux, tes dessins animés. A la limite, y’a que tes baskets qu’ils aiment bien.

Et pourquoi on est allés marcher dans la rue ?

Pour défendre la liberté d’expression. Tu connais ? C’est le droit de dire tout ce qu’on veut. C’est hyper important.

Ah bon ? Pourquoi j’ai pas le droit de dire des gros mots alors ?

Rhaaa… Putain, tu m’énerves! Allez, c’est l’heure d’aller dormir! Au lit!

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12 janvier 2015

Et la santé surtout

Dimanche 4 janvier 2015, 16h, je suis au café Prosper avec Coach. On fait notre traditionnel point de début d’année. Je le félicite pour son nouveau boulot, je lui dis qu’il a de la chance, ça va être excitant. Il me demande comment ça va.

Bah, bof. Je lui explique “je la sens pas cette année 2015. Je sais pas pourquoi mais je te jure que je la sens vraiment pas.” Pourtant, autour de moi, les gens sont plutôt excités (ils pensent naïvement que leur vie va s’améliorer). Je tire comme une tarée sur ma cigarette électronique. “Mais c’est pas grave hein coach. Allez-y, amusez-vous bien, moi en fait, je vais rester à la maison, pas de problème, je passe mon tour, on n’a qu’à se retrouver directement en 2016 et vous me raconterez comment c’était, la vie en 2015”. Le soir, je dîne avec Nora Hamzawi parce qu’on est devenues copines. On est seules dans le restau. Genre vraiment seules, pas un seul client n’en franchira le seuil de toute la soirée. On boit. Rebelote “je t’assure, j’y crois pas à 2015, ça va être de la merde”. On se quitte en se disant qu’on ira faire les soldes ensemble.

En rentrant chez moi, je me dis que c’est vraiment dommage ce pressentiment vu que ça tombe l’année de la parution de mon deuxième roman. (Il sort fin mars.) Je me couche. Je me sens un peu paumée. Et passablement découragée. Le boulot surtout. Mais quand ça va mal à un endroit de ma vie, j’aime bien extrapoler à l’ensemble. Je me dis qu’avant, avec le Chef, c’était compliqué parce qu’on bossait ensemble. Maintenant c’est compliqué parce qu’on ne bosse plus ensemble. (Salut, mon deuxième prénom est “insatisfactionéternelle”.)

Lundi, j’essaie de me bouger le fion. Ok, cette année va être merdique mais je dois quand même tenter de faire des trucs. J’envoie plein de mails pour du travail. Echec total. (Comprendre réponses négatives et/ou pas de réponse.) J’envoie un mail à Coach pour lui raconter “Je t’avais bien dit que ça serait une année de merde”.

Mardi. Rien. Je passe la journée recroquevillée sur mon canapé. Je me sens mal.

Mercredi matin, je suis dans une boutique à Montorgueil pour faire des photos d’identité de Curly. (Me demande pas pourquoi je vais à Montorgueil pour faire ça sachant que j’habite à Montreuil, je n’en ai aucune idée à part que j’aime aller dans des endroits déjà connus et balisés.) Demander à un bébé de 6 mois de rester inexpressif se révèle être un exercice compliqué. Le Chef m’appelle “il y a eu un attentat à Charlie Hebdo”. Je répète à la photographe d’une voix blanche “il y a eu un attentat à Charlie Hebdo”. Elle a dû me regarder bizarrement mais franchement, je m’en souviens pas. Je crois qu’elle a fait “ah…”

Je rentre en catastrophe, le Curly sous le bras.

J’allume I-Télé, BFM, la radio, Twitter, Facebook. A ce moment-là, je ne sais pas que je viens d’emménager symboliquement avec les journalistes d’I-télé et BFM et que je ne vais pas les quitter pendant des jours.

maison

J’envoie un message à Coach “je t’avais bien dit que je la sentais pas cette année”. Il est midi, tout est encore flou. Il y a des morts mais ils n’ont pas de nom, ils n’existent pas vraiment.

Et puis c’est l’avalanche de noms. On écrit tous des “putain… Pas lui… C’est pas possible”.

Si j’étais Buffy, je serais partie en chasse. A la place, j’écris un article parce que c’est le seul truc que je sais à peu près faire. Des gens me répondent pour me dire que ça leur fait un peu de bien de lire au propre la mélasse qu’ils ont dans la tête. Moi, ça me fait un peu de bien qu’ils me disent ça. Mais je continue de chialer à chaque fois, nombreuses, où ma télé me balance la gueule de Cabu ou Charb.

Le lendemain, coïncidence complètement miraculeuse, ma plus vieille amie, qui vit à Harvard, atterrit en France. On se retrouve à Répu, elle penche la tête, pas le temps de me dire bonjour, je recommence à chialer. On fait le tour de la place. Une feuille mal scotchée sur la statue “je préfère mourir debout que vivre à genoux”. Re-pleurs. On part pour Charlie Hebdo. Il n’y a rien à voir. Pas d’immeuble déchiqueté. Rien qu’une rue parisienne banale devant laquelle on est passées des centaines de fois. J’ai acheté des crayons à déposer là-bas. Je me sens toute conne avec mes crayons dans mon sac. J’ose pas les sortir. A la base, je m’étais dit que j’avais besoin de venir sur place. Parce que j’avais besoin de larguer BFM, de sortir de chez moi, de faire un truc. Mais il fallait bien que j’ai un but. Le but, c’était les crayons. Là, on fait la queue pour se recueillir devant l’espèce de mausolée improvisé par les passants. Une fois qu’on est devant, on entend les clicsclicsclics des photographes penchés sur nous. Je pose mes crayons et on s’en va fumer un paquet des clopes à une terrasse.

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Vendredi est cannibalisé par les évènements. Plus de place pour le deuil. Tout devient dingue. On est tous scotchés sur l’actu. Les télés ne diffusent plus les photos de Charb. Je ne pleure plus. Il se trouve que l’après-midi, j’ai un rendez-vous à la con calé depuis longtemps.

Attention, le genre de rendez-vous que ça aurait pu être marrant d’y aller à n’importe quel autre moment de ma vie mais que là, c’est vraiment profondément ridicule.

J’ai rendez-vous pour ma première séance de réflexologie plantaire.

J’arrive en panique parce que je trouvais pas l’adresse, puis je trouvais pas le bouton de la porte, puis je comprenais pas comment on ouvrait la porte. La dame des pieds me dit de m’allonger sur le fauteuil. Je fais l’effort de laisser mon téléphone hors de portée. Elle baisse les lumières et me demande “vous voulez de la musique ?” J’hésite. Je n’ai pas écouté de musique depuis mardi. La musique me parait relever d’un univers qui a disparu. Mais je dis “oui”. Elle me répond “c’est un morceau de harpe celtique”.

Paf. Ca lâche.

Je hurle de rire.

Je ne peux plus m’arrêter. Cabu, Charb, Honoré, Tignous, Maris et tous les autres sont morts, des journalistes se sont fait tuer en plein Paris, il y a une double prise d’otages à quelques kilomètres, j’ai pas dormi depuis deux nuits, pas mangé depuis deux jours, et là je vais écouter de la harpe celtique en me faisant masser les pieds.

Remarquez, rien que pour ça, ça m’a fait du bien.

Samedi, le deuil reprend. Je suis seule à la maison avec Têtard et Curly et clairement pas en état de m’en occuper. Je crois que depuis trois jours, ils survivent en buvant leur urine. Nadia et Ondine viennent à la maison. On boit du thé en discutant. Nadia est l’ombre d’elle-même. Ondine ne sait plus où elle habite. Elle garde Curly sur les genoux parce que ça la calme. On décide de passer à la vodka. Pendant quelques heures, ça va vachement mieux. (Nonobstant le fait qu’Ondine finit par me dire “mon jean est mouillé” et que je me rappelle que je n’ai pas changé Curly depuis… pfiou… )

Le soir, un ami dont je tairai le nom m’envoie un texto “j’ai une question de tournure de phrase.” (C’est un ami qui a une confiance absolue en ma maitrise de la langue française.) “Ca se dit ‘je n’ai jamais eu autant l’envie de crever que ces derniers jours’ ?”

Pourquoi j’écris tout ça ? Franchement, j’en ai foutrement aucune idée. Surtout que l’état d’esprit général, depuis la marche d’hier, n’est plus à la dépression ni au deuil. Mais j’ai toujours aimé me différencier. Et puis, faut voir que je partais déjà d’assez bas niveau moral. Alors ? Parce qu’ici c’est un peu, vaguement, mon journal de bord. Parce qu’il faut bien qu’il reste une trace. Mais surtout parce qu’une nouvelle semaine commence mais que je n’arrive pas à faire autre chose. Je ne sais juste pas comment faire. Vous me direz, je ne le savais déjà pas le 4 janvier.

Bref. Vous ne m’enlèverez pas de la tête que c’est une année de merde.

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19 décembre 2014

Can I live ?!?!

Il fait un peu moche mais on s’en fout parce que ça va être Noël. JOIE. Et aussi parce que j’ai fait un article sur un sujet passionnant : tenter de regarder légalement un film. (J’ai échoué.)

Dirons-nous un jour la vérité ? Etre parent, c’est plein de choses, et parmi elles, en bonne place on trouve : niquer avec en boucle dans la tête le générique des Petits Einsteins. “Là-haut dans – le ciiiiiiiel! Petits Einsteiiiiiiiins!” Ca déconcentre mais l’avantage c’est que je suis à peu près certaine que l’activation de cette musique dans mon cerveau envoie à l’ovule l’ordre de s’auto-détruire sur le champ. Ce qui résout mon problème de contraception.

Et puisqu’on parle “parentalité”. J’ai envie de crier “Can I live ?!?!” à l’instar de Kim Kardashian. Kim K. est une femme fascinante. L’autre jour, elle se prend en photo avec Nord (sa fille, prénommée ainsi parce que Kany Ouest a vraiment un sens de l’humour impayable). Elle poste la photo sur Twitter. La voilà :

selfie-Kim-K


C’est un joli portrait mère/fille. Ok, il manque un truc. Sa fille. Oui, la meuf a cadré la photo de manière à ce qu’on ne voit qu’elle. C’est ce qu’on appelle la maternité décomplexée.

Evidemment, tout le monde s’est foutu de sa gueule parce qu’on vit dans un univers cruel où on ne peut pas rogner ses enfants tranquillou. Mais elle a raison, si les autres sont moches sur la photo, pourquoi ne pas les enlever ? Et comme elle a pas trop aimé qu’on se moque d’elle (Quoi ? Je monopolise 20% de la bande passante mondiale en inondant la terre d’images de moi et les gens s’autorisent à réagir ?), elle a répondu :

can-I-live

 

Et ça, c’est le signe des grands. Quand face à une moquerie, tu réponds un truc qui aggrave encore les choses. « Can I live?!?! » is the new “Consequences will never be the same”. Cette femme me redonne foi en l’Internet et en le mème.

Je sais pas si vous avez suivi les affaires d’agressions sexuelles qui émaillent les journaux US. Il y a évidemment Bill Cosby. Mais, et je l’avais raté, il y a aussi le pasteur-à-la-con de la série-super-à-la-con 7 à la maison.

Lui là:

Stephen-Collins

Il a avoué (suite à des enquêtes policières) avoir eu des “conduites sexuelles inappropriées avec des mineures” (périphrase quand tu nous tiens) mais il l’explique ainsi “je suis une personne imparfaite”. Bah oui, l’agression sexuelle est une forme d’imperfection humaine. Mais il faut préciser : les mineures en question avaient moins de 13 ans (10 ans pour la plus jeune).

EMILE-LOUIS

Bon. Sinon, parlons de choses importantes, parlons du monde. Mais où vas-tu, pauvre monde fou ?! Pourquoi refuses-tu de m’écouter quand je te dis d’arrêter ? Le Monde a fait un nouveau progrès technique (enfin… le monde… ou quelques scientifiques dingos). Le Monde a collé le cerveau d’un ver dans un robot. Ouais. Sachez que le ver a quand même 302 neurones, soit dix de moins que Marie Drucker. Des scientifiques ont soigneusement cartographié chacun de ces neurones et ont transplanté le système dans un lego géant. Il semblerait que le robot a les mêmes comportements que le ver. (Lesquels ? Quels sont les comportements du ver à part se faire écraser ? Vous allez le découvrir.)

En elle-même la vidéo n’est pas passionnante mais il faut comprendre que le Lego-robot n’a pas été programmé. C’est ça, la révolution.

C’est tellement flippant. Vous voyez peut-être un Lego qui se cogne bêtement contre un mur. Je vois la fin du monde.


D’ailleurs, en parlant des scientifiques, les hommes et les trois femmes de la NASA nous ont gratifié de leur petit lipdub.

Le but est de susciter notre intérêt pour Orion. Ca suscite plutôt mon intérêt pour le choix audacieux de la moquette de leurs bureaux.

Puisqu’on est dans l’espace, la meilleure vidéo du système reste celle-là :

 

Sur ce, si on ne se revoit pas d’ici là, joyeux Noël! Au pire, on se croisera pour le Nouvel An, où je ne vais rien faire comme d’hab et donc probablement trainer ici.

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4 décembre 2014

Un peu de sonde et de rien

J’ai été dans l’incapacité de bloguer ces derniers temps essentiellement parce que j’ai passé des heures et des jours sur un article. 32 000 signes. Des citations, des gifs, des extraits de dialogue, sur J’ai re(re)vu l’intégrale de Buffy contre les vampires – cherchez pas, il est pas encore en ligne. Et bein, même avec 32 000 signes (il en faisait plus de 40 000 au début), je suis frustrée. J’ai l’impression de ne pas avoir dit le 5ème de ce que je voulais. Je devrais écrire un livre sur le sujet.

spike-vie

En faisant des recherches sur Buffy, je me suis retrouvée sur le twitter d’Esprits criminels (parce que Nicholas Brendon évidemment), et j’ai vu cet extrait de scénar qui m’a fait rire :

esprits-criminels

Après j’ai aussi fait un article sur Bruno Le Maire qui m’a pris un paquet de temps (parce que lui, quand il écrit un livre, c’est pas 120 pages grosse police). Et comme il n’y a jamais assez de photos de Jacques Chirac :

GEORGES-BENDRIHEM- AFP

J’ai ri en lisant La politique pour tous (Josselin Bordat, Tristan Bertheloot)

pol-1

pol-2

pol-3

Sinon, pas grand chose dans ma vie ces derniers temps. (Euphémisme pour désert total.) Le summum de ce qui m’est arrivé d’un peu foufou récemment c’est ce commentaire reçu sur le post de blog sur la Grèce :

« tu est trop conne vulgaire pas propre a la place du chauffeur je t aurais fais netoyer ta merde ensuite je t aurais laisser derriere car la merde on la laisse derriere soit je suis marocain je vis a athene je vais souvent a paris voir ma famille je bouge pas mal j esper ne jamais rencontré une pouilleuse comme toi »

J’ai aussi découvert l’existence de pilules de caca.

Un soir de profond désoeuvrement, j’ai voulu savoir ce que Google pensait que les gens pensaient. Ca a donné ça :

judaisme

islam

Et j’ai appris qu’il y avait une autre raison que le pur esthétisme pour que les bodys de bébé aient des cols avec des genres d’encoche bizarre. C’est pour pouvoir l’enlever par en bas en cas de fuite excrémentaire. (Plutôt que de le passer par la tête du môme qui se retrouve avec sa merde collée au front.)

Pendant qu’on y est, reparlons une dernière fois de l’accouchement. (D’ailleurs, j’attends toujours des nouvelles de la DRH de la mater où sévit la connasse qui a laissé Curly seul, elle se renseigne sur des éléments et ne manquera pas de me tenir informée d’ici quelques années.) Après la sortie de la mater, il y avait donc eu le rendez-vous chez Denis, mon gynécologue d’amour. Il m’avait dit “cette fois, tu es obligée de faire la rééducation du périnée.” (La fois précédente, j’avais privilégié une approche plus ludique.) (J’avais acheté un coffret de boules de geisha.) Et il m’avait aussi dit “je ne veux pas que tu ailles chez un kiné pour faire une rééducation avec la sonde. Parce que la rééduc avec la sonde, ça ne fonctionne pas. C’est comme faire des abdos avec sport élec.”

Résultat : je suis allée chez une kiné pour faire une rééduc avec une sonde.

En gros, amis novices, je vous explique. Après que la grossesse et le passage de l’enfant également appelé délivrance, vous devez remuscler le périnée. Périnée = une paroi musculaire qui retient certains de vos organes. Et messieurs, apprenez que vous en avez également un. Avec l’âge, il se détend, et comme il retient notamment la vessie, c’est pour ça qu’il existe des pubs pour les couches Téna.

Pour le remuscler, deux choix s’offrent à vous :

– avec une sage-femme. Mais j’en avais un peu marre des sages-femmes (sans offense hein). Et puis, on m’avait raconté qu’elles disaient des trucs comme : “imaginez que votre vagin est un pont-levis que vous devez fermer.”

– avec une kiné spécialisée. J’ai donc opté pour ça. Vu l’importance que j’accorde à mon sexe (primordiale) et mon côté bonne élève, tout devait bien se passer. En plus, Denis s’était planté. Il pensait que la kiné allait me mettre la sonde, balancer le courant, partir et revenir trente minutes plus tard.

“balancer le courant” ? Oui. Exactement ça. Balancer un courant électrique dans l’intérieur de ton sexe. (Je n’aurai pas le mauvais goût de comparer ça à la gégène, vu que là c’est juste extrèmement désagréable.) Le courant contracte les muscles pour que l’organe retrouve sa tonicité d’antan. En fait, ma kiné, que nous appellerons Mlle Périnée, ne me faisait ça que 5 minutes à la fin de la séance.

Le reste du temps, pour être claire : je jouais aux jeux vidéos avec ma chatte. Comme si la sonde était un joystick. Face à toi, un écran qui affiche des figures que tu dois reproduire. Quand tu contractes, ton curseur monte etc.

Rigolo ?

Non. Ca aurait dû m’amuser mais dès le début, ça a été la galère. D’abord, parce que c’est hyper fatigant. Mais il y avait autre chose. A chaque fois que j’allais chez Mlle Périnée, je me sentais nerveuse, irritable, de mauvaise humeur. Bref, ça n’allait pas. J’ai mis quelques semaines à comprendre le problème : je ne supportais plus qu’on touche mon sexe dans un but non sexuel. Un immense ras-le-bol assez violent. Je me forçais parce qu’il le fallait, mais plus je me forçais, plus je me sentais mal. Pendant la grossesse, votre sexe ne vous appartient plus vraiment. Il est palpé, ausculté, trituré. C’est un objet d’étude médicale. (Je me souviens, pendant ma première grossesse, une sage-femme m’avait expliqué qu’elle faisait toujours attention à demander à la patiente son accord avant de lui faire une palpation du col de l’utérus. Evidemment, c’était purement rhétorique comme question. Mais elle avait remarqué que le fait que la patiente dise “oui”, prononce le mot, simplifiait nettement les choses. C’est la seule que j’ai rencontrée qui faisait ça alors que ça coûte rien.) Mais après l’accouchement, au moment où tu penses récupérer l’usage de ton corps, ça se poursuit. Or, c’est mon sexe. Et dans sexe, il y a… et bien il y a sexe. Comme dans sexuel. Comme dans “niquons comme des oufs”. Pas comme dans “médical”, “examen”, “touché vaginal”, “palpation du col”, “frottis”, “introduction d’une sonde”.

Le jour où j’ai compris ça, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai annoncé à Mlle Périnée que c’était fini. Elle ne me reverrait plus. Elle s’en foutait comme d’une guigne mais moi, j’en suis ressortie complètement euphorique.

Et puis j’ai découvert une astuce : le meilleur moyen de remuscler son périnée, c’est d’avoir des orgasmes.

Ce qui m’amène à une autre réflexion : l’impossibilité de nommer le sexe féminin. En fait, tous les noms sonnent faux, il n’y a pas d’entre-deux. Soit c’est médical : vagin, vulve. Soit c’est le retour du XVIIème siècle : berlingot, abricot. Soit c’est infantile : foufoune. (Et je ne mentionne même pas le minou, la minette, la zigounette.) Chatte, moule, fouf ou schneck sont marrants mais pas employables dans n’importe quel contexte. Et je ne parle pas des surnoms que tout un chacune peut employer, ça me met mal à l’aise, au même titre que les mecs qui donnent un surnom à leur bite. Je ne veux pas un surnom, ni un truc poétique, ou marrant, ou ultra vulgaire. Juste un mot. Comme si c’était pas déjà assez compliqué d’être une femme, mais en plus si on ne sait pas comment nommer son sexe, on s’en sortira jamais. (Sexe n’étant pas satisfaisant non plus, ne serait-ce que parce que ça désigne aussi la sexualité et le sexe masculin.)

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