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Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

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5 juin 2013

Le discours de Joss Whedon sur… la vie

Aux Etats-Unis, ils aiment bien le côté cérémonial et rite de passage. Du coup, les diplômés portent une cape et un bonnet carré. (En France, on aime bien aussi les rites de passage mais on a choisi de traumatiser nos ados avec une série d’épreuves absurdes plus connues sous le nom de « baccalauréat ».) Pour en revenir aux jeunes Américains, ils ont donc droit à une cérémonie de remise des diplômes au cours de laquelle un ancien élève-qui-a-réussi-dans-la vie vient leur délivrer un discours pour les préparer à la vie adulte. (Dans le genre, il faut absolument lire C’est de l’eau, le discours de David Foster Wallace qui est à peu près ce qui se fait de mieux dans la catégorie très casse-gueule des « leçons de vie ».)

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C’est comme ça que Joss Whedon s’est retrouvé à faire un discours de portée existentielle avec un chapeau ridicule.

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Y’a même la vidéo du discours :

(Sur la page Youtube, y’a le meilleur commentaire possible « Awww, he didn’t turn into a giant snake… » – mais bon, ça ne fera rire que les fans de Buffy.)

Du coup, je me suis dit que c’était dégueulasse pour les ados français qui sont privés de ce genre de discours. (Et pour ceux qui ont eu 11/20 au bac en anglais.) Alors j’ai demandé à Ondine de traduire le discours de Joss. (J’ai eu 12/20 en anglais.)

« J’ai assisté à beaucoup de remises de diplômes. Quand j’étais assis là où vous êtes assis, l’orateur était Bill Cosby. Drôle de mec, Bill Cosby. Il avait été très marrant et aussi très bref, et je l’avais remercié pour ça. Il nous avait donné un conseil que j’ai gardé en tête, que beaucoup d’entre nous n’ont jamais oublié, à propos de changer le monde. Il nous avait dit « vous n’allez pas changer le monde, alors n’essayez pas ».

Et c’est tout. Il n’était pas revenu là-dessus. Après, il s’était plaint d’avoir dû acheter une voiture à sa fille, et nous étions partis. Je me rappelle m’être dit « je crois que je peux faire mieux. Je pense pouvoir susciter un tout petit peu plus d’inspiration que lui. »

Donc ce que je voudrais vous dire aujourd’hui, c’est que vous allez tous mourir.

C’est un très bon début de discours de remise de diplômes parce que j’imagine qu’il ne peut que s’améliorer à partir de maintenant. Ça ne peut que s’arranger, c’est très bien. Ça ne peut pas être plus déprimant. Vous avez, en fait, tous déjà commencé à mourir. Ne vous méprenez pas, vous avez l’air d’aller bien. Vous n’êtes que jeunesse et beauté. Vous êtes au top de votre forme. Vos corps viennent simplement de quitter le plus haut sommet de la piste de ski, et voilà maintenant qu’arrive la piste noire à bosses jusqu’à la tombe. Et le plus bizarre dans tout ça, c’est que votre corps veut mourir. Au niveau cellulaire, c’est ce qu’il veut. Et ce n’est probablement pas ce que vous voulez, vous.

Je sens de grandes et nobles ambitions dans ce groupe d’étudiants. Vous voulez devenir politiciens, travailleurs sociaux. Vous voulez être artistes. L’ambition de votre corps : devenir du compost. Votre corps veut faire des bébés et retourner dans la terre pour la fertiliser. C’est tout. Ça semble être un peu contradictoire. Pas très juste. On vous dit « allez découvrir le monde ! » pile au moment où votre corps vous dit « hé, baisse d’un cran. Laisse tomber. »

Et c’est contradictoire. Et c’est justement de ça dont je voudrais vous parler. La contradiction entre votre corps et votre esprit, entre votre esprit et vous-même. Je pense que ces contradictions et ces tensions sont le plus beau cadeau qu’on ait reçu, et avec un peu de chance, je peux vous expliquer pourquoi.

Mais d’abord, laissez-moi préciser quand je parle de contradiction, je parle de quelque chose qui s’exprime constamment dans votre vie et votre identité, pas seulement dans votre corps, mais aussi dans votre propre esprit, par des voies que vous identifiez ou non.

Disons qu’hypothétiquement, deux chemins se séparent dans les bois et que vous prenez le moins emprunté des deux. Une partie de vous va se dire « Regarde-moi ce chemin ! L’autre là-bas a l’air vachement mieux. Tout le monde l’emprunte. Il est goudronné et il y a des Starbucks tous les 30 mètres. Sur celui-là, il y a des orties et le corps de Robert Frost – quelqu’un aurait pu penser à le bouger de là – quelque chose ne va pas. » Votre esprit ne vous dit pas seulement ça, il est sur l’autre chemin, il se comporte comme s’il était sur l’autre chemin. Il fait le contraire de ce que vous êtes en train de faire. Et pour le reste de votre vie, vous ferez, à certains niveaux, le contraire – pas seulement de ce que vous êtes en train de faire – mais de ce que vous pensez être. Ça ne s’arrêtera jamais. Tout ce que vous ferez de tout votre coeur, vous en ferez le contraire. Et ce qu’il faut que vous fassiez, c’est respecter cela, le comprendre, l’identifier, écouter cette autre voix.

C’est quelque chose de rare, mais vous avez la capacité et la responsabilité d’écouter la voix dissidente en vous, pour au moins lui donner la parole, parce que ce n’est pas seulement la clé de la conscience, mais aussi du véritable développement. Accepter sa dualité, c’est gagner son identité. Et l’identité est quelque chose que vous gagnez sans cesse. Ce n’est pas seulement qui vous êtes. C’est un processus dans lequel vous devez être actif. Ce n’est pas simplement imiter vos parents ou ce que vos profs vous ont enseigné. C’est vous comprendre vous-même pour devenir vous-même

Il y a deux choses que je voudrais dire à propos de cette contradiction et de cette tension. La première, c’est qu’elle ne disparaît jamais. Si vous pensez que réussir ou régler quelque chose, qu’une carrière ou une relation fera taire cette voix, ça ne sera jamais le cas. Si vous pensez que le bonheur signifie être en paix, vous ne serez jamais heureux. La paix vient avec l’acceptation de cette partie de vous qui ne pourra jamais être en paix. Elle sera toujours en conflit. Si vous acceptez ça, les choses se passeront bien mieux.

La seconde raison, c’est que si vous construisez vos identités et vos croyances sans les remettre en cause, quelqu’un d’autre le fera. Quelqu’un viendra vous voir, et peu importe vos croyances, vos amitions, il les questionnera. Vous serez alors incapable de les défendre, de tenir vos position, à moins d’avoir fait ce travail vous-même avant. Vous ne me croyez pas ? Essayez de tenir debout sur une seule jambe. Vous avez besoin de voir les deux côtés.

Maintenant, si vous le faites, est-ce que ça veut dire que vous allez changer le monde ? Ça va, j’y arrive, détendez-vous. Tout ce que je peux vous dire à ce stade, c’est qu’on est tous d’accord sur le fait que le monde a besoin de quelques petits changements. Je ne sais pas si vos parents vous ont parlé de ce qui est arrivé au monde mais… on l’a détruit. Je suis désolé… c’est un peu le bordel. C’est un moment difficile pour y entrer. Et c’est un moment étrange dans l’histoire de notre pays.

Le truc avec notre pays – oh, c’est un beau pays hein, je l’aime bien –, c’est qu’il n’aime pas bien les contradiction ou les ambiguités. Il n’est pas fan de ce genre de choses. Il aime que les choses soient simples, qu’elles soient bien étiquetées – bon ou mauvais, noir ou blanc, bleu ou rouge. Nous ne sommes pas comme ça. Nous sommes bien plus intéressants que ça. Et la manière dont on peut commencer à comprendre le monde c’est d’avoir toutes ces contradictions en nous, de les voir chez les autres et de ne pas les juger pour cela. Pour apprendre ça, dans un monde où le débat s’est évaporé au profit des cris et de la brutalité, la meilleure chose à faire n’est pas seulement de revenir au débat honnête, mais de perdre le débat, parce que cela veut dire que vous aurez appris quelque chose et que vous aurez changé de position. La seule façon de comprendre votre point de vue et ses valeurs, c’est de comprendre son opposé. Ça ne veut pas dire comprendre le fou qui crache sa haine à la radio, mais comprendre les honnêtes gens qui ont besoin de l’écouter. Vous êtes liés à ces gens. Ils sont liés à lui. Vous ne pouvez pas échapper à cela.

Ce lien est en partie une contradiction. C’est de cette tension dont je parlais. Cette tension ne réside pas dans ces deux points de vue opposés, mais dans la ligne qui les sépare et qu’ils déforment sans cesse. Nous devons admettre et respecter cette tension et le lien dont cette tension découle. Celui que l’on a, non seulement avec les gens que l’on aime, mais aussi avec tous les autres, même ceux qu’on ne supporte pas et dont on préfèrerait ne pas connaître l’existence. Ce lien que nous avons est une partie de ce qui nous définit

La liberté n’est pas l’absence de lien. Les meurtres en série sont l’absence de lien. Certaines énormes compagnies d’investissements ont réussi à atteindre cette absence de lien. Mais nous, en tant qu’humains, ne pourrons jamais le faire. Nous ne sommes pas supposé le faire et nous ne devrions jamais avoir envie de le faire. Nous sommes tous des individus, bien sûr, mais nous sommes plus que ça.

Alors pour en revenir à cette histoire de changer le monde, il se trouve que ce n’est même pas une question, vous n’avez pas le choix. Vous allez changer le monde, parce que vous êtes justement le monde. Vous ne traversez pas la vie, c’est la vie qui vous traverse. Vous la vivez, vous l’interprêtez, vous agissez et elle est ensuite différente. C’est ce qui se passe en permanence. Vous êtes en train de changer le monde. Vous le changez depuis toujours, et cela devient aujourd’hui encore plus réel qu’avant.

C’est pour cela que j’ai parlé de vous et de cette tension qui réside en vous, parce que – et je ne dis pas ça de manière cliché, mais au sens littéral – vous êtes le futur. Une fois que vous serez venus jusque sur l’estrade et que vous en serez redescendus, vous serez le présent. Vous serez le monde brisé et l’acte même de le changer, d’une façon que vous n’avez encore jamais connue auparavant. Vous serez tant de choses, et ce que j’aurais aimé savoir et que je voudrais vous dire, c’est de ne pas seulement être vous-mêmes. Soyez toutes les facettes de vous-mêmes. Ne vous contentez pas de vivre. Soyez aussi cette autre chose liée à la mort. Soyez la vie. Vivez toutes vos vies. Comprenez-les, regardez-les, appréciez-les. Et amusez-vous. »

graduation Buffy

 

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19 mai 2013

La Turquie, pays de la chantilly

Reprenons.

Je suis partie EN VACANCES.

Une décision d’autant plus folle que nous sommes partis avec Têtard. Après toutefois une légère hésitation et un avis négatif des services sociaux à qui nous avions exposé notre idée de le laisser dans l’appart avec un saladier de lait. (On reconnaît là la frilosité propre à toute structure bureaucratique. C’est con de leur part parce que ça a très marché pour Brice Nane Teinturier.)

Destination : Istanbul.

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Disons-le tout de suite : je vote pour exclure les Grecs de l’Union européenne (rappelez-vous que les Grecs sont la lie de l’humanité) et les échanger contre l’intégration des Turcs (qui sont la crème chantilly de l’humanité, à la fois doux, légers et suaves). A ceux qui vont m’envoyer des articles du Monde Diplomatique sur la situation politique de la Turquie ou son régime carcéral, je réponds tout de suite que moi, je vous parle de contact humain, pas de démocratie.

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Ceci étant, vu les déguisements pour enfants qu’ils proposent, l’idée de force de l’ordre a l’air assez ancrée chez eux

Je vous parle de repenser les critères d’entrées dans l’UE en prenant par exemple le degré de politesse des serveurs dans les cafés. De toute façon, on sait tous qu’il faut remettre l’humain au cœur de la politique. (Cette idée lumineuse est-elle de Jean-Luc Mélenchon, Christine Boutin, Ségolène Royal ou Louis XVI ?)

Faisons un point meufs qui portent des tissus sur la gueule. Parmi les Stambouliotes, elles sont assez nombreuses mais concentrées dans un quartier. Toutes les autres sont des touristes.

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Notamment parce qu’à Istanbul y’a un poil de barbe de Mahomet. (Ca a l’air d’une vanne, ça a la saveur d’une vanne mais ça n’est pas une vanne.) (En fait, dans le palais de Topkapi, on trouve plein de reliques sacrées : le turban de Joseph, le bâton de Moïse, l’épée de David, le pot d’Abraham et donc des poils de barbe de Mahomet.) (Trésors immémoriaux que je n’ai pas pu voir rapport au fait que j’ai un enfant qui n’aime pas faire 2 heures de queue.)

Donc des cars de femmes voilées en voyage organisé. Certaines se permettent des excentricités comme celle-là qui avait un sublime sac à main en léopard rose par-dessus sa housse de couette.

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Souvent, elles sont venues entre copines.

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Les Turcs sont aussi exceptionnels que les touristes sont cons. (Et je vous parle même pas des touristes français qui font des généralités sur les autres touristes, les Français quel peuple de langue de pute quand même.)

Comment s’exprime la connerie des touristes ? Par leur manie de prendre la pause devant chaque monument. Ca, c’est un truc que j’ai jamais compris. Par exemple ici la mosquée bleue.

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Pourquoi ? Pensent-ils que leur présence ajoute une plus-value à l’édifice ? Qu’ils sont la pyramide de verre dans la cour du Louvre ? Ou alors, à l’inverse que la beauté du lieu va déteindre sur leur physique ingrat ? Avant, on pouvait se dire que c’était pour prouver qu’ils y étaient mais depuis photoshop cette option est  nulle et non avenue.

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Un sosie de Nathalie Portman qui fait un auto-portrait.

« C’est fou ça, même dans une mosquée, je ressemble à Nathalie Portman »

Putain… Ca me rend dingue. Ca fait ressurgir ma vocation ratée de prof d’histoire. Le touriste arrive devant un mur, il prend une photo et il s’en va. Alors qu’est-ce qu’il n’a pas fait le touriste ? Pourquoi je suis toute furibonde ? Parce qu’il ne s’est pas laissé un quart de seconde pour s’imprégner du lieu, pour regarder, pour rentrer en lui-même, penser au sens de l’histoire humaine, s’extasier sur le fait que ce bâtiment sublime a vu passer les empereurs byzantins et les sultans, se demander quelle est sa propre place dans l’Histoire, ce que lui-même apporte au monde, se rendre compte que sa vie est futile et dérisoire et qu’il ne laissera aucune empreinte durable après sa mort. Mais à la place d’avoir ces saines pensées morbides, le touriste con, il prend une photo bien pourrave de sa connasse en train de faire une duckface dans Sainte-Sophie sans penser une seconde à l’empereur Justinien… Je te penderais tout ça moi… Et notons que le degré de beauferie est égal chez les touristes en shorts et chez les touristes matelassées du visage. (Dit la meuf qui a pris des photos de Copain-Kangourou dans Sainte-Sophie mais bon… c’est pas pareil, c’est pour un projet artistique.)

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Point MILF : Bon, alors, pour le reste, l’entièreté de mon séjour a été déterminée par le fait de partir avec un têtard. (C’était ma première fois.)

Point positif : si vous avez un bébé et que vous avez envie de partir en vacances, allez à Istanbul. Je n’ai jamais vu des gens aussi extatiques de bonheur devant une poussette. C’était juste dingue. Et les hommes encore plus que les femmes. Ils t’attrapent ton môme pour le prendre dans leurs bras, ils l’embrassent, ils font des « gnougnougnou », ils gloussent de joie. Vous allez me dire que c’est un truc de bons commerçants. Mais déjà, à Paris, j’ai jamais vu un serveur heureux de voir débarquer une poussette. En plus, là, quand ton gosse chiale parce qu’il est énervé parce que… bah parce que tu manges, parce qu’il a pas eu le droit de boire de la bière, parce que tu l’as empêché d’aller jouer au milieu des voitures, les Turcs ne poussent pas des soupirs d’exaspération. Ils viennent le voir et s’occupent de lui pendant tout ton repas. Et ils ont presque l’air triste quand tu reprends ton môme pour partir. Dans les transports en commun, dans la rue, pareil, les gens t’arrêtent pour faire une caresse au bébé. Vraiment hallucinant.

C’est le moment où tu te rends compte de la culpabilité que tu as développée en France à l’idée de gêner à cause de ton gamin.

Il faut aussi savoir que Têtard est particulièrement sociable (et chiant mais c’est un autre problème). Il cherche le regard des gens, et quand il a réussi à le capter, il penche la tête en souriant, puis il envoie un bisou avec sa main (là, normalement, il sait qu’il a gagné) et après il fait des grimaces pour faire rigoler. Quand je le ramène dans sa poussette le soir, j’ai l’impression de ballader Miss France. Il a un sourire collé aux lèvres et il passe en faisant des gestes de la main à tout le monde. C’est une grosse attention whore mon fils.

En une semaine, on s’était assez bien habitué à ce que les gens jettent des pétales de roses devant têtard avant de se prosterner sur le passage de sa poussette. Du coup, dans l’avion du retour, quand il a pleuré au décollage comme… bah comme un bébé hein, on a été pour le moins surpris par la réaction d’une vieille conne assise devant nous. Elle a dit bien fort « mais elle crève de chaud c’te enfant » et d’un geste fort élégant nous a balancé une putain de lingette citronnée à la gueule. A cette seconde précise, le Chef a perdu le bénéfice sérénité d’une semaine de vacances. Il lui a hurlé « grosse pute dénégérée, espèce de connasse de merde ». Pouf. Il était dans le même état de nerfs qu’avant de partir.

J’avais quand même mal anticipé un truc pour ces vacances : ce que signifiait partager sa chambre d’hôtel avec un têtard. Comme monsieur ne s’endort pas dans sa poussette vu qu’il est trop occupé à essayer de choper toutes les meufs qui passent, que quand il est épuisé, au lieu de s’endormir (ce qui parait quand même à première vue l’option la plus intelligente), il se met à hurler comme s’il était possédé, il fallait rentrer le coucher à 20h. Sauf qu’il est incapable de s’endormir s’il voit ses parents dans la chambre.

Résultat, ceci :

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Les parents SDF qui passent une heure tous les soirs à squatter la salle de bain et qui en sont réduits à bouffer leur BK sur le carrelage en attendant que le divin enfant s’endorme.

Et le matin, t’es réveillé par des « mamaaannnn ? », t’ouvres un œil et tu te rappelles que son lit est à 50 centimètres du tien et qu’il te voit très bien.

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Photo prise le matin au réveil depuis mon lit

« Salut ma maman, tu fais quoi ? Tu dors ? »

Autant dire qu’on est rentrés claqués.

En prime, le deuxième jour, je me suis rappelée que j’avais oublié que depuis trois ans, je suis allergique au soleil. J’avais oublié parce que j’avais pas vu le soleil depuis trois ans donc. Bah là, je suis pas prête de l’oublier à nouveau vu la démangeaison à devenir dingue que j’ai eue. Je me suis payée un truc… mais un truc… imaginez la poussée d’acnée d’un adolescent qui aurait grandi à 25 mètres de Techernobyl. Voilà. Sympa et sexy. C’est donc à rajouter à la longue liste des anomalies de mon corps. Migraine, défenses immunitaires aussi solides qu’une barrière de corail morte, allergie à l’eau, allergie au soleil. Bref, allergique à la vie. Mais par contre, je suis naturellement mince. Je peux bouffer des hamburgers tartinés de pesto rosso et de foie gras, je reste mince.

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Copain-kangourou réfléchissant à sa place dans le monde

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13 mai 2013

Salon du livre et Tout est vrai

Mes bons amis, on a plein de trucs à rattraper là.

D’abord, cornemuses, kilts et sexes turgescents fièrement dressés pour saluer la sortie des Morues en poche. Dans la collection du livre de poche s’il vous plait.

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Ca m’a fortement émotionnée. Notamment parce que tous mes Balzac, je les ai lus dans cette collection. Du coup, c’est comme s’il y avait un vernis de la Cousine Bette sur les Morues. (Ou alors une tranche de merde de Paul-Loup Sulitzer. Mais j’ai récemment décidé d’essayer de voir la vie sous son aspect positif donc restons sur Balzac.)

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Avec tout ça (= la vie), j’ai oublié de parler du salon du livre. On se rappelle qu’un salon du livre est une expérience conçue pour anéantir tout ego de jeune romancier, briser ses aspirations et plus largement détruire sa pulsion de vie.

Mais quand votre livre est sorti deux ans avant, le salon du livre se transforme en une sorte de pierre tombale dont vous vous extrayez pour vous asseoir à côté de votre pile de bouquins invendus. Vous n’avez aucune raison d’être là, à part venir picoler avec les copains du Diable.

Surtout que le premier jour, je dédicaçais à côté de Nicolas Rey (comptez une dizaine de journalistes qui l’assaillent et qui ne m’adressent la parole que pour savoir à quelle heure arrive Monsieur Rey). Et le second à côté de Coralie Trinh Tin.

Coralie et Titiou

Deux styles différents

(je suis celle qui porte le chapeau Spirou et les cernes hein)

Dédicacer à côté de Coralie c’est parfois assister à des scènes gênantes. Outre les messieurs dont le système de sudation s’emballe clairement en s’approchant d’elle (pour ceux qui ne le savent pas, Coralie avant de devenir écrivain a été actrice porno et elle a gardé une grosse fanbase) (elle a aussi co-réalisé Baise-moi avec Despentes), j’en ai vu un sortir une grande photo d’elle pour avoir un autographe. Elle demande à quel nom. Il répond « Stéphane » et ajoute « vous pouvez mettre : en souvenir de tous les bons moments passés ensemble ? ». Nan mais franchement mec ? Et pourquoi pas « Pour Stéphane, en souvenir de cette merveilleuse partouze où tu nous as toutes fait jouir les unes après les autres » ? Elle a refusé.

Mais ce salon du livre a été sauvé par un cadeau : un hamburger bonbon. Et surtout par un FAN ART. YES. Je suis pétrie de fierté. Je l’ai exhibé à tout le monde d’un air nonchalant « ah tiens, regardez ce qu’on m’a offert ». MERCI (je m’en suis un peu voulue parce que j’étais tellement étonnée et contente que je n’ai pas assez remercié la jeune femme en question.) (J’ai fait une petite tâche dessus mais c’est parce que je le garde sur mon bureau et que j’ose pas encore pousser le vice jusqu’à l’encadrer.)

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Ensuite, j’ai peu blogué ces derniers temps parce que, contrairement à la promesse que je m’étais faite, j’ai accepté du travail. Mais du travail avec des copains est-il encore du travail ? La réponse est oui. J’ai donc bossé sur l’écriture d’épisodes de Tout est vrai (ou presque), un programme court qu’Arte diffuse après 28 minutes à partir de ce soir. Mais que sinon on pourra retrouver sur le site ICI. Le pitch : raconter l’histoire de grandes personnalités avec de petits objets. Je me suis greffée au truc pour écrire des épisodes mais ce n’est pas mon bébé, c’est le projet du génial Udner (dont je vous ai déjà parlé) (mais c’était avant l’époque où il prenait des poses sexy avec des couverts en plastique)

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et du génial Vincent Brunner - dont je ne vous avais pas parlé pour une raison toute empirique à savoir que je ne le connaissais pas. Mais ça, c’était avant.

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Matthieu, Chryde et Vincent

Maintenant, on se connaît comme des bébés chiens élevés ensemble. Parce qu’on s’est retrouvé chez moi pendant deux mois avec nos ordis pour écrire des trucs drôles ensemble (alors oui, dans mon idée de ce qu’est un élevage de chiots, j’imagine une pièce où les chiens sont ensemble devant des ordinateurs et font des roulades), ce qui sur l’échelle de l’intimité est nettement plus délicat qu’une partie de sexe et demande une « alchimie secrète » (OUI VINCENT une alchimie secrète!). Vincent peut être honoré de plusieurs titres en tant qu’éminent journaliste et auteur mais il est désormais surtout la personne à qui j’ai le plus souvent fait à manger de ma vie. (Certes, je lui ai servi des pâtes au pesto rosso pendant deux mois mais à mon échelle c’était un événement.)

Pour en revenir à Tout est vrai, il y a aussi des featurings de ouf comme Alex Hervaud

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 Le plateau de tournage

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Encore des petits objets. Mona Chollet aurait beaucoup à dire sur ma passion pour les petites choses… (Lisez son livre Beauté Fatale, c’est très bien.)

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Le planning de travail

Pour en revenir à Tout est vrai, dans ce programme vous apprendrez des trucs dingues.

Par exemple que Tom Cruise vient d’une famille authentiquement pauvre. Et que sa mère s’est barrée avec lui et ses trois sœurs en pleine nuit pour échapper au père – ce qui n’est pas sans rappeler le départ de Katie Holmes et Suri.

Que Robert Downey Junior a fumé son premier joint à l’âge de 6 ans et que c’est son père qui lui a offert. (De toute évidence, pour devenir célèbre, il faut avoir eu un père chelou.)

Que Steve Jobs pensait que son régime végétarien empêchait son organisme de transpirer ou de produire n’importe quel mucus. Du coup, il ne se lavait pas et il a été embauché en service de nuit dans une entreprise parce que ses collègues de jour trouvaient qu’il sentait trop mauvais. (Il a aussi esssayé de soigner son cancer avec de la salade et il s’est rendu compte un peu tard que c’était pas hyper efficace.)

Que Lars Von Trier a cru que son père était juif jusqu’à ce qu’à l’âge adulte, sa mère lui avoue que son père biologique était un allemand nazi. (Ce qui a donné cette magnifique phrase de Vincent qui était un peu fatigué ce jour-là : « il croyait qu’il était gif ».) (L’autre fois où il était fatigué, on écrivait un épisode sur les Beckhams. Je regarde Vincent qui a les yeux concentrés dans le vague et qui brusquement me dit « tu te rends compte que j’ai les mêmes initiales que Victoria Beckham… C’est vertigineux. »)

Que quelques jours avant que la mère de James Ellroy soit assassinée, il avait fait le vœu qu’elle meure… (Des problèmes avec sa mère ça marche aussi pour devenir artiste.)

Que Michel Houellebecq a une femme. (Perso, je croyais qu’il vivait seul dans sa baraque en Irlande et qu’il dormait avec un buste de Schopenhauer à côté de lui dans le lit.)

Que David Beckham est ornithophobique et que Franck Ribery est moche.

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 Gwen prépare du café

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Pendant que je fais pipi entourée de torchons ce qui m’a donné  l’impression plutôt agréable d’uriner dans un nid douillet.

Après tout ce travail, le Chef et moi avons pris une décision folle : nous sommes partis en vacances.

A SUIVRE

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25 avril 2013

Du vide, des corgis et encore l’Inde

Maintenant que tout ça s’est fini :

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 Des pitits Russes qui prennent leur dose de vitamine D devant une lampe à ultra-violets (n’oublions pas que la Russie = l’autre pays du cancer) en 1977. Via le toujours magnifique tumblr de NG.

On devrait sauter comme des cabris malicieux. Sauf qu’on est vide.

Cette vidéo = la vie. Le chien principal = Diane. Le truc affalé à côté sur le lit = moi. Il vous reste donc comme identification le chien en… j’allais dire en costard mais de toute évidence ce n’est pas un costard, c’est un truc vichy à col roulé.

Il nous faudrait ceci :

bureau lit

via

(En même temps, c’est complètement con de ma part vu que je travaille à 80 centimètres de mon lit.) Donc je bosse beaucoup et la prochaine fois je raconterai sur quoi mais là, j’ai pas le courage.

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Dans les bonnes nouvelles de la semaine, des gens se sont enfin intéressés au problème de « montrer son cul à l’hosto » et ont inventé ceci :

blouse hopital

 

Mais attention, ne nous réjouissons pas trop vite. C’est aux Etats-Unis donc d’ici que ça arrive chez lui, on compte une quinzaine d’années.

Passage pas rigolo du post:

Je ne sais pas si vous y avez repensé depuis le début de l’année, si de temps en temps vous vous êtes demandé « tiens, est-ce que la condition des femmes en Inde s’est améliorée depuis le viol-saccage-meurtre de l’étudiante » mais au cas où, je vous annonce que la réponse est non. (Si vous avez le coeur sensible, je vous déconseille de lire la suite.) Les manifestations pour dénoncer les viols ont redoublé suite au viol d’une gamine de 5 ans, le 15 avril dernier. Deux hommes (l’un âgé de 22 ans habitait dans le même immeuble qu’elle) l’ont retenue prisonnière dans une chambre et violée pendant plus de 40 heures. 5 ans… On est au-delà de l’insoutenable. D’ailleurs, rationalisons tout ça plutôt que de penser au calvaire de cette enfant. Donc à ce stade, on peut discuter de savoir si un crime relevant de toute évidence de la psychiatrie est vraiment représentatif de la société indienne. Soit. Mais le père de la gamine a décidé de porter plainte (OUF) et là, les flics lui ont offert 26 euros (2000 roupies) pour qu’il n’ébruite pas l’affaire lui faisant voir le côté positif de tout ça, à savoir que sa fille est encore en vie… Si le viol et la mort de l’étudiante indienne avait soulevé tellement de protestation c’était précisément parce que cette histoire montrait comment la police et la justice refusaient de s’intéresser à cette violence. Ce qui est évidemment une forme de légitimation. Donc rebelote. Mais que cette affaire éclate, relance le mouvement de protestations, prouve qu’il se passe quelque chose dans la société indienne.

Sur ce, je vais aller me coucher. J’aurais plein de trucs plutôt pas intéressants à raconter mais je suis trop fatiguée. (Heureusement que ma belle-mère arrive dimanche HALLELUJAH.)

Message de service : BON ANNIVERSAIRE ONDINE

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5 avril 2013

Des Anonymous, du Libé, de la banque

Mes bons amis, je suis fatiguée.

Un peu comme ça :

barbie fatiguée

via Buzzfeed

Je bosse comme une acharnée. Par exemple, mercredi soir, j’ai bossé jusqu’à 23h30 pour finir un papier sur l’affaire Cahuzac. (Je suis pas peu fière de 2/3 vannes dans ce papier. J’aime bien celle sur le Pérou et celle sur le navet.) Certes, fut un temps où je bossais jusqu’à 2h du mat, mais je me levais à midi donc bon…

Du coup, fatigue oblige, je lis les trucs de travers. Par exemple, en découvrant que les Anonymous avaient hacké le twitter et le flickr d’un outil de propagande nord-coréen, et balancé des attaques contre certains de leurs sites, j’ai cru qu’ils prenaient parti contre Kim Jong-Un, pour les Etats-Unis.

AH AH AH AH

Bah évidemment que non.

Une des photos postées sur le Flick piraté :

Kim Jong Un

Notez la subtilité du nombril qui sert de bouche à Mickey.

Ils disent des choses très simples. A Kim Jong-Un qu’ils sont désolés qu’il souffre du syndrôme de la petite bite mais que menacer la planète ne fera pas grandir son pénis. Aux Etats-Unis qu’ils ne sont pas la police du monde, qu’ils rentrent chez eux. Aux deux gouvernements qu’ils aillent s’enfermer dans un bunker pour se balancer leurs missiles sur la gueule.

Comme d’habitude, ils se battent contre toute forme de censure. Du coup, ils réclament un internet libre pour les Coréens du nord qui, pour l’instant, n’ont accès qu’à un intranet national. Là, ça se complique un peu parce que les Anons annoncent qu’ils ont pénétré les serveurs nords-coréens de cet intranet, grâce à des résistants nord-coréens qui ont créé un lien entre l’internet mondial et l’intranet nord-coréen. (Vous suivez ? J’espère parce que je suis trop fatiguée pour relire ma phrase et la rendre intelligible.) Sauf que certains spécialistes disent que c’est peu crédible comme manip. Pour le prouver, les Anons ont rendu publiques des données persos tirées de cet intranet, sauf qu’il semblerait que ces données viennent plutôt de Chine. Laissons les experts trancher.

En tout cas, ça ne devrait pas s’arrêter là. La suite de l’opNorthKorea est prévue d’ici une dizaine de jours. Un message annonçait que si Kim Jong-Un ne démissionnait pas, les Anons inonderaient leur intranet de vidéos de chatons et de pornos. J’ai tellement hâte…

On pourrait rigoler mais rappelons-nous que les Anons ont aidé techniquement pendant les révolutions arabes et même s’il est très difficile d’évaluer l’impact que cette aide a eu, elle n’est pas non plus négligeable.

Sauf que tout de même, leur action peut servir si elle accompagne une véritable volonté du peuple nord coréen de se soulever. Théorie trotskyste de base hein, on ne provoque pas la révolution, on peut au mieux, si le contexte n’est pas révolutionnaire, tenter de maintenir une agitation en attendant une véritable insurrection mais c’est tout. Et pour l’instant, on ne sait rien de ce qui se passe dans ce pays, donc on ne sait pas s’il y a une résistance.

Affaire à suivre donc.

(Mais c’est quand même intéressant de voir les Anons agir dans ce contexte hautement politique.)

Sinon, j’aime beaucoup CE tumblr, trouvé via Libé, qui compile des photos de vulves. Attention, NSFW. Mais également pas du tout porno. Juste réaliste. Je suis assez admirative des meufs qui envoient leurs photos. Même si c’est anonyme, ça demande quand même d’être sacrément couillue. (Oui, “couillue” est un terme sexiste qui associe le courage à l’anatomie masculine, c’est très moche, mais je suis beaucoup trop fatiguée pour chercher autre chose. Je présente donc mes excuses.) Et le but qui était de montrer aux femmes qu’il existe toute forme de vulve est atteint. Du coup, la notion de “normalité” de la vulve disparait complètement. Donc également celle d’anormalité. Bref, ça fait du bien.

Attention, je vais faire un truc de ouf : je vais linker un article de la Tribune. ICI. Voilà. Je l’ai fait.Je me sens toute bizarre. Donc en gros, ça raconte comment votre banque en regardant votre activité sur internet (réseaux sociaux, forums etc) où vous dites que vous êtes déprimés, que les temps sont durs, et en comparant avec le fait que votre compte en banque indique que vous allez vachement moins souvent au restau et que vous commencez à vous fringuer chez Tati, pourrait recouper toutes ces données (ce qu’on appelle le Big Data pour se la péter un peu), les mouliner et déterminer si vous risquez bientôt d’être en défaut de paiement. (Et donc vous refusez le prêt que vous espériez avoir.)

Je l’ai déjà dit sur Twitter mais je le répète : sur la 3ème photo de ce papier de Libé, on dirait que Houellebecq est mort. (Deux liens vers Libé, un lien vers la Tribune, mais bordel, qu’est-ce qui m’arrive ?!)

En même temps, quitte à parler de Libé autant linker le génial papier du Gorafi. Il faut le lire en entier. (Génial, comme tous leurs papiers. Les gars sont brillants.)


Sinon, je l’ai déjà avoué ici même, il y a certes très longtemps, mais je regarde les Feux de l’amour. Enfin… je regarde c’est un grand mot. Précisons : quand je tombe dessus, je ne zappe pas et je m’installe pour faire ma sieste devant. Ca doit faire à peu près 22 ans que je regarde occasionnellement cette série. La série que tout le monde connait mais que personne ne regarde. (Mais quel enfant malade, obligé de rester à la maison, n’est jamais tombé sur un épisode ?) 22 années de honte qui ont enfin trouvé leur utilité puisqu’à l’occasion des 40 ans de la série (40 ANS LES GENS), j’ai fait un tutorat de Toi aussi écris ton épisode des Feux de l’Amour et surtout une biographie non exhaustive de Victor Newman, le pénis qui valait trois milliards.

Nikki1979

 

 

 

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