Citations

Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

28 septembre 2015

Vacances en immersion – Part 1

Coucou mes petits amis, et revoilà la fameuse rentrée.

Depuis le temps que vous lisez des blogs, vous savez que le post de rentrée est généralement celui où l’individu bloguant vous conte ses vacances.

 

Ouais, alors bon, ça c’est ce que j’avais écrit genre le 2 septembre mais comme je ne l’ai pas publié, je me rends compte que ça sonne un peu bizarre le 28 septembre. (C’est dingue le degré de péremption d’un post de blog.) Alors, il faut lire ce post en essayant de vous imaginer que vous êtes à peine rentrés, encore bronzés, presque reposés et plein d’entrain. (Alors que 20 jours plus tard, ne nous leurrons pas, on est déjà tous crevés, lessivés, déprimés et on n’arrive pas à se rappeler la dernière fois qu’on est parti en vacances même si c’était y’a trois semaines.)

Bref. Pendant ces vacances, l’individu bloguant en ces lieux a vécu une expérience inédite.  

interdite

Une expérience de mort imminente ? Presque. J’avais prévu de partir quelques jours avec les deux êtres humains qui sont sortis de mon sexe. J’ai d’abord pensé hôtel. T’y es logé, nourri, blanchi, c’est un peu comme retrouver l’espace utérin de ta reum. Et puis j’ai une amie qui m’a dit “je pars seule avec ma fille, viens on loue une mini maison ensemble, je ferai la bouffe”. C’était super. Sur place, elle m’a dit “merdum, j’ai un problème, je dois rentrer”. Elle a fait une pause. Elle m’a regardée intensément. “Ca va aller ?” J’ai opiné du chef. Elle a insisté “Je veux dire… seule avec tes enfants ?” J’ai levé les yeux au ciel dans une tentative de mimer un truc comme “Bah oui, mais de quoi tu parles ? Evidemment, je suis une adulte, je vais m’en sortir.” Et j’ai même eu un petit frisson d’excitation parce que je dois avouer que c’était un peu un fantasme de me retrouver seule avec eux – sans doute par un atavisme me poussant à reproduire mon enfance, et donc mes propres vacances seule avec ma mère. 

Je les ai regardées, elle et sa fille, s’éloigner dans l’allée, je me suis retournée vers la maison, j’ai vu mes enfants et j’ai été parcouru d’un second frisson mais qui, cette fois, ressemblait davantage à de la peur. Pourtant, ils étaient pas en train de grimper aux murs en rongeant les rideaux.

Mais brusquement, j’ai réalisé que l’adulte, c’était moi. Depuis le temps, vous me direz, je devrais avoir intégré cette donnée simple mais en vrai, bah pas trop. La preuve en est que, quelques semaines plus tôt, j’avais déjà vécu exactement la même chose.

J’avais fait la visite de l’école maternelle avec Têtard.

J’étais à peu près 25 fois plus surexcitée que lui à cette idée. J’ai aimé l’école, j’ai adoré l’école, j’ai tout fait pour ne pas en partir, quitte à prolonger mes études jusqu’à l’extrème limite que mes revenus me permettaient, cette limite étant la thèse. Quitte à y revenir quelques années en tant que pionne. Bref. C’est peu dire que l’idée d’y retourner avec Têtard m’emballait. Je sautillais sur le trajet pour découvrir cette maternelle. On a été reçu par la directrice. On s’est assis dans son bureau. Elle a un peu parlé à Têtard. Et ensuite, elle s’est tournée vers moi. Et là, vous ne devinerez jamais ce qui s’est passé. Je ne sais même pas comment vous le raconter. Elle m’a parlé comme si ce n’était pas moi qui retournais à l’école. Elle m’a parlé comme si… comme si j’étais un parent d’élève.

UN PARENT D’ELEVE

UN          PARENT          D’ELEVE

Ce concept flou d’individu flou qui reste sur le pas de la porte de l’école et glisse une fois par an un bulletin PEEP ou FCPE dans une enveloppe.

Le putain de choc pour moi.

J’aurais pu m’y préparer mais clairement, y’a un truc vrillé dans mon cerveau. Ca déconne sec.

Pendant ce temps, la directrice continuait à me parler de trucs qui me dépassaient complètement. J’ai vaguement entendu “coudre des étiquettes sur les vêtements”. “Téléphoner avant 9h en cas d’absence”. Autant de trucs que je n’ai jamais, mais alors jamais de ma vie associés au concept d’école. (Sans doute parce que c’est ma mère qui s’en chargeait.) Moi, tout ce que je voulais, c’était aller voir la cour, le préau et les salles de classe. Et elle, elle continuait “contacter le service de la mairie pour l’inscription au centre de loisirs blablabla”. MAIS PUTAIN C’EST QUAND QU’ON VA REGARDER LES DIFFERENTES COULEURS DE PATE A MODELER ??   

Bah c’était jamais. (Veuillez insérer ici un smiley hyper triste.)

On est sorti de là, le Chef m’a appelée “c’était bien ?” et… j’ai pleuré. (Rapport donc au fait que j’ai 5 ans.) (Mais remarquez, ça fait de moi une enfant extrèmement précoce.)

Donc cette histoire d’école, selon ce que j’ai raconté à 99% de mon entourage pendant les trois semaines qui ont suivi, m’a servi d’électrochoc. J’ai compris où était ma place de parent. (Dans le même genre, j’ai arrêté de croire que les gens qui me croisent avec mes gamins me prennent pour la baby-sitter. De toute évidence, ce n’est pas le cas.) (Ce qui est une faillite de la cosmétique, je vous le dis tout de go.) (Ca fait 20 ans que je me tartine de crème et on me prend pour la mère de mes enfants. C’est un scandale.) (Bref.)

Donc l’électrochoc.

Mais visiblement, il a été de courte durée vu que la minute où je me suis rendue compte que j’allais avoir seule, pendant plusieurs jours, la responsabilité de la vie de deux êtres humains – même de petite taille, ça reste des humains – j’ai flippé.

Précision : dans l’année, je m’occupe quand même vachement d’eux. On n’est pas dans un téléfilm où une working girl qui voit à peine ses enfants se retrouve, après un malheureux accident, plâtrée pendant un mois au cours duquel elle va, forcée et contrainte, découvrir ses enfants. Mais là, il allait falloir que j’assure leur survie, voire même en étant un peu ambitieuse leur bien-être, seule pendant plusieurs jours. Vous me direz, y’a plein de parents seuls. Je sais. J’ignore comment ils font. Et me répondre ça, c’est comme dire à quelqu’un qui vient de se faire larguer “mais y’a des gens qui meurent en Syrie tu sais”. Et puis, les parents seuls avec deux enfants de ces âges-là, c’est déjà plus rare. Rappelons pour mémoire : Curly = 13 mois, Têtard = 3 ans. 

cerne

Un cocard ? Non, des cernes de vacances. Un nouveau concept. (Des cheveux sales aussi, mais on parlera hygiène par la suite.)

Le sommeil

Partir en vacances avec ses gamins, ça signifie souvent dormir avec eux. Mise au point : le lecteur prendra le verbe « dormir » dans son acception de « somnoler légèrement parce que ton cerveau, reptilien ou pas, guette le moindre bruit produit par tes petits ».

Dans ma chambre, j’avais un lit bébé et un lit double que je partageais avec Têtard. (Salut Freud ! Ca gaze ? Je t’ai pas dit ? J’ai décidé que j’allais oublier tout ce que j’ai lu de toi pour être bien sûre de trauma mes gamins, à bientôt!) Dès la première nuit, j’ai eu la confirmation que mes enfants ont un sommeil de merde. Toutes les 20 minutes, le silence était déchiré par le hurlement inattendu de l’un des deux. J’avais l’impression d’être dans le dortoir d’un asile d’aliénés. De 22h à minuit, c’était Curly, à partir de 00h30 le relai était pris par Têtard. A noter également un fait scientifiquement édifiant : Curly ne sait pas parler et pourtant il parle dans son sommeil. Perso, je trouve ça dingue. Il fait des petites phrases, avec aucun mot identifiable dans une langue connue de l’humanité. (Mes nuits ressemblaient donc à un croisement entre Birdy et l’Exorciste.) Et au moins une fois par nuit, Têtard tombait du lit. Puis à 6h30 réveil de Curly.

La première nuit, alors que j’allais enfin m’endormir, vers les 3h du mat, il y a eu un éclair. Comme un flash lumineux. Je me dis orage, et j’essaie de trouver le sommeil. Mais ça recommence et ça fait un truc bizarre. A travers mes paupières closes, apparaissent des flashs de lumière hyper forts et tellement précis que j’entrevois un fil d’ampoule. Chelou, non ? Au cinquième flash, j’ouvre les yeux. Je guette. Et je comprends que c’est l’ampoule du plafonnier situé pile au-dessus du lit qui s’allume par intermittence. (Une méthode couramment utilisée à Guantanamo.) Il y a un court-circuit. Mais bon, il est 4h du mat, il me reste approximativement 2h30 de sommeil, je suis épuisée. Je me retourne et enfouis ma tête dans l’oreiller pour ne plus voir les flashs. Sauf que là, à votre avis, que se passe-t-il ? Mon cerveau tout niqué se met en marche. Je commence à me dire que l’ampoule risque d’exploser. Et plein de petits bouts de verre ultra coupants vont tomber dans les lits. Et si l’un se plante dans la carotide de Curly ? Non, c’est débile. Personne ne meurt d’une explosion d’ampoule de 60 watts.

Mais si un bout de verre tombe dans l’oeil de Têtard ? Si l’un des enfants reste à jamais défiguré ? Je m’imagine me levant tous les matins de ma vie et trouvant face à moi au petit-déjeuner mon fils portant les stigmates défigurants de ma négligence. Et je dirais quoi ? “Je ne sais pas ce qui s’est passé.” Parce qu’évidemment, je devrais mentir. Impossible de dire la vérité aux gens, même au Chef “en fait, j’avais bien vu qu’il y avait un court-circuit dans la lampe, mais j’étais trop fatiguée pour me lever et m’en occuper”. Et jusqu’à ma mort, je porterai mon lourd secret. J’ai passé une bonne demi-heure à m’imaginer pour moi et mes enfants une vie de merde rongée par le secret et la culpabilité avant de me décider à me lever pour enlever l’ampoule. Je me recouche, je suis en train de rêver que je parle des rapports de la télé-réalité et de l’homosexualité avec Laurent Ruquier. Ensuite, je vois Ségolène Royal. Elle a arrêté de fumer et discute avec Nicolas Rey, ils découvrent qu’ils sont voisins. C’est à ce moment-là, soit après une heure de sommeil, que Curly se met debout dans son lit et appelle : “mamamamaman ? Tetaaa ?” Il est 6h30 du mat.

Je prépare les biberons. (Deux laits différents, deux type de chocolat différents.) Maman, toi t’es le voleur et moi je suis le magicien. Je suis pas bien réveillée là Têtard. Alors toi t’es le magicien et moi je suis le voleur. (Mais putain, pourquoi il croit que ça change quelque chose d’inverser les rôles ?)

Ah oui, parce qu’il ne faut pas minimiser la sollicitation permanente d’un enfant de trois ans. Une sollicitation qui vire assez vite au parasitage et maman t’as vu le chien ? qu’il est inutile d’ignorer dans t’as vu le chien ? la mesure où l’enfant t’as vu le gros chien ? continuera calmement t’as vu le gros chien ? et imperturbablement t’as vu le gros chien à vous poser la question jusqu’à t’as vu le gros chien ? obtenir une réponse, oui chéri, j’ai vu le chien. Non, tu l’as même pas vu, c’est moi qui l’ai vu.

7h Curly devient rouge pendant trois longues minutes avant de m’annoncer fièrement “cacacacacaca”.

Ok.

Non, pas ok.

Parce que j’étais certaine d’avoir une couche de réserve mais qu’en fait non.

Sauf qu’à 7h y’a rien d’ouvert. On attend. A 8h, je les habille, 2 t-shirts, 2 shorts, 4 chaussettes, 2 chaussures. Je mets Curly dans la poussette, j’entends un long sproutch quand je le cale au fond pour l’attacher et j’imagine très bien la merde qui est en train de déborder de la couche et de remonter dans son dos. On part. Maman, toi tu dis mon spectacle et moi je suis la sorcière.

Je trouve une pharmacie. Maman, toi tu chantes et moi aussi.

Elle est fermée. Maman ? Maman ? Maaaamaaaaannnnn ? Oui ? Toi t’es la maitresse et moi je suis le chat.

On va s’installer à une terrasse de café pour attendre l’ouverture de la pharmacie. Je suis un zombie. Je fume une clope, je bois mon café. Têtard parle. Curly se balance d’une fesse sur l’autre pour bien étaler son caca. Autour de nous, il n’y a que les gens du cru, tous en doudounes avec des écharpes parce que figurez-vous qu’il caille sa race à cette heure-là. On a l’air de zonards. Mais ce qu’il y a de bien avec des individus âgés de moins de 5 ans, c’est qu’ils vous font une confiance telle que jamais ils ne penseront à vous dire « maman, ton plan, il est hyper pourri. Qu’est-ce qu’on fout là à se cailler la raie du cul ? » 

Au bout de quelques jours, j’avais pris le pli d’être réveillée et prête à sortir à 7h15. Un matin, on a même fait l’ouverture du Monoprix. (Une sorte de climax dans mes vacances.)

monop

Oui, sur cette photo, Curly n’a qu’une chaussette et Têtard est en pyjama. Pour ma part, j’avais emporté dans ma valise deux pantalons, dont l’un était aussi mon pyjama mais je n’ai jamais vraiment décidé lequel des deux était dévolu à cette fonction.

En regardant cette photo, je m’aperçois aussi que tu sais que tu as perdu toute estime de toi quand tu n’as plus de sac à main mais juste un sac Monop.

La suite demain.

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7 septembre 2015

Mais pourquoi pas ?

Voilà un post qui va valoir à mon blog d’être interdit d’accès sur certains lieux de travail.

Parce que oui, exceptionnellement, voici un petit friday sex.

(On est lundi, je sais bien.)

Histoire de s’aérer un peu la tête et de parler d’autre chose que d’enfants morts, même si, bien sûr, je n’ai rien contre les enfants morts mais disons seulement que parfois ça fait du bien de penser à autre chose.

Par exemple, à des oeufs d’alien.

Franchement, voilà un sujet auquel on ne réfléchit pas assez. C’est encore une fois grâce à Vice que j’ai découvert ce… hum… cette pratique (?). Notamment, l’ovosipator.  

OviII

“Pfff” soufflera le lecteur blasé “encore un gode, quel intérêt ?” En réalité, ce n’est pas un gode, c’est un objet qui ressemble à un gode et qu’on introduit dans l’orifice de son choix pour y déposer des simili-oeufs d’alien que notre corps finira par expulser. On appelle également cet appareil un Splortch.

ovipositorsneak

Ah ah… Dépose à mes pieds divins ta blasitude et prosterne-toi devant cette découverte. Il y a même des vidéos de démonstrations en apparence totalement SFW, mais en vrai, c’est assez troublant/beurk.

On peut juger le succès d’un produit à la manière dont ses utilisateurs se l’approprient et le détournent. Voici donc la meuf qui a pensé à faire des oeufs à l’alcool pour les enfourner dans la bouche de sa pote.

oeuf-alcool

Alors évidemment, vous allez me demander : mais pourquoi donc s’introduire un oeuf en gélatine dans le cul ? Et c’est là que j’ai envie de vous dire “et pourquoi pas ?” Même si c’est pas mon truc, je peux voir ce que certains y trouvent de sexy. A condition de réussir à faire taire des questions subsidiaires comme “et si le truc ne ressort pas ? S’il reste bloqué ? Ou si on fait une allergie à la gélatine et que la radiographie de notre rectum finit sur le blog d’un étudiant en médecine dans un post intitulé Le top 10 des gens les plus cons qui ont fini aux urgences ?” Mais de manière totalement théorique, je peux comprendre. Et au final, quel est le plus étonnant : que des individus s’autofécondent avec des oeufs d’alien dans le cul ou alors que moi, je ne sois pas plus étonnée que ça par leur envie sexuelle de se foutre ces oeufs dans leurs cavités ?

Ca m’a fait la même chose cet été. J’étais en train de lire cette super enquête (mais en anglais) (mais vraiment géniale) sur la zoophilie. Têtard était assis à côté en train de mater Tchoupi sur la tablette, quand j’ai levé la tête et que je me suis surprise en train de penser “ouais… mais pourquoi pas la zoophilie finalement ? Je peux comprendre.” Et là, j’ai croisé le regard de Têtard et j’ai remercié Dieu, Ganesh et l’évolution biologique que mon enfant ne puisse pas lire dans mes pensées. T’imagines, t’as 3 ans et demi et t’entends ta mère penser “ça se trouve, j’aurais grandi dans une ferme, mon premier mec aurait été un berger-allemand ou un labrador.”

J’ai ébouriffé les cheveux de ma progéniture en souriant l’air de rien (et là, pensez à toutes les fois où, sans raison apparente, votre mère vous a caressé les cheveux et dites-vous qu’elle était sans doute en train de s’imaginer se faire gang-banger par des chevaux). (Ne me remerciez pas.) Mais bref, je me dis que mon statut de meuf maquée, avec des enfants, vivant en proche banlieue aurait pu me « normaliser » mais en définitive, pas vraiment. Du temps où je frottais mes fesses à tous chibres qui passaient, tu m’aurais dit “zoophilie” j’aurais fait “beurk”. Mais maintenant… Je veux dire, tant que l’on reste dans la classe des mamifères, pourquoi pas ? Le mammifère, c’est ma limite de l’acceptable. Par contre, au-delà, je vois pas. Je vois pas pourquoi on aurait envie de fourrer un poisson par exemple. Ou un pigeon.

Mais ma très large compréhension des attractions sexuelles déviantes m’interroge. Serais-je la mère Teresa des sexualités hors-norme et des gros dégueulasses ? Faut-il y voir un signe de désespoir face à la banalité de mon quotidien ?

Bref. Après le Splortch, je me disais que plus rien n’interpellerait jamais ma curiosité sexuelle. Je veux dire, une fois que tu as vu ça, tu fais quoi dans la vie ? Rien. Et pourtant, le même jour, j’ai fait la découverte d’un autre gadget, une pépite d’absurdité telle que seul l’esprit humain peut en concevoir. Un truc que j’appellerais un harnais à pieds pour godemichet.

harnais-pied

La meuf passe la vidéo à tenter de nous faire croire que c’est un jouet sexuel alors que de toute évidence c’est : un truc pour faire du sport et accessoirement se pénétrer avec. Mais qui a envie de se pénétrer avec sa jambe ?! Le dernier truc que t’as envie de faire quand tu te branles c’est quand même un effort physique. C’est complètement con comme idée.

Et puis après, je me suis dit “remarque… pourquoi pas…”

Après avoir vu cette vidéo, j’ai découvert que le meilleur était en-dessous. Ce sont les commentaires. D’abord, tous les gens qui, comme moi, se demandent comment ils ont atterri de ce côté-là de YouTube. Parce que sachez que cette vidéo en est à plus de 13 millions de vues… Des millions de personnes qui ne cherchaient sans doute pas à voir une démonstration de harnais podologico-gynécologique et qui sont tellement interloqués qu’ils prennent le temps d’écrire un commentaire (ce qui renforce évidemment le classement de la vidéo).

comment1

COMMENT JE SUIS ARRIVEE LA JE REGARDAIS JUSTE LA SERIE GIRLFRIENDS!!!?!?!?!

comment2

Je regardais des tutos et je me retrouve là. Qu’est-ce que je fais de ma vie ?

comment3

J’étais en train de regarder une vidéo d’une morgue ukrainienne… et j’ai atterri ici…

comment4

J’étais en train de regarder des clips et j’ai fini ici. Putain… c’est comme une gueule de bois de YouTube.

constat1

Je suis encore du mauvais côté de YouTube…

comment6Hey je t’ai suivi… Où sommes-nous ?

constat2

Comment je me débrouille pour toujours me retrouver du côté bizarre de YouTube alors que juste avant j’étais sur le point de regarder un film ?

reponse1

Hey salut, bienvenue dans l’hôtel du comment je me suis retrouvé là… Nous espérons que vous apprécierez votre séjour de ce côté-ci de YouTube.

 

reponse2

C’est ce qui arrive quand vous regardez des vidéos de dauphins qui se masturbent avec un poisson mort.

kid

Si mes parents entrent dans ma chambre, je mettrai du porno, ce sera plus facile à expliquer que cette merde.

bizarre

Message pour moi dans le futur, efface ton historique de navigation.

Pour finir, je me permets de vous conseiller la lecture de ce post d’une instit sur les classes de CP. Que vous ayez ou non des enfants, ça vous fera marrer. Elle raconte l’oscillation entre l’impression d’être Dieu en leur apprenant à lire et la triste réalité « Car cet être étrange et fascinant qu’est l’enfant de CP demeure, au moins jusqu’aux vacances de la Toussaint, une sorte de débile profond à qui on aurait lobotomisé un hémisphère cérébral durant les deux mois d’été. Le CP de septembre ne sait rien faire. »

Si vous avez besoin d’une pause de quelques minutes, il y a cette vidéo de Tu mourras moins bête.  Ou le programme court Ploup qui explique le hashtag. 

Cette BD en anglais qui explique les malheurs de ma génération. 

Et, spéciale dédicace à Boulet, des images de l’espace complètement dingues. 

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22 juillet 2015

Clark Gable, Parbunkells, l’Argentine et Kendall Jenner

Ok, là, j’en ai marre, je veux des vacances. A la place, je dois bosser et prendre des forces pour précisément partir en vacances avec ma progéniture.


En parlant de progéniture, depuis quelques semaines, Têtard lève brusquement la tête. Il a une expression étrange, comme si les aliens lui avaient implanté une puce qui réagit à leur signal silencieux. Et il dit d’un ton hyper inspiré “Maman! Une patate!” Comme ça arrive dans la rue ou dans le métro, 20 fois par jour, j’ai commencé à me dire qu’il souffrait d’une légère psychose. Jusqu’au jour où j’ai compris que les patates en question ce sont les Minions. Et qu’ils sont putain de partout. C’est pire que les crottes de chien ces trucs. Je fais une overdose. Comme elle dit…

Sinon, sachez que mon navigateur est ouvert sur cette page depuis plus d’une semaine.

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Ouais. Je sais pas trop pourquoi. J’ai des angoisses de mort. Dans la vie quotidienne, c’est passablement relou. Mais bon, je me soigne. (Me soigner = contempler longuement la page wikipédia dédiée.) J’en ai parlé au chef, il m’a tapoté la cuisse en grognant “mais non, touvabien”, puis “et si on regardait un film ?” et on a maté Hunger. Le film de Steve McQueen sur la grève de la faim de Bobby Sands, le militant de l’IRA. Argh…

Ne vous méprenez pas, ce film est extra-ordinaire. La claque. La même semaine, j’ai eu une autre claque cinématographique avec le film le plus mauvais que j’avais vu depuis trèèès longtemps : The Attack of the 50 foot cheerleader.

Bref, revenons à Hunger. Sachant que la dernière demi-heure consiste à regarder l’agonie d’un homme, en passant par les stades abcès, vidanges en tout genre, puis corps tellement fragile qu’il ne supporte plus le poids d’un drap sur lui, jusqu’à ce qu’il meurt. Ca ne m’a pas vraiment fait du bien à mon angoisse.

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Ca a aussi été l’occasion de regarder s’ouvrir un petit fossé entre le Chef et moi puisqu’après le film, j’ai dit “c’est ouf cette histoire quand même…” (je ne la connaissais pas) (non, je n’ai pas vraiment tout le savoir du monde dans mon cerveau) et il m’a répondu “je me souviens parfaitement de l’annonce de sa mort”. :/ Ah… Perso, j’avais un an quand Bobby Sands est mort.

Sinon, j’ai pas mal de trucs en stock que je voulais poster et puis finalement, j’ai pas eu le temps. Alors, c’est parti.

En préparant un article pour Grazia sur la drague en ligne, je suis tombée sur cette géniale (vieille) vidéo. Une meuf qui a hacké les sites de rencontre. La meuf est dingue, et son histoire aussi. C’est sous-titré en français et ça réjouira tous les adeptes de listes et de classements. Allez-y voir et écouter.

Pour ceux qui lisent bien l’anglais, il y a aussi cette story. En Argentine, pendant la dictature, il y a pas mal de jeunes qui ont “disparu”. Clairement, ils ont été tués par les militaires. Les mères et les grand-mères des disparus continuent de se retrouver toutes les semaines sur la Plaza de Mayo, elles réclament la vérité, l’ouverture des dossiers etc. Quand j’étais là-bas avec ma copine Carmela, on est quand même tombées sur un chauffeur qui nous a dit “pfff… c’est des conneries, c’est juste des jeunes hippies qui ont fugué.” Bref, voilà l’histoire d’un mec de 36 ans qui découvre qu’il est le bébé de disparus que l’Argentine cherchait depuis sa naissance mais qui, en même temps, n’a pas l’impression que c’est vraiment son histoire.  

Autre histoire un peu dingo : comment Clark Gable a violé l’actrice Loretta Young. Je vous le fais en version courte. Ils se rencontrent sur un tournage en 1935. Ils se draguent.

LorettaYoung2c 

Elle est sublime non ?

Mais Young est très catho donc hors de question d’aller plus loin hors des liens sacrés bénis par dieu et un curé. Mais c’est pas bien grave vu qu’à l’époque, le sexe d’une femme on a un peu tendance à considérer que c’est en libre-service, sur place ou à emporter, donc Gable va la retrouver un soir et la prend sur place. Elle se sent mal mais ne dit rien. Après tout, ils ont flirté ensemble, et puis c’est Clark Gable, pas un inconnu avec un masque de clown (référence subtile à un épisode la Petite Maison dans la Prairie que j’ai revu pour écrire ce texte). A l’époque, l’idée de viol ne se rapportait qu’à des inconnus qui vous agressaient dans une ruelle obscure. Ce n’est que 60 ans plus tard que Loretta Young mettra ce mot sur ce qui lui est arrivé. Bref, comme elle a pas trop de chance, elle tombe enceinte. Evidemment, hors de question d’avorter. Donc elle cache sa grossesse à tout le monde. Quand elle commence le travail, on la drogue au chloroforme pour que les voisins n’entendent rien. Et puis, le bébé, une fille, est déclarée sous un autre nom. Un an et demi plus tard, Young annonce qu’elle va adopter un enfant. (Le sien donc.) Problème : sa fille avait hérité des oreilles de Dumbo de Clark Gable. Du coup, pour éviter les commérages, elle fait opérer sa fille à l’âge de six ans pour lui recoller les oreilles.

Je vous spoile la fin : elle a pas eu des super rapports avec sa fille. Mais allez lire.

Sinon, je vous parlais récemment de mon amour certes déçu mais toujours présent pour Grey’s anatomy. Sa créatrice, Shonda Rimes, s’est lancée un défi particulier. (Un peu comme Zuckerberg qui se lance un défi par an.) Elle a décidé de dire oui à tout pendant un an. Elle explique que c’est l’expérience la plus incroyable qu’elle ait vécue. Et comme un éditeur lui a proposé d’en faire un livre, elle a dû accepter. J’attends d’avoir plus de détails mais dans l’idée, ça me plait assez.

Il se trouve qu’en ce moment, il m’arrive de bosser avec des gens “de le milieu de le cinéma”. Je vous raconterai. Et puis, comme 75% des individus croisés en soirée ces derniers temps, j’ai “un projet de scénario oui, je suis assez avancée mais j’attends un peu avant de le proposer à des prods tu vois”. (Ca me rappelle l’époque où je vivais Chez Jeannette, le bar oui, et où tous les mecs qui y trainaient rentraient systématiquement de New-York où y’avait une énergie dingue tu vois et bossaient sur un documentaire à la Chris Marker tu vois.) Bref, un lecteur de scénar français a fait des statistiques sur ce qu’il reçoit. Il en conclut que : « s’il fallait faire un gloubiboulga de tout ça pour en sortir un scénario représentatif, ce serait l’histoire d’un parisien de 32 ans obligé de se faire passer pour quelqu’un d’autre dans un milieu qui n’est pas le sien, qui se lierait d’une amitié improbable avec son opposé (en l’occurence un vieux qu’il faut faire sortir de la maison de retraite) et partirait en road trip avec lui ».

Il y a aussi ce super site. J’ai pas bien pigé l’idée mais ça m’a quand même vachement plu, les animations sont très belles et c’est l’occasion d’écouter des musiques de toutes les époques. (Si vous voulez m’expliquer en commentaire, allez-y.) (Vérifiez juste que vous êtes pas 53 à l’avoir déjà fait hein.) Et je l’ai découvert grâce à reader, un site que vous devriez aller voir plus souvent.

Dans le genre “la bonne idée qui me plait et tiens, j’aurais pu l’avoir mais pfff… en fait, soyons réaliste, même si je l’avais conceptualisée, je ne l’aurais jamais concrètement menée à terme alors tant pis”, une artiste de Brooklyn a récupéré un vieux mot du 17ème siècle. Le mot “parbunkells” (qui semblerait signifier : coming together through the binding of two ropes, soit… bah voilà quoi…). Ce mot était complètement tombé dans l’oubli. Conséquemment, il n’existait pas sur l’Internet. Elle a fabriqué un énorme panneau et l’a affiché sur un immeuble abandonné dans le Queens.

parbunkells 

Comme elle savait que des curieux chercheraient sur Internet, elle a écrit un texte qui était donc la seule occurrence (et résultat google forcément) de parbunkells. Elle a demandé aux gens de ne rien publier d’autre avec ce mot pour que tout le monde puisse expérimenter ce « silence numérique ». Cet unique résultat, lieu de rencontre entre le chercheur et l’artiste.

julia-weist

 

Bien sûr, depuis, il y a eu nombre d’articles sur cette histoire, et donc de résultats sur les moteurs de recherche. Et un mot qui n’intéressait plus personne depuis 400 ans a fait le « buzz ». Ce qui me plait dans cette histoire, qui pourrait quasi être une nouvelle imaginée par le fils caché de David Foster Wallace et Borges, c’est qu’elle montre à quel point le langage relève de conventions. « Parbunkells » ne renvoie plus à sa définition originale, et ne la retrouvera jamais. L’artiste a réussi à le vider de son sens pour qu’il ne désigne plus que l’agitation autour de, précisément, son absence de définition. C’est exactement le même mot mais un individu a réussi à le transformer entièrement et il renvoie désormais, en gros, à la fabrication de signification et de contenu sur Internet.

Qu’un mot change de définition avec le temps, c’est un processus linguistique classique. A force d’être utilisé, son sens dérive. Ce qui est original ici, c’est que c’est précisément le fait que plus personne ne l’employait qui a permis de modifier son référent, et aussi que ce processus est le fait d’un individu seul. Ca va à l’encontre des règles linguistiques habituelles. L’artiste s’est appropriée un mot et l’a entièrement modifié, renouvelé, lui a donné par la force (humaine et algorithmique) d’Internet son empreinte – ce qui est peu ou proue le programme poétique de Rimbaud ou Mallarmé.

Dans un genre légèrement moins poétique, apprenez que le record de like sur Instagram a été remporté par Kendall Jenner (la demi-soeur de Kim Kardashian) pour cette photo. Mouais… Bof quoi. Moi aussi j’ai eu 14 ans et j’ai pensé à faire des trucs niais avec mes cheveux, est-ce que ça méritait vraiment de remporter un record mondial ? Nein.

jenner

Et évidemment, au cas où une personne au monde ne l’aurait pas vu, je ne pouvais pas vous laisser sans cette vidéo d’une femme qui accouche dans sa voiture en 32 secondes. Précisons qu’il s’agit de son 3ème enfant (ceci expliquant la rapidité du « travail »).

Bonnes vacances!

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14 juillet 2015

Mais que font les adolescents sur Internet ?

A mes heures perdues, il m’arrive de regretter l’Internet d’avant, quand il s’agissait d’un cénacle d’afficionados. Mais la démocratisation du web a permis au moins une chose : découvrir les autres. (Les autres : qui sont-ils ? Que pensent-ils ?) Prenons par exemples les jeunes. Chaque catégorie de jeunes a son Twitter – en général en fonction du milieu social parce que non, on ne se mélange pas plus sur Internet que IRL. Ce sont des bulles qui croisent rarement la nôtre. Tapie derrière l’écran de mon ordinateur, telle la version 2.0 de la concierge, j’aime bien voir ce qu’ils racontent. C’est effrayant et ça me donne l’impression d’avoir 134 ans mais c’est comme les accidents de train, je peux pas m’empêcher de regarder. C’est comme ça que je me suis retrouvée à suivre une histoire un peu dingue, qui vous rappellera sans doute les pires années de votre adolescence mais passées par un multiple de 100.

Je vous propose donc une plongée dans les abîmes des réactionnaires homophobes jeunes qui, en apparence, n’ont aucun point commun avec les serre-têtes de la manif pour tous et pourtant…

Le héros de cette histoire s’appelle Yanis, à l’époque il a 14 ans et plusieurs particularités. D’abord, physiquement, il a le visage d’un garçon de 12 ans mais un corps agrémenté de petits seins et d’une paire de fesses kardashianesques qu’il aime exhiber sur Internet.

fils-kardashian

Ce qui est intéressant chez lui, c’est sa manière de manier la provoc dans un milieu finalement hyper normé. Il a un physique atypique qu’il devrait – selon la logique de son milieu – cacher, il décide au contraire de le montrer à tous. De même, alors que dans son univers « pédé » est l’insulte absolue, il revendique son homosexualité et surjoue la folle (aidé par un physique qui trouble le rapport au genre). Et en prime, il se revendique comme musulman – ce qui vous allez voir est sans doute ce qui choque le plus.

Bref, grâce à toutes ces provocations et sa manière de bousculer les normes, il devient une petite star dans l’internet des ados. (Sur Facebook, il était suivi par 13 000 personnes.) Il est un peu l’enfant caché de Perez Hilton et Kim Kardashian version .fr – mais son cerveau semble piloté par un scénariste d’AB Production.

Tout part d’une vidéo de cul balancée sur Internet il y a quelques mois. On y voit deux mecs en train de niquer. Evidemment, tout le monde veut savoir qui ils sont.

sextape

Le nom de Yanis commence à circuler. Alors il décide de couper court aux spéculations et fait un truc étonnant : il assume. Il dit oui, c’est moi. Mais par contre, il est un peu véner que son camarade de jeux le laisse seul face à la meute. Alors il balance son nom. Le camarade dément. Ca agace vraiment Yanis. Du coup, il se lance dans une narration détaillée de leur histoire sur Twitter.

Ame sensible s’abstenir, le contenu qui suit ferait passer mes posts du vendredi pour les nouvelles aventures de Candy.

Rappelons que le sens de lecture est de bas en haut.

recit-1

DONC il faut commencer par lire le tweet ci-dessus et remonter.

Mais comme je ne suis pas certaine que vous parliez tous couramment cette langue, je me permets de vous proposer une traduction :

« Au commencement de cette aventure, je m’en étais allé à l’auberge Châtelet avec mon fidèle compagnon Presley. Brusquement un homme rentre dans la taverne. #1

De prime abord, son physique ne nous sied guère. #2 (il semble qu’une négation est été omise dans la version originale) (ou alors ça donne : son physique nous charme d’emblée.) (je laisse le lecteur juge)

Il était en compagnie d’une dame. Presley et moi partîmes aux lieux d’aisance. #3

Ignorant notre présence dans cet espace intime, l’homme y pénétra également. #4

Presley et mois nous lavâmes les mains en nous admirant dans le miroir quand je vis que l’homme #4 »

recit-2

« S’intéressait à ma partie postérieure #6

Puis il frotta son petit vît et nous dit « seriez-vous des pédérastes à la recherche de satisfaction immédiate ? »

Nous étions décontenancés mais nous réfugiâmes dans le rire. Il nous demanda ensuite de goûter son organe.

Mes amis ! Sur dieu, je jure que telles furent ses paroles ! Nous nous exécutâmes et il s’en réjouit. #9″

recit-3

« Bien que Presley fut réticent, il m’imita.

Mais le vît de l’homme restait timoré. Je m’appliquais donc.

Et j’en suis fier, je ne suis pas là pour vous plaire. Je travaillais donc avec acharnement et il en semblait comblé.

Malheureusement, l’aventure fut interrompue par l’arrivée impromptue d’un autre gentilhomme. Presley et moi étions tremblants. »

recit-4

« Je tiens à porter à l’attention du lecteur que le vît de l’homme humait le fromage

Et sa substance vitale rappelait le lait fermenté. »

#16 intraduisible.

Je vous le dis tout de suite, avec ce récit pimenté, Yanis n’élargit pas vraiment le cercle de ses amis. Premier problème : comment peut-il raconter ça et être musulman ? Exemples soft de ce qu’on lui envoie :

allah-regarde

imam

Deuxième problème : comment le croire ? En effet, comment imaginer que des hommes puissent se livrer à de tels actes ? Surtout que le camarade de jeux de Yanis se pose comme le prototype de l’hétéro viril. Et quant à ceux qui ne le traitent pas de mytho, ils ne comprennent simplement pas pourquoi il raconte cela alors qu’évidemment, il devrait être pétri de honte et se flageller avec des orties :

gay

Yanis répond laconiquement et continue d’assumer.

Assez vite, l’attention générale se concentre sur une question : de quelle origine est le camarade de jeux ? Parce que vous devez comprendre que s’il est camerounais, c’est la honte pour tous les Camerounais. Tout le monde veut donc savoir sur quelle population est tombée l’infâmie.

Quand on voit les réactions, on comprend que le mec en question ait eu moyen envie d’assumer :

« Le renoi qui a baisé Yanis la Légende même Satan ne voudra pas de lui en enfer »

« Le renoi qui a baisé Yanis la légende il vient de prendre son aller simple pour les ténèbres »

« Donc cest lui qui a plonger son kiki dans le caca de yanis la légende ? Mais qui sont ces parents cest une HONTE. »

« Le mec qui a baisé « Yanis la legende » il fait honte aux noirs ce gros Fdp faut le tué. »

(Est-ce que je vous traduis l’abréviation FDP ?)

C’est le festival des propos homophobes. Un déluge délirant. En gros, pour vous situer le niveau, pendant l’espace de quelques minutes j’ai eu la sensation que Christine Boutin était saine d’esprit. Et pendant ce temps, les menaces contre Yanis se font de plus en plus précises. Honnêtement, à ce stade, j’ai commencé à flipper pour lui.

menace-1

 

menace-2

 

Et encore, ça, c’est la partie visible de l’iceberg. Il faut y ajouter ce qui lui est envoyé en privé et les remarques IRL puisqu’il a affiché sa tête partout et que tout le monde peut facilement le reconnaitre dans la rue.

Quelques jours plus tard, sur un des ses multiples comptes Twitter (à mon époque, les jeunes ouvraient plein de blogs différents, désormais ils font ça avec Twitter, ils en changent constamment, adolescence = trouble de l’identité, besoin permanent de prendre un nouveau départ), il poste ceci :

testament

Suivi quelques heures plus tard par des messages rédigés par un de ses cousins qui aurait récupéré son portable et son compte Twitter. Il annonce que Yanis s’est pendu pendant la nuit, il est mort.

suicide

Wohou… (470 retweets oui, quand je vous dis qu’il s’agit d’un autre Internet…) Tout de suite, on pense « victime d’homophobie et de harcèlement, un adolescent se suicide ». Au passage, ça me vaut de tomber sur des tweets bien gerbants.

homophobe

 

Sauf qu’en fait, assez vite, certains se montrent sceptiques.

BFM

(Cet univers où BFM est l’alpha et l’omega de l’information vérifiée.)

Des petits malins cherchent sur google image et hop :

fake1

C’est à partir de là que nous avons la confirmation qu’un scénariste d’AB Production a pris le contrôle de l’esprit de Yanis. Parce qu’il ne s’avoue pas vaincu, il récidive avec une photo supposée de sa mère pleurant devant sa tombe et rebelote :

fake-2

 

fake-22

Le mec est pas doué quand même. En tout cas, cette fois, c’est foutu, il est démasqué. Quand tu te fais griller de façon aussi évidente, tu fais quoi ? D’abord, tu continues de faire le mort pendant quelques jours et ensuite… Bah ensuite, il a posté sur un autre compte : Bah non, j’étais à Marseille, c’est quoi cette histoire de suicide ?

marseille

Finalement, il a avoué la mystification. Mais il a surtout fait un retour sur lui-même, une réflexion sur ce qui lui est arrivé ces derniers mois. (Attention, je vous conseille de lire à haute voix parce que c’est assez phonétique comme style.)

regret

 

Et pour conclure :

privé

 

Quelle morale tirer de cette histoire ?

Il y a l’aspect Attention whore (= les personnes prêtes à tout pour attirer l’attention en ligne). Nous assistons donc au mea culpa d’un ancien attention whore qui pouvait certes être exaspérant. Et c’est sans aucun doute une bonne chose qu’il ait compris que chercher à attirer l’attention à tout prix, c’est dangereux. Mais ce qui me chiffonne, c’est l’aspect « pédé extravagant ». Parce que là, en gros, sous la pression collective, Yanis décide de rentrer dans le rang. Devenir un garçon « normal ». Il s’est servi de la provoc pour devenir une « star » d’internet, mais il n’empêche que voir un jeune musulman surjouer la pédale, ça dérangeait vraiment pas mal de gens. Et finalement, ce sont eux qui ont gagné.

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19 mai 2015

Philosophie du ras-la-moule

Annonce le bon coin de la promo : je serai en dédicace à la Fnac de Lyon Bellecour vendredi de 17h45 à 19h30.

 

Comme je suis éternellement bloquée dans le rythme scolaire, pour moi, là, ça fleure bon la fin d’année. Je me sens comme une élève de seconde dans une établissement scolaire qui fait centre d’examen et pour qui le troisième trimestre est une vague litanie rabâchée par les adultes et dont on ne voit concrètement aucune réalité. “C’est pas les vacances là, c’est le troisième trimestre!” Ah bon ? Vous êtes sûrs ? Parce que mon corps et mon esprit me disent le contraire – et pour une fois qu’ils sont d’accord sur quelque chose, je me dis qu’ils ne peuvent pas se planter.

Donc je suis off, je suis fatiguée mais à la différence de d’habitude, je ne paye pas l’année passée. Je suis fatiguée en mode ras-la-moule. La seule chose que j’ai envie de faire, c’est de m’affaler en t-shirt, avec un caleçon d’homme devant MTV, comme quand on était gamin. Nan, je plaisante. Pas devant MTV. (Maintenant, quand tu parles de MTV à un jeune, il te regarde comme si t’avais 75 ans. C’est terrible parce que y’a pas si longtemps, MTV représentait la modernité absolue.) Donc on dira plutôt m’affaler le mercredi soir devant Grey’s Anatomy. Ne me jugez pas. Rappelez-vous que ça a été une bonne série, même si elle a sauté le requin depuis un moment, sans doute à partir du troisième attentat. Aucun cimetière indien ne peut justifier la somme de malheurs qui s’abat quotidiennement sur cet hôpital. J’aurais un accident là-bas, les deux bras coupés, je hurlerais pour qu’on m’opère sur le bitume plutôt que d’être transférée dans cet hosto.

Et donc pourquoi devant Grey’s Anatomy ? Parce qu’il se passe un truc assez singulier entre cette série et moi. Malgré toutes ses incongruités, elle est toujours raccord avec ma vie. C’est-à-dire que les préoccupations des persos rejoignent les miennes. Avant, ce qui intéressait Meredith et Yang c’était de réussir leur internat (comprendre : publier un roman) et niquer et boire (comprendre : bah niquer et boire).

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Mais dix ans plus tard, elles sont dans d’autres problématiques qui se résument par faire ou ne pas faire de compromis entre leur vie familiale et leur carrière.

Moi, non. Moi j’ai dit : je ne ferai pas de compromis.

Il y a 8 ans, j’ai signé un deal avec la Vie. La Vie m’a dit “ok, tu veux pas faire de compromis ? On peut s’arranger, je vais te faire un crédit.”. Chic alors! Mais récemment, la Vie m’a rappelée “Allô ? Ici la Vie. Ton crédit est venu à terme, maintenant il faut payer. A l’époque, on n’avait pas trop parlé des intérêts, mais là, je te préviens, ça en fait un bon petit paquet.” Alors je passe à la caisse et je paye. Notamment parce que le mode de vie qui fonctionnait déjà pas très bien quand j’étais seule, bah il marche vraiment pas mieux avec deux enfants.

Avant, il m’arrivait de finir ma journée en m’effondrant en larmes d’épuisement parce que j’avais bossé non-stop depuis quinze jours sans déconnecter une journée, parce que j’avais accepté trop de choses et que pour respecter les délais je me faisais violence.

Bah là, pareil mais avec en prime deux enfants en bas âge. Je vis un cas classique de sur-sollicitations. L’impression qu’on me passe dans une machine à laver, qu’on m’essore, qu’on me tire dans tous les sens “Hey maman, pourquoi il fait noir dans le tunnel ?”, “Bonjour, pouvez-vous nous donner une date ?” “Maman, j’ai fait caca une fusée” “Bonjour, vous pouvez penser à apporter un chèque ?”, “Gaaaaa”, “Bonjour, tu peux me rappeler pour qu’on fasse une réunion ?”, “Bonjour, tu ne m’as pas répondu finalement”, “Maman, Curly il a dit Gaaa”, “Chérie, je trouve pas ma déclaration d’impôts”.

Et là, malheureusement, c’est souvent le dernier qui prend pour tout le monde. Va te faire cuire le cul avec ta déclaration, TOUS tes papiers sont dans la même boîte MERDE.

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Mais si je me retrouve dans cette situation, c’est aussi parce que j’ai décidé de consacrer pas mal de temps aux enfants. C’est un choix que j’ai fait. (Si on peut appeler “choix” un truc qui relève davantage du besoin viscéral de les renifler à longueur de temps.) Le mercredi, je garde Curly avec moi parce qu’il est tout petit et que je veux le renifler en profiter, les quatre jours restants de boulot, je vais les chercher pas trop tard. Ca me fait arrêter de bosser à 17h. Evidemment, j’essaie de rattraper comme je l’ai toujours fait, retourner bosser dans mon bureau à 20h30 quand je les ai couchés, gratter du temps le samedi et le dimanche. Mais dès que vous ajoutez dans l’équation un mois de mai avec des jours fériés, tout se casse la gueule. BADABOUM.

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Et puis, parfois, t’as pas envie. T’as pas envie de penser à rapporter des fringues propres à la crèche. T’as pas envie de contacter la CAF. T’as pas envie de t’occuper des vaccins. T’as pas envie d’étendre le linge. T’as pas envie de nettoyer les chiottes. T’as pas envie de ranger les courses. Et surtout, surtout, t’as pas envie de lui filer sa putain de vitamine D. (Dans ce genre de situation, tu vas te focaliser sur un truc à la con, un truc qui va symboliser ton ras-la-moule, et dans mon cas c’est d’administrer tous les jours que dieu fait ou ne fait pas une dose de vitamine D à Curly.)

Les week-ends, qui étaient déjà pour toi free-lance un concept vraiment très conceptuel, deviennent plus fatigants que le reste de la semaine et t’attends avec impatience le lundi matin parce que le lundi matin, il va se passer un truc dingue : tu vas pouvoir boire ton café tranquille, sans l’oublier sur le bord de la table dix fois dans la journée et le refaire chauffer douze fois parce que tu es interrompue, parce que Curly est tombé, parce que Têtard a eu envie de faire caca et qu’il faut lui essuyer les fesses, parce que le chat demande ses croquettes, parce que sur le trajet jusqu’à la salle de bain, t’as croisé un emballage de coton vide qu’il faut aller mettre dans la poubelle de tri et qu’ensuite, tu as buté sur le panier de linge propre qu’il faudrait trier et ranger. Parce que la sieste de l’un ne colle jamais avec la sieste de l’autre. (Bref, toutes ces choses qu’elle racontait très justement.)

Et à côté de ça, il y a ton travail. Ton travail parce qu’il faut gagner des sous et puis ton travail parce que t’aimes ça, parce qu’on te propose des trucs intéressants, que tu as envie de les faire et que tu as toujours dit que dans la vie, tu ne serais pas comme ces gens qui renoncent à des choses cools. Alors tu dis oui, mais il y a une mécanique derrière. Plus tu fais de choses, plus on t’en propose. Alors plus tu en acceptes. Et c’est génial. Jusqu’au jour où tu passes à la caisse. Où tu te rends compte que ce n’est plus possible.

Et puis, au milieu de tout ça, tu te dis aussi que tu n’as pas envie de n’être qu’une maman free-lance en jogging avec des cernes qui se creusent un peu plus chaque jour et des cheveux applatis par des élastiques bon marché. Il faudrait te remuer un peu, allez bordel, fais un effort, va chez le coiffeur, chez la manucure, épile-toi, fais-toi un masque etc – parce que les femmes sont les meilleures tyrans d’elles-mêmes. Alors tu fais un effort, encore un.

(Dis comme ça, on dirait une mère célibataire alors que pas du tout. Le Chef est là, il s’occupe aussi des enfants.)

Bref, arrivé à ce stade, normalement, une seule conclusion s’impose : on ne peut pas tout avoir. On a bercé ma génération de l’illusion qu’une femme pouvait tout avoir, illusion qui finit écrabouillée par le principe de réalité.

Mais c’est faux. La vie, c’est plus compliqué que ça. D’abord, il y a des périodes. Il y a des périodes où je consacre plus de temps au boulot, d’autres plus à mes enfants, des semaines où je vis en jogging et puis un jour, magie, je m’habille en dame. Rien n’est fixé. Et puis, il y a des moments. Il y a des moments où on y arrive, où on gère tout. Et d’autres non, d’autres où on se dit qu’on est nulle et qu’on ne mérite même pas le compost dans lequel on finira. Mais si vous partez avec l’idée que vous ne pourrez pas tout avoir, alors c’est foutu d’avance.

Oui, vous pouvez tout avoir. Vous ne devez pas hein. Faites vos choix, faites ce qui vous plait vraiment. Vous n’avez pas à être Wonder Woman, sauf si vous voulez être Wonder Woman. Et si vous voulez tout, alors prenez-le. Mais mon conseil, mes jeunes ami(e)s, ça serait de le faire maintenant. Si vous avez des projets professionnels ou pas professionnels, si vous voulez tenter des choses, devenir champion de macramé ou partir à l’autre bout du monde, faites le maintenant. Faites-en le plus possible dès maintenant. N’attendez pas je ne sais quel signe du ciel, parce qu’il ne viendra pas et qu’il sera trop tard. En règle générale, il est toujours trop tard, surtout pour attendre. Donnez-vous les moyens dès aujourd’hui. Parce qu’ensuite, si vous décidez d’avoir des enfants, pendant au moins quelques années, vous ne pourrez plus tout avoir, tout faire, vous serez prises dans un quotidien de gestion qui parait sans fin. Mais vous capitaliserez aussi sur ce que vous avez fait avant.

Moi, j’ai continué comme avant. Et c’était bien. Ce qui est bien aussi, c’est d’accepter qu’à un moment, ce n’est plus possible et qu’il faut modifier un peu son mode de fonctionnement, au moins pour quelque temps. Qu’il faut commencer à dire non à certaines propositions. Qu’il faut réussir à se dire que tiens, le week-end prochain, je ne bosserai pas. Peut-être même envisager de prendre de vraies vacances. Aménager un peu sa vie pour ne pas qu’elle vous déborde. Je sais aussi que l’année prochaine, Curly sera plus grand, je le laisserai plus longtemps à la crèche. Je suis contente de passer à la caisse maintenant, et d’avoir vécu pas mal à crédit avant, parce que c’est dangereux et néfaste de s’interdire des choses en amont.

Je crois que c’est Sheryl Sandberg dans une conférence TED qui racontait comment elle avait fait passer un entretien pour une promotion à une jeune femme qui lui avait dit qu’elle n’était pas certaine de pouvoir accepter parce que d’ici quelques années elle comptait avoir un enfant. Il ne faut jamais faire ça. Il ne faut jamais s’interdire quoique ce soit à l’avance. Partez du principe que la Vie, et accessoirement notre système économique tout pourri + une société française ultra-hiérarchisée, vont déjà passer un certain temps à vous mettre des batons dans les roues, alors ça ne sert à rien d’être votre propre obstacle. Si vous êtes un(e) schizophrène sain(e), vous devez être votre meilleur allié(e). Ne commencez pas à vous saborder.

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Bonus

Quand j’ai commencé mon ras-la-moule, j’ai tout de suite pensé à la polémique d’il y a trois ans aux Etats-Unis. Elle avait porté sur le “have it all”. Tout était parti d’Anne-Marie Slaughter. Elle avait un poste de directrice au département d’Etat des Affaires Etrangères. En 2011, elle abandonne son job et retourne à Princetown pour s’occuper de ses enfants, l’aîné étant en pleine crise d’adolescence. Et elle écrit alors un article pour expliquer qu’on ne peut pas tout avoir, et qu’il faut oser le dire pour que la société adapte ses normes et aide les femmes.

Vous pouvez lire l’article de Madmoizelle sur le sujet, qui est très bien, comme à leur habitude.

Mais ce que j’évoque ici est un peu différent. D’abord parce que dans cette polémique (qui l’avait justement opposée à Sheryl Sandberg), elles parlaient avant tout de travail. Et là, il faut faire attention parce que très vite, le mythe de “tout avoir” ou de la Wonder Woman peut servir essentiellement à nous transformer en bons petits soldats d’un régime économique et social qui nous demande d’être toujours plus productif. Ce que j’évoque, c’est plus large, c’est réfléchir à ce que vous avez vraiment envie de faire, ce dont vous avez besoin, ce qui vous passionne. Dans mon cas, les trois se mêlent dans mon travail. Mais ça peut s’appliquer à plein de choses. Le rêve de “tout avoir” ce n’est pas forcément d’être PDG ou politique. Ca peut être de voyager, de faire du macramé, du rodéo, n’importe quelle passion, n’importe quelle opportunité. Ca n’est absolument pas d’essayer de copier la connasse qu’on voit dans les pubs jongler savamment entre ses réunions de travail et l’organisation de la kermesse de l’école. Ne vous trompez pas, cette connasse ne veut pas seulement vous faire cracher votre fric, elle veut votre mort. Elle est là pour vous écraser.

Un dernier bémol : c’est difficile d’écrire sur ce sujet. Outre que ça ressemble très vite à des platitudes bien connes sur la vie, c’est difficile de donner une vision juste de la situation. Sheryl Sandberg a trop tendance à laisser penser que c’est facile de tout avoir. Ca ne l’est pas. En tant que maman de deux jeunes enfants, j’en chie. Mais parfois, on a aussi tendance à présenter les choses comme trop difficiles, décourageantes, comme si avoir des enfants c’était forcément renoncer à toute vie. C’est également faux. Ou les deux sont vrais. Ca dépend des moments donc.

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