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Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

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11 octobre 2013

Sensations Carrouf

Commençons par quelques liens.

D’abord, une blogueuse BD. Han… ENCORE une ? Nan mais là, c’est pas tout à fait pareil. C’est une blogueuse-BD-cul. Le combo ultime. Je pense qu’elle va exploser en nombre de visites. (Et en nombre de remarques sur « les femmes ne doivent pas essayer d’être des hommes, mais protéger leur petite fleur secrète », bon courage à elle.)  Je vous mets juste un dessin tellement vrai, et qui est le moins trash de la série. Le reste est là. 

44_ohmy

Ensuite, Buzzfeed a posté un truc super chelou. Super chelou = morbide.

ATTENTION AME SENSIBLE. Les photos suivantes peuvent te perturber. Tu peux sauter tout ça pour aller au pavé de texte plus bas. Viens je t’emmène. Nous partirons de la pour nous retrouver à l’autre balise rouge. Vas-y scrolle. 

Visiblement, au plein XIXème siècle, c’était assez la classe de prendre en photo les morts. Ca serait juste ça, ok. Mais précisons que c’était assez la classe de faire poser les morts dans de jolies scénographies :

mort1

(Cette photo est une spéciale dédicace à Vincent Brunner… Il comprendra.)

Pour nous, ça parait déjà un peu étrange. Mais il y avait aussi : c’est la classe de poser avec les macchabées pour un portrait de famille :

mort2

mort3

Voilà. On sait que le rapport à la mort est protéiforme, qu’il varie selon les cultures. (J’ai été en Inde, je peux en témoigner…) Mais là, ce qui m’intrigue c’est que ce n’est pas une culture différente, c’est notre culture. Juste un peu plus d’un siècle avant.

COUCOU AME SENSIBLE. Tu peux reprendre ta lecture tranquillement. 

 

Samedi dernier, j’étais seule avec Têtard.

Il ne s’agit pas d’une histoire plutôt d’une sensation que je note pour en garder un souvenir, parce que le fait de l’écrire solidifie le souvenir, un peu comme le gaz qui passe à l’état solide (phénomène qui s’appelle ? Hein ? On a oublié ses cours de physique ou quoi ? La condensation solide ou cristallisation.) Et puis parce que certains reconnaitront peut-être des sensations.

Bref. D’abord on a été à la piscine parce que je suis mère Courage. Têtard étant digne de son surnom, son amour immodéré de l’eau m’a poussé à l’inscrire aux bébés nageurs. Un an que tous les samedis je m’y colle. Avant, je trouvais déjà que je méritais une médaille. Mais maintenant qu’on a déménagé à 40 minutes de transport de la piscine, qu’il pèse 12 kilos et que, rappelez-vous, je porte seule la poussette dans les escaliers du métro, je suis carrément la Rambo de la maternité. (Amis montreuillois : non, je ne vais pas au “centre nautique Maurice Thorez” parce que là-bas les bébés nageurs c’est à 8h30 du mat le samedi et qu’il faut pas non plus déconner.)

Donc on va à la piscine, après un auto-suspens toute la matinée sur le mode “et si on n’y allait pas…”. Il se trouve qu’on a fait notre meilleure séance de piscine ever et qu’on a rigolé comme des petits fous. Dans le métro, on s’est fait des blagues. (Blagues à 20 mois = grimaces.) Ensuite, la sieste. J’en profite pour bosser. Et puis il a fallu se rendre à l’évidence : on devait ressortir faire des courses chez Carrouf. Dans le centre commercial de la Grande Porte, à porte de Montreuil.

Carrouf le samedi à 17h c’est… particulier. Des familles entières sont là, les charriots se cognent aux poussettes, les enfants crient. En plus, c’est les 50 ans de Carrefour alors il y a des animations qui ne font que rajouter au bordel. Des ateliers maquillages pour les enfants qui après s’en vont dans les travées en courant pour montrer leur tête de tigre à leurs parents qui comparent les prix des sachets de pâtes d’un oeil fatigué. Et un monsieur posté devant le rayon frais charcuterie et qui parlait fort dans un micro pour nous lire les étiquettes de ce mois exceptionnel, le mois des 50 ans de Carrefour, ne passez pas à côté.

Têtard était étonnament calme. Normalement il déteste la poussette mais là, il regardait en silence le cirque qui s’agitait de tous côtés. J’ai fait mes courses. Ensuite, on a attendu à la caisse. Devant nous, il y avait une famille qui achetait 2 cageots de RedBull, des bouteilles de whisky et un petit parapluie spiderman pour leur fils. Ils ont payé en liquide. Ca a pris du temps. Un vigile est venu m’emmerder parce que dans ma poussette j’avais un colis d’Amazon pas ouvert et que j’aurais dû le faire emballer à l’entrée de l’hypermarché. Ca m’a un peu énervée parce que je vois pas pourquoi emballer un truc hermétiquement fermé. Mais ensuite j’ai compris que le vigile ne connaissait pas Amazon et qu’il voyait juste un carton et qu’il s’emmerdait dans son boulot, qu’il regardait les sorties de caisse depuis plusieurs heures sans rien faire et qu’il se sentait obligé de se remuer un peu en faisant un truc comme aller voir la petite dame seule avec un bébé pour lui dire qu’elle aurait dû faire emballer le carton.

Et puis j’ai sué à trimballer ma poussette et mes courses jusqu’au rez de chaussée. En traversant le centre commercial, on est passé devant le manège. C’est un manège de centre commercial. C’est un truc un peu pauvre, très kitsch. De ce kitsch de mauvaise qualité qui n’aura jamais les honneurs du vintage.

Et là, Têtard a commencé à remuer dans sa poussette. Il a crié “maman maman” en me montrant le manège.

Il n’a jamais fait de manège. Il ne sait même pas ce que c’est. Mais c’est coloré et ça fait de la musique alors il en déduit que ça doit être chouette.

J’ai dit ok. Il avait été sage. On était fatigués. Je me suis dit que ça serait sympa de lui faire essayer le manège. Et puis, c’est assez récent qu’il exprime des envies claires et ça m’émeut à tous les coups.

Pour la première fois de ma vie, j’ai payé un manège. (2 euros.) (Connaitre le prix d’un tour de manège ça a un peu brisé la magie de l’objet à mes yeux.)

Je l’ai installé dans un bateau de pirate. La dame m’a dit d’aller avec lui. J’ai fait “ok, cool!” et j’ai commencé à enjamber pour m’asseoir en face de lui. Elle m’a dit “non, vous restez debout à côté de lui”. Je me suis sentie vaguement conne, et un peu déçue. Ca a démarré. J’ai failli gerber. Têtard criait de joie. Il s’en foutait que ça tourne, il appuyait comme un fou sur le bouton clignotant du bâteau. J’imagine que pour lui c’était totalement dingue, qu’il ne voyait pas le centre commercial glauque, la misère sociale qui s’en émane. Il n’y avait que les lumières et les sons et les mouvements. Il était ravi.

Au bout de deux minutes, c’était fini.

Je l’ai soulevé pour le ramener dans la poussette.

Et là, évidemment, il s’est mis à hurler.

Pas parce qu’il faisait un caprice. Parce qu’il est trop petit pour comprendre un truc aussi absurde que “ma mère me met sur un truc super cool et m’en enlève juste après”. Parce que Têtard, du haut de ses 20 mois, il ne sait pas que l’argent existe, ni le temps. Ni que les produits surgelés faut les ranger vite. Il ne connait pas toutes ces contraintes. Elles n’existent pas. Les seules contraintes dont il a conscience, elles sont purement physiques. Je suis trop petit pour arriver à attraper la tablette sur la table. J’arrive pas à sortir de mon lit à barreaux.

Mais “écoute, je n’ai plus de monnaie pour le manège, et puis il est tard, il faut rentrer préparer le dîner, et ranger les surgelés” il ne peut pas le comprendre. Et quand il ne comprend pas, il se révolte.

Donc j’étais au milieu du centre commercial, en jogging, fatiguée, pas maquillée, pas coiffée, pleine de chlore, avec mes sacs de courses trop lourds, et Têtard allongé à terre en train de hurler sa rage, ses cris noyés par la musique du manège et les chansons R&B qui s’échappaient des boutiques autour.

Et brusquement, je me suis rendue compte que je me sentais bien. Que c’était un moment agréable. Que je me sentais en harmonie.

Honnêtement, je ne sais pas trop pourquoi.

D’abord, j’aime bien faire les trucs de la vie quotidienne avec Têtard. Sûrement parce que ça doit me rappeler quand j’étais à sa place et que ma mère m’emmenait partout avec elle. Ca me donne l’illusion qu’il y a une forme de logique dans la vie. (Alors qu’en vrai, la vie n’est que contingence.)

Peut-être aussi qu’être cette caricature de jeune mère fatiguée qui fait ses courses un samedi avec son gosse qui pique une colère, ça m’a rassurée. J’ai un mode de vie en décalage avec la majorité des gens et tout ce qui peut se rapprocher des stéréotypes de la normalité m’apaise. Et puis, dans le fond, j’ai l’impression de jouer à l’adulte. De faire semblant. Comme les gamins qui sont dans les jeux d’imitation. J’imite ma mère quand elle m’emmenait faire les courses. Et ça me rassure aussi, après avoir vu nombre de parents dans la même situation que moi, que je regardais de loin comme si c’était des automates parce qu’ils avaient le regard vide, ça m’a rassuré en étant à leur place de me dire que non, ils ne sont pas automates et que même, ça se trouve, ils kiffent leur vie.

Bref. En fait, je ne sais pas pourquoi mais j’étais tellement bien que je n’avais plus envie de bouger. J’aurais pu passer ma soirée-là, j’aurais pu jouer à courir dans le centre commercial de la Grande Porte avec Têtard, et puis nous asseoir sur le banc en faux bois tout pourri et regarder les familles passer avec leurs chariots remplis. (Têtard est comme moi, il aime bien juste regarder les gens.)

Et puis, je me suis rappelée que j’avais des surgelés à ranger et on est rentrés.

NB : pour les gens qui aiment regarder les gens, il y a une géniale invention d’Albertine Meunier (enfin je crois) (Albertine que j’aime d’amour). Ca s’appelle Stweet. Ca affiche des images de Google Street de là où des gens postent des tweets. 

 

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30 septembre 2013

Ce moment gênant où…

Attention, ceci risque d’être un post segmentant puisque nous allons y parler gynécologie.

Et voici : j’ai testé la Moon Cup.

“Ah NON PAS TOI!!”

Si.

Moi.

J’assume.

(Ami masculin à qui les meufs qui t’entourent n’ont pas daigné faire ton instruction gynéco, sache que la Moon Cup c’est l’alternative aux tampons ou serviettes, en gros c’est un mini-entonnoir en simili plastique que tu te mets dans la chatte pendant tes règles, qui “recueille” ton sang comme la rosée du matin et que tu vides dans l’évier avant de le remettre.)

La première fois où j’en ai entendu parler, c’était y’a déjà quelques années (je crois même que j’étais en CDD à slate, soit la dernière fois de ma vie où j’ai accepté de signer un contrat avec des horaires contraignants pour mon biorythme). Et d’entrée de jeu, comme je suis quelqu’un de profondément pas ouvert d’esprit, je l’ai rangé dans la catégorie “objets hippies pseudo écolos relous” juste à côté des couches pour bébés lavables et du compost pour appartement.

Parce qu’à l’époque, sur les sites américains, on nous le vendait comme un truc écolo. Aies tes règles mais sois amie avec la planète. Un tampon hygiènique jeté = un papillon amazonien qui disparait.

Autant d’arguments qui ne portaient pas sur moi. Parce que j’aimais les tampons. Le tampon était l’avenir de la femme, la promesse d’un monde meilleur où l’égalité salariale homme/femme serait chose acquise.

Et puis, des praticiennes de la moon cup ont commencé à me tenir un autre discours, discours merveilleusement résumé dans cette vidéo de madmoizelle.


Pourquoi faut-il passer à la cup (coupe… par madmoiZelle

Retenons que la Moon cup ne se sent pas. Et moi je suis toujours gênée par les tampons. Notamment parce que j’oublie (= j’ai la flemme) de les changer toutes les 4 heures comme indiqué sur le mode d’emploi. Donc, lourd de quelques litres de sang, ils finissent par glisser et se coïncent dans le coude du début du vagin, donc ça fait chier.

(On est entre spécialistes hein, on sait tous que le vagin fait un genre de coude.)

Second point d’importance : l’odeur. Perso, je pensais que c’était les règles qui puaient la mort. Mais voilà qu’on me dit que c’est l’équation tampons + règles qui pue (ou serviettes). Ok. Je demande à voir.

Enfin, il y a le problème des mythes urbains que se racontent toutes les gamines en 6ème, cette histoire affreuse (qui est systématiquement arrivé à la copine d’une grande soeur) de tampon perdu aux fins fonds d’un vagin et d’opération chirurgicale pour aller le récupérer dans l’utérus entrainant une stérilité à vie. Grâce à cette histoire, j’ai développé l’angoisse semi-permanente d’oublier d’enlever mon tampon avant d’en mettre un autre. J’ai quand même le souvenir d’être au ciné avec un pote et de le forcer à quitter la salle avec moi pour m’accompagner aux toilettes parce que brusquement, en plein film, j’ai commencé à me demander si j’avais pensé à enlever mon vieux tampon.

J’ai aussi appelé, ivre, des amis étudiants en médecine pour leur demander “qu’est-ce que je sentirais si j’avais 2 tampons dans la chatte ?”

Donc si la Moon Cup peut régler ces problèmes réccurents dans ma vie, je dis oui.

Premier jour des règles : j’hésite et puis finalement je me rabats sur mon bon vieux tampon. J’ai pas les couilles de me lancer ce jour-là dans une grande aventure gynécologique.

Deuxième jour des règles. Je me réveille comme si c’était Noël. Je vais enfin tester ma Moon Cup. Je lis attentivement le mode d’emploi – c’est un peu compliqué le matin au réveil. J’entrave que dalle. Ils parlent de faire des tours à 360 degrés pour provoquer l’effet ventouse souhaité. Personne ne m’a parlé de l’effet ventouse. Je sens que je vais faire une connerie. Et puis je m’admoneste. Ca ira, ma chatte en a vu d’autre(s). Je plie le truc, je me le fourre dans le vagin. Et voilà.

Je n’ai aucune idée de comment je vais retirer le bidule dans 10 heures (OUI 10 heures de tranquillité). Je verrai à ce moment-là.

Et là, brusquement, je suis reprise de ma vieille angoisse : est-ce que j’ai bien enlevé mon tampon de la nuit ?

 

 

Je m’auto-explore le sexe et putain… je sens le cordon du tampon.

Non.

Putain.

La conne.

Toute à l’euphorie de la nouveauté, j’avais oublié ce putain de tampon.

Je me suis retrouvée de bon matin dans ma salle de bain avec dans la chatte un vieux tampon usagé ET une moon cup. Et absolument aucune envie de passer ma journée aux urgences gynécos. (Je suis allée aux urgences y’a trois semaines pour récupérer Ondine à moitié morte mais elle l’a déjà raconté là.)

J’envisage de me faire enregistrer dans le Guinness pour soit 1°) elle arrive à mettre l’intégrale de Proust dans son vagin. (Parce que concrètement, à ce moment-là, j’avais l’impression d’avoir une chatte où je pouvais faire rentrer n’importe quoi) soit 2°) record mondial de la connerie gynécologique.

Je suis grave quand même. Je passe 15 ans dans la terreur de mettre 2 tampons, j’arrête les tampons précisément à cause de cette terrible trouille et bam, je fais LA connerie.

Je ne sais même pas comment j’ai fait ensuite. Dans la panique, tout s’accélère. J’ai cherché avec mes doigts et j’ai tiré sur tout ce qui dépassait. Je pense que si j’étais tombée sur un bout d’intestin qui trainait par là, je l’aurais sorti de force vu mon niveau de motivation à cet instant précis. Bref. Par un miracle inexplicable, j’ai réussi à tout ressortir. Et j’ai pu remettre ma Moon Cup tranquillement. (Je suis assez opiniâtre.)

Du coup, 10 heures plus tard, quand il s’est agi de la retirer, perspective qui le matin même me faisait super flipper, j’étais plutôt tranquille. Sauf que bah non. Le matin, ça avait pas eu le temps de ventouser et puis y’avait le tampon qui devait gêner le processus. Par contre, le soir, ça avait dû ventouser à mort.

Arrêtons-nous une seconde sur ce principe de ventouse. Moi, avant, je pensais que la coupe menstruelle, ça fonctionnait comme un entonnoir :

entonnoir

Mais en vrai, ça se rapproche pas mal de ça :

ventouse

J’ai galéré pendant 10 minutes à déventouser le truc, en me disant que vu comment le bidule était accroché, si j’y allais trop fort, j’avais un bout de paroi vaginale qui allait partir avec.

J’ai fini par réussir mais ça m’a un peu fait flipper. J’ai mieux compris ce que voulait dire le “pour utiliser la Moon Cup, il vaut mieux être à l’aise avec son corps” = aimer se fourrer des trucs dans la chatte et jouer à aller les chercher. La Moon Cup, c’est un peu le Où est Charlie de la gynécologie.

Du coup, pour l’instant, je ne sais pas quoi en penser. J’avoue qu’entre le moment où tu la mets et celui où tu l’enlèves, c’est complètement génial. Mais j’ai pas non plus envie de me galérer à chaque fois pour l’enlever. J’imagine que je vais prendre le « coup de main » – en même temps, vu d’où je pars, je ne peux que m’améliorer. (Hypothèse : j’ai pris un modèle trop grand. J’ai suivi les instructions de “si un enfant est passé par ton vagin, prends la taille 2” mais j’avais quand même un doute.) (Faudrait que je commande un autre modèle pour comparer.) Mais ne vous inquiétez pas, je ne manquerai pas de vous faire part de la suite.

Bref. En un sens, ça tient toutes ses promesses à condition d’avoir un QI supérieur à 32.

PS : un de mes plaisirs coupables dans la vie sur internet, c’est de passer mes soirées à regarder chezlegygy qui compile le meilleur du meilleur de doctissimo. Mais là, j’ai un peu l’impression d’être passée de l’autre côté de la barrière.

 

Avant de nous quitter, faisons une pause promotion pour vous. Vous lecteurs, vous faites des trucs dans votre vie.

L’une d’entre vous fait un tumblr sur sa vie d’alcoolique délurée intitulé gueuledewood et ça m’a fait rire (surtout ça LA)

Deux autres, un couple, (oui j’ai des couples de lecteurs, j’aime bien, ça me rappelle quand je trouvais les paires au Memory) ont créé un jeu de carte pour pécho : le dragobar. En gros, il faut conclure avec votre voisin de gauche sans vous faire draguer par celui de droite (j’y vois une métaphore de la Vie). Je l’ai pas testé mais ils sont tellement sympas que ça doit forcément être bien.

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5 septembre 2013

C’est la rentrée, et je suis revenue mais où…

J’ai fait ma rentrée un peu à la bourre (aujourd’hui) à la suite d’un enchainement retour de vacances / déménagement / vider des cartons / attendre que têtard aille chez sa nouvelle nounou / découvrir qu’il faut faire une semaine d’adaptation = comprendre des journées où tu restes avec le têtard chez la nounou pour l’aider à se familiariser, un truc qui sert à rien dans mon cas puisque Têtard aime toute l’humanité, particulièrement quand elle est pourvue de seins et de cheveux (la nouvelle assistante maternelle qui a un certains sens de l’humour m’a dit “mais tu vas pas le laisser seul avec une grosse femme noire qu’il ne connait pas, il va avoir peur”) (oui, elle parlait d’elle-même) (j’aime déjà cette femme) / apprendre qu’on va supprimer ma chronique dans Grazia ce qui a entrainé quelques jours de profonde déprime donc d’inactivité sur le mode on me placardise, je suis une merde répugnante dont même les mouches se détournent avec dédain. Mais voilà, ça y est, j’y suis, dans mon écosystème naturel à savoir mon bureau.

Revenons donc au seul sujet qui nous intéresse vraiment : la Syrie. Heu. Non. La bonne réponse était évidemment : mon déménagement.

Il se trouve, cher lecteur, toi qui suis mes aventures depuis cinq ans, ou toi qui pendant tes journées d’ennui total au boulot a lu toutes les archives de ce blog (et d’après les commentaires vous êtes assez nombreux dans ce cas)(on se fait bien chier au bureau hein ?) Il se trouve que tu te rappelles forcément que j’ai commencé ce blog en saoûlant tout le monde avec mon déménagement. J’allais quitter Montreuil/Bagnolet, j’allais revenir à la capitale.

Bon, et bien, cinq ans plus tard mon cher, je t’annonce que je viens de réemménager à Montreuil/Bagnolet. Oui, dans le même quartier. Oui, à la même station de métro. Mais j’ai encore mieux : dans la même rue, 20 numéros plus bas.

Tu la vois la grande boucle de la vie ?

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Votre sensation de nausée et de migraine imminente est sponsorisée par girlsandgeeks

En fait, d’une certaine manière, j’ai envie de vous dire que les 342 précédents posts de blog que vous avez lus ne servaient à rien puisque nous revoilà à la case départ. Tout ça n’était qu’une très longue digression dans ma vie. (Je vois ma vie comme un discours oui.)(D’ailleurs, c’est exactement la raison pour laquelle je tiens un blog. Si je pensais que ma vie était autre chose qu’un long discours, je ferais de vraies choses dans la vraie vie plutôt que de me/vous saoûler de mots, tu vois, comme je suis en train de faire là présentement, j’aligne des mots pour ne rien dire.)

Bref. Après cet intermède de 342 posts, nous pouvons donc reprendre en décembre 2008.

En plus, comme je viens de perdre ma chronique dans Grazia et que je vais faire des brèves à la place, c’est comme si ma carrière journalistique elle-même avait fait une grande boucle pour en revenir au point de départ.

(Mais y’a des trucs différents quand même, par exemple mon nouvel appart est l’incarnation de mes rêves les plus fous.)(Il y a une fenêtre au-dessus de la baignoire.)

Quand je me promène dans le quartier, je suis forcément un peu troublée. C’est comme si c’est les strates de ma vie se superposaient, et je vois des fantômes. Ou plutôt j’essaie de voir le fantôme de celle que j’étais il y a cinq ans, mais ça ne marche pas pour la simple et bonne raison que je suis la même personne. Je change très peu.

Du coup, à défaut de pouvoir comparer la richesse de ma vie intérieure en 2008 et en 2013, j’ai décidé de faire un comparatif du quartier. J’avais fait deux posts de blog avant de quitter Montreuil, intitulés Montreuil, c’est moche et Montreuil, c’est beau. (J’avais déjà un fort sens de la titraille.) Je suis donc retournée exactement aux mêmes endroits pour voir l’évolution – sauf qu’il fait beau et que j’ai un meilleur appareil.

En 2008

metro

 

En 2013

metro2

Whouhou, l’escalator du métro n’est plus en travaux! La question est : tombe-t-il toujours en panne une fois par semaine ?

legumes

legumes2

Les commerçants n’ont pas changé.

tissus

tissus2

Ok

arche

arche2

On n’y a plus accès, mais sinon elle n’a pas bougé. A part… Attention, le jeu des différences…

On a rajouté au-dessus une déesse indienne (en hommage à mon séjour là-bas ?) et sur le côté un chat que j’aimerais assez piquer pour chez moi. (Je SAIS qu’il y en a un parmi vous qui va me sortir le nom de l’artiste qui fait ces chats. J’attends.)

bazar

bazar2

Le bazar miniprix Conway a fait une petite beauté mais ils ont su conserver l’essentiel, la pancarte du dessus.

En bonus, ce que j’aime bien c’est le sens pratique des montreuillois comme cette merveilleuse CYBER LAVERIE :

bonus

De manière générale, j’aime beaucoup les lavomatics et Internet. Alors autant dire qu’un croisement entre ces deux univers magnifiques ne pouvait que me réjouir.

Et mes grafs ? Ils sont encore là vous croyez ? En 2008 :

1

En 2013 :

1bis

 

 

2

2bis

 

3

3bis

 

 

4

4bis

 

5

5bis

La perspective est pas la même mais c’est le même mur. D’ailleurs, la preuve sous un autre angle:

6

6bis

 

Donc tout va bien, ils ont gardé les murs dédiés aux grafs. Mais ce qui me chagrine quand même un peu c’est l’arche.

En 2008 :

7

En 2013 :

7bis

 

J’ai ouï dire que certains étaient très mécontents du bilan de Dominique Voynet à Montreuil. Moi je dis ça dépend. Si on juge sur la conservation du patrimoine, elle l’a parfaitement conservé en l’état.

Ceci étant, mon insoutenable honnêteté intellectuelle m’oblige à dire que je vois davantage de bobos dans le quartier. Pas non plus des hordes de bobos assoiffés de chemises APC mais quand même. D’ailleurs, j’ai réussi à convaincre le chef de venir vivre ici, c’est un signe incontestable.

Ceci étant, mon insoutenable honnêteté intellectuelle m’oblige également à dire que les squats pourraves des Maliens sont toujours là et que leurs galères sont sensiblement les mêmes. Pendant que je prenais ces photos, un mec intrigué m’accoste. (= me drague.) On discute (= je lui fais une fellation) (note à l’intention du chef : c’est une blague, j’ai pas exactement fait ça). Il me dit qu’il habite “dans le ghetto en bas”, ce qu’ils appellent le ghetto c’est un immeuble de deux pièces avec 50 noms sur la boite aux lettres qui se trouve être dans ma rue, entre mon ancien appart et mon nouvel appart. Et puis, il me demande mon téléphone parce qu’il doit appeler la CAF qui ne lui a pas versé son RSA. Là, comme je suis une adulte lucide sur le monde qui l’entoure, je dis non. Mais comme je suis également une âme généreuse sensible à la détresse et qu’il était hyper sympa, je propose d’appeler la CAF pour lui.

Putain… Appeler la caf = brûler en enfer. Et moi je propose de me coltiner ça pour un mec que je connais pas.

J’ai fini par avoir une conseillère au téléphone, qui m’a dit qu’il y avait un énorme retard dans le traitement des dossiers de RSA. J’ai annoncé au mec qu’il n’aurait pas d’allocation en septembre.

Donc non, ça n’a pas trop changé.

 

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31 juillet 2013

En vrac avant de partir

Comme c’est l’été, que le vin coule à flots et que j’ai décidé de consacrer mes journées à lire de la littérature (<modecosette>) plutôt qu’à la défigurer (</modecosette>), nous n’aurons aujourd’hui que des remarques en vrac.

1°) L’autre jour, j’ai dit à Coach sur un ton badin “tiens, t’as remarqué qu’en ce moment, je vais bien, que je ne me plains pas, que j’ai pas de problème”. Il est resté interloqué. J’ai ajouté qu’avec Nadia, pour une fois, on faisait le constat qu’on allait plutôt bien cet été. Il s’est réfugié sous le canapé, visiblement convaincu que la planète allait exploser.

2°) J’ai eu un problème intestinal dont je vous passe les détails. (J’avais bien dit que je n’arriverais jamais à me remettre de ma gastro de la mort.) Du coup, un médecin m’a prescrit des comprimés pour restaurer ma “flore intestinale”. Ce qui m’a peu ou prou donné l’impression que des coquelicots allaient m’éclore dans l’anus.

2°) Je déménage. Encore encore encore encore (4 « encore » pour 4 déménagements en 5 ans de blog VAS-Y, RECORD A BATTRE, DEFIII, t’as peur hein ? Ca t’impressionne ?). Mais j’ai trouvé une justification parfaite à cette instabilité chronique. Quitte à être locataire et se faire gracieusement enculer par des proprios, autant en profiter pour tester tous les apparts de Paris. (J’ai aussi remarqué que désormais j’ai atteint un âge où les gens me disent “ah, cool, vous achetez ?”)

Pour déménager, il faut emballer vos 300 livres que vous gardez en version papier parce que vous les avez déjà annotés. (Le jour où je passerai vraiment au numérique, mes déménagements seront nettement plus simples.)(En y réfléchissant, tout sera plus simple. Plus d’étagères, plus de télé, plus de lecteurs CD, plus de bureau plein de cahiers. Plus de litière puisque je remplacerai Nane par un tamagoshi.) Mais pourquoi foutredieu je garde ça ?

carton

La réponse est évidente : parce que je suis convaincue qu’un jour j’écrirai un truc (truc = roman ou article) pour lequel j’aurai absolument besoin de relire la moitié du paragraphe 3 de la p129.

Pour emballer tous ces trésors, il faut des cartons. Et comme je me refuse à acheter des cartons (jamais de la vie je donne des sous pour un truc que je peux trouver gratuitement dans la rue), je récupère ceux que je trouve. Et c’est comme ça qu’un soir, j’ai pris en bas d’un immeuble une série de cartons de gens intelligents. Regardez donc dessus ce qu’ils ont écrit :

Cartons1
AH AH AH AH AH…

Et aussi :

Cartons2

le “divers” ça doit être Derrida.

3°) Allez voir World War Z au moins parce qu’il y a le meilleur placement produit EVER.

4°) Visiblement, les pubs Intimy exaspèrent pas mal de monde. Pas moi. Voire même, j’avoue que ça m’a fait glousser. “Oh un vers luisant.” “ah non, ça c’est Michel…” Mais dans le fond, avouons qu’elles sont toutes basées sur l’éloge de la grosse queue, donc qu’elles peuvent complexer certains hommes, donc que c’est pas bien. Imaginons, une seconde la même campagne au sujet des femmes à petits seins. Autant dire que je hurlerais mon indignation sur tout l’interweb. Mais là, je m’en branle, parce que je n’ai pas de problème avec la taille de mon pénis.

En regardant sur leur site, je suis d’ailleurs tombée sur la comparaison la plus… hasardeuse ever : « Les préliminaires… Vaste sujet, tant certains hommes semblent penser que les préliminaires sont de l’ordre du facultatif, un peu comme l’assurance annulation lorsqu’on achète un billet d’avion. »

Ah et sur le sujet, vous pouvez aller lire un test consommateur… Et rigolay bien. (Ca me rappelle un peu Miam les fruits et l’internet de 2006.)

5°) Sinon, vous serez ravis d’apprendre qu’une attachée de presse a pensé à vous en termes très flatteurs :

blogpub

Vos lecteurs sont des gros losers  mi-fous mi-dépressifs.

6°) Point MILF (o)(o)

Depuis quelque temps, je pensais que Têtard ressemblait à une caricature de meuf reloue. Genre “Je veux un calin mais sans que tu me tiennes dans tes bras. Lâche-moi mais naaaaan t’éloignes pas de plus de 20 cm mais laisse-moi mon indépendance mais sois là mais sans être collé mais en étant collé.”

Mais en fait pas du tout.

J’ai compris.

Il a avec moi la même relation que j’ai avec mon canapé.

Je suis le canapé dans la vie de mon fils. D’abord, il veut être sur mes genoux mais sans que je le touche. Et franchement si, quand je suis affalée sur mon canapé, les accoudoirs de ce dernier commençaient à me caresser, je le vivrais aussi assez mal.

Finalement, mon canapé, c’est quoi ? C’est le truc dans lequel je me réfugie quand je suis triste ou fatiguée ou malade. Le truc sur lequel j’aime bien glandouiller un peu.

Ce que Têtard ne comprend pas – mais en se mettant à sa place, c’est assez logique – c’est que son canapé a aussi besoin d’amour. Son canapé aimerait des bisous et des câlins.

Mais franchement, qui embrasse son canapé à part des sacs à boutons de puberté de 13 ans en train de s’imaginer une idylle torride ?

Personne.

Donc Têtard non plus.

Du coup, je me dis que s’il me voyait en train d’embrasser l’accoudoir du canapé avec tout l’amour du monde, peut-être qu’il ferait pareil avec moi ?(Ou alors plus tard il désossera des femmes pour les transformer en plaid.) (Ce qui ne serait pas bien grave puisque son avocat pourra toujours plaider les circonstances atténuantes “imaginez une seconde que la mère de celui que vous voyez aujourd’hui comme un monstre a posté des photos de son placenta sur internet. Qui pourrait dès lors se permettre de juger les dérives bouchères de mon client ?”)  (D’ailleurs, à qui appartient le droit à l’image du placenta ? A la mère, au bébé ou à la poubelle ?)

7°) Pure curiosité, quand vous tapez « éradiquer » dans Google, il vous fait aussi des suggestions à gerber ?

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8°) Salut, tu as 12 ans et tu es moche ? Rien n’est perdu, les voies de l’évolution sont impénétrables.

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18 juillet 2013

Cinq ans de blog et une surprise

Aujourd’hui, le blog a 5 ans.

Cinq ans, c’est quand même important. Ca veut dire en gros qu’il quitte la maternelle pour bientôt entrer en CP. Du coup, pour fêter comme il se doit cet anniversaire, je cherchais une blague à faire. Un truc qui marque le coup. (Vous me voyez venir de loin, non ?) Un clin d’oeil que je ferai aux lecteurs assidus. Je n’ai trouvé qu’une idée. (Vous pensez “nan, elle va pas faire ça…”)(mais vous commencez à me connaître, vous savez que je ne peux pas passer à côté d’une bonne blague.) Le problème avec cette idée, c’est que de chez moi, il y a peu de chance pour que j’entende vos cris d’horreur.

 

Dianou, Alphoenix, François Pottier et les autres âmes sensibles, je vous conseille d’arrêter là votre lecture.

 

Tintintin…

Dianou, vraiment, tu peux aller cliquer ailleurs.

J’avais dit que je le ferai (coucou les copains de Blended, ça fait longtemps). Alors voilà, comme c’est l’heure du déjeuner, que certains mangeront sans doute un steak saignant, la photo tant attendue par la blogosphère française :

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The royal placenta.

 Bon anniversaire et bon appétit les amis! (Oui, du coup, je considère que c’est aussi un peu votre anniversaire.)

Attention, cette photo s’auto-détruira.

Edit : j’ai auto-censuré ma photo oui. Juste pour énerver les lecteurs qui sont partis en vacances loin d’internet en juillet.

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