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Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

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17 novembre 2015

C’était pas moi

On a tous le même échange. Le pudique “Et toi ? Ca va ?” Auquel on répond oui. Oui, ça va parce que je suis en vie, pas blessée et que je n’ai perdu personne. Alors oui, ça va. Je ne vais pas me plaindre.

Mais la vérité, c’est que ça ne va pas du tout.

Et l’autre vérité, c’est qu’on s’en fout. On s’en branle que je reste parfois le regard dans le vide et que je chiale alors que je ne pense à rien. (Même si d’un point de vue biologique, je ne pensais pas que c’était possible.)  

Si j’écris, c’est que je me dis qu’on est sans doute plusieurs dans cet état. Et plusieurs à ne pas le supporter. Je n’ai pas été touchée directement, et pourtant je erre comme un zombie, assommée par le choc.

robabée

La dessinatrice Robabée.

 

 

C’était ni toi ni moi. Mais c’était quand même nous. Mais c’était quand même pas moi. (Oui, en ce moment, j’ai des capacités logiques et linguistiques limitées.) Et je m’en veux. Je culpabilise de mon état. Les survivants vont culpabiliser vis-à-vis des morts. Et moi, je culpabilise par rapport aux survivants et aux endeuillés, d’être dans cet état de choc alors que j’ai eu tellement de chance. Je n’ai perdu aucun proche. Je n’étais ni en terrasse, ni au Bataclan. J’étais à un concert, certes, mais à la Cigale. Géographiquement, c’est pas à côté. Et pourtant, j’ai basculé dans la sidération.

Pire. Je suis devenue une grosse abrutie. Dans tous les sens du terme (pour abrutie hein). Parce que “ça ne va pas”, ce n’est pas juste être triste. C’est être en mode zombie catatonique, puis pleurer un peu, puis se sentir totalement blindée, insensibilisée, puis envahie par la rage. C’est être traversée par tout un tas de pensées et de sentiments contradictoires. Avoir des réactions totalement irrationnelles. S’énerver pour rien. Trouver les gens insupportables. Et l’instant d’après tellement émouvants. Je me suis réjouie du bombardement du camp d’entrainement de Raqqa. Moi. C’est horrible. Ca, ça prouve bien que ça ne va pas. J’ai dit “il faut les fumer ces batards”. Moi. La même personne qui tenait de grands discours devant la réaction militaire des Américains après le 11 septembre. Evidemment, je sais que c’est cet ancien moi qui a raison. Pas le truc sclérosé, recroquevillé, rageux qui prétend me servir de cerveau en ce moment.

Ces réactions, je les aurais acceptées d’un survivant ou de quelqu’un qui a perdu un proche.

Là, je me trouve profondément conne de me sentir mal et de penser mal. Je n’ai aucune justification pour être dans un état pareil.

Bien sûr, ce sont nos endroits, nos habitudes de vie qui ont été visés. Bien sûr, quand je regarde les photos des victimes, j’ai l’impression que je les connais tous. Et je ne peux pas m’empêcher de me dire que c’est un putain de miracle de n’avoir aucun ami dans la liste des morts. Un miracle qui frôle l’aberration. Au point que je consulte frénétiquement la liste des victimes, avec toujours la même stupéfaction de n’y voir aucun de mes proches.

Bien sûr, toute l’année, on a attendu l’attaque suivante. Après Charlie, plusieurs personnes se sont étonnées, sans méchanceté hein par pure curiosité, de ma réaction et m’ont demandé pourquoi j’étais à ce point affectée par ces attentats. L’une des raisons c’est que j’ai vécu janvier dernier comme un moment de bascule. Un message très explicite qu’on nous adressait. Ce n’était pas la fin de quelque chose, seulement le début. A partir du 7 janvier, on vivait dans un autre monde, une autre période. Et c’est une raison supplémentaire pour que ma sidération actuelle m’exaspère.

Ca va passer bien sûr. Je vais récupérer mon cerveau. En attendant, je compte sur les autres pour décrypter le virage sécuritaire du gouvernement, la révision constitutionnelle, le renforcement de la surveillance d’Internet, toussa quoi.

Méfions-nous. On n’est pas dans notre état normal, on perd nos facultés de juger. On se laisse séduire par des discours que nous condamnions avant. Méfiance. Ne devenons pas notre propre ennemi.

Je me méfie aussi de ce que j’écris. J’en ai gratté des pages depuis samedi. Mais je ne les publierai jamais parce que poster sur Internet, blog ou tweet ou statut, c’est prendre une parole publique, c’est être responsable. Or en ce moment, je ne suis pas vraiment responsable, je dois faire très attention.

Pour finir, je vais arrêter de ressentir confusément que je n’ai pas le droit d’être dans ces états émotionnels. Parce que le premier pas pour se remettre d’un trauma, c’est de l’accepter. On n’est pas des imposteurs qui volent la vraie douleur ailleurs. Malheureusement, la douleur est un bien illimité.

 

On a le droit. D’être enragé, en larmes, vidé. On a le droit d’être traumatisé sans avoir eu de contact direct avec les attaques. Tous. Y compris ceux qui n’étaient pas là, pas là aux terrasses ou au Bataclan, pas là à Paris, pas là en France. Ceux qui vivent en province, ceux qui étaient/sont à l’étranger. C’est quelque chose de plus fort. Un noyau chaud qui vous fait sentir que vous aussi vous avez été ciblés. On n’est pas traumatisés pour rien mais parce qu’on a été attaqués. Et pas symboliquement. C’est extrèmement concret ce qu’on vit. (Il suffit de prêter attention aux sirènes qui retentissent désormais en permanence.) Ceux qui sont traumatisés, le sont parce qu’ils savent, ils sentent intimement qu’ils étaient visés. Et c’est une raison suffisante pour être en état de choc.

 

 

bataclan-avant

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88 commentaires pour “C’était pas moi”

  • Merci.

    le 17 novembre, 2015 à 23 h 00 min
     
  • Courage…

    le 17 novembre, 2015 à 23 h 04 min
     
  • Merci, merci de décrire si bien ce sentiment

    le 17 novembre, 2015 à 23 h 04 min
     
  • Merci Titiou

    le 17 novembre, 2015 à 23 h 05 min
     
  • Putain mais meuf c’est tellement ça.

    le 17 novembre, 2015 à 23 h 06 min
     
  • Écoute, je suis en province et jusqu’à lundi j’avais envie de pleurer constamment. Mais juste l’envie parce que c’est jamais sortie. Samedi je me souviens même pas de ce que j’ai fait de ma journée. J’habite pas Paris, j’y ai jamais vécu, mais vendredi soir malgré tout j’ai demandé à mes potes s’ils n’y étaient pas. C’était irrationnel comme fonctionnement parce que s’ils avaient été à Paris je l’aurais su. Et je pense que c’est justement ça qu’il faut retenir. Ca aurait pu être l’un d’entre nous.

    le 17 novembre, 2015 à 23 h 15 min
     
  • Je ne sais pas si les sirènes parisiennes résonnent plus nombreuses, ou bien si elles semblent avoir un autre son que d’habitude, comme si elles disaient autre chose. Comme si on comprenait ce qu’elles disaient.
    Toute la journée, boulevard Magenta, elles passent. Affolées, pressées. Et ça résonnent en nous. Pas pareil qu’avant.
    Ce qui est sur, ce que tu dis, c’est vrai : c’était pas moi non plus. Mais pareil. Quand je marche dans la rue, a République, je me dis « ou est-ce que je peux me planquer si jamais… ». Quand je vois les gens aux terrasses, je suis fière. Et je me dis « où est-ce qu’ils pourraient, si jamais… »
    C’était pas moi. Mais c’était nous. On connait tous quelqu’un qui. C’était nous, et c’est pour ça qu’on a quand même le droit d’être sous le choc.
    En tout cas, merci pour la trouvaille de l’illustration, qui traduit très bien notre situation.

    le 17 novembre, 2015 à 23 h 16 min
     
  • Merci d’avoir mis des mots sur ce que je ressens.

    le 17 novembre, 2015 à 23 h 24 min
     
  • Merci.

    le 17 novembre, 2015 à 23 h 27 min
     
  • Au moment de Charlie, j’étais à Washington. Je vivais ma vie, la nouvelle année, la neige, l’hiver glacé. J’attendais mon métro lorsque j’entends deux dames un peu plus âgées: « Did you hear about what happened in Paris? I know, it is so tragic! ». Je n’avais pas vu les infos, perdue dans ma journée de taf. J’allume mon téléphone, franceinfo.fr, les images, les mots, le terrible poids des mots. Mais ça me paraissait si loin. Le rassemblement du dimanche, malgré tout, je l’avais trouvé si beau, j’avais trouvé ma France si belle. J’ai même gardé la une du journal du lundi, avec en pleine page cette marée humaine place de la République. Ca m’avait rendu si fière d’être Française.
    « L’étranger ça rend patriote. »

    Fast forward il y a deux semaines, à cause d’une procédure de visa, j’ai du rentrer en France.
    Vendredi soir, j’ai bossé tard, je vais me coucher. Mon mec, encore debout à Washington, m’envoie une photo de sa télé et me dit d’allumer les infos. J’allume la radio, j’ouvre mon ordi, j’écoute, et je fonds en larmes. Et je pleure jusqu’au petit matin.
    C’est un choc. Le premier grand choc. Je ne suis pas à Paris, je ne connais même pas ces rues, ces bars, ces restos. Je ne suis jamais rentrée dans cette salle. Mais c’est comme si on avait fait sauter le parc où je trainais avec mes potes après le lycée, si on avait ouvert le feu dans ma salle de concert à moi, ici dans le Sud. Ce sont mes amis que l’on recherche. Et puis, putain, c’est la musique sur laquelle j’avais sauté, dansé, crié, tant de fois.
    Je n’ai jamais pleuré comme ça. Je n’ai jamais ressenti un truc pareil.
    Depuis, je zone. Je ne dors pas trop, je check les infos toutes les dix minutes, je ne peux pas me concentrer sur rien. Je pleure en écoutant les gens pleurer, je brûle de l’intérieur en lisant les mots tellement forts de ceux qui choisissent l’amour. Je ne suis même pas encore sortie de chez moi.

    Je suis tellement triste, et tellement, tellement fière d’être française. D’être ici, sur mon sol. Fière de mon drapeau, qui apparaît partout. Fière de lui crier mon amour, à ma France, et que même quand j’étais, et quand je retournerai, à 8000km, ma chair est bleu, blanc, rouge. J’ai envie de peindre ces trois couleurs partout, d’accrocher un drapeau à ma porte, à ma bagnole, à mes cheveux, de crier au monde que mon pays, c’est un putain de bel endroit, et que même si on est les plus chiants, mon peuple, c’est un putain de beau peuple.

    (Et ça m’aide tellement, de lire tes mots, et de savoir que je suis pas seule. Merci.)

    le 17 novembre, 2015 à 23 h 32 min
     
  • Merci pour exprimer si bien ce que ressentent ceux et celles qui tournent et retournent ce « Et si… » dans leur tête depuis cette nuit du vendredi 13/11

    le 17 novembre, 2015 à 23 h 32 min
     
  • Merci ! C’est exactement ce que je ressens et c’est toujours ça de ne pas être seule dans ce cas.

    Je préfère cette parole sincère aux élans lyriques des uns et aux messages pseudo-galvanisants des autres. J’en ai marre d’entendre des éloges d’une vie « à la parisienne » qui concerne peut-être 15% des Parisiens, et de lire des incitations à protéger notre liberté de boire des verres en terrasse pour « faire la nique » aux terroristes qui s’en foutent éperdument. Les attaques de vendredi ont tué de vraies personnes, pas des symboles, et ont atteint des vies humaines en nombre, pas la liberté de mœurs des Français. Ne tombons pas dans ce piège qui nous empêchera bien plus longtemps que l’émotion qui nous sidère de revenir à une réflexion politique.

    Je ne sais pas si ce que je dis est aussi clair que ce que toi tu as su dire, ni si tu es aussi d’accord avec moi sur ces points-là que je ne le suis avec toi sur ce que tu décris ; retiens surtout de ce message mes sincères remerciements, que je renouvelle pour le clore !

    le 17 novembre, 2015 à 23 h 40 min
     
  • Merci ! Merci mille fois! Tu as mis des mots exacts sur ce que je ressentais. Je me suis trouvée conne de gribouiller des pages et des pages depuis vendredi. Je me sentais pas légitime. En fin de compte Ca me fais énormément de bien. C’est pour moi, personne ne me lira mais j’ai besoin d’aller mieux pour continuer d’avancer.
    Une dernière fois merci…

    le 17 novembre, 2015 à 23 h 46 min
     
  • Merci Titiou pour tes mots, ils me font vraiment du bien…

    le 17 novembre, 2015 à 23 h 50 min
     
  • Merci Titiou. C’est quand meme si on avait scanné mon cerveau (enfin, en ce moment, mon absence de cerveau). C’est exactement toute cette gamme de sentiments qui se bousculent. Je passe de l’abattement, à la rage, à la peur, aux pleurs, à l’indifférence, à l’insomnie… je me sens ridicule, je culpabilise puis je me persuade que c’est normal…j’ai tenté de me dire que c’était parce que l’un de mes cousins avait été blessé, que c’était parce que j’étais journaliste (ce qui entraine un rapport un tantinet obsessionnel à l’actu…alors que je suis journaliste culinaire, oui, oui), que c’était parce que étant parisienne de naissance ca me touchait….et non, tu as le mot, c’est parce qu’on se sent « ciblé ». C’est sur les victimes qu’on tiré concrètement et c’est sur nous qu’on a tiré symboliquement. Sur nous tous. Putain, évidemment qu’on ne va pas bien. Merci d’arriver à formuler ce qu’on est nombreux à ressentir en nous. Je me sens moins anormale. Et moins seule dans cet état indicible.

    le 18 novembre, 2015 à 0 h 05 min
     
  • Merci . Je me sens plus trop seule à check Google news toutes les 5 min . Vérifier fb qu’il ne se passe rien. J’ai besoin d’aller dans la rue chanter la marseillaise pour sortir ce sentiment de frustration mais les mairies sont frileuses et l’état d’urgence faut peur. En province très peu de réunion public. Et du coup on reste face à ces info tout seul. Et ton texte nous parle ils avaient tous nos âges. Merde

    le 18 novembre, 2015 à 0 h 20 min
     
  • Magnifique article, merci. Comme toi, je regarde encore et encore la liste des victimes en ne comprenant pas comme c’est possible qu’aucune de mes connaissance ou aucun de mes proches n’y soient. Comme toi je me suis sentie visée. En tant qu’habitante du 11eme, en tant que fan de musique métal, en tant qu’habituée des salles de concert, en tant que mécréante… Et je me demande bien par quel miracle j’ai été épargnée. Et je me demande jusqu’à quand.
    Courage à toi.

    le 18 novembre, 2015 à 0 h 40 min
     
  • PAREIL…

    le 18 novembre, 2015 à 0 h 55 min
     
  • Merci Titiou

    le 18 novembre, 2015 à 1 h 03 min
     
  • Merci
    C’est dingue mais je connais 2 victimes du Bataclan et pourtant je ne me sens pas en droit d’être bouleversée. Je croisais l’une de ces victimes tous les matins parce que son fils fréquente la même maternelle que le mien. Nous nous disions bonjour, ca va ?
    Et finalement qd dans ma boîte, lors de la minute de silence, j’ai pleuré (aussi discrètement que possible), je me sentais ridicule parce que d’autres ont perdu tellement plus.

    le 18 novembre, 2015 à 1 h 04 min
     
  • Merci mille fois. Je me sens moins seule, et mieux donc.

    le 18 novembre, 2015 à 1 h 18 min
     
  • Je fais partie de ceux qui ne sont même plus à Paris, j’ai déménagé aux US en août, et c’est tellement dur. Et tu as tellement raison. Merci.

    le 18 novembre, 2015 à 1 h 28 min
     
  • Bisous, Titiou.

    Prends soin de toi.

    le 18 novembre, 2015 à 1 h 43 min
     
  • Merci Titou, c’est vraiment ça.

    le 18 novembre, 2015 à 3 h 03 min
     
  • Ca tourne dans ma tête depuis ce vendredi soir, et tu as mis les mots sur ce que je ressent. Les mots justes. Merci

    le 18 novembre, 2015 à 10 h 05 min
     
  • Merci. Merci parce que je me sens comme un zombie depuis quelques jours aussi. Mon copain était au stade de France, pas moi. Moi j’étais en province, alors c’est difficile de se plaindre. Depuis c’est comme s’il y avait un fossé entre nous. Il y était, pas moi. Il a pu raconter son vendredi soir parce qu’il est journaliste, pas moi. Enfin, je suis journaliste aussi, mais je n’ai aucune raison de raconter mon vendredi soir dans mon média. Ils ont préféré faire parler des « personnalités » et puis évidemment, des gens qui y étaient. Il a fallu retourner travailler lundi et pour la première fois de ma vie, j’étais heureuse de recevoir des communiqués de presse. D’abord parce que ça m’était adressé, à moi la non-personnalité mais personne quand même. Et ça voulait dire que j’étais toujours là et qu’on avait pensé à moi (là je mens un peu parce que je reçois aussi beaucoup de communiqués qui n’ont rien à voir avec le lieu où je travaille ou mon média, mais là il y avait mon nom ET mon prénom). Puis surtout je n’étais pas capable d’écrire, donc ça m’arrangeait bien. Ce sont les premières lignes que j’écris depuis vendredi (avant ça j’étais juste bonne à me faire du vernis avec du masking tape ou à enrouler des sachets de thé autour de mes orteils sur mon canapé). Et je crois bien que c’est le premier commentaire que je laisse sur un blog depuis ma période « lâche tes coms ». Donc merci.

    le 18 novembre, 2015 à 10 h 09 min
     
  • Merci pour ce texte. Jusqu’à cet instant, je pensais être la seule personne à ressentir ses choses la. Je vois mes proches, mes ami(e)s continuer à vivre et montrer chaque jour leur courage et leur force. Je me sens seul face à mes sentiments et mes peurs. Incomprise et honteuse d être dans cette état. Et surtout faible!!! J entends tout le monde me dire on ne risque rien, ne t inquiete pas et même ta réaction c est trop. ( trop!!! Parce que je n étais pas de paris, parce que je n ai perdu personne de proche. Mais ces victimes c est moi. J arrive ai ressentir leur souffrance à ce moment là, leur peur, je vois des images du moins je les imagine. Et si…
    J’ai peur! D emmener mon enfant à l école, et si… De sortir pour aller en ville, et si… De préparer Noël,d acheter les cadeaux, et si… J ai peur de vivre, d être en sûre ci. De ne pas avoir cette « chance » la prochaine fois… alors je vous en parle à vous, qui me comprenez parce que le reste du temps je remet mon masque et je vais bien…

    le 18 novembre, 2015 à 10 h 13 min
     
  • C’est tellement bien dit. Merci. Je me sens si nulle de craquer en en parlant avec ma fille et avec son instit. Je me blinde en passant la porte du boulot parce que 5 minutes avant je pleure dans ma voiture en écoutant la radio sur le trajet. Et je n’essaie même pas d’en parler avec le collègue qui évoque sa trouille d’aller en formation à Paris (je vais m’énerver ou pleurer ou les 2).
    On a le droit d’être dans cet état là…

    le 18 novembre, 2015 à 10 h 31 min
     
  • Merci de donner une voix à beaucoup de gens qui peinent à mettre des mots sur leur ressenti! Une réaction. Tu écris, « à partir du 07 janvier, on vivait dans un autre monde ». Ah oui? Si seulement la terreur avait commencé en janvier dernier. On se sent touchés car elle s’est encore une fois rapprochée, mais elle touchait des gens qui nous ressemblent, des frères humains, partout dans le monde avant cette date. D’aucun diront. « Mais c’est nous, cette fois.. » Plus que les jeunes filles enlevées au Nigéria, plus que les Rohingyas massacrés en Birmanie, plus que les Yézidis et autres minorités religieuses victimes de toutes sortes d’atrocités…/…? Pour ces gens, c’est le quotidien. Juste un rappel. Ce qu’on réalise j’espère, ce n’est pas qu’on vit dans un autre monde, c’est que notre bulle de paix et de liberté n’est pas indestructible. Nous sommes des privilégiés. Nous sommes des nantis. La liberté et la paix ne sont pas acquis. Il faut se battre, se sortir le doigt du ***, arrêter de se morfondre sur son sort et de tergiverser sur ce qu’on ressent ou pas et AGIR. S’engager. Arreter de se regarder le nombril en pleurnichant. Sortir de notre individualisme. Agir pour une société plus solidaire, selon ses moyens, selon ses compétences. Se tourner vers les autres, montrer plus de compassion, de solidarité. La liste est longue, de tout ce qu’on peut faire. Si on pouvait apprendre de cette tragédie et résister, vraiment, s’engager pour un monde meilleur, même si notre impact reste minuscule dans cet océan de souffrance…C’est beau de se sentir patriotes, de crier son amour à la France, il faut surtout lutter pour défendre nos valeurs, et en effet, comme l’écrit Marie, pas seulement en allant boire un verre en terrasse.

    le 18 novembre, 2015 à 10 h 36 min
     
  • Merci. Et courage.

    le 18 novembre, 2015 à 10 h 42 min
     
  • Merci Titiou.

    le 18 novembre, 2015 à 10 h 57 min
     
  • Votre texte est sublime. Il a la couleur de ce que c’est qu’être humain. Merci.

    le 18 novembre, 2015 à 10 h 57 min
     
  • Je ne connaissais pas ton blog je le découvre dans ces sombres circonstances et merci pour ce post, qui me fait l’effet d’un pansement…
    Courage à toi aussi.

    le 18 novembre, 2015 à 12 h 14 min
     
  • Merci, ça fait du bien de voir que l’on est pas seule dans cet état. Exprimons, n’ayons pas honte, et avançons.
    Bon courage.

    le 18 novembre, 2015 à 12 h 14 min
     
  • Un gros hug/câlin à toutes celles et tous ceux qui sont passé(e)s lire ce billet, à toutes celles et tous ceux qui sont encore là, et à toutes celles et tous ceux qui sont là, tout près, dans nos cœurs.

    Merci à toi, Titiou

    le 18 novembre, 2015 à 12 h 16 min
     
  • Tu as su en tout cas mettre des mots sans arrière pensée de ce que tu ressens et je t’en suis tellement plus reconnaissant que c’est ce que je ressens. Vendredi soir, lorsque j’ai découvert tout ça, tout le monde dormait mais moi, non, je suis restée hébétée devant le poste en me disant arrête va te coucher. A 2h30, j’y suis allé mais, chose que je ne fais jamais j’ai pris mon portable et regardé twitter jusqu’au petit matin en ayant peur …Mais le matin, les enfants se lèvent et là « pokerface », je ne voulais pas leur dire, qu’il garde leur quiétude, leur innocence et donc tout le week end tu gardes ça ! Le lundi : voiture, seule pendant mon trajet (1h15-tu cogites!), la radio et là, enfin le lâcher prise, la peur,les pleurs, la colère, la rage , la peur, le sentiment d’injustice, de gâchis, de trahison, les souvenirs de guerre des grands-parents, pas envie d vivre la même chose, ils se sont battus contre de l’idéologie néfaste et ça revient d’ailleurs, avec d’autres armes mais ça revient. Mon être entier est touché, mes convictions : je travaille dans l’insertion : aides les jeunes ou personnes en difficultés à croire en une 2eme chance, à se former dans quelque chose qui leur plaise et à se construire une vie comme tout le monde. Comment garder cette foi en l’être humain? c’est dur! et les politiques qui ne pensent qu’à leur petit pouvoir, a poser leurs pions sur l’échiquier pour protéger leur Saint graal des régionales et de al future présidence ! Ecoeurant!
    Courage à tous !!

    le 18 novembre, 2015 à 12 h 34 min
     
  • je me reconnais tellement dans tes mots… merci, ca fait du bien en quelque sorte.
    courage

    le 18 novembre, 2015 à 13 h 19 min
     
  • Merci

    le 18 novembre, 2015 à 14 h 37 min
     
  • Je comprends très bien tout ce que tu écris… car je ressens la meme chose. Etrangement, je vis en Angleterre, mes amis et ma famille Parisienne n’ont pas été touches.. mais je me sens étrangement triste et ces derniers jours, des que quelque chose se passe a Paris, je me sens, physiquement mal.
    J’ai grandi pas loin et j’y ai passe beaucoup de temps dans ma jeunesse, dans les 90’s, 2000’s. Depuis quelques jours je réfléchis a tout ca et m’imagine meme des scenarios genre 11 septembre: et si c’était le gouvernement qui état derriere tout ca, afin de se trouver une excuse pour intervenir en Syrie et récupérer plus de petrol… oui c’est étrange de se retrouver a penser ainsi… a se dire que l’on ne peut se fier a rien au bout du compte. Les medias, le gouvernement… va savoir???

    Ici c’est étrange. les gens vont de la peur, la solidarité et puis le mépris, certains – le genre hippy -new age – pros de l’agression passive – disant « et alors? ca arrive tout le temps a Beyrut et personne n’en parle… » ca m’agace ce genre de mentalité, et comme toi, je trouves les gens insupportables…
    Beaucoup d’anglos saxons se sentent Parisiens parce qu’ils ont aimes Amelie Poulain et revent de rencontrer leur prince(sse) charmant(e) sous la Tour Eiffel. La il sont devenus experts en toutes choses Parisiennes… ils m’énervent aussi ceux la.

    Tiens je vais le dire: ils m’énervent tous!

    sauf toi! ton post m’a bien plu car je me retrouve dans ce que tu dis et j’aime beaucoup ta franchise :)

    on a le droit d’être sensible et de ressentir des émotions, que l’on soit directement touchée ou non. culpabilise pas. c’est ca d’être humain! dans tous les sens du terme!

    le 18 novembre, 2015 à 15 h 37 min
     
  • Merci.

    Tu as mis les mots sur ce que je ressens. Quand on me demande si ça va, je réponds « ça va, je ne suis pas morte, mes proches sont en vie, ça ira ».
    Sauf que j’ai bien connu l’une des victimes. Alors j’essaie de me détacher, de me dire « oui mais ça faisait 10 bons mois que je l’avais vu, je ne devrais pas être perturbée comme ça, ça va ». Je ne sais pas qui j’essaie de leurrer ici, mais ça ne marche pas.
    Comme tu dis, le 1er pas vers la guérison c’est l’acceptation.

    le 18 novembre, 2015 à 15 h 57 min
     
  • Merci de mettre des mots, ça fait « du bien » de voir qu’on est plusieurs à être dans ce même état.

    le 18 novembre, 2015 à 17 h 02 min
     
  • Bonjour Titiou,

    Je vous lis souvent sur Slate, et ici aussi. C’est courageux d’avoir dit tout cela, et comme tous ces commentaires vous le montrent, vous n’êtes pas seule ! Je trouve ça plutôt admirable d’assumer ses émotions ainsi. Courage !

    le 18 novembre, 2015 à 17 h 05 min
     
  • Merci ….

    le 18 novembre, 2015 à 17 h 12 min
     
  • Tu as trouvé les mots justes pour décrire le sentiment qui anime de nombreuses personnes je le pense. La culpabilité. La culpabilité d’avoir mal alors que oui on est vivant, alors que oui on n’a perdu personne… Mais on a perdu beaucoup dans cette attaque : notre innocence (qui avait déjà été mise à rude épreuve en janvier dernier).

    Hier j’ai eu besoin d’écrire moi aussi. Un éxutoire. Je me permets de le partager avec toi. Car si mes mots/maux peuvent te faire du bien, comme les tiens m’ont fait du bien alors je m’en verrais ravie.

    – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

    « Zut aux barbares » c’est ainsi que Danielle, la mamie humaniste qu’on rêverait tous d’avoir à nos côtés aujourd’hui, termine son intervention pleine de bons sens pour le Grand Journal.
    Les mots qu’elle a choisi étaient une fois de plus justes. Et depuis vendredi chaque mot prend un tout autre sens.

    Le « Rien ne va plus » d’un panneau publicitaire pour un Casino résonne tout à coup d’une manière très étrange. L’écran de la station Europe qui diffuse ce matin du 17 novembre, 9h20, le visage d’une femme qui pleure me donne plus que jamais envie d’ouvrir les vannes et laisser libre cours à cette irrépressible envie de chialer. Oui j’ai déjà pleuré. Beaucoup. Mais j’en ai encore envie. En ai-je le droit ? Où ? Comment ? En public? Secrètement quand la lumière s’éteint ?
    Car oui depuis cette nuit d’horreur du 13 novembre je n’arrive plus à dormir seule. J’ai peur. Peur du moindre bruit. Peur des gens qui ont peur.
    J’ai finalement peur de ne plus jamais ne plus avoir peur.

    Mais heureusement on a des fleurs pour se défendre contre les armes. Et ça, comme le petit garçon de la place de la République, ça me rassure !

    le 18 novembre, 2015 à 17 h 12 min
     
  • Merci.

    le 18 novembre, 2015 à 17 h 28 min
     
  • Merci pour ces mots justes.

    le 18 novembre, 2015 à 17 h 44 min
     
  • Merci…

    le 18 novembre, 2015 à 17 h 45 min
     
  • Merci. Ce texte fait un bien fou.

    le 18 novembre, 2015 à 17 h 55 min
     
  • Merci Titiou, parce que tu décris exactement ce que je ressens depuis vendredi soir. Parce que je me sens tellement coupable d’être malheureuse alors que moi non plus je n’ai perdu pesonne… etj’ai tellement de peine quand je vois les visages de ces innoncents.. ces innoncents qui ont des tronches de copains…

    Parce que oui on a été attaqués, c’est nous et notre mode de vie qui ont et qui sont visés et c’est insupportable.
    Je me sens tellement plus en sécurité nulle part. je sais bien qu’on est supposé remonter en selle, que boire une bière en terrasse devient un acte militant. Mais moi j’ai pas le coeur à tout ça, pas maintenant en tous cas. Je crois qu’il faut avancer à son rythme…

    Faut qu’on prenne soin les uns des autres et qu’on ne bascule ni dans la haine ni dans l’amalgame, c’est cela qu’ils cherchent et on ne leur donnera pas!

    Courage et encore merci

    le 18 novembre, 2015 à 18 h 19 min
     
  • Même si je comprends l’intention,
    j’aurais apprécie que vous me me demandiez avant de mettre mon illustration sur votre site.

    le 18 novembre, 2015 à 18 h 29 min
     
  • Merci de m’autoriser, moi qui suis à 800km de Paris, de dire que je suis mal et que dès que j’entends la marseillaise j’ai envie de pleurer !
    Je n’arrive pas à pleurer et pourtant …
    Merci

    le 18 novembre, 2015 à 18 h 31 min
     
  • Merci vos écrits me donnent l’autorisation de dire que je suis mal très mal et je suis à 800 km !
    Merci merci

    le 18 novembre, 2015 à 18 h 35 min
     
  • Merci Titiou, parce que certaines personnes ne veulent pas comprendre que certaines personnes souffrent et ça ça fait encore plus souffrir. « (Oui, en ce moment, j’ai des capacités logiques et linguistiques limitées.) »

    le 18 novembre, 2015 à 20 h 04 min
     
  • J’ai lu dans le Libé de mardi un texte de Magyd Cherfi de Zebda qui me fait penser à une version lunettes roses de ton texte : « il y a des jours comme ça où on aime la France, où on a envie de chanter la Marseillaise, envie d’être tricolore comme un supporter insupportable.(…) Suis-je toqué ? Suis-je choqué ?……. »
    Je te laisse lire la suite mais moi ça m’a fait du bien.

    le 18 novembre, 2015 à 20 h 27 min
     
  • Merci de décrire aussi bien et précisément ce que nous devons être nombreux à ressentir, je me retrouve dans vos mots.

    le 18 novembre, 2015 à 21 h 37 min
     
  • Merci pour vos mots si apaisants qui expriment ce que plusieurs vivent…
    Je peux vous confirmer que même ceux qui ne sont pas français ressentent ce trouble. Ces événements horribles ont touchés beaucoup de citoyen du monde… sans distinction de nationalité…Et ce monde ne sera plus jamais pareil…

    le 18 novembre, 2015 à 22 h 26 min
     
  • Putain. Merci. Du coup je rererechiale

    le 18 novembre, 2015 à 23 h 02 min
     
  • Bonjour Je comprends ce qui est exprimé et même je le partage un peu…
    Pourquoi un peu?
    Parce-que je n’ai rien VU!
    Je n’ai pas la télé, essentiellement pour échapper à ce « spectacle »
    Je n’ai pas ouvert la radio, sûrement pour me protéger de ce déferlement de violence et d’angoisse.
    J’ai échappé, ils m’ont loupé…!
    J’étais visée, comme tout le monde, mais ils n m’ont pas eue.
    Je SAIS bien sûr et je suis triste, dégoûtée, inquiète, mais indemne quand même par rapport au traumatisme que vous décrivez.
    Protégez-vous, ne regardez plus ces horreurs car ils ne cherchaient pas à tuer untel ou unetelle mais à nous atteindre TOUS, TOUTES grâce à la diffusion de ces images effroyables.
    L’angoisse est contagieuse et quand tout le monde est atteint il n’y a plus personne pour aider.
    Je viens de réaliser pourquoi je n’ai pas voulu savoir, en vous l’expliquant.
    Je vous souhaite à tous et toutes de vous débarrasser de cette blessure qu’ils vous ont faite. Ils savaient qu’ils feraient ça, les salops en plus de la douleur des blessés et des familles.
    Je vous embrasse
    Claire

    le 18 novembre, 2015 à 23 h 50 min
     
  • Merci milles fois.
    Les mots me manquaient et tu me les as rendu. Tu as exactement décrit ce qui est dans ma tête et qui tourne en boucle depuis vendredi donc M E R C I !

    le 18 novembre, 2015 à 23 h 55 min
     
  • Merci

    le 19 novembre, 2015 à 0 h 01 min
     
  • […] réalisé que mes problèmes si importants pour moi vendredi n’étaient même pas une goutte dans l’océan de souffrance dans lequel nous baignions tous. Et puis mon mur Facebook a commencé à devenir beau aussi, avec des histoires de victimes aux […]

    le 19 novembre, 2015 à 0 h 36 min
     
  • J’ai passé un week-end dans le même état que toi (enfin je pense). Et puis je me suis posée MES questions essentielles aux quelles j’ai répondues en essayant d’être le plus lucide possible. Après quoi j’ai adopté une stratégie trés simple.
    Pour conserver mon cerveau :
    -je n’allume pas la télévision,
    -je n’écoute plus la radio (à part une qui est en anglais, comme ca pour écouter les infos faut que je me concentre un peu)
    Ces 2 choses mettent aussi mes enfants en bas ages à l’abri d’angoisses qu’ils ne peuvent assumer. Pour moi il est primordial de les préserver, l’atmosphère ambiante est déjà suffisamment lourde

    En parallèle, je me tiens informer uniquement des faits sans aller dans le détail, car à part de la peur de la tristesse, de l’angoisse… cela ne m’apporte rien de bon. Cela me lobotomise.

    Par contre je me documente à bloc pour comprendre comment on en est arriver la… je fais une étude historique, et ca, ca m’aide à conserver mon cerveau. Ca m’aide à prendre le recul nécessaire quand, dans la voiture j’écoute la radio, ou quand mes collègues de travail me font une analyse très simpliste et limite extrémiste de la situation.

    Ne cédons pas à la panique : nous sommes d’autant plus touché car les victimes ça aurait pu être nous.

    le 19 novembre, 2015 à 9 h 16 min
     
  • Merci Titiou, moi aussi ça va mais ça va pas. Je suis soulagée de pas être seule (et vu tous les commentaire son est une palanquée).
    Je pense à nous, cette génération de trentenaire qui a été visée (et le sera encore ?). On pensait à sauver la planète et à l’écologie, ils pensent à nous exploser la gueule, je ne comprend pas. Et nos gamins, ils vont grandir dans quel monde, putain !!

    le 19 novembre, 2015 à 10 h 43 min
     
  • Hey – Merci Titiou, franchement, ça m’a fait un bien fou de te lire (et puis culpabiliser après me sentir bien … voila). Justes paroles, tout est juste. Et ta notion de ‘responsabilité’, ne pas écrire, poster, publier des conneries, car on est responsables de nos écrits, malgré le « droit à l’oubli » de la Cour Européenne, les écrits restent, et se collent à nous. Alors il faut attendre quelques semaines, lire les écrits de cons sans s’enrager, et lire les beaux écrits en remerciant qu’il n’y a pas que des cons. Continue à écrire en tous cas, pour nous tous, pour tous ceux qui ne savent pas comment s’exprimer! Merci! Marie xox

    le 19 novembre, 2015 à 13 h 53 min
     
  • Merci

    le 19 novembre, 2015 à 14 h 13 min
     
  • C’est exactement ce que je ressens … merci d’avoir réussi à mettre des mots dessus.

    le 19 novembre, 2015 à 18 h 12 min
     
  • Je me sentais ridicule et culpabilisais d’être ainsi parce que moi aussi je n’ai perdu personne ce vendredi 13 novembre. Mais tout ça m’affecte énormément. Merci

    le 19 novembre, 2015 à 18 h 30 min
     
  • Bouleversant de justesse.

    le 19 novembre, 2015 à 20 h 31 min
     
  • Je ne vis pas à Paris, je ne connais personnes parmi les victimes et pourtant je suis tellement triste … Ne cédons pas à la peur elle pourrait nous faire perdre la tête. Merci d’écrire ce que nous ressentons.

    le 19 novembre, 2015 à 22 h 10 min
     
  • Dédé, Claire, en accord avec vous.

    Bien sûr vendredi ce fut une claque et je ne pourrais pas prétendre être tout le temps d’une grande sérénité depuis. Surtout que j’habite à 700 et travaille à 400 mètres de la belle équipe. Mais j’ai curieusement été moins secouée qu’en janvier.

    Est-ce parce que je m’y attendais ? ou est-ce parce que comme Claire je me suis tenue à l’écart de médias les plus anxiogènes (pas de télé, pas de radio, juste un fil internet) ? Peut-être que c’est ça qui m’a aidé à garder la tête relativement froide. Malgré le nombre de victimes, la probabilité d’être atteint si cela devait se reproduire (ce qui n’est malheureusement pas à exclure)reste infime et si je ne suis pas 100% tranquille dans la rue, je n’ai pas vraiment peur non plus, juste une vigilance un peu accrue.

    J’ai paradoxalement presque plus peur de nos réactions :
    8 terroristes nous attaquent et on est prêts à changer la constitution. Est-ce envoyer le bon message ? D’accord pour riposter mais avec DISCERNEMENT sous peine d’être même contre-productifs.
    Nous avons la « chance » d’avoir sous les yeux, l’exemple des US qui ont pour moi foiré leur après 11 septembre (paranoïa, incompréhensible guerre en Irak qui a jeté de l’huile sur le feu). Nous leur donnions à l’époque des leçons, espérons que nous saurons nous les appliquer à nous même.

    Ceci dit, je pense qu’une émotion n’est jamais illégitime et ne vois pas pourquoi il faudrait avoir honte d’avoir peur ou mal juste parce qu’on n’est pas directement touché.
    Criez et pleurez ce n’est pas moi qui vous jugerai. Et si après il nous reste encore un peu d’énergie à mettre au service de notre vivre ensemble chacun à notre niveau ça ne pourra pas nous faire de mal à mon humble avis.

    le 20 novembre, 2015 à 1 h 15 min
     
  • Merci, vraiment d’être aussi apaisante en ces moments de partage ue peu fébriles …

    J’ai croisé le témoignage d’une « qui y était », et qui m’a touché un peu comme vous :

    http://www.liberation.fr/france/2015/11/19/bien-sur-que-je-vais-te-vomir-toute-ma-version-dessus-tu-vas-pas-comprendre-meuf_1414776

    le 20 novembre, 2015 à 3 h 57 min
     
  • Merci, mille fois merci. Même si une seule fois suffit si elle est sincère, authentique, d’avoir trouvé les mots justes. Merci de nous rappeler que oui, nous avons le droit de nous sentir mal. Nous avons le droit de nous sentir vides dedans, nous avons le droit de ne plus trouver le goût de rien, et, l’instant d’après, de trouver de la joie dans un détail insignifiant de notre quotidien. Merci d’avoir trouvé les mots pour moi qui ne les trouve plus depuis plus de six mois maintenant. Merci pour qui vous êtes. Merci pour qui nous sommes.

    le 20 novembre, 2015 à 11 h 58 min
     
  • Merci de dire tout haut EXACTEMENT ce que je ressens tout bas. Moi je chiale sur mon vélo en allant bosser…Mon vélo me laisse faire, il a déjà connu ce penchant en janvier…

    le 20 novembre, 2015 à 12 h 47 min
     
  • C’est normal de passer par tout ces sentiments, moi même -comme tout le monde-, je nage entre la tristesse et la rage.
    J’ai beau avoir la chance de n’avoir perdu aucun proche, je ne peux qu’imaginer ce que vive ces familles des victimes, tout comme les parents de ces monstres (après avoir vu le témoignage d’une mère effondrée. Il ne faut pas les oublier, leurs parents aussi sont des victimes), ça me fait mal, vraiment mal.

    Comment ça « Je n’ai aucune justification pour être dans un état pareil. » ? Depuis quand est-il interdit d’être triste pour son prochain? Pour son pays? C’est exactement ce qui se passe. Tu as de la compassion pour toutes ces victimes et leur famille. Tu as le droit d’avoir mal.
    Et tu as le droits d’avoir mal pour ton pays, parce-que tu sais que c’est le pays des Droits de l’Homme, tu aimes la (ta) liberté d’y vivre, tu aimes ton pays.

    La où j’enrage, c’est que ce même pays, pond des lois liberticides à tours de bras, totalement inefficace, qui n’ont pas protégé toutes ces victimes.
    La où j’enrage, c’est que musulmans ou pas, ceux qui seront de la « mauvaise couleur » de peau vont encore en prendre pour leur grade.
    La où j’enrage, c’est que ce même pays rejette la faute sur la Belgique et n’assume pas ses erreurs alors que pour lutter contre ces monstres, il faut rester ensemble.

    Oui, j’ai été « content » d’apprendre les frappes aériennes les jours suivants. Je considère qu’un pays ne peut pas subir ces tristes événements dans la même année, sans émettre une réponse forte. J’espère juste que leurs renseignements seront à la hauteur et que mon pays ne vas pas allongé la liste de victimes déjà trop longue.

    Courage Titiou, bisous.
    *Bro hug*

    le 20 novembre, 2015 à 17 h 05 min
     
  • Merci, merci d’avoir mis des mots sur ce que je ressens. Et d’avoir légitimé ma réaction. Une semaine après, je suis triste, j’ai peur, mais j’apprends à vivre avec. Courage à toi.

    le 21 novembre, 2015 à 12 h 16 min
     
  • Merci pour ton texte qui est magnifiquement bien écrit et qui relate ce que beaucoup de personnes ressente , dont moi …
    J’aimerais que ton article soit lu par un plus grand nombre afin de déculpabiliser de l’état dans lequel nous sommes , même si nous n’avons pas été touché de près physiquement par cette attaque !

    Bon courage à toi en tout cas :)

    le 21 novembre, 2015 à 13 h 03 min
     
  • Merci Titiou

    le 21 novembre, 2015 à 19 h 17 min
     
  • Titiou sur Paris Première, dans Ca Balance à Paris, j en redemande… Ils ont de bons maquilleurs, t as plus de cernes

    le 21 novembre, 2015 à 19 h 21 min
     
  • 6/577 qui réfléchissent … Bon gré mal gré, il va falloir que l’on se réveille.

    http://www.reporterre.net/A-l-Assemblee-nationale-ces-derniers-jours-j-ai-eu-honte

    le 22 novembre, 2015 à 11 h 42 min
     
  • Je vis à Montauban, je travaille à Toulouse. Qui avaient déjà été les cibles de Merah il y a trois ans.
    Alors non, je suis pas à Paris mais pourtant qu’est ce que j’ai mal, qu’est ce que je m’égare. Je cherche souvent dans les regards des autres, depuis un peu plus d’une semaine, de l’amitié, de l’attention, de la chaleur. Dans le métro ou dans la rue, je cherche ça. Mais tout le monde continue, comme si de rien n’était, à se marcher dessus pour être le premier à sortir de la rame de métro, tout le monde continue à tirer la gueule, et personne n’a visiblement envie d’être gentil avec l’autre. Je suis atterrée, choquée, j’ai le coeur en miettes et le patriotisme en ébullition. Putain Toulouse, putain Paris et putain de putains de Français, pourquoi PERSONNE ne semble ressentir si fort ce que je ressens ? Parce que tout ce qui est écrit dans ce post, c’est précisément ce que j’éprouve moi aussi. Je ne connaissais personne, mais j’ai l’impression d’avoir perdu toute une bande de potes. J’ai trop, trop mal à mes racines. Venez, bordel, venez on se sourit quand on se croise dans la rue, venez on se parle quand on s’assoit les uns à côté des autres dans le métro. Venez on dénonce dès lors qu’on voit un truc pas net, genre un petit mec nonchalant qui fume du shit en pleine journée et en plein centre ville bordel venez, faut qu’on soit ensemble et unis. Que ceux qui souffrent moins que d’autres mais qui sont tout autant en colère, soient des piliers pour leurs concitoyens. Et pour l’instant, à mon échelle et depuis ma position géographique, j’en ai pas vu un rattraper l’autre. Par exemple, cette semaine, j’ai été me recueillir à raison de 4 fois place du Capitole. Et à chaque fois, les larmes montent, et je pleure, et je suis indignée parce que je comprends pas ce qui nous tombe dessus, et… et tout ce que je vois, c’est de sombres européens qui prennent en putain de photo ces bougies éteintes par le vent et la pluie, et vos regards vides genre : « ben, quesqu’elle a à chialer cel’là ? »… putain mais REVEIL LA FRANCE !

    le 22 novembre, 2015 à 12 h 23 min
     
  • Mais putain mais Titiou, je t’aime!!!

    le 22 novembre, 2015 à 18 h 01 min
     
  • cette peur terrible de se dire qu’on pouvait y être. ou de connaitre quelqu’un. et de se dire qu’on est chanceux. et d’avoir peur pour la suite, car beaucoup de victimes ne sont pas sorties des urgences…

    gros hug à toi. et à tous.

    le 23 novembre, 2015 à 10 h 49 min
     
  • Super article !
    Tout est bien dit et émouvant.

    Alors moi je devais y aller à ce concet avec des amis, j’ai annule car fatigue, soucis de sante… Mes potes y sont aller, j’ai passé la pire soiree de ma vie qui allait se prolongèe au week end complet…

    J’aî 3 potes décédés et 4 hospitalisés mais ils vont bien…. Depuis ils sont tous décidés à se faire tatouer « Carpe Diem »….

    Depuis ce 13/11 je n’ai qu’une envie c’est de faire des câlins à tout le monde dans la rue, dans le tram… J’ai envie de leurs demandé comment ils vont et leurs dire de prendre soin d’eux et de profiter de la vie.

    J’ai peur des amalgames et des menaces qui pesent, j’ai peur du future… J’ai mal pour la france et pour tout le monde.

    le 24 novembre, 2015 à 0 h 27 min
     
  • Merci Titiou, c´est tellement ca…

    le 24 novembre, 2015 à 10 h 04 min
     
  • Merci…

    le 26 novembre, 2015 à 13 h 10 min
     
  • ça fait du bien de lire ce genre de mots, de sentir qu’on est pas l’idiot bête qui devrait se taire au lieu de se plaindre alors qu’il n’a pas été touché de près. J’ai quitté la France il y a maintenant six ans, et pourtant, j’ai ma famille et mes amis de toujours qui y sont restés. Alors oui, même à 5000 km j’ai les larmes qui montent quand je lis les portraits du Monde de chaque victime. Je n’ai jamais regretté d’avoir quitté la France parce que je ne m’y suis pas toujours sentie à l’aise, mais dans ces moments-là on se demande si on a bien fait, parce qu’on a pas quitté que la France, mais aussi tous les gens qu’on aime, et on ne sait pas, on ne sait plus, si on les reverra en rentrant.
    Merci Titiou de mettre les (bons) mots sur ce qu’on est des milliers de français à ressentir en ce moment et qu’on ne sait expliquer.
    Je te suis depuis des années, depuis que j’ai décidé au lycée de devenir journaliste, maintenant je le suis, et te lire me rappelle à chaque fois pourquoi j’admire tant ton travail.
    C’est pourtant la première fois que je commente, alors que ce n’est pourtant pas le seul article qui me touche et m’inspire. Mais maintenant c’est différent, il faut prendre le temps de dire aux gens toutes ces gentilles choses qu’on pense d’eux, plus que jamais ! Alors merci de me faire tant rire à chaque passage sur ton blog, et de me faire sentir moins seule dans des moments comme celui-là !

    le 8 décembre, 2015 à 3 h 27 min
     
  • Bonjour! C’est peut être la première fois que je commente ici…
    Tout est dit. Ce texte décrit tout ce que j’ai ressenti par rapport à ce vendredi 13 Novembre.
    J’ai envie de raconter quelque chose ici. J’ai eu quelques scrupules de n’être pas plus bouleversée que cela, mais il se trouve que je vivais mon choc plus personnel, je venais de me faire larguer. Il s’est passé un truc étrange, l’ex m’a envoyé un texto suite à ce qu’il s’était passé, pour rien, juste comme ça pour prendre des nouvelles, en évoquant les attentats, le message qui tombe tu ne comprends pas trop pourquoi… je veux dire, il venait de me larguer. Mais j’ai aussi failli lui envoyer un message ce soir là du vendredi 13, comme pour dire… tu es là, bien là dans ce monde, ça me fait du bien de le savoir.
    Pour préciser, ni lui ni moi ne vivons à Paris ou n’étions à Paris, mais sommes français tous les deux.
    Une amie m’a confié aussi avoir eu un message de son ex, pour rien, pour dire juste « tu vas bien? j’ai vu ce qu’il s’était passé … » Ni son ex ni elle ne vivent à Paris non plus.
    Ça a déclenché quelque chose en nous, d’un peu archaïque et inhérent chez l’être humain, d’autant plus chez nous, français à Paris ou loin à ce moment -là, mais ce truc de « putain ça aurait pu être toi, moi » parce que tu es français simplement.
    Alors bien sûr que c’est traumatisant…
    Il y a une vidéo que j’ai trouvé pas mal du tout sur ce sujet, voici le lien :
    https://www.youtube.com/watch?v=ry07GMS1A2w
    (la chaîne de Psychanalyse toi la face « le trauma »)

    oh et tant que je suis dans les liens, une autre très différente de Véronique Gallo « vie de mère » qui fait des mini sketchs extrêmement drôle et qui fait là une vidéo d’hommage en gardant son style mais qui parvient à y mettre beaucoup de délicatesse je trouve :
    https://www.youtube.com/watch?v=dpg52Ppz7bc

    Voilà.
    Belle soirée !

    le 10 janvier, 2016 à 21 h 58 min
     
  • On est en février j’ai toujours aussi peur personnellement, les attentats ont changé ma vie, surtout depuis que je suis revenue vivre à Paris (Décembre dernier). Je me demande combien de personnes sont dans mon cas. Je me suis retrouvée dans votre texte, merci beaucoup.

    le 5 février, 2016 à 14 h 48 min
     

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