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Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

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29 septembre 2015

Vacances en immersion – Part 2

Attention ami lecteur, ceci est la suite d’un texte qui commence donc précédemment.

Quand tu as moins de 55 ans et que tu te retrouves à patienter devant le Monop à l’ouverture, tu deviens ipso facto un objet d’exotisme pour toutes les personnes âgées qui sont présentes. Elles te regardent en souriant comme si le fait d’être calée sur leur rythme biologique impliquait que tu avais rejoint leur univers. En même temps, l’expérience m’a plu pour une raison que ne comprendront que les gens qui, d’après moi, devraient sérieusement aller consulter un psychiatre : ça me donnait l’impression d’être grande. Je jouais à l’adulte. (Mon rapport au réel est essentiellement basé sur des jeux de rôle.) Et là, je pouvais difficilement faire plus “adulte” que de jouer à la meuf qui trimballe ses gamins en pyjama pour faire l’ouverture du supermarché.

Par contre, aux alentours de 10h30, j’en avais ras-le-bol de jouer à l’adulte responsable. Mon moi intérieur, qui est donc âgé de 5 ans, avait besoin de pioncer. C’est le moment où tu penses aux autres parents et tu te demandes pourquoi ça a l’air facile, ou au moins naturel pour eux, de gérer le quotidien alors que toi, t’as l’impression de vivre une expérience extrême.

Maman, les mouettes elles font le même bruit que les sirènes des pompiers.

Pendant ces quelques jours, j’ai aussi pas mal pensé à ma mère. De même que je n’ai aucun souvenir de l’avoir vue coudre des étiquettes à mon nom sur mes fringues (après vérification, elle m’affirme qu’elle l’a fait), je n’ai pas le souvenir de l’avoir vu galérer comme ça. Jamais. Ceci étant, elle a fait deux enfants avec 15 ans d’intervalle, ce qui lui a permis de gérer simultanément le bac de l’une et les couches de l’autre.

Je n’ai qu’une photo où elle a l’air d’en chier à cause de moi. (Justement en vacances, comme quoi…)

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(c’était ma période sans culotte)

Et une où clairement elle gère par la décontraction une crise de ma soeur.

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Après des matinées aussi folles, retour bien mérité à la maison. (Vers 10h30 donc.) La maison, le lieu de vacances où tu te reposes, tu souffles un peu. Mais pas dans mon cas. Parce que qui dit maison de vacances, dit maison non sécurisée, dit danger de mort à chaque coin de meubles. Et ce qui fonctionnait très bien à deux adultes, se révèle nettement moins pratique à un. Par exemple, la cour où les enfants pouvaient jouer était joliment agrémentée d’une arme de mort.

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Et l’intérieur de la maison (pour aller du salon/cuisine aux toilettes par exemple) :

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On dit que les parents ont des yeux derrière la tête. Bah ils ont bien de la chance parce que pas moi.

Et du coup, je me suis retrouvée face à des choix cornéliens. Par exemple : chier ou surveiller ma progéniture. Il faut savoir que j’ai le caca présidentiel. Pour mon organisme, le caca, c’est maintenant. Pas dans dix minutes. Si caca il y a, je dois courir aux chiottes, ce qui implique de laisser les enfants seuls. Donc à chaque fois que je suis allée aux toilettes, j’étais perclue de culpabilité. Je m’imaginais Têtard ou Curly mourir dans un escalier, la police ou leur père me demander “vous étiez où ?” et comment oserai-je répondre “aux cabinets” ?

Dès le deuxième jour, j’ai pris conscience que j’allais être confrontée à un autre sérieux problème : l’alimentation.

La mienne. Les premières 24h, je me suis nourrie d’une fin de sucette saupoudrée de grains de sable que Têtard avait laissée trainer par terre et j’ai raclé des fonds de petits filous. Figurez-vous que mes enfants font quatre repas par jour. Chacun. Et qu’ils ne mangent pas la même chose. 8 repas par jour. En 48h, j’en avais déjà servis 16, j’avais l’impression de rebosser à la trattoria des Champs-Elysées. Le problème étant que ce boulot de serveuse, je l’avais lâché au bout de 12 heures parce que je trouvais ça ultra chiant. Il avait fallu me rendre à l’évidence : je préférais niquer les serveurs qu’être serveuse. Autant dire que me préparer un déjeuner, c’est un truc qui m’a tout de suite semblé injouable.  

Mais je pouvais peut-être miser sur le fait de bouffer le soir. Sauf qu’après la plage, la douche de l’un des deux (je tirais au sort lequel j’aurais le courage de laver), la bouffe de l’un, la couche à changer, la bouffe de l’autre, l’engueulade entre les deux pour la tablette (oui, déjà), l’histoire et le câlin de l’un, l’histoire et le câlin de l’autre, il était 21h et le dernier truc dont j’avais envie, c’était de me faire à manger. Evidemment, j’aurais pu aller me chercher de quoi grailler dehors. Sauf que nos normes sociétales actuelles interdisent de laisser des enfants dormir seuls dans une maison même dix minutes. Du coup, j’ai repensé à Hemingway. 

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L’époque bénie où tu laissais ton bébé seul plusieurs heures dans son lit à barreaux pendant que t’allais glander au café…

Bref. J’ai finalement trouvé la solution définitive à mon problème d’alimentation :

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Dieu n’a pas créé que l’univers, il a également inventé le pâté. Un truc salé, comme ça, t’as quand même l’impression de faire un vrai repas, qui ne nécessite pas de cuire quoique ce soit, tient au corps et demande un minimum de temps et d’énergie. (Parce que ces « vacances » auront été le moment pour approfondir ma théorie selon laquelle le temps, c’est de l’énergie.)

Ensuite, il fallait aller à la plage. J’adore la plage. D’abord, j’aime me baigner dans la mer. Pas dans une piscine. Si vous voulez mon avis, les gens qui disent « moi, je préfère la piscine » sont sans doute les mêmes peine-à-jouir qui utilisent des ronds de serviette. Mais là, seule avec deux petits, la mer est restée un truc à la fois très proche (de quatre mètres) et complètement inaccessible.

Et ce que je préfère c’est quand tu reviens de ta baignade. Tu t’allonges sur ta serviette et tu fermes les yeux. Au début tu as un peu froid et puis le soleil commence à te piquer. Si tu entrouvres les yeux, en te concentrant bien, tu peux même réussir à voir le sel collé entre tes cils. Tu refermes les yeux et tous les bruits te parviennent différemment, à la fois plus précis et éloignés.

Là, au lieu de me détendre, j’ai dû rester dans un état de vigilance maximale.

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Bon, gros coup de bol, Curly a horreur du sable donc il ne quittait pas l’espace délimité par la serviette. Par contre, surveiller Têtard s’est révélé au-dessus de mes capacités. Un échec cuisant. Dès le premier jour, on allait rentrer à la maison quand j’ai perdu simultanément ma sandale et mon fils. C’est-à-dire que je cherchais désespérément ma sandale dans le sable, sandale qui avait sans doute été enfouie par l’enfant en question, quand j’entends 45 secondes de silence. Effrayée, je lève la tête. Plus de Têtard. Je ne peux pas courir pour le chercher vu que j’ai la poussette avec le Curly. Je remonte donc péniblement la poussette jusqu’aux planches, je lance un dernier regard à la plage où se trouve ma sandale, et puis je pars en roulant à la recherche de l’enfant. Que j’ai retrouvé très loin devant. Il avait entendu que je disais “on va rentrer” et il s’était barré, tranquille. J’ai donc fait le chemin de retour avec une seule chaussure, la bave aux lèvres, vociférant sur Têtard que je secouais d’une main tandis que je manoeuvrais la poussette de l’autre, et en prime mes lunettes de soleil cassées dans la panique. J’avais l’impression de faire le chemin de croix d’une Cersei version Lidl.

Lors de ces trajets à pieds, je me suis beaucoup interrogée. A chaque fois que je croisais d’autres parents, je cherchais des indices pour me rassurer. Peut-être que simplement les autres parents dont j’ai l’impression qu’ils gèrent si facilement, galèrent aussi mais que ça ne se voit pas au premier coup d’œil. (Une perspective rassérénante puisqu’elle sous-entend son inverse à savoir que possiblement, je n’ai peut-être pas l’air de galérer non plus vue de l’extérieur. Même si les regards compatissants de 90% des gens que je croise me laissent un doute quant à cette hypothèse.) Sauf que non. Je vois bien que les autres parents ne rentrent pas de la plage pieds nus, qu’ils n’ont pas perdu une chaussure en route qu’ils n’ont pas pu chercher parce que leur gamin avait fugué. Je vois bien que leurs lunettes de soleil ne sont pas pétées et portées de traviole. Je vois bien que leurs gamins n’ont pas des traces de morve séchée qui remontent sous leurs yeux. Je vois bien que leurs fringues et leurs cheveux sont propres. J’en ai même vu, le père, la mère, le gosse de 3 ans qui portaient tous les trois des shorts beige. BEIGE. 

Evidemment, ils avaient sans doute une machine à laver, alors que notre maison de vacances en était dépourvue, possibilité que je n’avais pas vraiment envisagée quand j’avais préparé les valises. Mais en fait, vu notre degré de crasse, il aurait suffi qu’un t-shirt propre entre en contact avec la peau de mes enfants pour se retrouver souillé de tâches de gras. Heureusement, ce n’était pas près d’arriver. J’avais pris un seul pyjama pour Têtard qu’il renfilait tous les soirs pour s’endormir dans l’odeur du nesquick qu’il renversait dessus chaque matin.

Et dans le genre dialogue de la la honte : INT/JOUR 21h. Salle de bain.

Têtard « Maman, on n’a pas lavé mes dents aujourd’hui. »

Moi « Ah oui… » Gros plan sur le visage exténué de la mère. « On fera ça demain hein, c’est pas grave. »

Têtard « Mais hier non plus. »

Moi « Ah oui… C’est vrai… »  

Silence lourd de sens que Têtard n’a malheureusement pas la finesse de saisir. Il a fallu qu’il se mette à hurler « je veux me LAVER LES DENTS!! » réveillant du coup Curly, double source de cris enfantins, pour que je cède. Cette fois-là.

Parce que dans cette configuration avec mes enfants d’amour, il a fallu faire des choix. Et j’ai unilatéralement décidé que l’hygiène, on pouvait s’en passer.

Et en même temps, il y a eu un phénomène assez remarquable. J’en chiais mais le fait d’être en permanence avec eux me donnait envie d’être encore plus avec eux. (Alors que là, concrètement, c’était pas possible de faire plus, à moins de me rétrécir à une échelle microscopique pour pouvoir entrer dans leur organisme.) Ils agissent comme une drogue. (Et à l’instar de la drogue, ils sont en train de niquer ma santé.) En fait, j’ai développé un syndrôme de Stockholm avec mes propres gamins. Autre effet secondaire : la raison qui vacille. En état de privation de sommeil et coupé de tout contact avec d’autres adultes, tu as des moments de folie. Les verrous qui sautent. Ces moments sont très faciles à identifier. C’est par exemple quand tu te mets à quatre pattes dans le salon et que tu imites le cochon qui vomit. (J’ai aussi fait une imitation d’orang-otan qui déclame du Corneille mais ils ont moins aimé. Ils n’ont aucun goût.) Bref, ça, c’est hyper cool. Tu t’autorises n’importe quoi devant d’autres êtres humains qui, de toute façon, quoique tu fasses, ont chevillé au corps la conviction que tu es la chose la plus merveilleuse de l’univers. Je ferais caca sur la table, ils applaudiraient à tout rompre. (Ca ne va pas durer, je sais. Mais c’est quand même la première fois de ma vie que ça m’arrive.) (Non, ma mère aurait modérément apprécié que je chie sur la table en bois du salon.)  

Un autre jour, Têtard a voulu jouer dans le square derrière la plage. J’ai trouvé un endroit stratégique qui me permettait à la fois de laisser la poussette à l’ombre et de surveiller Têtard. Il se trouve que cet endroit se situait à côté de la poubelle. Et bin, je me suis rarement sentie autant en adéquation avec mon environnement. Et puis, au moins, on ne faisait pas tâche. Et c’est comme ça que j’ai fait connaissance avec les dames au fond. (Et j’ai eu droit à mon énième : “Oh mais vous savez, là c’est difficile, mais dans quatre ans, ça roulera tout seul.”)

plage

Mes copines de vacances.

Heureusement, ces vacances ont été sauvées par l’intervention de deux hommes. C’est-à-dire qu’à un moment, tu as besoin de respirer et de retrouver le monde normal, un monde où tu ne t’écries pas « ohhh… un chien! » à chaque fois que tu croises un clebs. Seul(e) avec tes enfants, tu es en immersion dans un univers particulier, un monde parallèle régi par des lois absurdes, où tu acquiers des réflexes à la con comme imiter le cri de chaque animal après avoir dit son nom (« oh, un chien! Waouf waouf! », « oh un chat, miaou »).  

D’abord, Guy Birenbaum m’a récupérée dans un bistrot. Il m’a regardée, il m’a écoutée et il m’a dit “t’inquiète, j’appelle mes filles, elles vont un peu s’occuper des enfants”. Ensuite, j’ai vu trois nymphettes débarquer. A la plage, je les ai écoutées se battre pour savoir laquelle ferait à manger à leur père le soir pendant qu’il me parlait des livres qu’il avait lus. J’étais émerveillée.

Ensuite, il y a eu le voisin. Un après-midi, pendant que Têtard faisait la sieste (vu qu’ils n’étaient pas calés sur les mêmes horaires), je faisais la vaisselle. Curly en a profité pour traverser la cour, tourner à gauche, entrer dans la cour de la maison voisine, la traverser et monter l’escalier. Tout ça, à quatre pattes en marchant comme un varan. Il n’avance pas les bras vers l’avant, il fait un mouvement de rotation de l’épaule pour que son bras effectue un demi-cercle. Et il peut aller hyper vite. Grosso modo, lancé à pleine puissance, ça donne ça :

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Du coup, j’ai fait connaissance avec le voisin, un mec très sympa qui avait deux fils, mais des grands, et me regardait avec la compassion que je lisais dans le regard des gens depuis le début de mon épopée monoparentale. Il a pris Curly dans ses bras, plus tard il a installé Têtard à une table, est allé nous chercher des croissants, m’a fait du café et m’a raconté qu’il était scénariste.

Là, j’aimerais que vous vous mettiez à ma place. Je suis dans la maison d’un inconnu qui berce mon bébé varan, je n’ai pas dormi depuis 48h, la veille au soir j’ai mangé du pâté étalé sur un BN fraise parce que j’avais plus de pain et que j’aurais bouffé n’importe quoi, j’ai passé la matinée à mimer une truie en train de gerber, j’en suis là, c’est-à-dire dans un autre espace-temps – ou un épisode de Doctor Who – quand cet homme me raconte que pendant 10 ans, il a été scénariste de… Smallville. (Au bout de dix ans, le pool de scénaristes a été remplacé par un logiciel.)

Pour les néophytes, Smallville, ça racontait l’adolescence de Superman.

Moment le plus WTF de mes vacances. Là, j’ai cru que je m’étais auto-définitivement-perdue pour moi-même.

Bref, à la fin de cette expérience, j’étais plutôt fière de moi. Une fierté pas partagée par le Chef qui m’a dit « je n’ai jamais vu des enfants aussi sales. Mais qu’est-ce que vous avez fait ?! » Je l’ai regardé les yeux exorbités, j’ai attrapé son bras pour le secouer en hurlant « MAIS ILS SONT EN VIE, EN VIE!! »

Et puis, je me suis rendue compte d’un truc : ni Têtard ni Curly ne garderont de souvenir de ces vacances. Aucun. Rien. Nada. On a vécu des trucs hyper forts ensemble et pschiit, ça a déjà été effacé de leurs mémoires pour faire de la place pour la visualisation de A et E, ou encore pour mémoriser le mot ouaho (qui signifie oiseau, n’est-ce pas). Quel gâchis…

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28 septembre 2015

Vacances en immersion – Part 1

Coucou mes petits amis, et revoilà la fameuse rentrée.

Depuis le temps que vous lisez des blogs, vous savez que le post de rentrée est généralement celui où l’individu bloguant vous conte ses vacances.

 

Ouais, alors bon, ça c’est ce que j’avais écrit genre le 2 septembre mais comme je ne l’ai pas publié, je me rends compte que ça sonne un peu bizarre le 28 septembre. (C’est dingue le degré de péremption d’un post de blog.) Alors, il faut lire ce post en essayant de vous imaginer que vous êtes à peine rentrés, encore bronzés, presque reposés et plein d’entrain. (Alors que 20 jours plus tard, ne nous leurrons pas, on est déjà tous crevés, lessivés, déprimés et on n’arrive pas à se rappeler la dernière fois qu’on est parti en vacances même si c’était y’a trois semaines.)

Bref. Pendant ces vacances, l’individu bloguant en ces lieux a vécu une expérience inédite.  

interdite

Une expérience de mort imminente ? Presque. J’avais prévu de partir quelques jours avec les deux êtres humains qui sont sortis de mon sexe. J’ai d’abord pensé hôtel. T’y es logé, nourri, blanchi, c’est un peu comme retrouver l’espace utérin de ta reum. Et puis j’ai une amie qui m’a dit “je pars seule avec ma fille, viens on loue une mini maison ensemble, je ferai la bouffe”. C’était super. Sur place, elle m’a dit “merdum, j’ai un problème, je dois rentrer”. Elle a fait une pause. Elle m’a regardée intensément. “Ca va aller ?” J’ai opiné du chef. Elle a insisté “Je veux dire… seule avec tes enfants ?” J’ai levé les yeux au ciel dans une tentative de mimer un truc comme “Bah oui, mais de quoi tu parles ? Evidemment, je suis une adulte, je vais m’en sortir.” Et j’ai même eu un petit frisson d’excitation parce que je dois avouer que c’était un peu un fantasme de me retrouver seule avec eux – sans doute par un atavisme me poussant à reproduire mon enfance, et donc mes propres vacances seule avec ma mère. 

Je les ai regardées, elle et sa fille, s’éloigner dans l’allée, je me suis retournée vers la maison, j’ai vu mes enfants et j’ai été parcouru d’un second frisson mais qui, cette fois, ressemblait davantage à de la peur. Pourtant, ils étaient pas en train de grimper aux murs en rongeant les rideaux.

Mais brusquement, j’ai réalisé que l’adulte, c’était moi. Depuis le temps, vous me direz, je devrais avoir intégré cette donnée simple mais en vrai, bah pas trop. La preuve en est que, quelques semaines plus tôt, j’avais déjà vécu exactement la même chose.

J’avais fait la visite de l’école maternelle avec Têtard.

J’étais à peu près 25 fois plus surexcitée que lui à cette idée. J’ai aimé l’école, j’ai adoré l’école, j’ai tout fait pour ne pas en partir, quitte à prolonger mes études jusqu’à l’extrème limite que mes revenus me permettaient, cette limite étant la thèse. Quitte à y revenir quelques années en tant que pionne. Bref. C’est peu dire que l’idée d’y retourner avec Têtard m’emballait. Je sautillais sur le trajet pour découvrir cette maternelle. On a été reçu par la directrice. On s’est assis dans son bureau. Elle a un peu parlé à Têtard. Et ensuite, elle s’est tournée vers moi. Et là, vous ne devinerez jamais ce qui s’est passé. Je ne sais même pas comment vous le raconter. Elle m’a parlé comme si ce n’était pas moi qui retournais à l’école. Elle m’a parlé comme si… comme si j’étais un parent d’élève.

UN PARENT D’ELEVE

UN          PARENT          D’ELEVE

Ce concept flou d’individu flou qui reste sur le pas de la porte de l’école et glisse une fois par an un bulletin PEEP ou FCPE dans une enveloppe.

Le putain de choc pour moi.

J’aurais pu m’y préparer mais clairement, y’a un truc vrillé dans mon cerveau. Ca déconne sec.

Pendant ce temps, la directrice continuait à me parler de trucs qui me dépassaient complètement. J’ai vaguement entendu “coudre des étiquettes sur les vêtements”. “Téléphoner avant 9h en cas d’absence”. Autant de trucs que je n’ai jamais, mais alors jamais de ma vie associés au concept d’école. (Sans doute parce que c’est ma mère qui s’en chargeait.) Moi, tout ce que je voulais, c’était aller voir la cour, le préau et les salles de classe. Et elle, elle continuait “contacter le service de la mairie pour l’inscription au centre de loisirs blablabla”. MAIS PUTAIN C’EST QUAND QU’ON VA REGARDER LES DIFFERENTES COULEURS DE PATE A MODELER ??   

Bah c’était jamais. (Veuillez insérer ici un smiley hyper triste.)

On est sorti de là, le Chef m’a appelée “c’était bien ?” et… j’ai pleuré. (Rapport donc au fait que j’ai 5 ans.) (Mais remarquez, ça fait de moi une enfant extrèmement précoce.)

Donc cette histoire d’école, selon ce que j’ai raconté à 99% de mon entourage pendant les trois semaines qui ont suivi, m’a servi d’électrochoc. J’ai compris où était ma place de parent. (Dans le même genre, j’ai arrêté de croire que les gens qui me croisent avec mes gamins me prennent pour la baby-sitter. De toute évidence, ce n’est pas le cas.) (Ce qui est une faillite de la cosmétique, je vous le dis tout de go.) (Ca fait 20 ans que je me tartine de crème et on me prend pour la mère de mes enfants. C’est un scandale.) (Bref.)

Donc l’électrochoc.

Mais visiblement, il a été de courte durée vu que la minute où je me suis rendue compte que j’allais avoir seule, pendant plusieurs jours, la responsabilité de la vie de deux êtres humains – même de petite taille, ça reste des humains – j’ai flippé.

Précision : dans l’année, je m’occupe quand même vachement d’eux. On n’est pas dans un téléfilm où une working girl qui voit à peine ses enfants se retrouve, après un malheureux accident, plâtrée pendant un mois au cours duquel elle va, forcée et contrainte, découvrir ses enfants. Mais là, il allait falloir que j’assure leur survie, voire même en étant un peu ambitieuse leur bien-être, seule pendant plusieurs jours. Vous me direz, y’a plein de parents seuls. Je sais. J’ignore comment ils font. Et me répondre ça, c’est comme dire à quelqu’un qui vient de se faire larguer “mais y’a des gens qui meurent en Syrie tu sais”. Et puis, les parents seuls avec deux enfants de ces âges-là, c’est déjà plus rare. Rappelons pour mémoire : Curly = 13 mois, Têtard = 3 ans. 

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Un cocard ? Non, des cernes de vacances. Un nouveau concept. (Des cheveux sales aussi, mais on parlera hygiène par la suite.)

Le sommeil

Partir en vacances avec ses gamins, ça signifie souvent dormir avec eux. Mise au point : le lecteur prendra le verbe « dormir » dans son acception de « somnoler légèrement parce que ton cerveau, reptilien ou pas, guette le moindre bruit produit par tes petits ».

Dans ma chambre, j’avais un lit bébé et un lit double que je partageais avec Têtard. (Salut Freud ! Ca gaze ? Je t’ai pas dit ? J’ai décidé que j’allais oublier tout ce que j’ai lu de toi pour être bien sûre de trauma mes gamins, à bientôt!) Dès la première nuit, j’ai eu la confirmation que mes enfants ont un sommeil de merde. Toutes les 20 minutes, le silence était déchiré par le hurlement inattendu de l’un des deux. J’avais l’impression d’être dans le dortoir d’un asile d’aliénés. De 22h à minuit, c’était Curly, à partir de 00h30 le relai était pris par Têtard. A noter également un fait scientifiquement édifiant : Curly ne sait pas parler et pourtant il parle dans son sommeil. Perso, je trouve ça dingue. Il fait des petites phrases, avec aucun mot identifiable dans une langue connue de l’humanité. (Mes nuits ressemblaient donc à un croisement entre Birdy et l’Exorciste.) Et au moins une fois par nuit, Têtard tombait du lit. Puis à 6h30 réveil de Curly.

La première nuit, alors que j’allais enfin m’endormir, vers les 3h du mat, il y a eu un éclair. Comme un flash lumineux. Je me dis orage, et j’essaie de trouver le sommeil. Mais ça recommence et ça fait un truc bizarre. A travers mes paupières closes, apparaissent des flashs de lumière hyper forts et tellement précis que j’entrevois un fil d’ampoule. Chelou, non ? Au cinquième flash, j’ouvre les yeux. Je guette. Et je comprends que c’est l’ampoule du plafonnier situé pile au-dessus du lit qui s’allume par intermittence. (Une méthode couramment utilisée à Guantanamo.) Il y a un court-circuit. Mais bon, il est 4h du mat, il me reste approximativement 2h30 de sommeil, je suis épuisée. Je me retourne et enfouis ma tête dans l’oreiller pour ne plus voir les flashs. Sauf que là, à votre avis, que se passe-t-il ? Mon cerveau tout niqué se met en marche. Je commence à me dire que l’ampoule risque d’exploser. Et plein de petits bouts de verre ultra coupants vont tomber dans les lits. Et si l’un se plante dans la carotide de Curly ? Non, c’est débile. Personne ne meurt d’une explosion d’ampoule de 60 watts.

Mais si un bout de verre tombe dans l’oeil de Têtard ? Si l’un des enfants reste à jamais défiguré ? Je m’imagine me levant tous les matins de ma vie et trouvant face à moi au petit-déjeuner mon fils portant les stigmates défigurants de ma négligence. Et je dirais quoi ? “Je ne sais pas ce qui s’est passé.” Parce qu’évidemment, je devrais mentir. Impossible de dire la vérité aux gens, même au Chef “en fait, j’avais bien vu qu’il y avait un court-circuit dans la lampe, mais j’étais trop fatiguée pour me lever et m’en occuper”. Et jusqu’à ma mort, je porterai mon lourd secret. J’ai passé une bonne demi-heure à m’imaginer pour moi et mes enfants une vie de merde rongée par le secret et la culpabilité avant de me décider à me lever pour enlever l’ampoule. Je me recouche, je suis en train de rêver que je parle des rapports de la télé-réalité et de l’homosexualité avec Laurent Ruquier. Ensuite, je vois Ségolène Royal. Elle a arrêté de fumer et discute avec Nicolas Rey, ils découvrent qu’ils sont voisins. C’est à ce moment-là, soit après une heure de sommeil, que Curly se met debout dans son lit et appelle : “mamamamaman ? Tetaaa ?” Il est 6h30 du mat.

Je prépare les biberons. (Deux laits différents, deux type de chocolat différents.) Maman, toi t’es le voleur et moi je suis le magicien. Je suis pas bien réveillée là Têtard. Alors toi t’es le magicien et moi je suis le voleur. (Mais putain, pourquoi il croit que ça change quelque chose d’inverser les rôles ?)

Ah oui, parce qu’il ne faut pas minimiser la sollicitation permanente d’un enfant de trois ans. Une sollicitation qui vire assez vite au parasitage et maman t’as vu le chien ? qu’il est inutile d’ignorer dans t’as vu le chien ? la mesure où l’enfant t’as vu le gros chien ? continuera calmement t’as vu le gros chien ? et imperturbablement t’as vu le gros chien à vous poser la question jusqu’à t’as vu le gros chien ? obtenir une réponse, oui chéri, j’ai vu le chien. Non, tu l’as même pas vu, c’est moi qui l’ai vu.

7h Curly devient rouge pendant trois longues minutes avant de m’annoncer fièrement “cacacacacaca”.

Ok.

Non, pas ok.

Parce que j’étais certaine d’avoir une couche de réserve mais qu’en fait non.

Sauf qu’à 7h y’a rien d’ouvert. On attend. A 8h, je les habille, 2 t-shirts, 2 shorts, 4 chaussettes, 2 chaussures. Je mets Curly dans la poussette, j’entends un long sproutch quand je le cale au fond pour l’attacher et j’imagine très bien la merde qui est en train de déborder de la couche et de remonter dans son dos. On part. Maman, toi tu dis mon spectacle et moi je suis la sorcière.

Je trouve une pharmacie. Maman, toi tu chantes et moi aussi.

Elle est fermée. Maman ? Maman ? Maaaamaaaaannnnn ? Oui ? Toi t’es la maitresse et moi je suis le chat.

On va s’installer à une terrasse de café pour attendre l’ouverture de la pharmacie. Je suis un zombie. Je fume une clope, je bois mon café. Têtard parle. Curly se balance d’une fesse sur l’autre pour bien étaler son caca. Autour de nous, il n’y a que les gens du cru, tous en doudounes avec des écharpes parce que figurez-vous qu’il caille sa race à cette heure-là. On a l’air de zonards. Mais ce qu’il y a de bien avec des individus âgés de moins de 5 ans, c’est qu’ils vous font une confiance telle que jamais ils ne penseront à vous dire « maman, ton plan, il est hyper pourri. Qu’est-ce qu’on fout là à se cailler la raie du cul ? » 

Au bout de quelques jours, j’avais pris le pli d’être réveillée et prête à sortir à 7h15. Un matin, on a même fait l’ouverture du Monoprix. (Une sorte de climax dans mes vacances.)

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Oui, sur cette photo, Curly n’a qu’une chaussette et Têtard est en pyjama. Pour ma part, j’avais emporté dans ma valise deux pantalons, dont l’un était aussi mon pyjama mais je n’ai jamais vraiment décidé lequel des deux était dévolu à cette fonction.

En regardant cette photo, je m’aperçois aussi que tu sais que tu as perdu toute estime de toi quand tu n’as plus de sac à main mais juste un sac Monop.

La suite demain.

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7 septembre 2015

Mais pourquoi pas ?

Voilà un post qui va valoir à mon blog d’être interdit d’accès sur certains lieux de travail.

Parce que oui, exceptionnellement, voici un petit friday sex.

(On est lundi, je sais bien.)

Histoire de s’aérer un peu la tête et de parler d’autre chose que d’enfants morts, même si, bien sûr, je n’ai rien contre les enfants morts mais disons seulement que parfois ça fait du bien de penser à autre chose.

Par exemple, à des oeufs d’alien.

Franchement, voilà un sujet auquel on ne réfléchit pas assez. C’est encore une fois grâce à Vice que j’ai découvert ce… hum… cette pratique (?). Notamment, l’ovosipator.  

OviII

“Pfff” soufflera le lecteur blasé “encore un gode, quel intérêt ?” En réalité, ce n’est pas un gode, c’est un objet qui ressemble à un gode et qu’on introduit dans l’orifice de son choix pour y déposer des simili-oeufs d’alien que notre corps finira par expulser. On appelle également cet appareil un Splortch.

ovipositorsneak

Ah ah… Dépose à mes pieds divins ta blasitude et prosterne-toi devant cette découverte. Il y a même des vidéos de démonstrations en apparence totalement SFW, mais en vrai, c’est assez troublant/beurk.

On peut juger le succès d’un produit à la manière dont ses utilisateurs se l’approprient et le détournent. Voici donc la meuf qui a pensé à faire des oeufs à l’alcool pour les enfourner dans la bouche de sa pote.

oeuf-alcool

Alors évidemment, vous allez me demander : mais pourquoi donc s’introduire un oeuf en gélatine dans le cul ? Et c’est là que j’ai envie de vous dire “et pourquoi pas ?” Même si c’est pas mon truc, je peux voir ce que certains y trouvent de sexy. A condition de réussir à faire taire des questions subsidiaires comme “et si le truc ne ressort pas ? S’il reste bloqué ? Ou si on fait une allergie à la gélatine et que la radiographie de notre rectum finit sur le blog d’un étudiant en médecine dans un post intitulé Le top 10 des gens les plus cons qui ont fini aux urgences ?” Mais de manière totalement théorique, je peux comprendre. Et au final, quel est le plus étonnant : que des individus s’autofécondent avec des oeufs d’alien dans le cul ou alors que moi, je ne sois pas plus étonnée que ça par leur envie sexuelle de se foutre ces oeufs dans leurs cavités ?

Ca m’a fait la même chose cet été. J’étais en train de lire cette super enquête (mais en anglais) (mais vraiment géniale) sur la zoophilie. Têtard était assis à côté en train de mater Tchoupi sur la tablette, quand j’ai levé la tête et que je me suis surprise en train de penser “ouais… mais pourquoi pas la zoophilie finalement ? Je peux comprendre.” Et là, j’ai croisé le regard de Têtard et j’ai remercié Dieu, Ganesh et l’évolution biologique que mon enfant ne puisse pas lire dans mes pensées. T’imagines, t’as 3 ans et demi et t’entends ta mère penser “ça se trouve, j’aurais grandi dans une ferme, mon premier mec aurait été un berger-allemand ou un labrador.”

J’ai ébouriffé les cheveux de ma progéniture en souriant l’air de rien (et là, pensez à toutes les fois où, sans raison apparente, votre mère vous a caressé les cheveux et dites-vous qu’elle était sans doute en train de s’imaginer se faire gang-banger par des chevaux). (Ne me remerciez pas.) Mais bref, je me dis que mon statut de meuf maquée, avec des enfants, vivant en proche banlieue aurait pu me « normaliser » mais en définitive, pas vraiment. Du temps où je frottais mes fesses à tous chibres qui passaient, tu m’aurais dit “zoophilie” j’aurais fait “beurk”. Mais maintenant… Je veux dire, tant que l’on reste dans la classe des mamifères, pourquoi pas ? Le mammifère, c’est ma limite de l’acceptable. Par contre, au-delà, je vois pas. Je vois pas pourquoi on aurait envie de fourrer un poisson par exemple. Ou un pigeon.

Mais ma très large compréhension des attractions sexuelles déviantes m’interroge. Serais-je la mère Teresa des sexualités hors-norme et des gros dégueulasses ? Faut-il y voir un signe de désespoir face à la banalité de mon quotidien ?

Bref. Après le Splortch, je me disais que plus rien n’interpellerait jamais ma curiosité sexuelle. Je veux dire, une fois que tu as vu ça, tu fais quoi dans la vie ? Rien. Et pourtant, le même jour, j’ai fait la découverte d’un autre gadget, une pépite d’absurdité telle que seul l’esprit humain peut en concevoir. Un truc que j’appellerais un harnais à pieds pour godemichet.

harnais-pied

La meuf passe la vidéo à tenter de nous faire croire que c’est un jouet sexuel alors que de toute évidence c’est : un truc pour faire du sport et accessoirement se pénétrer avec. Mais qui a envie de se pénétrer avec sa jambe ?! Le dernier truc que t’as envie de faire quand tu te branles c’est quand même un effort physique. C’est complètement con comme idée.

Et puis après, je me suis dit “remarque… pourquoi pas…”

Après avoir vu cette vidéo, j’ai découvert que le meilleur était en-dessous. Ce sont les commentaires. D’abord, tous les gens qui, comme moi, se demandent comment ils ont atterri de ce côté-là de YouTube. Parce que sachez que cette vidéo en est à plus de 13 millions de vues… Des millions de personnes qui ne cherchaient sans doute pas à voir une démonstration de harnais podologico-gynécologique et qui sont tellement interloqués qu’ils prennent le temps d’écrire un commentaire (ce qui renforce évidemment le classement de la vidéo).

comment1

COMMENT JE SUIS ARRIVEE LA JE REGARDAIS JUSTE LA SERIE GIRLFRIENDS!!!?!?!?!

comment2

Je regardais des tutos et je me retrouve là. Qu’est-ce que je fais de ma vie ?

comment3

J’étais en train de regarder une vidéo d’une morgue ukrainienne… et j’ai atterri ici…

comment4

J’étais en train de regarder des clips et j’ai fini ici. Putain… c’est comme une gueule de bois de YouTube.

constat1

Je suis encore du mauvais côté de YouTube…

comment6Hey je t’ai suivi… Où sommes-nous ?

constat2

Comment je me débrouille pour toujours me retrouver du côté bizarre de YouTube alors que juste avant j’étais sur le point de regarder un film ?

reponse1

Hey salut, bienvenue dans l’hôtel du comment je me suis retrouvé là… Nous espérons que vous apprécierez votre séjour de ce côté-ci de YouTube.

 

reponse2

C’est ce qui arrive quand vous regardez des vidéos de dauphins qui se masturbent avec un poisson mort.

kid

Si mes parents entrent dans ma chambre, je mettrai du porno, ce sera plus facile à expliquer que cette merde.

bizarre

Message pour moi dans le futur, efface ton historique de navigation.

Pour finir, je me permets de vous conseiller la lecture de ce post d’une instit sur les classes de CP. Que vous ayez ou non des enfants, ça vous fera marrer. Elle raconte l’oscillation entre l’impression d’être Dieu en leur apprenant à lire et la triste réalité « Car cet être étrange et fascinant qu’est l’enfant de CP demeure, au moins jusqu’aux vacances de la Toussaint, une sorte de débile profond à qui on aurait lobotomisé un hémisphère cérébral durant les deux mois d’été. Le CP de septembre ne sait rien faire. »

Si vous avez besoin d’une pause de quelques minutes, il y a cette vidéo de Tu mourras moins bête.  Ou le programme court Ploup qui explique le hashtag. 

Cette BD en anglais qui explique les malheurs de ma génération. 

Et, spéciale dédicace à Boulet, des images de l’espace complètement dingues. 

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22 juillet 2015

Clark Gable, Parbunkells, l’Argentine et Kendall Jenner

Ok, là, j’en ai marre, je veux des vacances. A la place, je dois bosser et prendre des forces pour précisément partir en vacances avec ma progéniture.


En parlant de progéniture, depuis quelques semaines, Têtard lève brusquement la tête. Il a une expression étrange, comme si les aliens lui avaient implanté une puce qui réagit à leur signal silencieux. Et il dit d’un ton hyper inspiré “Maman! Une patate!” Comme ça arrive dans la rue ou dans le métro, 20 fois par jour, j’ai commencé à me dire qu’il souffrait d’une légère psychose. Jusqu’au jour où j’ai compris que les patates en question ce sont les Minions. Et qu’ils sont putain de partout. C’est pire que les crottes de chien ces trucs. Je fais une overdose. Comme elle dit…

Sinon, sachez que mon navigateur est ouvert sur cette page depuis plus d’une semaine.

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Ouais. Je sais pas trop pourquoi. J’ai des angoisses de mort. Dans la vie quotidienne, c’est passablement relou. Mais bon, je me soigne. (Me soigner = contempler longuement la page wikipédia dédiée.) J’en ai parlé au chef, il m’a tapoté la cuisse en grognant “mais non, touvabien”, puis “et si on regardait un film ?” et on a maté Hunger. Le film de Steve McQueen sur la grève de la faim de Bobby Sands, le militant de l’IRA. Argh…

Ne vous méprenez pas, ce film est extra-ordinaire. La claque. La même semaine, j’ai eu une autre claque cinématographique avec le film le plus mauvais que j’avais vu depuis trèèès longtemps : The Attack of the 50 foot cheerleader.

Bref, revenons à Hunger. Sachant que la dernière demi-heure consiste à regarder l’agonie d’un homme, en passant par les stades abcès, vidanges en tout genre, puis corps tellement fragile qu’il ne supporte plus le poids d’un drap sur lui, jusqu’à ce qu’il meurt. Ca ne m’a pas vraiment fait du bien à mon angoisse.

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Ca a aussi été l’occasion de regarder s’ouvrir un petit fossé entre le Chef et moi puisqu’après le film, j’ai dit “c’est ouf cette histoire quand même…” (je ne la connaissais pas) (non, je n’ai pas vraiment tout le savoir du monde dans mon cerveau) et il m’a répondu “je me souviens parfaitement de l’annonce de sa mort”. :/ Ah… Perso, j’avais un an quand Bobby Sands est mort.

Sinon, j’ai pas mal de trucs en stock que je voulais poster et puis finalement, j’ai pas eu le temps. Alors, c’est parti.

En préparant un article pour Grazia sur la drague en ligne, je suis tombée sur cette géniale (vieille) vidéo. Une meuf qui a hacké les sites de rencontre. La meuf est dingue, et son histoire aussi. C’est sous-titré en français et ça réjouira tous les adeptes de listes et de classements. Allez-y voir et écouter.

Pour ceux qui lisent bien l’anglais, il y a aussi cette story. En Argentine, pendant la dictature, il y a pas mal de jeunes qui ont “disparu”. Clairement, ils ont été tués par les militaires. Les mères et les grand-mères des disparus continuent de se retrouver toutes les semaines sur la Plaza de Mayo, elles réclament la vérité, l’ouverture des dossiers etc. Quand j’étais là-bas avec ma copine Carmela, on est quand même tombées sur un chauffeur qui nous a dit “pfff… c’est des conneries, c’est juste des jeunes hippies qui ont fugué.” Bref, voilà l’histoire d’un mec de 36 ans qui découvre qu’il est le bébé de disparus que l’Argentine cherchait depuis sa naissance mais qui, en même temps, n’a pas l’impression que c’est vraiment son histoire.  

Autre histoire un peu dingo : comment Clark Gable a violé l’actrice Loretta Young. Je vous le fais en version courte. Ils se rencontrent sur un tournage en 1935. Ils se draguent.

LorettaYoung2c 

Elle est sublime non ?

Mais Young est très catho donc hors de question d’aller plus loin hors des liens sacrés bénis par dieu et un curé. Mais c’est pas bien grave vu qu’à l’époque, le sexe d’une femme on a un peu tendance à considérer que c’est en libre-service, sur place ou à emporter, donc Gable va la retrouver un soir et la prend sur place. Elle se sent mal mais ne dit rien. Après tout, ils ont flirté ensemble, et puis c’est Clark Gable, pas un inconnu avec un masque de clown (référence subtile à un épisode la Petite Maison dans la Prairie que j’ai revu pour écrire ce texte). A l’époque, l’idée de viol ne se rapportait qu’à des inconnus qui vous agressaient dans une ruelle obscure. Ce n’est que 60 ans plus tard que Loretta Young mettra ce mot sur ce qui lui est arrivé. Bref, comme elle a pas trop de chance, elle tombe enceinte. Evidemment, hors de question d’avorter. Donc elle cache sa grossesse à tout le monde. Quand elle commence le travail, on la drogue au chloroforme pour que les voisins n’entendent rien. Et puis, le bébé, une fille, est déclarée sous un autre nom. Un an et demi plus tard, Young annonce qu’elle va adopter un enfant. (Le sien donc.) Problème : sa fille avait hérité des oreilles de Dumbo de Clark Gable. Du coup, pour éviter les commérages, elle fait opérer sa fille à l’âge de six ans pour lui recoller les oreilles.

Je vous spoile la fin : elle a pas eu des super rapports avec sa fille. Mais allez lire.

Sinon, je vous parlais récemment de mon amour certes déçu mais toujours présent pour Grey’s anatomy. Sa créatrice, Shonda Rimes, s’est lancée un défi particulier. (Un peu comme Zuckerberg qui se lance un défi par an.) Elle a décidé de dire oui à tout pendant un an. Elle explique que c’est l’expérience la plus incroyable qu’elle ait vécue. Et comme un éditeur lui a proposé d’en faire un livre, elle a dû accepter. J’attends d’avoir plus de détails mais dans l’idée, ça me plait assez.

Il se trouve qu’en ce moment, il m’arrive de bosser avec des gens “de le milieu de le cinéma”. Je vous raconterai. Et puis, comme 75% des individus croisés en soirée ces derniers temps, j’ai “un projet de scénario oui, je suis assez avancée mais j’attends un peu avant de le proposer à des prods tu vois”. (Ca me rappelle l’époque où je vivais Chez Jeannette, le bar oui, et où tous les mecs qui y trainaient rentraient systématiquement de New-York où y’avait une énergie dingue tu vois et bossaient sur un documentaire à la Chris Marker tu vois.) Bref, un lecteur de scénar français a fait des statistiques sur ce qu’il reçoit. Il en conclut que : « s’il fallait faire un gloubiboulga de tout ça pour en sortir un scénario représentatif, ce serait l’histoire d’un parisien de 32 ans obligé de se faire passer pour quelqu’un d’autre dans un milieu qui n’est pas le sien, qui se lierait d’une amitié improbable avec son opposé (en l’occurence un vieux qu’il faut faire sortir de la maison de retraite) et partirait en road trip avec lui ».

Il y a aussi ce super site. J’ai pas bien pigé l’idée mais ça m’a quand même vachement plu, les animations sont très belles et c’est l’occasion d’écouter des musiques de toutes les époques. (Si vous voulez m’expliquer en commentaire, allez-y.) (Vérifiez juste que vous êtes pas 53 à l’avoir déjà fait hein.) Et je l’ai découvert grâce à reader, un site que vous devriez aller voir plus souvent.

Dans le genre “la bonne idée qui me plait et tiens, j’aurais pu l’avoir mais pfff… en fait, soyons réaliste, même si je l’avais conceptualisée, je ne l’aurais jamais concrètement menée à terme alors tant pis”, une artiste de Brooklyn a récupéré un vieux mot du 17ème siècle. Le mot “parbunkells” (qui semblerait signifier : coming together through the binding of two ropes, soit… bah voilà quoi…). Ce mot était complètement tombé dans l’oubli. Conséquemment, il n’existait pas sur l’Internet. Elle a fabriqué un énorme panneau et l’a affiché sur un immeuble abandonné dans le Queens.

parbunkells 

Comme elle savait que des curieux chercheraient sur Internet, elle a écrit un texte qui était donc la seule occurrence (et résultat google forcément) de parbunkells. Elle a demandé aux gens de ne rien publier d’autre avec ce mot pour que tout le monde puisse expérimenter ce « silence numérique ». Cet unique résultat, lieu de rencontre entre le chercheur et l’artiste.

julia-weist

 

Bien sûr, depuis, il y a eu nombre d’articles sur cette histoire, et donc de résultats sur les moteurs de recherche. Et un mot qui n’intéressait plus personne depuis 400 ans a fait le « buzz ». Ce qui me plait dans cette histoire, qui pourrait quasi être une nouvelle imaginée par le fils caché de David Foster Wallace et Borges, c’est qu’elle montre à quel point le langage relève de conventions. « Parbunkells » ne renvoie plus à sa définition originale, et ne la retrouvera jamais. L’artiste a réussi à le vider de son sens pour qu’il ne désigne plus que l’agitation autour de, précisément, son absence de définition. C’est exactement le même mot mais un individu a réussi à le transformer entièrement et il renvoie désormais, en gros, à la fabrication de signification et de contenu sur Internet.

Qu’un mot change de définition avec le temps, c’est un processus linguistique classique. A force d’être utilisé, son sens dérive. Ce qui est original ici, c’est que c’est précisément le fait que plus personne ne l’employait qui a permis de modifier son référent, et aussi que ce processus est le fait d’un individu seul. Ca va à l’encontre des règles linguistiques habituelles. L’artiste s’est appropriée un mot et l’a entièrement modifié, renouvelé, lui a donné par la force (humaine et algorithmique) d’Internet son empreinte – ce qui est peu ou proue le programme poétique de Rimbaud ou Mallarmé.

Dans un genre légèrement moins poétique, apprenez que le record de like sur Instagram a été remporté par Kendall Jenner (la demi-soeur de Kim Kardashian) pour cette photo. Mouais… Bof quoi. Moi aussi j’ai eu 14 ans et j’ai pensé à faire des trucs niais avec mes cheveux, est-ce que ça méritait vraiment de remporter un record mondial ? Nein.

jenner

Et évidemment, au cas où une personne au monde ne l’aurait pas vu, je ne pouvais pas vous laisser sans cette vidéo d’une femme qui accouche dans sa voiture en 32 secondes. Précisons qu’il s’agit de son 3ème enfant (ceci expliquant la rapidité du « travail »).

Bonnes vacances!

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14 juillet 2015

Mais que font les adolescents sur Internet ?

A mes heures perdues, il m’arrive de regretter l’Internet d’avant, quand il s’agissait d’un cénacle d’afficionados. Mais la démocratisation du web a permis au moins une chose : découvrir les autres. (Les autres : qui sont-ils ? Que pensent-ils ?) Prenons par exemples les jeunes. Chaque catégorie de jeunes a son Twitter – en général en fonction du milieu social parce que non, on ne se mélange pas plus sur Internet que IRL. Ce sont des bulles qui croisent rarement la nôtre. Tapie derrière l’écran de mon ordinateur, telle la version 2.0 de la concierge, j’aime bien voir ce qu’ils racontent. C’est effrayant et ça me donne l’impression d’avoir 134 ans mais c’est comme les accidents de train, je peux pas m’empêcher de regarder. C’est comme ça que je me suis retrouvée à suivre une histoire un peu dingue, qui vous rappellera sans doute les pires années de votre adolescence mais passées par un multiple de 100.

Je vous propose donc une plongée dans les abîmes des réactionnaires homophobes jeunes qui, en apparence, n’ont aucun point commun avec les serre-têtes de la manif pour tous et pourtant…

Le héros de cette histoire s’appelle Yanis, à l’époque il a 14 ans et plusieurs particularités. D’abord, physiquement, il a le visage d’un garçon de 12 ans mais un corps agrémenté de petits seins et d’une paire de fesses kardashianesques qu’il aime exhiber sur Internet.

fils-kardashian

Ce qui est intéressant chez lui, c’est sa manière de manier la provoc dans un milieu finalement hyper normé. Il a un physique atypique qu’il devrait – selon la logique de son milieu – cacher, il décide au contraire de le montrer à tous. De même, alors que dans son univers « pédé » est l’insulte absolue, il revendique son homosexualité et surjoue la folle (aidé par un physique qui trouble le rapport au genre). Et en prime, il se revendique comme musulman – ce qui vous allez voir est sans doute ce qui choque le plus.

Bref, grâce à toutes ces provocations et sa manière de bousculer les normes, il devient une petite star dans l’internet des ados. (Sur Facebook, il était suivi par 13 000 personnes.) Il est un peu l’enfant caché de Perez Hilton et Kim Kardashian version .fr – mais son cerveau semble piloté par un scénariste d’AB Production.

Tout part d’une vidéo de cul balancée sur Internet il y a quelques mois. On y voit deux mecs en train de niquer. Evidemment, tout le monde veut savoir qui ils sont.

sextape

Le nom de Yanis commence à circuler. Alors il décide de couper court aux spéculations et fait un truc étonnant : il assume. Il dit oui, c’est moi. Mais par contre, il est un peu véner que son camarade de jeux le laisse seul face à la meute. Alors il balance son nom. Le camarade dément. Ca agace vraiment Yanis. Du coup, il se lance dans une narration détaillée de leur histoire sur Twitter.

Ame sensible s’abstenir, le contenu qui suit ferait passer mes posts du vendredi pour les nouvelles aventures de Candy.

Rappelons que le sens de lecture est de bas en haut.

recit-1

DONC il faut commencer par lire le tweet ci-dessus et remonter.

Mais comme je ne suis pas certaine que vous parliez tous couramment cette langue, je me permets de vous proposer une traduction :

« Au commencement de cette aventure, je m’en étais allé à l’auberge Châtelet avec mon fidèle compagnon Presley. Brusquement un homme rentre dans la taverne. #1

De prime abord, son physique ne nous sied guère. #2 (il semble qu’une négation est été omise dans la version originale) (ou alors ça donne : son physique nous charme d’emblée.) (je laisse le lecteur juge)

Il était en compagnie d’une dame. Presley et moi partîmes aux lieux d’aisance. #3

Ignorant notre présence dans cet espace intime, l’homme y pénétra également. #4

Presley et mois nous lavâmes les mains en nous admirant dans le miroir quand je vis que l’homme #4″

recit-2

« S’intéressait à ma partie postérieure #6

Puis il frotta son petit vît et nous dit « seriez-vous des pédérastes à la recherche de satisfaction immédiate ? »

Nous étions décontenancés mais nous réfugiâmes dans le rire. Il nous demanda ensuite de goûter son organe.

Mes amis ! Sur dieu, je jure que telles furent ses paroles ! Nous nous exécutâmes et il s’en réjouit. #9″

recit-3

« Bien que Presley fut réticent, il m’imita.

Mais le vît de l’homme restait timoré. Je m’appliquais donc.

Et j’en suis fier, je ne suis pas là pour vous plaire. Je travaillais donc avec acharnement et il en semblait comblé.

Malheureusement, l’aventure fut interrompue par l’arrivée impromptue d’un autre gentilhomme. Presley et moi étions tremblants. »

recit-4

« Je tiens à porter à l’attention du lecteur que le vît de l’homme humait le fromage

Et sa substance vitale rappelait le lait fermenté. »

#16 intraduisible.

Je vous le dis tout de suite, avec ce récit pimenté, Yanis n’élargit pas vraiment le cercle de ses amis. Premier problème : comment peut-il raconter ça et être musulman ? Exemples soft de ce qu’on lui envoie :

allah-regarde

imam

Deuxième problème : comment le croire ? En effet, comment imaginer que des hommes puissent se livrer à de tels actes ? Surtout que le camarade de jeux de Yanis se pose comme le prototype de l’hétéro viril. Et quant à ceux qui ne le traitent pas de mytho, ils ne comprennent simplement pas pourquoi il raconte cela alors qu’évidemment, il devrait être pétri de honte et se flageller avec des orties :

gay

Yanis répond laconiquement et continue d’assumer.

Assez vite, l’attention générale se concentre sur une question : de quelle origine est le camarade de jeux ? Parce que vous devez comprendre que s’il est camerounais, c’est la honte pour tous les Camerounais. Tout le monde veut donc savoir sur quelle population est tombée l’infâmie.

Quand on voit les réactions, on comprend que le mec en question ait eu moyen envie d’assumer :

« Le renoi qui a baisé Yanis la Légende même Satan ne voudra pas de lui en enfer »

« Le renoi qui a baisé Yanis la légende il vient de prendre son aller simple pour les ténèbres »

« Donc cest lui qui a plonger son kiki dans le caca de yanis la légende ? Mais qui sont ces parents cest une HONTE. »

« Le mec qui a baisé « Yanis la legende » il fait honte aux noirs ce gros Fdp faut le tué. »

(Est-ce que je vous traduis l’abréviation FDP ?)

C’est le festival des propos homophobes. Un déluge délirant. En gros, pour vous situer le niveau, pendant l’espace de quelques minutes j’ai eu la sensation que Christine Boutin était saine d’esprit. Et pendant ce temps, les menaces contre Yanis se font de plus en plus précises. Honnêtement, à ce stade, j’ai commencé à flipper pour lui.

menace-1

 

menace-2

 

Et encore, ça, c’est la partie visible de l’iceberg. Il faut y ajouter ce qui lui est envoyé en privé et les remarques IRL puisqu’il a affiché sa tête partout et que tout le monde peut facilement le reconnaitre dans la rue.

Quelques jours plus tard, sur un des ses multiples comptes Twitter (à mon époque, les jeunes ouvraient plein de blogs différents, désormais ils font ça avec Twitter, ils en changent constamment, adolescence = trouble de l’identité, besoin permanent de prendre un nouveau départ), il poste ceci :

testament

Suivi quelques heures plus tard par des messages rédigés par un de ses cousins qui aurait récupéré son portable et son compte Twitter. Il annonce que Yanis s’est pendu pendant la nuit, il est mort.

suicide

Wohou… (470 retweets oui, quand je vous dis qu’il s’agit d’un autre Internet…) Tout de suite, on pense « victime d’homophobie et de harcèlement, un adolescent se suicide ». Au passage, ça me vaut de tomber sur des tweets bien gerbants.

homophobe

 

Sauf qu’en fait, assez vite, certains se montrent sceptiques.

BFM

(Cet univers où BFM est l’alpha et l’omega de l’information vérifiée.)

Des petits malins cherchent sur google image et hop :

fake1

C’est à partir de là que nous avons la confirmation qu’un scénariste d’AB Production a pris le contrôle de l’esprit de Yanis. Parce qu’il ne s’avoue pas vaincu, il récidive avec une photo supposée de sa mère pleurant devant sa tombe et rebelote :

fake-2

 

fake-22

Le mec est pas doué quand même. En tout cas, cette fois, c’est foutu, il est démasqué. Quand tu te fais griller de façon aussi évidente, tu fais quoi ? D’abord, tu continues de faire le mort pendant quelques jours et ensuite… Bah ensuite, il a posté sur un autre compte : Bah non, j’étais à Marseille, c’est quoi cette histoire de suicide ?

marseille

Finalement, il a avoué la mystification. Mais il a surtout fait un retour sur lui-même, une réflexion sur ce qui lui est arrivé ces derniers mois. (Attention, je vous conseille de lire à haute voix parce que c’est assez phonétique comme style.)

regret

 

Et pour conclure :

privé

 

Quelle morale tirer de cette histoire ?

Il y a l’aspect Attention whore (= les personnes prêtes à tout pour attirer l’attention en ligne). Nous assistons donc au mea culpa d’un ancien attention whore qui pouvait certes être exaspérant. Et c’est sans aucun doute une bonne chose qu’il ait compris que chercher à attirer l’attention à tout prix, c’est dangereux. Mais ce qui me chiffonne, c’est l’aspect « pédé extravagant ». Parce que là, en gros, sous la pression collective, Yanis décide de rentrer dans le rang. Devenir un garçon « normal ». Il s’est servi de la provoc pour devenir une « star » d’internet, mais il n’empêche que voir un jeune musulman surjouer la pédale, ça dérangeait vraiment pas mal de gens. Et finalement, ce sont eux qui ont gagné.

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