7 novembre 2019

L’enfant qui n’aimait pas l’école

Il est 8h35. L’école ouvre ses portes à 8h50. On doit partir à 8h45. Je finis d’avaler mon café, Têtard parle parle parle. Curly est dans la chambre. Je lui lance un « on va bientôt partir ». Et la réponse arrive « non ».

« Non, je ne veux pas aller à l’école. L’école, c’est nul. »

Il est 8h36. On est vraiment ricrac pour tomber dans une crise. Je vais dans sa chambre et je découvre qu’il est encore en pyjama. C’est chaud.

« Tu n’as pas envie d’y aller. Pourquoi ?

– C’est nul.

– Tu veux mettre quoi alors ? Ce sweat ou celui-là ?

– Je veux pas y aller.

– Mais tu vas apprendre des choses.

– J’aime pas travailler.

– Le pull avec le requin, alors ? Ok ? Très bien. Et puis il y a la récré.

– Avant il y a la classe. Je veux pas aller en classe… je… veux… sniff… paaaas ». Enfant qui fond en larmes.

8h38. Gérer les larmes. On lâche les manteaux, les sacs, on s’agenouille et on fait un câlin.

« Je vois que tu es très malheureux. Tu veux apporter une peluche avec toi à l’école ? »

– Je veux ma boite à souvenirs.

Il a une boite à souvenirs rangée en hauteur dans sa chambre. Il est 8h40. A priori, c’est pas l’heure de la sortir. Mais je sens qu’il en a besoin. Il en a besoin peut-être pour se replonger dans l’époque heureuse de la crèche, l’époque du bébé. Ou simplement parce que ce qu’il ne supporte pas, c’est que ce soit obligatoire l’école. Ce n’est pas un choix qui vient de lui. Et Curly, il aime bien avoir la sensation qu’il décide. Mais comme il sait qu’il ne choisira pas d’aller à l’école aujourd’hui, qu’il a compris que cette bataille était perdue d’avance, il a besoin, avant, de faire un choix. De décider un truc. Il a décidé de regarder sa boite.

Je la sors. Il fouille dedans.

Je le laisse.

Deux minutes plus tard, je reviens « il faut y aller chéri ». Il emporte dans son petit poing serré un morceau d’une sculpture en pâte à sel qu’il avait faite à la crèche. Il met son manteau et on part. Il ne parle pas.

Il ne parle jamais sur les trajets.

Quand on marche, on ne parle pas pour Curly.

Têtard parle parle parle. Sa poésie. Son exposé. Les pokémons. Les SDF. Donald Trump.  

Je jette un regard à Curly mais il a la tête baissée. J’aperçois une larme au coin d’un œil.

On laisse Têtard à l’école élémentaire et on continue jusqu’à la maternelle.

Curly est en grande section de maternelle. A priori, l’année la plus cool de la scolarité. Pas de devoirs, pas de contrôle, et t’es le plus grand de l’école.

J’essaie de lui parler mais tout ce que je lui dis, l’école, l’instruction, devenir un adulte qui saura plein de choses, les amitiés, le besoin d’être hors de la maison, tout ça sonne terriblement faux face à son petit visage chiffonné de peine.

On fait la queue devant la classe. (L’accueil est individuel. La maitresse dit bonjour à chaque élève et lui demande s’il mange à la cantine et au centre.) (Tous les matins.) C’est notre tour. Sa maitresse, qui est la douceur incarnée, qui fait toujours attention à lui, à ses besoins, à le faire participer, voit tout de suite qu’il y a un problème. Elle s’agenouille, lui demande pourquoi il est triste.

Et là, Curly fait le pire truc. Il met ses yeux dans le vague. Comme s’il était enfermé en lui-même, hors d’atteinte. Il ne répond rien. Il ne bouge pas. Il est ailleurs. Momifié. Elle lui assure que ça va aller mais il n’est pas là, pas avec nous. Il attend que ça passe puis avance comme un robot dans la classe. Il ne me demande pas un câlin, pas un bisou, il n’essaie pas de s’agripper à moi pour grapiller quelques secondes hors de la classe. Il est renoncement.

Il renonce à sa liberté.

J’ai l’impression de l’emmener en prison. 

L’enfant qui n’aimait pas aller à l’école. Il n’est pas le seul. J’en parlais avec la mère d’un copain à lui. Mais qu’est-ce qu’on fait avec cette peine ? Cette douleur ? Franchement, je n’en sais rien. Au début, j’ai pensé que c’était… bah le début. Mais là, ça fait trois ans et son jugement négatif sur l’école ne va qu’en se renforçant.

Évidemment, on a envisagé la possibilité toute simple qu’il s’ennuyait. Peut-être qu’il lui fallait des activités plus stimulantes. Mais là, sa maitresse et nous, nous sommes retrouvés face à une difficulté : il n’aime pas « travailler ». L’an dernier, clairement, entre jouer avec des figurines de dinosaures et faire un travail d’écriture, il choisissait les dinos. (A quoi j’avais suggéré à la maitresse d’enlever les dinosaures mais bon…)

Cette année, la situation a empiré puisqu’il n’a aucun ami dans sa classe. On ne peut même pas actionner le « tu vas retrouver tes amis ». Il est dans une classe double niveau grande/moyenne section mais il n’est pas du tout du genre à s’investir auprès des plus petits.  

J’ai envisagé le harcèlement scolaire.

J’ai envisagé un problème relationnel.

Mais parfois, j’ai l’impression qu’il est simplement lucide. Il a compris que le premier enseignement de l’école actuelle traditionnelle, c’est l’obéissance. On vous apprend à obéir. On vous apprend à vous plier à des règles et des horaires. On vous apprend que vous n’avez pas le choix. Que c’est « comme ça » et pas autrement. Je pense à ces écoles alternatives où les enfants peuvent rester dans la cour jusqu’au moment où ils décident de monter d’eux-mêmes en classe. Je suis certaine que si on offrait ce choix à Curly, il monterait deux minutes plus tard. Ca ne changerait rien à part une chose essentielle : ce serait sa décision.

Ou alors, le problème c’est de voir que son grand frère aime l’école, il s’est dit ok, l’école c’est son truc, pas le mien. (En même temps, ça ne lui a pas fait ça avec le judo.)

Bref, je suis devant mon enfant de cinq ans et je ne sais pas quoi lui dire.

Et il me regarde comme s’il n’y avait rien à dire.

Et je pense « l’an prochain, c’est le CP. » Têtard adorait l’école, il était très excité d’entrer en CP, mais les deux premiers mois quand il a découvert qu’il devrait rester assis sur sa chaise toute la journée, ça a été la douche froide. Il ne pouvait plus se lever et circuler dans la classe. Bon, il s’y est fait. Mais Curly ? Remarquez… s’il est en mode momie, ça ne posera pas trop de problème…

Il y a une personne dans mon entourage qui compatit à 100% aux malheurs de Curly. C’est meilleur ami. Lui, il avait une grande sœur qui aimait l’école. Et il a détesté ça. Depuis la maternelle jusqu’au lycée, chaque année, sans exception. Se retrouver dans une salle de classe ressemblait à une torture.

L’ironie de la chose c’est que meilleur ami est devenu… prof.

Bref, si vous avez des astuces de fou, je suis preneuse.

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24 commentaires pour “L’enfant qui n’aimait pas l’école”

  • Bonjour,

    j’ai un fils du même âge. L’année dernière, en MS, il n’avait pas d’ami dans sa classe, avait peu d’intérêt pour les activités proposées par l’instit (pourtant très diversifiées et ludiques), avait peur des autres enfants (du à un problème de harcèlement)… bref, il ne voulait plus y aller, mais se résignait et faisait ce qu’on lui disait malgré tout. Il a fini par nous expliquer qu’il essayait de disparaître, de s’effacer, de ne plus exister en attendant qu’on vienne le chercher. La directrice de l’école nous a incité à trouver une école alternative plus appropriée à son rythme, mais trop loin, trop cher pour nous… Depuis 1,5 ans on fait l’IEF (Instruction en Famille) : il reste avec mon mari 3 jours par semaine à la maison, j’assure 2 jours en télétravail, et notre fils s’épanoui enfin. Nous avons opté pour le « unschooling », pas d’apprentissage formel pour le moment, il joue et apprends sans s’en rendre compte. Il sait lire et compter aussi bien qu’un élève de CE1, il prends des cours de guitare, joue à la console, va à l’escalade, invente des histoires incroyables, dessine, participe à la vie quotidienne, visite des musées, discute avec les gens dans les magasins, invite des copains à la maison… bref il est enfin heureux et pas moins bien instruit que les enfants qui vont à l’école ! Et il retournera à l’école quand il en aura de nouveau l’envie.

    le 7 novembre, 2019 à 21 h 54 min
     
  • Il me semble que vous avez déjà la réponse ! Tentez une école alternative ! Merci pour le plaisir que je prends régulièrement à vous lire et bravo pour votre talent !

    le 7 novembre, 2019 à 22 h 09 min
     
  • Bonjour,
    quand je vous lis, je pense aussi qu’une école alternative pourrait être plus adaptée.
    Avez vous vu le film « Le Maître est l’enfant » ? Il présente la pédagogie Montessori. Je vous conseille aussi le livre de Maria Montessori « L’enfant » (et surtout pas tous les autres livres marketings dérivés :/). Il est très facile à lire (une insulte peut-être de dire ça à une auteure ! désolée !) et apprend beaucoup sur les 0-6 ans.
    Maria Montessori explique qu’il y a chez tout enfant (qui va bien) une envie d’apprendre. Mais cette envie d’apprendre n’est pas toujours celle que l’enseignant a décidé qu’il apprendrait aujourd’hui. Elle explique les périodes sensibles : des moments où l’enfant s’intéresse à une chose (lecture, dessin, chiffres, motricité) et où il n’est pas disponible pour d’autres apprentissages. L’école montessorienne va en ce sens. Les enfants apprennent mais au travers d’activités un peu plus « pratiques », c’est l’enfant qui décide de son travail. Il y a tout de même des règles à respecter mais, il n’est pas obligatoire de rester assis à une table.
    Tout comme les livres, il y a école Montessori et école Montessori. Il faut trouver la bonne.
    PS : je n’ai pas d’actions chez eux ;) mais je pense vraiment que ce modèle pourrait être plus adapté pour votre petit Curly :)

    Espérant que vous trouverez ce qui lui conviendra !

    le 7 novembre, 2019 à 22 h 57 min
     
  • S’il n’aime pas l’ecole du tout alors qu’à côté de ça tu décris un petit bonhomme très curieux de plein de trucs y a forcément un problème non identifié. Le « il ne décide pas » ça me parait un peu court, y a forcément plein de trucs qu’il ne décide pas dans la vie quotidienne, est-ce pareil pour tout? Une chose m’a intriguée dans ta description : « quand on marche on ne parle pas »… est-ce que Curly a d’autres règles comme ça? Arrive-t-il à expliquer pourquoi il n’aime pas travailler? Avec un petit comme ça il faut souvent tirer sur le fil pour comprendre, concrétiser avec lui ce que ça veut dire pour lui… je suis pedopsy si tu veux envoie-moi un mail. Courage en tous cas!!! (Et après pas de mal à offrir une pause d’une journée si tu le peux dans ce genre de cas, ça permet parfois de faire sauter l’opposition et d’avoir plus d’explications)

    le 8 novembre, 2019 à 0 h 24 min
     
  • Bonjour,
    Vous pouvez aller visiter le site association phobie scolaire, qui apportera peut-être des explications… Bon courage et bravo pour votre écoute de votre enfant!

    le 8 novembre, 2019 à 1 h 24 min
     
  • Moi j’ai pas de conseil, j’aimais l’école et mon Curly à moi n’est qu’en PS…
    Alors je t’envoie juste du et un enooooorme câlin virtuel à vous.
    #empathie
    #courage
    #mercipourlhonnetetédutémoignage
    Ps. Ah si, peut être, c’est trash, mais sait-on jamais: la version de Pinocchio en ballado-conte gratos par un québécois sur iToune rappelle que si on ne va pas à l’école on devient un âne martyrisé par un patron de cirque…

    le 8 novembre, 2019 à 1 h 47 min
     
  • Bonjour

    pas d’astuce de fou mais , pourquoi ne pas simplement prendre RV avec l’enseignant pour en parler (et y aller avec votre enfant) ? Ça devrait déjà vous rassurer quant au harcèlement ou problème relationnel. Puis si vous trouvez que votre enfant ne va pas bien, avant de prendre des décisions importantes, vous pourriez aller voir un psychologue de l’enfance, en quelques séances ça permet souvent de régler bien des menus problèmes (« menus » pour un professionnel, pas pour ceux qui les vivent bien sûr).

    Plus généralement j’avoue que je trouve un peu effarants certains commentaires. Au moindre petit souci, il faudrait changer d’école, et aller dans un lieu où l’enfant fait tout ce qu’il veut ? Mais est ce que ces personnes se rendent compte que tôt ou tard on ne fait pas tout ce qu’on veut dans la vie ? Et que ça fait un peu partie des choses à apprendre à ses enfants ? Qui sinon (à part certes 0,01% de génies) ces enfants vont tôt ou tard se prendre la réalité en pleine face ? Ce genre de raisonnement me fait un peu peur quant à la société qu’on prépare…  Je me demande aussi comment un enfant pourrait être bien à l’école s’il sent qu’à la moindre déconvenue on le mettra dans un lieu où il fait ce qu’il veut.

    le 8 novembre, 2019 à 9 h 41 min
     
  • Merci pour ce témoignage. Je suis dans la même situation, mon fils de 4 ans deteste l’école, le réveiller, lui demander de s’habiller, de se préparer… est un vrai calvaire. Il est malheureux tous les matins et compte les jours avant chaque week-end. J’en suis malade mais je n’ai pas le choix.
    L’école alternative est une solution, c’est vrai, mais contraignante : à Paris ou dans les autres grandes villes,elle a un prix, se trouve parfois loin de la maison, et personnellement je suis un peu gênée par le côté un peu élitiste qu’elle renvoie encore (malheureusement) aujourd’hui. Quant à moi, j’habite dans une petite ville de Province, autant dire qu’il faudrait que j’accepte de faire 100 km pour en trouver une…
    Je pense surtout qu’il faut engager un vrai dialogue avec les instits, qu’il faut prendre le temps de s’assurer qu’ils ont bien cerné l’enfant, compris ce qui l’anime, lui plaît en classe (par exemple, mon fils aime qu’on lui donne des responsabilités, et comme il ne fait pas la sieste comme le reste de sa classe, il aide à mettre la table au réfectoire pour les grands, à ranger la classe et lis des histoires quand les autres dorment). Je pense que la prise en compte tres individuelle de chaque enfant (et famille) est la clé, et les instits trouveront toujours le temps de discuter avec vous. L’école a beaucoup de défauts aujourd’hui, mais si l’enfant est vraiment au cœur du temps et que la façon d’apprendre est pensée avec du sens, l’enfant peut y trouver de l’intérêt.
    Bref. Il n’y a pas que les écoles alternatives qui ont tout compris, il faut parler, échanger, comprendre, et faire confiance…

    le 8 novembre, 2019 à 10 h 07 min
     
  • Pas d’astuces, désolé… Je me dis qu’il y aura sans doute un déclic à un moment, quelque chose qui lui fera aimer l’école. je le souhaite en tout cas.
    Courage ! :-)

    le 8 novembre, 2019 à 11 h 12 min
     
  • On est dans la même école, on se croise régulièrement et j’ai le même problème que toi. Tous les matins c’est la même question : aujourd’hui c’est centre ou c’est école ? C’est école ! Oh non je ne veux pas y aller ! J’aime pas travailler, je veux jouer, la maitresse est pas gentille, elle nous interdit d’aller aux toilettes de toute la journée, même pendant la récréation !!! Mouais…. J’essaie aussi de lui dire que c’est chouette d’apprendre, qu’il commence à décoder certaines syllabes, qu’il va apprendre à écrire en « attaché » mais rien n’y fait, rien de rien. Le CP va être une sacré aventure pour lui et pour nous…

    le 8 novembre, 2019 à 13 h 09 min
     
  • Hello !
    Je rejoins certains commentaires : avant le changement d’école, il faudrait réussir à lui faire dire ce qu’il rejette si fort à l’école (peut-être avec un rdv). Ma Numérobis est pareille, pour une raison irrémédiable : à l’école il faut travailler (comment lui dire que c’est faux ?). Je suis prof et je comprends bien ce que ces journées peuvent avoir de contraignant…
    Bon courage, en espérant que vous trouverez une/ des réponses
    Claire

    le 8 novembre, 2019 à 13 h 36 min
     
  • Coucou!
    Tout d’abord, laisse moi te dire que je suis ton blog depuis looongtemps, bien avant d’avoir moi même mon premier têtard, et que tu m’as fait réfléchir, fait lire, et beaucoup, beaucoup fait rire! Donc un grand merci pour tes écrits, que je retrouve d’ailleurs chaque semaine dans ma boite mail à m’attendre bien sagement (merci Slate ;-))
    Pas de conseil autre que ceux déjà postés ici, mais ton texte m’a beaucoup touché, Curly aussi, d’autant plus que mon fils, qui va avoir deux ans, rentre à la maternelle l’année prochaine et que ça fait partie de mes grandes angoisses: et si il n’aime pas ça? Et si ça le rend malheureux? Et s’il abdique et se momifie? Bref, bon courage, I feel you sister, et tiens nous au courant des évolutions (s’il y en a, s’il n’y en a pas non plus)

    le 8 novembre, 2019 à 13 h 48 min
     
  • Moi je veux juste te remercier pour ce texte extrêmement bien écrit. La maman de Curly est décidément une excellente écrivaine, aussi bonne pour raconter des conneries que dans un registre plus grave.

    le 8 novembre, 2019 à 13 h 59 min
     
  • Je n’ai pas d’enfant, donc bon… Mais la piste école alternative semble euh urgente à envisager. L’enfant n’est pas scolaire. Voilà. Eh ben ça arrive et il y a des lieux pour ça. Il ne lui faut pas un cadre rigide, il va se construire autrement.
    La soeur de ma meilleure amie était comme ça (a triplé sa terminale, a été mise chez les curés, …) et elle aussi est devenue prof, professeur des écoles. Elle s’éclate depuis des années dans ce boulot.

    Inviter des euh? coilègues de classe (je n’ose dire camarades) à la maison, histoire de se connaitre dans un autre contexte ? Ceux de l’école actuelle, ou de la future… J’ai été fille unique et les autres c’était tout un problème, alors il a fallu les apprivoiser, les découvrir un à un et pas tous en groupe d’un coup. Pour voir que c’était pas des monstres.

    Bouh ça m’a serré le coeur ce billet mais il y a des solutions, je suis même sûre que vous les connaissez déjà.

    le 9 novembre, 2019 à 0 h 40 min
     
  • Effectivement si une structure Montessori existe près de chez vous, ce pourrait être une bonne opportunité pour le réconcilier avec les apprentissages; même si il ne faut pas croire non plus que l’enfant est encouragé à une mobilité permanente dans une structure Montessori.
    Sinon il y a la possibilité de faire l’école à la maison, puisque l’instruction est obligatoire mais pas l’école… mais cela demande du temps et un gros investissement personnel.

    le 11 novembre, 2019 à 1 h 47 min
     
  • Coucou, je lis depuis longtemps alors si je peux aider un peu, une petite idée à la con en attendant mieux: lui demander/proposer un truc sympa pour après l’école, un truc qu’il choisit. Un petit goûter sympa, un moment avec sa maman, une carte pokemon. Il y a plein de choses qu’on ne choisit pas dans la vie, même quand on est grand mais l’important c’est d’avoir au moins un moment à soi cool. Un moment où on se dit « yes ».
    Moi dans ces cas là face à la déprime de mes filles je cède volontiers à des trucs que normalement non mais justement c’est dans ces moments là qu’il faut utiliser les jokers (mes filles sont gourmandes).
    Bon courage!
    PS: pareil chez moi la seconde a toujours été moins à fond sur l’école.

    le 12 novembre, 2019 à 13 h 54 min
     
  • Bonjour,

    C’est toujours un crève coeur de voir son enfant aller à reculons à l’école. Sur trois enfants, le premier pleurait pour aller à l’école, même malade, le second, je le surveille comme le lait sur le feu car en 4ème classe sans les copains habituels et brochette de profs qu’ils ne voulait surtout pas avoir…un peu peur du décrochage.
    Et la dernière, grognone en chef, a toujours eu du mal avec l’école. Toujours. Je suis maitresse. La claque. Rien n’y fait. Elle a toujours ce fond de négativité, cette nostalgie du bébé qu’elle était (elle a la larme à l’oeil quand elle regarde des photos d’elle bébé !). Et elle suce son pouce. Et elle a du mal à s’endormir, à grandir tout simplement. C’est éprouvant, pour nous les parents, qui sommes tellement tournés vers l’avenir. Les 2 plus grands aussi.
    Elle, elle résiste. Elle prend la place qui reste. Celle qui n’aime pas l’école, celle qui n’aime pas lire, celle qui n’aime pas les maths… Et… Elle est dans ma classe…

    Bref, je raconte ma vie, mais il y a tellement de tempéraments. Certains n’aiment pas l’école. Jamais. J’ai du mal à l’accepter, mais je le vois tous les matins. Les enthousiastes, les fatigués, les motivés, les désespérés, les passifs…
    Je sais que c’est terrible à vivre. Essayer d’être là, dans l’empathie, ne pas anticiper ces départs, ne pas nourrir ce mal-être.
    Peut être trouver un moment doux et câlins pour en parler en disant où toi tu en es par rapport à ça. Le côté obligatoire, la vie en société, les écoles alternatives (envisageables ou non), qu’est-ce qui ferait que ça irait mieux pour lui, son école idéale…
    Accepter et en même temps ne pas renoncer.
    Une dernière chose. La dernière année de maternelle est charnière. Parfois, apprendre à lire décoince des élèves qui ont besoin de faire seul.
    Je te souhaite de trouver les ressources qui feront que ce soit moi douloureux pour lui et pour vous. Et bien sûr, parles-en à la maîtresse! (Mantra à se répéter dès qu’on a un soucis avec son enfant…)
    Bonne journée, c’est mercredi!

    le 13 novembre, 2019 à 6 h 44 min
     
  • Bonjour,
    Je te découvre grâce à Elle et je vois que tu es la même que celle de Slate (on en découvre tous les jours). En tant que grand-mère, je compatis, je vis la même chose : ne pas aimer l’école est un grand classique, même quand la maîtresse est attentionnée ! Pas grand chose à faire et surtout ne pas dénigrer l’école, ses règles, ses méthodes. On n’est jamais plus libre que lorsqu’on s’est construit dans une certaine contrainte (bienveillante).
    Bon courage et donne-nous des nouvelles en cours d’année

    le 16 novembre, 2019 à 18 h 41 min
     
  • Bonjour,

    J’imagine ton désarrois.

    Nous avons la chance d’avoir une école pédagogie Freinet près de chez nous que notre fille aînée fréquente. Nous ne nous y sommes pas dirigés pour résoudre des problèmes de scolarité mais plus largement lui permettre de se développer dans un environnement enrichissant et épanouissant, et pas seulement scolairement.

    Si je résume à grands traits ce qui fait de Freinet une alternative que Montessori qui a ma préférence :

    – l’objectif est de « former des citoyens », réelle vision démocratique,
    – la pédagogie est à contre pied du modèle cathédrale : le savoir surgit de chaque discussion qui ouvre un travail des élèves en coopération,
    – par nature établissements publics, ce qui propose une mixité sociale qui fait souvent défaut aux écoles Montessori très chères,
    – « école ouverte »,
    -…

    Ce site pour en savoir plus : https://www.icem-pedagogie-freinet.org/

    J’imagine que si j’avais déjà essayé plein de façons d' »alléger » la peine de mon enfant, ma prochaine carte serait de porter un regard aimant-amusé sur ce rejet, histoire de ne pas en faire son « trait caractéristique »… cela pourrait permettre qu’il trouve autre chose pour se différencier de Tétard, le cas échéant ;)

    le 17 novembre, 2019 à 0 h 01 min
     
  • Bonjour Titiou.
    Il y a un truc qui s’appelle le RASED pour aider les enfants (et parents) en difficultés scolaires ou d’intégration. Et même en maternelle. A ce niveau c’est difficile de parler d’échec scolaire mais ils sont compétents normalement.

    le 18 novembre, 2019 à 20 h 30 min
     
  • Ben si ton meilleur ami est prof’ et a connu ça lui-même étant petit, je vois mal comment les lecteurs de passage pourraient avoir de meilleures idées? A la lecture de tout ce qui est évoqué dans les commentaires, j’imagine que tout ça, il a dû y penser aussi…

    En tous cas les écoles qui donnent plus de liberté aux gamins, c’est probablement plus facile à accepter, mais ça se paiera ensuite, quand il sera trop tard : si à 20-30 ans on n’arrive pas à accepter qu’on ne peut pas faire ce qu’on veut quand on le veut, sauf à vivre dans les bois…

    le 24 novembre, 2019 à 19 h 45 min
     
  • Bonjour Titiou
    J’arrive après tout le monde.
    Une remarque comme ça, de la part d’une prof de lycée.
    C’est vrai, on apprend aux élèves l’obéissance. Mais en soi l’obéissance ce n’est pas non plus négatif. En tant que « maître », j’ai à coeur que mes élèves me fassent confiance et m’obéissent pour cela : je sais comment faire, je vais vous montrer, regardez, ça marche comme ça, faites-le, vous allez voir.

    Maintenant ça ne suffit pas. Certains élèves sont par principe rétifs à toute forme d’obéissance vis-à-vis du professeur, pour plein de raisons et pas forcément parce que ce sont des sales gosses mal élevés (j’en ai hein des mal élevés, et je vois bien la différence entre le mioche mal élevé et le gamin qui n’est pas comme les autres juste parce que c’est comme ça).

    Un truc qui marche bien, c’est de laisser une forme de libre-arbitre aux élèves. Le plan de travail par exemple : on leur donne une série de tâches à faire. Genre l’an dernier avec mes secondes : voilà, vous avez six heures pour faire une carte avec les fleuves et les océans du monde, trois croquis sur les tensions liées à l’accès à l’eau, une synthèse des documents d’une page, des diagrammes camembert présentant les chiffes de l’accès à l’eau potable, et une production finale sous la forme que vous souhaitez pour répondre à la question. Vous faites ça dans l’ordre que vous voulez, vous m’appelez quand vous avez besoin et à la fin tout le monde a fait un truc qui lui convient.
    Evidemmment les plus « scolaires » (ce n’est pas un gros mot pour moi) vont faire une production écrite hyper cadrée, d’autres vont faire un truc plus artistique et ils sont contents.

    En maternelle, mon cadet n’a fait que ça pendant toute l’année de grande section : la maîtresse donnait des fiches à faire pour la semaine, charge à chaque loupiot de s’organiser comme il voulait, avec possibilité de rajouter du travail pour les plus rapides (ou les plus stakhanovistes).

    Ce n’est pas toujours possible et laisser ce libre-arbitre aux élèves peut en angoisser terriblement certains – avec mes plans de travail, j’ai toujours une frange d’élèves hyper soucieux qui flippent à mort : « mais alors madame on n’a pas de cours ? – bah si, c’est juste vous qui le faites en fait ! ». Mais pour les décrocheurs, les gentils un peu à la rue, ceux qui en ont ras le cul de suivre les recettes du prof ou ceux qui aiment bien se démarquer, ça marche plutôt bien (bon, les grosses feignasses ne feront rien mais c’est ça aussi le libre arbitre : t’as le choix de rien foutre).

    Donc bref à vue de nez comme ça (et je suis ni psy ni rien, juste une prof et maman de gamins d’âge primaire) je dirais
    – contacter comme suggéré plus haut le RASED. On ne sait jamais. Ils peuvent être hyper efficaces.
    – évoquer avec la maîtresse la possibilité de faire des plans de travail pour qu’il s’organise comme il le souhaite lui – s’ils ne sont pas trop nombreux, elle a peut-être la possibilité de lui faire un truc sur mesure, et si ça se trouve le faire pour d’autres.

    Bon courage !

    le 25 novembre, 2019 à 9 h 48 min
     
  • L’école n’est pas obligatoire, c’est l’instruction qui est obligatoire. Certaines familles choisissent de ne pas scolariser leurs enfants pour justement les instruire d’une autre façon :)

    le 26 novembre, 2019 à 0 h 39 min
     
  • Je vois dans les commentaires que beaucoup parlent d’école alternative, style montessori. Souvent il s’agit d’écoles privées qui coûtent un bras (ou deux). Mais il y a aussi des écoles publiques (et donc gratuites !) à pédagogie alternative. Les écoles Freinet. Mon fils de 7 ans est dans une école Freinet.
    Il est très heureux là bas. Il apprend à participer à la vie de l’école, à exercer son libre arbitre, il a pris confiance en lui depuis sa première année dans cette école (elle commence seulement au CP).
    Pourquoi n’y a t-il pas plus d’écoles publiques comme ça ? Pourquoi les gens à qui j’en parle ne connaissent même pas leur existence ? Il faudrait pourtant qu’il y en ait plus, que plus de monde demandent à y entrer.
    L’école de mon fils apprend aux enfants à réfléchir par eux-mêmes, à avoir confiance en eux, leur devise : « une tête bien faite plutôt qu’une tête bien pleine ».
    S’il existe une telle école près de chez vous, je crois que ça vaut carrément le coup de se renseigner !
    Bon courage à vous et à Curly.

    le 3 décembre, 2019 à 17 h 29 min
     

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