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Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

Cam

tartine

20 mars 2012

Kristen Bell, sloth, Ryan Gossling, feu

En ces temps obscurs, offrons-nous une petite respiration.

ELEMENT N°1

Si je tenais une rubrique People quelque part, n’importe où – tiens ça me rappelle que je commence à avoir de vrais soucis de boulot, vite, pensons à autre chose – je parlerais toutes les semaines de Kristen Bell.

(Pourquoi je ne tiens pas une chronique people quelque part hein ? Sans doute parce que je n’y mettrais que des photos pas du tout libres de droit. En même temps, ça fait quelque chose comme 3 ans que j’ai envie de faire ça. Combien de temps vais-je encore rester dans la légalité ?)

Je pourrais écrire une lettre d’amour à Kristen Bell mais comme ce n’est pas le sujet de ce post puisque ce post n’a pas de sujet, j’ai décidé de faire plus court.

Si vous ne connaissez pas Kristen Bell, apprenez que c’est la Gossip Girl de Gossip Girl mais c’est surtout Veronica Mars. Si vous ne connaissez pas la série Veronica Mars, allez la regarder sur Mega… heu… bah. Bon bah voilà. Sachez que Joss Whedon, le créateur de Buffy, qui se place dans mon Panthéon personnel pas très loin de Jean-Paul Sartre, avait écrit en 2005 son propre chant d’amour pour Veronica Mars « Best. Show. Ever. Seriously. »

N.B. : Il y a un élément incompréhensible dans le CV de Kristen Bell. Elle a été recalée du casting de Smallville. Ce qui tendrait à prouver que les producteurs de Smallville sont des abrutis. Surtout que c’était pour le rôle de Chloé et qu’ils lui ont préféré ce petit goret d’Allison Mack. (Désolée Alex Hervaud mais Kristen quoi…)

ELEMENT N°2

Vous connaissez tous les paresseux, sloth en américain. The Sloths occupent une place particulière dans le bestiaire de l’internet. Pas aussi omniprésent que le chat mais il maintient une présence régulière principalement sous forme de gif. Sans doute parce que tout bon internaute ne peut que reconnaître sa propre essence dans celle d’un animal qui pionce 12h par jour. (Et peut-être aussi parce que le paresseux ne nique qu’une fois tous les deux ans.)

(On apprend sur la page wikipédia des paresseux qu’une espèce de paresseux étant trop en danger sur le sol, elle ne descend de son arbre pour faire caca qu’une fois par semaine et perd alors un tiers de son poids. L’évolution darwinienne c’est aussi savoir se retenir de chier.)

Le grand moment de gloire du paresseux sur internet a été cette vidéo :

ELEMENT N°1 + ELEMENT N°2

Il se trouve que si Kristen Bells aime beaucoup les animaux (j’ai remarqué que c’était souvent le cas chez les végétariens) elle aime passionnément les paresseux. Une passion que le monde avait sans doute sous-estimée jusqu’à présent et dont l’évidence vient de nous exploser au visage avec cette vidéo.

Ca se passe sur le plateau d’Ellen (la  gouine la plus coolos de la télé américaine).

Attention, il faut le regarder en entier – le climax se situe à 2’ mais il faut le préambule pour bien comprendre.

En bonus : un blog propose de fabriquer votre nom de paresseux (parce qu’on a tous un paresseux en nous). Perso, pour moi, ça a donné Slack The Tree-Loving Sloth. C’est un peu long mais j’aime bien.

Sinon, aucun rapport si ce n’est les gens connus, un mec a subtilement photoshopé les photos de sa dernière teuf pour y rajouter quelques stars au milieu de ses potes. \o/

via Buzzfeed

Pour finir, une bien belle photo de vacances :

 

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8 mars 2012

Ceci est un blog

Après mes deux posts sur le démoulage, j’ai eu des commentaires qui m’ont laissée comme deux ronds de flan.

Je pourrais me lancer dans une polémique sur la maternité mais en vrai, je crois que ce n’est pas le sujet. Le thème de la maternité est tellement sacralisé qu’il n’a été que l’occasion de faire surgir le problème de fond, à savoir qu’est-ce qu’un blog ?

Le blog est un genre littéraire.

Quand on ouvre un roman, on sait que c’est un roman. D’ailleurs, c’est écrit dessus.

Quand on lit un blog, on devrait savoir qu’on lit un blog. Pas un témoignage. Pas une confession. Pas un journal intime. Un blog.

Dans toute œuvre (je n’y mets pas une valeur de qualité hein c’est tout aussi valable pour du Marc Levy), il y a implicitement un pacte de lecture. Or ce pacte de lecture est largement déterminé par le genre littéraire. En voyant les réactions à mes derniers posts, je me rends compte que tous les lecteurs ne créent pas le même pacte de lecture avec le blog. Si la plupart ont compris intuitivement la nature du blog, certains le confondent clairement avec un genre de témoignage ou de serment de vérité absolue.

Si mon blog avait une pure valeur de témoignage, de dire « toute la vérité », je ne me ferais pas chier à réécrire plusieurs fois les textes avant de les publier. Je serais dans le culte de l’écriture du premier jet. Autrement dit, le fait que les posts soient travaillés devraient en soi suffire à orienter la lecture.

Ainsi, si on reprend les derniers posts, je n’ai jamais dit que j’allais donner ma vision de la maternité. Revenons à des choses basiques : j’avais simplement 3 anecdotes qui me faisaient marrer à raconter. Parce que oui, on peut écrire des trucs drôles sur la maternité sans que ce soit une posture cynique de meuf qui nie la réalité de la beauté de la maternité. Non mais franchement quoi… OMG. (Et qu’accessoirement, y’a quelques petits détails auxquels on ne prépare pas les filles alors que ça peut servir de savoir à quoi s’attendre.)

Je reste sidérée par le fait que des gens puissent penser que ce que j’ai écrit soit précisément la totalité de ce que j’ai pensé de mon accouchement, de ma relation avec mon fils. Non mais les gens… Sérieusement…

Le blog n’est pas une autobiographie. Et d’ailleurs, même dans le cas d’une autobiographie, on sait qu’elle n’embrasse pas le réel. Rousseau a eu beau écrire dans l’incipit de ses Confessions : « Que la trompette du jugement dernier sonne quand elle voudra; je viendrai ce livre à la main me présenter devant le souverain juge. Je dirai hautement : voila ce que j’ai fait, ce que j’ai pensé, ce que je fus. J’ai dit le bien et le mal avec la même franchise. Je n’ai rien tu de mauvais, rien ajouté de bon, et s’il m’est arrivé d’employer quelque ornement indifférent, ce n’a jamais été que pour remplir un vide occasionné par mon défaut de mémoire; j’ai pu supposer vrai ce que je savois avoir pu l’être, jamais ce que je savois être faux. Je me suis montré tel que je fus, méprisable et vil quand je l’ai été, bon, généreux, sublime, quand je l’ai été : j’ai dévoilé mon intérieur tel que tu l’as vu toi-même. Etre éternel, rassemble autour de moi l’innombrable foule de mes semblables : qu’ils écoutent mes confessions, qu’ils gémissent de mes indignités, qu’ils rougissent de mes miséres. » ça fait quand même un paquet d’années qu’on sait que c’est du flan, ne serait-ce que parce que le travail du style contredit sa profession de foi.

Tout travail d’écriture est création d’autre chose – même en partant de faits réels.

Un blog, c’est de la littérature parcellaire. Une succession de textes courts, sérieux ou marrants, tristes, énervés ou joyeux selon l’envie du moment de l’auteur. On peut parler de ses états d’âme au moment d’une rupture comme je l’ai fait, c’est-à-dire faire un post personnel, sans pour autant avoir par la suite une obligation morale à raconter toute sa vie privée. Au final, un blog, ça reste une succession de petits bouts de vie, d’instantanés. Ce n’est pas une vision panoramique et exhaustive.

Tant que j’y suis, notons un paradoxe. Ceux qui considèrent le blog comme un témoignage disant toute la vérité sont les mêmes qui jugent que des détails comme l’épisode du foie de veau ça ne se dit pas parce que c’est sale et intime. Parce que je suis censée raconter quelle émotion m’étreint quand je vois mon enfant.

Sauf que là, on a clairement deux définitions antagonistes de l’intime. Pour moi, l’intime, ce n’est pas de parler du caillot de sang de 800 grammes que j’ai perdu (oui, le foie de veau en fait c’était un caillot de sang). L’intime, ce qui serait vraiment sale à mes yeux et qui me foutrait mal à l’aise, ça serait de poster une vidéo d’un moment où mon fils et moi on se regarde dans les yeux très sérieusement. Ca, c’est l’intime. Et ça n’est pas pour moi un sujet de post.

Comme à chaque fois dans ce genre de cas, j’ai repensé à Nora et Elixie qui ont fermé les commentaires depuis bien longtemps sur leurs blogs. Je l’ai déjà dit, mais je kiffe la plupart des commentateurs. Y’en a qui me font sourire, marrer, et aussi certains qui m’apportent des précisions sur des sujets (merci Popol pour les comms d’hier sur les Anons et Capone), et puis il y en a qui disent explicitement qu’ils ont compris, comme ce commentaire : « je compte sur toi pour ne jamais balancer une photo ou un prénom, pour savoir toujours autant me faire rire sans jamais me révéler la réalité :) ».

Et comme c’est la journée de la femme, une bien belle illustration au croisement du sujet de ce post et du problème du genre sexuel :

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7 mars 2012

Lulzsec est mort, vive Anonymous

Parlons peu, parlons bien, parlons « internet is serious bizness ».

Jeudi dernier, au salon du livre de Bruxelles, je discutais avec une coolos lectrice du blog qui m’a dit “c’est dommage que tu ne parles plus des Anonymous, par exemple Lulzsec, c’était intéressant”. C’est vrai, mais déjà maintenant tout le monde en parle, et puis il ne s’est rien passé qui m’inspirait particulièrement. Parfois, les attaques DDOS passent et se ressemblent.

Et puis voilà que le FBI nous annonce en grande pompe qu’ils ont décapité Lulzsec – dans le texte : « We’re chopping off the head of Lulzsec ». (Pour vous rafraîchir la mémoire sur Lulzsec c’est ici.)

Une série de questions s’impose immédiatement à vos esprits vifs et alertes.

Comment qu’ils ont fait les mecs du FBI ? Est-ce qu’ils sont vraiment si forts que ça ? Ont-ils réussi à pirater les pirates ?

En fait, ils ont utilisé leur méthode la plus classique, celle qui fonctionne pour tous les groupes, quels qu’ils soient. L’été dernier, ils ont arrêté Sabu – l’un des membres les plus actifs de Lulzsec (présenté dans les articles sur le sujet comme le leader mais vu la mentalité des hackers ça me paraît compliqué de parler de chef). Sabu, de son vrai nom Hector Xavier Monsegur, est un chômeur new-yorkais père de deux enfants. Alors le FBI lui a mis en main un deal simple : soit tu collabores pour nous balancer tous tes potes, soit on te met en taule pour 125 ans et tu revois jamais tes enfants.

Sabu a choisi l’option n°1.

Tout ça se passait l’été dernier donc. En regardant le compte Twitter de Sabu, on peut quand même se demander s’il n’a pas voulu prévenir ses amis, vu qu’avant de disparaître plusieurs semaines, il avait posté ce tweet référence au film Usual Suspects :

Comme le FBI avait menacé d’autres anonymous, quand Sabu a réapparu comme si de rien n’était en septembre, la rumeur a commencé à courir qu’il était devenue une balance.

Il n’empêche que ses potes de Lulzsec l’ont cru de bonne foi et ont continué à « travailler » avec lui.

Et puis là, patatra, le FBI ayant réuni assez de preuves, ils ont arrêté les autres membres. Et Sabu est devenu la figure moderne du traître.

Comme d’hab, on attend les ripostes des Anons. Pour le moment, le groupe Antisec (proche de Lulzsec) (au fait, le « sec » qu’on trouve dans leur nom, c’est toujours une contraction de security) a attaqué le site de pandasecurity, une boîte de surveillance électronique qui collabore avec le gouvernement américain. Et au passage, ils ont posté ce message :

De tout ça, on apprend quoi ?

1°) Les hackers sont des êtres humains comme les autres avec un petit coeur qui bat et la trouille de passer sa vie en taule – l’intelligence du FBI c’est de l’avoir compris. Ils n’ont pas cherché à se lancer dans une guerre informatique contre les Anons, guerre qu’ils savaient perdue d’avance. Il leur a suffit d’appliquer avec eux les mêmes méthodes de pression et d’infiltration qu’avec n’importe qui.

 

2°) Si Lulzsec est décapité, les Anons existent toujours, comme ils le disent eux-mêmes :

Dans la plupart des papiers sur le sujet, les spécialistes disent que cette opération ne change rien parce qu’Anonymous « is too big to fail ».

Il serait comme l’hydre, on coupe une tête et deux autres repoussent – à moins de réussir à toutes les trancher d’un coup.

C’est exact mais l’affirmation mérite tout de même d’être nuancée. Je pense qu’il y a un avant et un après Sabu-le-Judas. Simplement parce que c’est la première fois qu’une trahison de cette ampleur se fait dans le milieu et que, forcément, elle va changer quelque chose. D’une part, ceux qui participent aux attaques des Anons doivent se poser la question de ce qu’ils auraient fait à la place de Sabu-l’infâme. Et non, si on a un minimum de rigueur intellectuelle, on doit admettre que la réponse n’est pas si évidente. En tout cas, c’est la fin d’un sentiment d’impunité pour ceux des Anonymous qui n’avaient pas encore bien mesuré les risques qu’ils prenaient. Ils constatent depuis quelques mois que l’étau policier et juridique se resserre. Ceux qui participeront aux prochaines attaques devront donc le faire en connaissance de cause. Sont-ils vraiment prêts à suivre le mot d’ordre :

D’autre part, une ère de méfiance au sein du mouvement va s’installer.

3°) Et c’est de loin le plus intéressant. De toute évidence, le FBI a décidé de sonner la fin de la récré sur l’internet mondial. Pendant une longue séquence, on a été dans la discussion au sujet des lois qui se préparaient pour réguler la jungle du far-west de l’internet où on trouve des bombes, des pédophiles et des mp3. On se positionnait pour ou contre mais en attendant le vote de ces lois, on était dans une zone grise. En 2012, on est passé au moment de l’action, au rétablissement de ce que certains nomment « l’ordre ». En l’espace de quelques semaines, on a quand même assisté au démantèlement de Megaupload et de Lulzsec. Deux actions menées par le FBI. Evidemment, Kim Dotcom (le patron de Megaupload) ne partage pas les idéaux des Anons (son idéal ressemblerait plutôt à une montagne de fric sur laquelle des gogo-danseuses s’aspergeraient les nichons avec du champagne). Mais aux yeux du FBI ce sont deux organisations numériques hors-la-loi.

2012 sera-t-elle l’année de la mise au pas de l’Internet ? C’est en tout cas ce qui semble se profiler.

 

Sabu, l’homme par qui tout est arrivé :

 

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1 mars 2012

L’épisode du foie de veau

Nota Bene : aujourd’hui, je suis au salon du livre de Bruxelles. (LIBERTE) Si vous voulez passer, je naviguerai entre le stand de Gallimard (qui héberge le Diable) et celui du magazine Elle.

Reprenons.

Au bout de quatre jours à ce régime carcéral, j’ai décrété qu’il était hors de question que je reste plus longtemps.

J’ai négocié ma libération auprès du médecin qui me paraissait le plus doué de sensibilité humaine. Un vendredi après-midi, j’ai donc traversé la cour de l’hosto dans le sens de la sortie. (En marchant un peu vite parce que j’avais peur que des gardiens sonnent l’alarme et me rattrapent.) Sachant que j’étais retenue en captivité depuis le lundi matin, les 6 ans et demi d’Ingrid Betancourt dans la jungle, ça me paraissait être du pipi de chat à côté.

Je suis rentrée chez moi dans un état que j’avais déjà connu. Je me sentais exactement comme après 4 jours de technival.

Notons que j’étais un peu fragile.

Le soir, je suis enfin à la maison. Je peux donc refiler Têtard à son père et m’occuper de moi cinq minutes. (Oui parce qu’en fait, le têtard a un géniteur. Je sais. C’est un choc. Nous l’appellerons Chef pour plus de commodités et aussi parce que, techniquement, c’est mon chef. Oui, celui-là même, rappelez-vous celui qui pense que les balcons parisiens vont s’effondrer. Celui qui, entre autres idées tordues, voulait que j’aille couvrir une élection de Miss France dans la Creuse. Je vous avais dit que j’avais pas choisi le chemin de la vie le plus simple. Vous me croyez maintenant ? )

Quand la scène du foie de veau débute, il est 23h et je suis tranquillement en train de défaire ma valise de l’hosto. Brusquement, je sens un truc super bizarre au niveau de la chatte. Une sensation que j’arrive pas à identifier. Mais vu que cette semaine-là ma chatte m’avait procuré nombre de sensations inédites, je vais d’un pas plutôt paisible aux toilettes.

Je baisse ma culotte, je m’assois et là… gisant au fond de ma culotte, je vois un foie de veau.

Tu visualises l’aspect et la taille d’un foie de veau ?

Tiens, ça va t’aider :

Bien sûr, y’avait pas le bout de persil.

Première pensée : putain… mon utérus vient de tomber.

Deuxième pensée : putain… en fait, on n’avait pas dû m’enlever le placenta.

Troisième pensée : putain… je suis en train de faire une septicémie (je sais pas ce que c’est mais quand je panique, j’ai des noms de trucs qui ont l’air grave qui me viennent à l’esprit).

Conclusion générale : je vais mourir.

Après cette rapide analyse de la situation, j’ai donc fait la seule chose qui s’imposait, j’ai hurlé.

Là, le chef, qui avait Têtard dans les bras, a débarqué dans les chiottes.

Il a vu le foie de veau et m’a dit « non mais ça doit pas être grave. Calme-toi. Mais je vais quand même appeler les urgences de l’hosto pour savoir au cas où tu serais en train de mourir. »

Un peu paniqué, il pose le têtard sur le canapé.

Moi je suis toujours assise sur les toilettes, la porte grande ouverte et je vois Brice Nane Teinturier se faufiler dans le salon. (Brice Nane Teinturier, c’est mon chat. Je vous expliquerai une autre fois.) Or vous ne le savez peut-être pas mais quand vous êtes enceinte et que vous avez un chat, on vous raconte nombre d’histoires de chats qui ont étouffé des nourrissons. Anticipant le drame domestique, je décide donc d’agir et de sauver mon enfant.

Changement de focalisation. Mettez-vous à la place du chef qui est à ce moment-là dans le couloir, au téléphone avec l’hosto en train de dire « je vous assure que c’est une masse rouge qui fait la taille de mon poing » quand il assiste à un spectacle peu commun. Il voit sa pigiste passer devant lui en essayant maladroitement de courir, les fesses à l’air, la culotte aux chevilles, le foie de veau toujours gisant au fond, pour récupérer le têtard qui était sur le canapé.

Devant l’affolement général, le têtard s’est évidemment mis à hurler à son tour.

Résultat : j’ai commencé à pleurer. Et comme je sanglotais très fort, mon foie de veau toujours au niveau des pieds s’est mis à trembloter au rythme de mes sanglots.

Sans doute l’un des moments les plus sexys de ma vie hein.

Finalement, c’était pas un truc grave. D’après l’hosto, « ça arrive » mais « si ça reproduit, venez quand même aux urgences ». Bref. Encore un de ces trucs dont on ne vous parle pas avant.

Après l’épisode dit du foie de veau, j’ai donc pu plonger avec les délices dans l’épanouissement de la maternité. Je marchais dans mon appartement en robe blanche, un bouquet de lys à la main, un sourire suave collé aux lèvres. Bon alors déjà, ça, c’est l’image qu’ont les gens qui n’ont pas de nourrisson. En vrai, très vite, ça a ressemblé plutôt à ça :

Pas en permanence hein. Juste 5 fois par jour dans de très rares moments. Ce sont les moments où vous vous jetez sur Google pour taper « syndrômes dépression post-partum » avant de découvrir que bah non, vous ne souffrez même pas d’un vrai truc grave. Heureusement, j’ai un « Guide pratique des mamans débutantes » où la vérité est dite :

Les jours passant, j’oscillais entre la crise de nerfs et le désespoir total.

Le vrai problème, ce n’est pas l’enfant. Le mien, par exemple, est objectivement tout à fait génial. Nonobstant le fait qu’il soit malade à chaque biberon (c’est-à-dire toutes les 3h) et que le corps médical n’arrive pas à le soigner. (Après dépression post-partum, j’ai commencé à chercher « RGO nourrisson cauchemar ». Le RGO c’est comme ça qu’on appelle le Reflux Gastro-Oesophagien. Un truc qui fait que ton gosse a mal en quasi permanence et que toi, t’as envie de manger un sac de clous.) Mais si on met de côté le fait que Têtard a été fourni avec l’option « incapable de digérer toute nourriture », le souci, ce sont les circonstances autour. Se retrouver cloîtrée à la maison, coupée du monde et épuisée donne la certitude que personne ne s’est jamais senti aussi seul au monde que vous. Ever. En l’occurrence, j’en ai encore rajouté avec mon statut professionnel à la con où j’ai pas de vrai congé mat. Mais soyons lucides, de toute façon, je crois que rester à la maison toute la journée et ne pas bosser m’aurait rendu folle. Sauf que là, va expliquer à un nourrisson de 2 semaines qu’il faudrait qu’il souffre en silence pendant une heure histoire que tu fasses un papier pour pouvoir payer son lait…

PS : j’ai eu la surprise de découvrir que plusieurs lectrices étaient enceintes. Je vous rassure donc, si vous tirez pas la mauvaise pioche « reflux gastro-oesophagien », il parait que c’est supportable.

 

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28 février 2012

La vérité sur la maternité

D’abord merci aux tweetos qui m’ont aidée pour mes problèmes informatiques samedi, c’est à peu près réparé.

Ensuite, j’ai fait un Top 10 des déclarations les plus stupides de Carla Bruni-Sarkozy. (Certes, je poste pas beaucoup sur le blog mais en vrai, je continue de bosser. J’ai fait d’autres papiers mais c’est celui-là que je préfère.)

Tu n’es pas du tout intéressé par les histoires de maternité ? Tu peux sauter de deux posts.

Venons-en à l’annonce de mon démoulage, annonce qui a provoqué plusieurs types de réactions. D’abord les félicitations (merci boys and girls). Les « j’y crois pas ». Visiblement, une partie d’entre vous n’envisageait pas que je puisse avoir des rapports sexuels. MERCI HEIN. Certes, j’ai souvent déclaré mon intérêt pour le porno mais enfin mes bons amis, soyons sérieux deux minutes : on peut mater du film de boules ET avoir une vie sexuelle non onaniste.

Il y a le « tu m’as trahie ». Hum… Donc là, y’aurait sans doute des choses très pertinentes à dire sur cette sensation, sur le pacte autobiographique à base de Philippe Lejeune (LE spécialiste de l’écriture du moi), (oh putain… je viens de découvrir que Philippe Lejeune qui, contrairement à ce qu’indique son nom, est né en 1938, a un site absolument digne des Craypions quoi).

Les « tu n’es plus comme nous, tu as rejoint le clan des Autres ». Oui et non. L’exemple de Vieux Félin est à ce titre fort rassurant. Mais bon, l’image de la mère reste un stéréotype très prégnant. (jeu de mot franco-anglais pourri) Je comprends bien que la vision qui s’impose à certains est celle d’une mère épanouie, posée, installée dans une vie confortable et sécurisante.

MOUAAHAHA… Attendez, après ce fou rire, je me remets une côte en place et on reprend.

La vérité, c’est qu’au moment où vous démoulez les filles, vous avez pas brusquement une révélation divine qui vous permettra de comprendre intuitivement votre enfant et d’aborder la vie avec sérénité. (En vrai, vous avez surtout mal.) (La seule révélation que vous avez c’est que l’inventeur de la péridurale devrait être béatifié.) Nota Bene à l’intention des lectrices qui auront peut-être un jour un enfant. La péridurale, c’est génial mais le truc dont personne ne m’avait prévenue c’est qu’une fois le cathéter de la péridurale installé, vous avez plus le droit : 1°) de boire même un verre d’eau 2°) de vous lever, 3°) conséquemment d’aller faire caca. Sachez-le. Perso, j’ai passé 10heures allongée et déshydratée. J’avais pas le droit d’aller aux chiottes mais par contre comme j’avais de la 3G, j’ai pu live-mailer mon accouchement.

Devenir mère ne marque pas la fin des années galères, ne fait pas brusquement de vous une adulte installée dans une vie confortable et sans heurt. Surtout qu’en plus, il a fallu que je corse un peu l’affaire. Des amis n’ont pas manqué de me faire remarquer qu’entre le chemin avec l’écriteau « ATTENTION Marre à caca dans 50 mètres » et « Route tranquille » j’ai un tropisme qui me pousse à choisir systématiquement le premier. Mouais… Je veux bien. Mais même moi je reste assez stupéfaite par ma capacité à scorer mes propres records.

A titre d’exemple, il y a mon inénarrable premier rendez-vous à la maternité où la sage-femme m’a demandé « Votre situation familiale. Vous êtes mariée, pacsée, en concubinage, célibataire ou veuve ? » et où tout ce que j’ai trouvé à répondre c’est « Vous avez pas it’s complicated dans votre formulaire ? » (Je vous déconseille de faire comme moi, ça a pas fait rire la meuf, elle a posé son stylo pour qu’on ait une « discussion » et ensuite elle m’a filé le numéro de la psy du service.) (C’est comme au lycée, il ne faut JAMAIS mettre sur son mot d’absence « raison personnelle ».)

Bref, on dira que je n’ai pas choisi la situation la plus simple du monde.

Après avoir démoulé donc, il vous reste plusieurs étapes dans le chemin de croix.

D’abord, le séjour à la maternité. Assez connement, moi, j’imaginais ça comme un séjour à l’hôtel où une équipe de sages-femmes me chouchouteraient et me transmettraient le savoir ancestral des mamans. Quelques jours de repos quoi.

En vrai, c’était pas du tout ça. Grosse grosse arnaque la maternité.

D’abord, le lendemain du démoulage j’étais pas juste fatiguée : j’avais mal. Plus précisément, j’avais des contractions. What ?! Bah oui, après l’accouchement, vous vous mangez facile 48h de contractions à crever de douleur. Pour vous soulager, toutes les 2h, les infirmières font le tour des chambres pour distribuer des cachetons. L’occasion de voir  de jeunes mères prêtent à aboyer et à sauter dans des arceaux de feu pour obtenir leurs médocs.

En plus, le premier matin j’étais tranquille en train de dormir (je venais quand même de donner la vie merde) quand une meuf est rentrée dans ma chambre en me disant « voilà votre bébé ». Et là, panique. Pendant quelques secondes, j’ai cru qu’elle se trompait. Parce que j’avais pas seulement oublié que j’avais accouché, mais j’avais carrément zappé que j’avais été enceinte. (On va mettre ça sur le compte du shoot de péridurale qui avait pas fini de se dissiper.) On peut aussi préciser à ma décharge que l’expression « le matin » à la mater ça veut dire à 6h du mat.

Donc on m’apporte le têtard, on me colle un biberon dans les mains et la meuf se barre sans rien m’expliquer. Comme je suis pas complètement débile, j’ai fait le rapprochement biberon -> enfant -> bouche. Pas peu fière de moi, une heure plus tard, quand la meuf revient, je lui tends le biberon à moitié vide. Je m’attendais à ce qu’elle applaudisse. Pas du tout. Elle m’a pourri la gueule. « Comment ça vous lui avez donné 50 cl ?! Mais vous êtes folle ?! Fallait lui donner 15 ». Ok… Comment tu voulais que je le sache grosse conne ?

Là, j’ai commencé à comprendre que les puéricultrices ne seraient pas mes amies. Entre autres parce que 95% d’entre elles sont des salopes sadiques.

Par exemple, celle qui était de garde la nuit.

Autrement dit celle qui a un pouvoir de vie ou de mort sur les jeunes mères.

Parce que c’est elle qui décide si elle accepte de vous prendre l’enfant pour la nuit. (Enfin… la nuit = 1h du mat -> 6h du mat.) Donc tous les soirs, vers 23h30, commençait le défilé des mauvaises mères. On arpentait le couloir pour passer devant la baie vitrée de la nurserie en boitant, genre « oh zut… mes sutures d’épisio ont encore lâché », l’air hagard, genre « c’est donc ça le baby-blues » dans l’espoir que la salope de puéricultrice allait avoir pitié et accepter de nous prendre nos progénitures quelques heures. Ou au moins de les mettre en tête de la liste d’attente. OUAIS parce que y’avait une putain de liste d’attente tous les soirs.

Interlude photographique. Dans ma chambre, y’avait une affiche équivalente au « all your base are belong to us ».

Ne me laissez jamais seul : to only leave me never.

Sinon, j’ai vécu une scène RGPP style qu’on aurait dit directement tirée de mon roman. Pendant les interminables examens qu’on m’a fait, je vois ça :

Je demande à l’infirmière « attendez, mais ils vous ont mis le prix du matos pour vous culpabiliser quand vous vous en servez ? » Elle m’a expliqué « Oui, mais avant c’était pire, ils avaient aussi fait des étiquettes pour mettre le prix sur chaque seringue ».

Fin de l’interlude.

Assez paradoxalement, la maternité est un endroit où on vous infantilise – tout en considérant que vous savez déjà tout faire. L’infantilisation passe par le fait qu’on ne vous parle qu’à la troisième personne. « Et la maman elle a pris ses médicaments ? », « et la maman elle a bien donné le biberon ? ».

C’est également un endroit où la dignité humaine est une notion très relative. Déjà, le personnel soignant rentre dans votre chambre sans jamais frapper – ce qui est un peu relou quand, entre deux visites d’infirmières, vous essayez de picoler la bouteille de vin que vous avez cachée dans votre table de chevet. (Merci Ondine.) Ensuite, que vous soyez avec des amis venus vous soutenir, elles s’en contrecarrent le cul. Du coup, vous pouvez être avec n’importe qui, la meuf débarque, vous lui faites remarquer que vous êtes pas seule et elle vous répond que ça la dérange pas. Elle commence alors son sempiternel questionnaire. « Heure du dernier biberon ? »

– 13h30

– Et il a pris combien bébé ?

– 35 cl.

– Et maman l’a changé ?

– Oui.

– Et il avait eu des selles bébé ?

– Oui.

A ce stade, vous espérez très fort qu’elle va avoir la décence de se barrer et de revenir vous poser la suite des questions quand vous serez seule mais non.

– Et la maman ? Elle a eu des selles aujourd’hui ?

– Non, pas ce matin.

La meuf le note sur sa feuille. En général, à ce moment-là, vos visiteurs commencent à se foutre de votre gueule. Vous, vous attendez qu’une chose c’est que la meuf se barre mais elle reste plantée là, pour finir de fouler avec ses crocs rose ce qui vous restait de dignité.

– Et la maman a eu des gaz ?

Mais va te pendre putain…

– Vous avez besoin de couches ?

– Non, j’en ai encore.

– Et pour vous ? Vous avez besoin de couches non ?

Oui, parce qu’à la maternité, les mères portent des couches rapport au fait qu’elles se vident de leur sang.

Ce qui nous amène au très poétique épisode du Foie de veau qui mérite à lui tout seul un post.

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