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Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

Cam

tartine

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22 juillet 2008

Mais où sont les succubes ?

Rupture : bilan, semaine un.

Ca va. Presque. Nonobstant les quarante cigarettes fumées depuis ce matin, ce qui, me direz-vous ne doit faire qu’une dizaine de plus que d’ordinaire donc on ne va pas se laisser aller à dramatiser.

Finalement, le plus stupéfiant au lendemain d’une rupture, c’est de découvrir que le monde ne s’est pas effondré. Quelques jours plus tôt, on expliquait à qui avait la patience de nous écouter malgré nos yeux exorbités et injectés de sang : « SI on se sépare, c’est la fin du monde, L’APOCALYPSE, je te jure ». Bah oui puisque c’est la force de notre amour qui servait de centre de gravité à la planète – EVIDEMMENT. Donc on sait bien, nous, que le sol va s’ouvrir sous nos pieds, que des centaines de succubes sortiront de la bouche de l’enfer pour dévaster le monde, monde qui depuis cinq ans tournait bien sûr autour de notre couple et dont l’équilibre entre forces du bien et du mal va être irrémédiablement foutu en l’air.
Et puis on décide que c’est peut-être ce dont il a besoin, ce monde, d’une invasion de créatures maléfiques, et on se sépare. Et on attend pendant quelques jours parce que la bouche de l’enfer met du temps à s’ouvrir. Et puis, une semaine plus tard, on doit se rendre à l’évidence : la terre tourne encore. Les gens continuent leur vie tranquillement, les journaux n’évoquent même pas ce évènement pourtant central/planétaire/bouleversant (au choix). Pas d’interruption dans les programmes télé, pas de chute notable de l’activité économique du pays. Même cette saloperie de traine-poils qui me sert d’animal de compagnie ose miauler à la mort pour réclamer sa ration quotidienne de croquettes.

Donc la vie continue, c’est d’ailleurs ce que disent les amis avec les yeux mouillés et un air convaincu, et finalement, force m’est de constater la haute pertinence de cette affirmation/lapalissade. Pire, la plupart du temps, on ne voit pas très bien ce qui a changé. Tout est censément chamboulé mais non. Imaginez-vous, je sais ça va vous paraître incroyable mais au supermarché, il n’y a pas de caisses prioritaires « client vivant une rupture amoureuse ». Dans le métro, personne ne se lève pour me laisser une place assise. Et le pire du pire : je reçois encore des factures. Comme si j’étais en état de faire des chèques. Comme si j’avais de l’argent sur mon compte (voir post précédent sur la nécessaire consommation d’alcool et conséquemment sur les trajets en taxi).
Ca, d’ailleurs, c’est un autre problème de taille. Vous changez de vie, il faut marquer le coup mais mais mais votre budget lui reste exactement le même – soit en l’occurrence 40 centimes d’euros par jour pour vivre (oui, je suis éthiopienne).
C’est peut-être cette impression que le quotidien ne porte pas suffisamment les stigmates du changement qui pousse à se couper les cheveux/changer sa garde-robe.

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20 juillet 2008

Dis, c’était bien avant ?

Les gens d’avant. Parce que cinq ans de relation amoureuse, ça fait un sacré bail. Parce qu’en cinq ans, ma vie a entièrement changé. Et une partie de mon entourage aussi. Mais il reste les irréductibles. Et parmi les irréductibles, la copine de fac. Celle qui m’a connue avant. Avant le couple, avant la vie à deux, avant la signature d’un bail portant deux noms, avant le « je ne pourrai pas m’en sortir sans lui ». Celle qui m’a connue célibataire dans dix mètres carrés avec une version de latin à finir pour le lendemain.(A peu près l’avenir qui m’attend dans les prochains mois – la version de latin en moins.) La revoir, c’est inscrire cette rupture dans la continuité – oula… aujourd’hui, je donne dans le paradoxe sémantique. Avec elle, cette relation devient un épisode de ma vie, certes central, fondateur, mais un épisode parmi d’autres. Avec elle, j’ai l’impression que les évènements prennent leur cohérence, s’ordonnent, s’enchaînent pour former le fil de la vie d’un individu précis : MOI.

Aglantine Parjadis De Larivière – en toute simplicité. Aglantine et ses fameuses mains pleines de doigts. Aglantine qui ne voulait pas venir me voir dans le 11ème parce que c’était trop craignos comme quartier (autant dire que Bagnolet, j’ai même pas proposé).

Un matin, j’étais dans la cour de la fac (attention, faites un effort et visualisez-moi avec dix kilos de cheveux rouge sur la tête, un sac tissé de type uruguayen, une jupe à fleurs ramassée dans une poubelle portée par-dessus un pantalon acheté aux puces). Je sortais d’un TD sur la Femme de Trente ans et j’étais en train de… bin oui, de fumer une clope bien sûr. Il faisait presque nuit encore, il faisait froid, et une immense fille avec un balayage blond, du rouge à lèvres et des mains pleines de doigts s’est approchée pour me demander du feu. Trois heures plus tard, je savais tout de son voyage en Espagne en classe de Troisième (véridique) et de la difficulté de porter un nom à particule. Avec Aglantine, on allait passer trois ans à (non-)déjeuner ensemble.

Quand Aglantine a débarqué à la Sorbonne c’était un être étrange. D’abord elle s’excusait toutes les deux minutes pour tout et rien de manière résolument absurde. Au bout de quelques semaines, elle a commencé à s’excuser de s’excuser parce qu’elle sentait que ça nous agaçait et que sa seule réponse dans ces cas-là c’était de s’excuser. Ensuite, elle a passé trois mois à expliquer à tous nos congénères qu’elle était ici par erreur. « Excusez-moi d’être dans ce temple du savoir avec vous ». Qu’elle n’aurait jamais dû être admise à la Sorbonne (heu… ouais… mais c’est publique la fac tu sais Aglan, c’est pas sur dossier). Que de toutes façons, c’était évidemment le fruit d’une erreur administrative puisqu’il était impossible qu’elle ait eu son bac pour de vrai. Et ça, elle tenait d’ailleurs à s’en excuser parce que c’était pas juste pour nous que quelqu’un comme elle ait eu son bac. Autant dire que ce discours tranchait pas mal avec le snobisme ambiant où chacun rivalisait de citations rimbaldiennes.

Un jour, il faudra aussi que je raconte Romaric, notre ami de fac aristo, partouzeur, adhérent à l’Action Française et qui voulait devenir prêtre.

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19 juillet 2008

Je ferais mieux de travailler…

Rupture : day 2/3/4

Mais voilà, la mauvaise surprise, c’est qu’une rupture aussi ça bouffe pas mal de temps. Bon… soyons honnête, ces derniers jours, ça occupe même l’intégralité de mes journées. D’abord, il y a le besoin de savoir comment on se sent – et là ? Je me sens comment ? On se pince un peu le bras, on se tapote la joue pour vérifier. Egotisme quand tu nous tiens… Ensuite, une fois qu’on a renoncé à réussir à verbaliser notre état, on décide d’oublier. Mais rien que le fait d’essayer de ne pas y penser, c’est une folle perte de temps.
Et puis, il y a le principe fondateur, la règle de base pour une rupture réussie. Celle qui vient en top one dans les conseils des amis : ne jamais rester seule. Il faut absolument, à tout prix, goutte que goutte, fréquenter d’autres êtres humains (en général, le conseil n°2 c’est d’éviter que ces êtres humains soient votre ex). Et voir des gens, ça prend du temps – c’est d’ailleurs ce qui m’a toujours un peu embêtée dans ce concept. D’autant plus que selon les codes du genre « la rupture » il faut boire, or je mets 90 minutes montre en main à finir un verre de vin. Mais c’est impossible d’y échapper. Une rupture, si tu bois pas, c’est pas une rupture. Ca en deviendrait presque louche. « Non merci, je vais prendre un café. » « Bein… Vous avez pas vraiment cassé en fait ? » (Là, faut faire attention, c’est le genre de discussion qui tourne très vite en campagne gouvernementale pour les « antibiotiques, c’est pas automatique ».)

A titre indicatif (ça peut toujours servir de connaître les us et coutumes en la matière) sachez qu’un café, ça veut dire que vous faites une pause. Vokda/whisky, vous avez rompu et c’est dur. Coke/héroïne il/elle s’est barré(e) avec votre meilleur(e) ami(e) ou un membre de votre famille.

Caro : « N’écoute les conseils de personne, même pas les miens. »

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18 juillet 2008

Putain de rupture

La première phrase est essentielle. Certaines marquent l’histoire de la littérature. On peut opter pour « Aujourd’hui, maman est morte », « Longtemps, je me suis couché de bonne heure » ou « Je suis une pétasse » (l’une de ces phrases est tirée d’un roman de Lolita Pille, à vous de trouver laquelle). Mais pour un blog, le problème est d’autant plus épineux que le style-blog privilégie spontanéité et mal écriture et que là, pour la spontanéité, c’est déjà foiré (par contre, mal-écriture, ça devrait être dans mes cordes). Finalement, ma première phrase à moi sera donc simple, pas spontanée et mal écrite.

Certains matins, avant même d’ouvrir les yeux, on sait déjà que la journée sera merdique à souhait.

La rupture : day one.
On n’a pas encore soulevé les paupières, on n’a même pas eu le temps de regarder le réveil-matin et de penser « putain… il est que midi », qu’on a déjà suffisamment d’éléments pour déterminer que la journée sera longue, chaotique et difficile. Y’a des jours merdiques, c’est comme ça. Aujourd’hui en fait partie. Entamer la folle aventure du blog en même temps qu’une remise en question professionnelle et une rupture amoureuse, est-ce la meilleure chose à faire ? Faisons une liste.

Premier avantage : ça permet de tenir au courant de votre état des personnes qui seraient parties loin dans une région avec des volcans éteints ou dans une obscure ville de la communauté européenne. (Un conseil pour votre rupture : évitez de faire ça en plein pendant les vacances d’été)
Deuxième avantage : rupture ou pas, vous êtes censée travailler et pas ratiociner sur vos problèmes amoureux. Mais quand votre travail principal c’est d’écrire, faire un blog vous permet de ratiociner (j’adore ce mot) à volonté avec la bonne conscience de pondre malgré tout du texte.
Troisième avantage : il s’agit d’un moyen comme un autre de combler le vide/gouffre/abîme/trou noir (rayer la notion inutile, une seule) affectif et temporel du moment. Affectif on comprend. Temporel parce que quand même un couple ça prend du temps. Beaucoup de temps. Surtout pour moi qui souffre d’une légère tendance à ratiociner.

La palme du réconfort va à Diane qui m’a permis, entre autre, de kikooliser Brain (LE MEILLEUR WEBZINE ACTUEL).

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