15 janvier 2012

Le blog est toujours là

Même s’il paraitrait que le rythme de publication a récemment connu une légère baisse déflationniste.

Effectivement, c’est bien la première fois que je poste pas pendant aussi longtemps. Evidemment, j’ai une excellente raison pour ça. On sait bien ce que c’est les petites blogueuses ingrates. On les prend au berceau, on les choie et dès qu’elles croient que le succès pointe le bout de son nez, elles claquent la porte du blog, elles vous font l’aumône une fois par mois d’une mini note pour vous dire que « oulalala… DESOLEE, mais je bosse sur un super projet top secret qui me prend tout mon temps, la-vie-est-trop-belle-même-si-c’est-beaucoup-de-travail, allez, love, tchao mes zamours lol ». Et après, vous découvrez qu’en fait elle est partie se dorer le fion à Hawai avec les indemnités qu’elle a touchées pour avoir fait une pub.

Bon bah rassurez-vous, moi, c’est pas du tout mon cas. Je suis potentiellement riche, c’est-à-dire toujours concrètement fauchée.

Interlude – deux trucs de crevards qu’on fait quand on est vraiment à la dèche :

– chercher partout dans son appart de vieilles feuilles de soin qu’on n’aurait pas envoyées à la sécu pour gratter 23 euros

– récupérer toutes les pièces de monnaies étrangères qu’on a rapportées de lointaines vacances et aller les faire changer en euros sonnant et trébuchant.

Et sinon, je ne passe pas du tout mon temps à travailler entre deux séjours dans des lieux paradisiaques. Ma super raison pour ne pas poster c’est que je branle rien – même pas ma moule. C’est dire.

Parce que j’arrive à rien.

Je crois que j’ai fait une crise de surmenage qui m’a conduite à une crise de sous-ménage.

Je dors 16h par jour, et le reste du temps je regarde intensément le plafond en imaginant tout ce que je pourrais faire si j’étais en forme.

Un peu comme ça mais sans la pipe.

Une fois par semaine, j’ai un sursaut d’énergie que je mets à faire des choses parfaitement inutiles, exactement comme ça :

Ca a commencé juste avant les fêtes. Peut-être que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d’années. Pour ma part, Noël a consisté à vomir à 21h24 et à me coucher à 21h40 (j’aime bien me laver les dents plusieurs fois après avoir gerbé). Et le nouvel an ? Bah ça fait maintenant deux ans que j’y ai renoncé. Donc je suis restée en pyjama à mater des séries. Exactement comme l’année précédente.

Mais avant même l’horreur des fêtes, mi-décembre, j’ai frisé une sorte de nervous breakdown, au cours duquel je me suis retrouvée devant une dame médecin qui m’a dit « Vous êtes très fatiguée, il faut arrêter de courir partout maintenant ».

– Non-non. Pas du tout.

– Si-si. Je vous assure. Je les connais, moi, les trentenaires freelances.

– Puisque je vous dis que TOUT VA BIEN. Je suis en pleine forme.

Après, j’ai ricané, je me suis penchée en travers de son bureau et j’ai murmuré :

– Vous le savez peut-être pas mais je suis dieu. Je suis omnipotente. Je peux tout faire… TOUT GERER – là, j’ai fait une pause pour m’arracher une poignée de cheveux et les manger goulûment. Après, j’ai hoché la tête avec satisfaction et j’ai ri très fort en lui disant : JE VAIS HYPER BIEN. JE CROIS MEME QUE JE VAIS ME PRESENTER A LA PRESIDENTIELLE TELLEMENT JE PETE LE FEU DE DIEU.

Là, elle m’a regardée et elle m’a demandée :

– Vous avez remarqué que vous êtes en train de pleurer ou pas du tout ?

– Ah oui… Vous parlez des trucs qui coulent de mes yeux et qui mouillent mon visage ? Ou alors de ma respiration saccadée et de mes épaules qui tressautent ? Non mais parce que ça pourrait donner l’impression que c’est des sanglots alors qu’en fait c’est juste des tics nerveux que j’ai depuis quelque temps en fin de journée. Mais c’est juste PARCE QUE JE SUIS UN PEU FATIGUEE MAIS SINON CA VA SUPER BIEN.

Ensuite, elle a clairement arrêté de m’écouter. C’est dommage parce que j’étais sur le point de lui révéler l’identité du 2ème tireur lors de l’assassinat de JFK. Et puis elle m’a tendu d’un geste assuré une feuille marron, autrement appelée « arrêt de travail ». Comme d’hab, j’ai pris un air blasé. « Non mais je suis free-lance. Vous voulez que je l’envoie à qui votre truc-là ? A François Mitterrand ? » (quand j’ai pas d’idée de chute, je dis toujours François Mitterrand ou Sacha Guitry parce que quand j’étais petite, j’avais remarqué que c’était souvent ça les bonnes réponses au Trivial et qu’une bonne blague c’est comme une bonne partie de Trivial Pursuit.)

Elle a répondu que c’était pas son problème et qu’elle prendrait pas la responsabilité de me laisser continuer de bosser.

Je suis partie en gloussant parce qu’en vrai, je me sentais tout à fait bien. En fait, les problèmes ont commencé le soir-même en rentrant chez moi. Je me suis allongée et j’ai jamais réussi à me relever.

De toute évidence, soit elle est voyante, soit elle m’a maraboutée.

Tout ça pour dire que je suis à moitié DCD et qu’il faut être très gentil avec moi.

Heureusement, même quand vous êtes réduit à l’état d’ectoplasme, internet reste internet.

Le monde, avant Internet, ressemblait à ça (soit l’ancêtre du keyboard cat) :

Maintenant, grâce à l’interweb, on peut passer ses journées à chercher des photos de garçons qui ont trouvé un moyen d’avoir des abdos sans faire de sport :

 

Des photos de filles qui montrent leurs fesses dans des musées :

Et des animaux qui font des trucs mignons :

Mais surtout, on y trouve des sites qui sont comme des pépites de perles blanches. Ainsi de ce site-là, le meilleur de 2012. (Ca n’a d’intérêt que si vous mettez le son hein.) Je crois que ça résume parfaitement l’essence du web.

N.B. : il est possible que le blog rame à mort (un peu comme moi). Problème d’hébergeur. Désolée pour l’inconfort de navigation.

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16 décembre 2011

Bilan 2011 suite – part one /b le roman

Il semblerait que je vais très bientôt récupérer ma vie. Ou en tout cas une vie. Et je pourrai écrire, poster des vidéos de chats, gagner des sous en faisant des papiers, passer la journée en pyjama, ne pas éteindre la télé, manger des tartines, faire des listes, traîner sur l’internet de lien en lien en lien.

En parlant de comment passer un bon samedi en famille, c’est old mais je ne peux pas résister au plus beau fail twitpic du monde. Aka les seins de Tori Spelling – Donna-la-pucelle dans Beverly Hills. Son mari a pas fait gaffe, il a posté une jolie photo de leur fils sur Twitter sauf que…

Bref. Perso, depuis septembre, je passe pas trop mes samedis à me faire photographier les nichons devant mon fils, je les passe plutôt dans des TER pour aller à la rencontre de mon public. Ce qui est un non-sens complet vu que, a priori, quand vous écrivez, c’est que vous aimez bien rester enfermé chez vous sans contact humain. Si vous aimiez rencontrer des gens, vous auriez été acteur ou attaché de presse. Quand vous êtes plutôt du genre solitaire, vous avez le choix entre : écrire ou passer votre vie sur internet. (Ca donne une idée un peu au débotté, grosso modo, de mes capacités naturelles de socialisation.)

Ce qui nous amène subtilement au bilan de mon année 1°) b/

Après, avoir signé un mirobolant contrat d’édition, vous pensez que donc que votre part du job est fini. Sauf que j’avais zappé quelques étapes. Parce qu’au Diable, on travaille tous ensemble. Il a fallu se mettre d’accord sur l’argumentaire de vente, sur la quatrième de couv, et… sur la couv.

Vous n’aviez peut-être pas remarqué jusqu’à présent mais Couverture et Cauchemar, commencent par la même lettre…

L’idée c’était qu’il fallait choisir soit une couv meuf, soit une couv génération, soit une couv polar. Mama Mazauric m’a dit de lui faire confiance, qu’il fallait une couv meuf.

On m’en a proposé une vingtaine. A l’époque, j’ai absolument refusé de les montrer aux gens parce que j’avais un peu honte. Et à chaque fois, j’ai en gros répondu :

C’est moche

Bah c’est pareillement moche en plus foncé

(On a mis assez longtemps à comprendre pourquoi le graphiste tenait tellement à nous foutre un pied sur la couv. Perso, j’y voyais une métaphore inconsciente pour me signifier qu’il foulait aux pieds mon roman de caca. Mais en fait, il s’est avéré que c’était une parabole de l’amitié – comme les 5 doigts du pied. Voilà-voilà.)

Ensuite, y’a eu la période sacs à main…

 

Argh… c’est horrible…

Mais mais mais ne serait-ce pas des larmes de sang qui coulent de mes yeux ?

A ce stade, Mama Mazauric a sensiblement changé de discours. On est passé de « Ne t’inquiète pas, on finit toujours par trouver et on ne prendra jamais une couv que tu n’aimes pas » à « Titiou, on n’a plus le temps. Il va falloir choisir une des couv qu’on t’a proposées ». Jeveuxpasjeveuxpasjeveuxpas.

Ensuite, il y a eu les silhouettes.

A quoi j’ai répondu que c’était pas parce que mes héroïnes s’appelaient entre elles les morues, que pour autant c’était la foire au boudin. (Je sens que là, je pourrais faire un jeu de mots digne d’un stand de la fête de Lutte Ouvrière.) (Cette blague ne sera comprise que de meilleur ami mais tant pis.) (Sachez que selon moi, les jeux de mots se classent en deux catégories : les jeux de mots pourris inspirés des titres de Libération et les jeux de mots pourris du type du nom des stands à la fête de LO.) (D’où nous pouvons en déduire que le jeu de mots n’est pas une valeur de droite.) (De même que l’amour, la solidarité et la bonne humeur.)

Après avoir expliqué que les silhouettes de boudins y’avait pas moyen. Que quitte à faire une couv meuf, je voulais de la bonnasse, on a trouvé l’image des jambes de Barbie.

Donc pour ceux qui détestent cette couv, je vous demande de revoir les images précédentes pour mieux comprendre d’où on revient.

Après la publication, vous attendez les critiques.

Je vais pas faire un best-of des bonnes critiques hein, ça serait pas drôle. (Mais quand même Charlotte a fait un super papier sur mon roman. Et c’est l’occasion de donner un gage d’authenticité à ce blog. Pour les viiieeeux lecteurs, ils se souviendront que j’ai vécu le début de mon cdd à slate comme une punition. On m’avait arrachée mes vêtements et jetée hors du jardin d’Eden des pigistes. Un peu traumatisée, j’avais passée les deux premières semaines à ne pas être franchement conviviale avec mes collègues (alors que je les <3). Mais on aurait pu penser que j’en rajoutais dans l’auto-portrait asociale. Grâce au papier de Charlotte, on a la confirmation que pas du tout.)

Donc voici les meilleures critiques mauvaises que j’ai eues (là, je me dis que heureusement que Mama Mazauric mon éditrice ne lit pas mon blog, sinon elle me fouetterait nue avec des ronces). (Merci à Julien, Charles and co de pas me balancer.)

En général, les critiques ont tourné autour de deux choses : le mélange des genres (polar, meufs, roman psychologique) et le mélange des registres de langage (foutre à l’imparfait du subjonctif). Si y’avait pas eu, deux siècles avant, Victor Hugo et la bataille d’Hernani, j’aurais presque pu croire que j’avais écrit un roman super choquant de modernité. (Tu as quitté l’école depuis plus de deux ans ? Tu ne te souviens pas de la bataille d’Hernani ? En quelques mots : manifeste du romantisme, 19ème siècle, Hugo casse les codes du théâtre classique notamment en revendiquant le mélange des genres comme signe de modernité.)

Il y a eu évidemment tout le « c’est de la chick litt ». Mais ça, franchement, avec la couv qu’on a choisie on l’a bien cherché. En plus je suis une fille. Et j’ai un blog. Et OUI je porte une marinière sur la photo officielle. Donc bon…

En fait, la seule remarque qui m’a étonnée c’est la récurrence du qualificatif de « bobo ». Dans mon esprit, le bobo est un individu blindé de thune. Ce qui n’est pas vraiment le cas de mes personnages. Après réflexion, je pense que ça vient d’une méconnaissance. Les critiques confondent le « bobo » et le « branchet ». Sans doute parce qu’ils ne lisent pas assez Brain magazine. Le branchet est un mélange entre le branché et le déchet, ses mœurs dissolues ont été étudiées par l’éminent Cyril2Real. Typologie du Branchet et lexique pour mieux le comprendre.

Venons-en au TOP 5 des critiques :

5/ La critique qui n’a l’air de rien :

« Malgré un ton et une trame qui frôlent souvent le lieu commun de la génération « filles et Internet » (cf. le titre de son blog), on appréciera la fraîcheur de ce court roman pour terminer l’été. »

Sauf que… le roman fait quand même 450 pages. Clairement, la meuf qui a écrit ça, elle venait juste de relire Guerre et Paix.

4/ La critique que j’aurais dû envoyer à Raphaëlle « Le début du roman m’a un peu rebuté, j’ai trouvé l’écriture assez spéciale. Le fait qu’elle parle d’Ema dans son livre à la troisième personne du singulier m’a un peu dérangé, je n’ai pas su vraiment m’attacher à ce personnage.

Cependant, j’ai quand même passé un bon moment avec ce livre. Mis à part les longueurs et des petits éléments de langage qui m’ont dérangé, je me suis amusé de certains passages.

De plus, le lecteur peut parfois s’identifier aux personnages, et c’est assez plaisant dans un livre d’avoir un point d’attache de ce genre.

je pense qu’il faut le lire pour pouvoir se faire sa propre opinion car c’est un style quand même relativement particulier, on aime ou on n’aime pas. »

3/ La critique qui dit que je parle comme une enfant de catin. « Sans vouloir apparaitre pour la rabat-joie de service, le côté quelquefois un peu vulgaire et grossier m’a rebutée. » http://fibromaman.blogspot.com/2011/08/titiou-lecoq-les-morues.html

2/1/ Ex-aequo, mes deux critiques préférées, dans des genres très différents.

D’abord, celle du blog d’une « shopping-addicte ». « ce livre a un parti pris de politique gauche, à mi-chemin entre l’altermondialiste et le PS. Je n’ai pas aimé, non pas par affinité avec la droite, juste parce que je n’aime pas la politique tout court (et donc lire ce roman n’était pas un plaisir). (…) Trois sujets divers qui auraient mieux fait d’être séparés. Surtout quand l’enquête pseudo-policière ne trouve son réel dénouement que dans l’épilogue au lieu du chapitre précédent. » Et le mieux du mieux : « – l’auteure cherche clairement à provoquer. Elle manie des mots d’intello qui me sont inconnus et les mélange avec des propos très vulgaires, ce qui ne m’aurait pas gêné si cela ne tombait pas comme un cheveu sur la soupe. On dirait juste qu’elle cherche à se faire remarquer. »

Et mon autre préférée : « la verve féministe utilisée par ces morues, rédactrices avides du manifeste des morues qui grosso modo est au féminisme ce que la télé réalité est au journalisme d’investigation. »

\o/

N.B. : à ce rythme, je pense que j’aurai fini mon bilan 2011 pour 2013.

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23 novembre 2011

Le bilan 2011 – part one /a le roman

Avant tout, à l’attention de mes copains profs et de ceux qui ont, un jour, été à l’école, sur Slate, on a co-signé une tribune avec une amie prof qui en chie. C’est ICI.

Tandis que le mois de novembre étend ses branches décharnées vers une fin d’année morose et sans neige (ouaip, j’ai décidé d’écrire chiant et mal), il est temps de se lancer dans un bilan thématique de mon année 2011.

Parce que 2011 c’était un peu MON année.

Putain mais ENFIN QUOI.

(Nota Bene à l’intention de Dieu : on peut savoir ce que t’as branlé pendant les 30 années précédentes ? T’avais perdu mon dossier ? Il avait été oublié dans une benne à ordures c’est ça ?)

Nous allons donc avoir le bonheur et l’émotion de passer en revue les moments forts de MON année. (Oui, je fais aussi dans le blog égotiste et je m’en fous parce que c’était MON année et que c’est aussi MON blog, et que je pense aux lecteurs qui suivent patiemment mes galères diverses et variées depuis 2008 et que ça serait pas très sympa de les exclure de mes satisfactions actuelles.)

Mais les satisfactions étant nombreuses (et accessoirement ma névrose des listes n’ayant toujours pas été réglée), on va faire ça par thème.

Part one donc : le roman. Partie elle-même divisée en deux. Donc voici le 1°) a/

MOUAHAHAHA… J’ai z’été publiée. Un peu comme Balzac ou Simone de Beauvoir. (Ou également Loana, Hervé Vilar et Christian Estrosi.)

Mais ce que vous brûlez de savoir c’est comment on atteint un tel succès ?

C’est très très simple.

D’abord, on prend un boulot à mi-temps, minable, sous-payé et avec un chef qui vous donne envie de vomir sur ses mains pleines de veines noueuses comme les arbres du mois de novembre qui s’étendent vers etc.

Ensuite, on se dit qu’on en a pour deux ans d’écriture et qu’en attendant, tiens, on va aussi ouvrir un blog.

Après, on essaie de pas trop écouter les gens qui, au bout d’un an où ils n’ont pas lu une ligne mais te voient transporter en permanence un petit cahier, te disent « je suis très inquiet pour ton avenir professionnel. Tu veux pas prendre un vrai travail ? »

Au départ, t’as une idée très précise de ce que tu veux faire. Ca va se passer dans un temps indéterminé, dans une ville imaginaire, pendant les championnat du monde d’un sport. Soit une durée de deux mois. T’inventes de A à Z un sport d’équipe. (Oui, j’ai fait ça.) Deux ans plus tard, le roman se passe en fait de nos jours, à Paris, pendant un laps de temps d’un an sans aucune compétition sportive.

Ensuite, tu fais lire à des gens triés sur le volet.

1°) tu fais lire la première version à la fille la plus sympa de Paris, aka Raphaëlle Leyris à l’état civil. Là, Raphaëlle te dit : « ton système énonciatif ne fonctionne pas. Il rompt le pacte de lecture. Faut que tu changes tout. » D’abord, tu trouves que finalement Raphaëlle est pas si sympa que ça. Ensuite, tu commences à lui expliquer qu’elle se trompe complètement, qu’elle n’a sans doute pas perçu que tu cherchais précisément à révolutionner l’énonciation romanesque.

Elle te répond « fais comme tu veux ».

Tu changes tout le système énonciatif.

Du coup, t’es obligé de réécrire tout le roman parce qu’au niveau du style, ça ne va plus.

2°) tu fais lire à ton coach la deuxième version. Dont tu sais qu’elle est parfaitement géniale et qu’il va s’évanouir d’admiration. Là, Coach te dit : « elle est bien ton intrigue politico-policère. C’est dommage qu’on n’y comprenne rien. » Cette fois, tu gagnes du temps. Tu abandonnes l’idée d’expliquer à Coach qu’il n’a pas bien saisi l’ampleur de ton génie et tu passes un mois à te demander pourquoi tes amis ne sont pas plus lucides quant à ton génie. Puis un mois à te dire que t’es une merde. Puis quatre mois à chercher comment refaire ton intrigue principale. Ensuite, tu réécris tout le roman.

3°) le roman est fini. Tu décides de mettre au point des stratégies pour le publier. En parlant à ton nouveau Chef, parce qu’entre-temps, t’es vaguement devenu journaliste, il te dit « tu veux pas que je le relise avant que tu le donnes aux éditeurs ? » Tu sens à plein nez l’arnaque venant du Chef qui retoque tous tes papiers. Mais comme t’as plus aucun égo, tu lui donnes quand même. Trois semaines plus tard, il débarque au café avec une version entièrement corrigée en rouge et t’explique : « ça fait beaucoup de pages ton livre. Faut enlever des adverbes. »

Après avoir donc tout réécrit trois fois, il ne te reste plus qu’à attendre la gloire, le cul sur le canapé. Accessoirement, tu attends aussi les réponses des éditeurs qu’on peut trier en 3 catégories :

1°) ceux qui te répondent que Cher monsieur, après une lecture attentive de votre manuscrit, nous avons le regret de vous annoncer que nous n’en avons pas de place dans nos collections pour votre ouvrage pourtant plein de qualités. (Là, où ça fait mal c’est quand la lettre commence par Cher monsieur, alors qu’en page 1 du manuscrit t’as foutu ton cv avec une photo de toi pour suggérer que tu étais prête à poser nue pour une éventuelle promo si besoin était.)

2°) ceux qui te répondent qu’ils ont absolument détesté, haï, honni ce manuscrit qui ne ressemble à rien, qu’on n’écrit pas trois livres en un et qu’on ne conjugue pas « foutre » à l’imparfait du subjonctif, et que même pas ils torcheront le bâtard de leur labrador avec. Sincères salutations.

3°) ceux qui te répondent que c’est pas mal, moui, pourquoi pas. On veut bien vous signer un contrat. Et vous expliquent qu’ils sentent que ça peut faire un excellent livre de plage pour les filles.

4°) tu rencontres Mama Mazauric et Charles et vous tombez amoureux. Tous les trois.

Charles 4EVER <3

Là, enfin, tu peux retourner à ton canapé en attendant le coup de téléphone de ta banquière qui viendra s’aplatir d’excuses pour n’avoir pas cru en toi avant. (Alors oui hein, quand t’es publié, tout de suite, tu penses à tous les gens qui un jour t’ont fait chier, par exemple cette pute de Mathilde Bréchet en 4ème, et tu te dis que ça va leur faire une belle jambe. C’est seulement après que tu réalises que 1°) ils ne sauront sans doute jamais que t’as sorti un livre. 2°) ils n’ont aucun souvenir de t’avoir humilié il y a dix ans. 3°) Du coup, ils seraient même capables d’être contents pour toi de ce qui t’arrive.)

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7 novembre 2011

Mon immeuble et l’encyclopédie de la webculture

Vous n’êtes pas sans savoir (vu que j’étale ma vie privée ici même) que mon immeuble est peuplé de créatures étranges.

Au-dessus de ma tête, il y a Ouin-Ouin et ses lamas.

En-dessous, j’ai de nouveaux voisins dont l’une des passions est de jouer – mal – du clavecin – tard le soir.

En face, j’ai le centre culturel kurde. NB : résister très fort à l’envie de faire une blague facile sur la culture kurde… Je me donne à moi-même un conseil : quand t’aimes faire la sieste le samedi et le dimanche après-midi, n’emménage jamais en face d’un centre culturel kurde. Mes kurdes à moi, ils branlent rien de la semaine à part touiller leurs cafés sur le trottoir, mais par contre le week-end, ils ont un événement culturel incontournable : ils manifestent.

Ils ont pas exactement compris le principe d’une manif. Par exemple, manifester dans une rue minuscule sans se déplacer, où ça gêne que les voisins, ça sert à rien. En plus, manifester avec des slogans et des bannières rédigées en autre chose que du français, ça limite considérablement l’impact du message.

Et plus bas dans l’immeuble, il y a la voisine qui se prend pour la concierge officielle – y’en a toujours une dans les immeubles, une qui se sent investie d’une mission divine d’espionnage. Notamment de la vie privée des autres habitants. Moi, elle surveille les hommes qui viennent me rendre visite et parfois, elle me gratifie d’un petit commentaire.

Bref.

L’autre jour, elle était tapie dans l’escalier tel un ragondin sauvage en pleine mission. Sa technique est aussi simple qu’efficace. Elle se poste avec des sacs au niveau du premier étage et elle bouge pas. Genre elle fait une pause avant de continuer à monter ses courses. Mais en vrai, je pense que son caddie est rempli de coton et qu’elle passe ses journées dans la cage d’escaliers.

Donc, l’autre jour je descendais et elle m’arrête pour m’expliquer qu’il y a des rôdeurs dans l’immeuble. Mouais… Mon pied s’arrête en suspension entre deux marches. Pour une fois que je ne suis pas en retard, je décide de lui consacrer cinq minutes. J’apprends qu’en fait, ce qu’elle appelle des rôdeurs ce sont 4 mecs qu’elle ne connaît pas qui sont rentrés dans l’immeuble avec des valises.

TERREUR

Quatre arabes avec des valises.

GROSSE TERREUR

Et quand elle leur a demandé où ils allaient comme ça, ils lui ont pas répondu. (A leur place j’aurais fait pareil.) (Mais eux, à mon avis, c’est surtout qu’ils ne parlent pas français.)

Et bien vous savez ce qu’elle a fait la voisine ? Elle a appelé les flics. Tout simplement. Résultat, pendant qu’elle me raconte ça, la patrouille de police débarque. « Police nationale bonjour » pour rechercher « des individus suspects qui rôdent dans les parties communes ». Je dis au flic que non, je n’ai pas vu les individus en question. Et la voisine enchaîne « mais moi je les ai vus ! Ils avaient des valises alors qu’ils n’habitent pas l’immeuble ».

TINTINTIN… Si ça, c’est pas la preuve qu’ils veulent mettre l’immeuble à feu et à sang.

Le flic comprend assez vite qu’on l’a dérangé pendant sa partie de tarot pour des mecs qui montaient une valise.

Du coup, il fait un vague tour, et puis il nous dit qu’il s’en va.

Ce qu’il ne savait pas c’est que ma voisine tient également du ragondin une certaine forme d’obstination butée. Elle lui explique qu’il ne mesure pas l’ampleur du danger. Qu’il doit mener une enquête, rester en planque (comprendre comme elle, le petit ragondin qui fait ça toute la journée) et elle rajoute « en fait, pour appeler la police faut que j’attende qu’ils m’aient violée c’est ça ? »

Le flic la regarde.

Visualisons ma voisine de 65 ans que de multiples grossesses n’ont pas épargnée.

Voilà.

Là, elle comprend que son argument n’a pas portée alors, prête à tout, elle rectifie : « enfin… peut-être pas moi. Mais regardez-la, elle, (elle me montre du doigt), ils vont la violer et vous faites rien ».

Malaise.

GROS MALAISE.

SILENCE.

Et puis, j’ai dit « bon, je vais y aller. »

Et je suis partie. Bref. Tout cela n’avait qu’un intérêt assez limité et sans aucun lien avec l’événement de la semaine.

Sur ce blog, j’ai narré nombre de vendredis soirs passés chez Diane à regarder la télé en faisant de l’internet ou des trucs pas intéressants comme :

– lire des magazines de potins

– fouiller dans des cartons en regardant Ruquier

Jouer avec le mac (honte éternelle sur nous)

– parler en masquant nos mentons

Et bien toutes ces heures cloîtrées chez elle n’auront pas été vaines puisqu’elles nous auront permises de produire un ouvrage papier. Aka l’encyclopédie de la webculture :

Pour ceux qui aiment les photos d’animaux, vous pouvez aller voir sur la page Facebook que Bob Laffont a eu le malheur de nous laisser gérer.

Last but not least, pour ceux qui ont l’amour du clic et qui veulent voir en s’amusant à quoi ressemble ce livre, vous allez sur CE SITE et ensuite vous sautillez de lien en lien… (pour certains liens faut un peu chercher mais ça va vite quand même) Ouais, c’est notre tentative de promo virale.

Sinon, ça s’achète sur Amazon, mais avant vous pouvez feuilleter quelques pages juste parce que ça fait un bruit rigolo.

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18 octobre 2011

Le salon du livre de Saint-Etienne – part two

J’ai déjà eu l’occasion de raconter comment, pendant les conf de rédac de Slate, le chef se prend parfois de passion pour une lubie un sujet qui t’en touche une sans faire bouger l’autre complètement visionnaire et décapant. Dans les anthologies, il y avait eu Les balcons parisiens vont-il s’effondrer tous en même temps – ça c’était pour la pauvre Annabelle. Mais je me souviens aussi d’avoir vu collègue arc-en-ciel plonger dans une profonde dépression en travaillant sur la liste de toutes les opérations militaires en cours dans le monde (ou un truc dans le genre).

Or depuis un mois, le chef me répétait « faudrait vraiment faire un papier sur les centristes ». A quoi je me contentais de répondre « ah ouais… » en prenant un air profondément pas intéressé. Ca marchait assez bien, ce qui peut paraître surprenant, mais c’est surtout que le chef avait comme un genre de dette envers moi donc il n’insistait pas. Et puis, à la dernière conf de rédac, j’ai eu le malheur de dire que j’aimerais bien faire un papier politique mais que j’avais pas d’idée. Un papier sur Sarkozy ? Sur Hollande ? Sur Aubry ? Sur Montebourg ? Et là, le chef m’adresse un large sourire. J’aurais dû flairer l’arnaque parce que normalement, le chef, en conf, il ne sourit que quand on parle de sport, de sexe et qu’on fait des blagues misogynes – si possible tout en même temps. Il me dit : « Et Hervé Morin, ça serait vachement intéressant non ? »

Hervé Morin… Le mec qui n’intéresse personne en France. Tant qu’on y est, pourquoi pas un article sur René Pleven ?

J’allais me réfugier derrière un « ah ouais… » aussi vague que possible quand le Grand Chef Suprême, aka JMC, a enchaîné « Oui. Tout à fait. C’est un bon sujet. Je me demande ce que vous allez pouvoir en dire mais c’est intéressant. »

Vous entendez le bruit du piège à loup qui se referme sur la pauvre pigiste ?

Donc voilà. Mon papier est en ligne. Comme prévu, il n’intéresse personne à part peut-être François Bayrou et les cousins de Hervé Morin. Donc j’en suis réduite à aller faire la quête : « Mesdames, messieurs, excusez-moi de vous déranger pendant votre journée. Journaliste pigiste, je suis actuellement en recherche de bons sujets, pour m’aider dans cette recherche, est-ce que vous auriez l’obligeance de me donner un ou deux clics ? Je sais que vous êtes très sollicités mais c’est pour m’aider à rester propre et digne. N’oubliez pas qu’un clic c’est gratuit pour vous, mais ça veut dire beaucoup pour moi. » CLIQUEZ ICI. Merci.

Revenons donc à mes folles aventures stéphanoises. Oui, les habitants de Saint-Etienne sont des Stéphanois, comme le rappelle l’enseigne Casino en inventant au passage le concept über-fumeux du « shopping alimentaire ».

On s’est quittés, mes petits amis, nous étions vendredi 1h du mat et je remontais mes chaussures vernies dans ma chambre d’hôtel. (Bastien : elles sont bien vernies.) Là, je vous la fais courte mais quand je me décida enfin à laisser mon visage de Bette Davis, je m’a rendue compte que j’avais oublié mon démaquillant. Toi individu qui ne te maquille pas, tu ne mesures pas la galère que ça implique de se démaquiller à l’eau avec du PQ qui peluche. Les autres savent le cauchemar.

Le lendemain, après un nuit épouvantable, je m’en vas sur le salon accomplir ma mission d’évangélisation du peuple.

10h Sur le stand, je découvre qu’on m’a mise dans un coin où quasi personne ne passe :

Sauf parfois des gens qui s’arrêtent pour me demander pourquoi on m’a mise là. Sous-entendu : c’est parce que votre livre, il est moins bien ? En fait, c’est juste parce que je partage le stand avec : François de Closets, Jean-François Kahn, Nelson Monfort et Janine Boissard. (J’ai l’impression d’avoir été déportée dans la bibliothèque de la maison de retraite de ma grand-mère.)

Une question agitera les auteurs du salon pendant 48h : Nelson Monfort moumoute ou pas moumoute ? Je dis moumoute.

Sur le stand, j’ai donc le temps d’explorer très en profondeur cette chose qu’on nomme l’ennui. C’est-à-dire l’émotion ressentie quand t’as ni ami, ni ordi, ni télé. Rien. Et face à toi, ça (= le néant) pendant 10 heures :

11h Je décide de faire pipi histoire de noyer mon ennui dans l’urine, à défaut de vodka. Pas de chiottes prévues pour le salon. Même pas les habituelles roulottes à caca. Non. Il faut traverser la place, rentrer dans la mairie, traverser un couloir pour trouver UNE chiotte qui fonctionne SAUF que la lumière est pétée parce que quand même faudrait pas trop en demander.

Photo prise au flash évidemment

Comme je pense que 80% des auteurs abandonnent le périple en route, l’avantage c’est qu’il reste du PQ.

14h Je m’ennuie tellement que même sortir fumer des clopes me semble dépourvu de sens. C’est le moment où tu commences à te dire qu’il va falloir passer à l’étape suivante, c’est-à-dire t’enfoncer directement la pipe à crack dans le cul.

16h30 L’heure du débat. Les débats, c’est chouette. D’abord parce que j’aime bien donner mon avis dans un micro. Et puis ça occupe un peu. Et surtout ça fait qu’après, les gens viennent me voir et achètent le livre. Mais pas à Saint-Etienne. D’abord, mon débat sur « la jeune garde du roman français » est pile au moment où la mairie offre un goûter. Ensuite, on est 4 intervenants pour 30 minutes. Et surtout, une des membres de la « jeune garde du roman français » a eu le malheur d’agacer l’animateur qui l’a mal pris et a tout arrêté au bout de 20 minutes.

A ce stade-là, on va arrêter de comptabiliser le nombre de fails de ce week-end.

17h30 J’essaye de comprendre qui sont les gens qui viennent au salon. Comme la tente est installée sur la grande place, j’ai l’impression que les gens passent comme ça, parce qu’ils s’emmerdent. Il y a évidemment des gens sympas (et je les remercie de m’avoir apporté un peu d’oxygène – notamment les copains de chez Gibert). Mais il y a aussi tous les cas sociaux de la ville qui viennent vous voir pour que vous leur teniez compagnie. Le cas social se reconnaît parce que 1°) il est seul. 2°) il regarde chaque auteur un par un avant de choisir sa victime. 3°) il s’arrête devant sa proie – vous – et attend que vous le regardiez. 4°) il commence par « alors, ça parle de quoi votre livre ? » 5°) il attend la première digression pour donner son avis sur le 11 septembre, Sarkozy, Elvis Presley, les gens qui ne parlent plus à leurs voisins à cause d’internet, 6°) il reste très longtemps à vous parler, 7°) il n’achète jamais votre livre. Quand il a fini de vous vider de toute votre énergie vitale, il se contente d’aller chercher une autre victime.

17h45 Une folle me tient la jambe depuis 15 minutes. A un moment elle en vient à m’expliquer que Kurt Cobain était pédophile. VA POURRIR EN ENFER SALOPE.

Je commence à craquer nerveusement. Je suis entre Les Nerfs à vif et L’Exorciste.

Mais en vrai, je lui ai dit : « Bon. Je crois qu’on va arrêter de se parler. » Vous savez ce qu’elle m’a répondu ? « Ah non. Là c’est devient intéressant. Moi, j’aime beaucoup le débat. » Mais va débattre avec Mélenchon connasse.

Elle reste debout face à moi et poursuit son infect logorrhée. Des flots de merde sortent de sa bouche. Je me demande pourquoi l’évolution ne nous a pas pourvus de petits clapets qui permettraient de fermer nos oreilles aux bruits intempestifs.

« Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants. »

Je regarde autour de moi, à la recherche d’une échappatoire. Mais tous mes voisins sont eux-mêmes aux prises de cas sociaux divers et variés et c’est là que le système démoniaque de la rangée de tables d’auteurs révèle tout son pouvoir de nuisance. Vous êtes coincés, vous, petit écrivaillon, derrière votre table en plastique, sur votre chaise trop basse qui vous met tout de suite en position d’infériorité. Et la folle, elle, elle se dresse face à vous comme un énorme insecte, une mante religieuse qui agite ses pattes dégueulasses devant votre nez.

« Kurt Cobain était pédophile – Kurt Cobain était pédophile – vous aimez les pédophiles c’est ça ? – ils sont partout. »

Elle ressemble à un croisement entre la Métamorphose de Kafka et La Mouche.

En fait, au bout d’un moment – plus précisément passé le 10ème cas social – dans un salon, tous les visiteurs finissent par se transformer en gros insectes carnassiers venus vous tuer. D’abord, ils plantent leurs mandibules dans votre chair pour aspirer votre énergie vitale et après, ils vous mangent par petits bouts. Les auteurs sur leurs chaises sont comme des petits papillons épinglés vivants, à portée de tous.

(Après les nerfs, c’est le psychisme tout entier qui s’effondre. COLLAPSE.)

Les insectes arpentent le salon avant de décider quel sera leur repas :

Et parfois, ils se déplacent par nuées :

AH AH AH… Je suis en plein dans V. Si jamais je me lève en hurlant qu’ils sont tous des insectes, que le salon n’est qu’un prétexte pour leur servir de nourriture et qu’il faut qu’on parte tous en courant, si j’attrape Nelson par la moumoute pour qu’on se tire « parce que putain Nelson, écoute-moi, c’est un PIEGE, faut qu’on se barre-là!!! » Je sens que personne va me croire et que je risque de jeter un froid dans l’assemblée.

18h20 Je m’ennuie tellement que j’ai envie de me planter un stylo bic dans la main pour voir s’il peut s’enfoncer de part en part. J’essaie de me souvenir pourquoi à un moment dans ma vie ça a été tellement important de publier un roman (moment qui a approximativement duré 15 ans quand même).

PS : il n’y a pas de chute à ce post. Par contre, y’en a une vraiment super dans mon papier sur Hervé Morin…

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