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Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

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23 novembre 2008

Les blogs, la pub et Narvic

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Pour les néophytes, dans ce qu’on nomme la blogosphère, il y a quelques blogs importants qui doivent leur légitimité et leur audience à l’indiscutable qualité de leur contenu. Parmi eux : Novövision.
Mais ces derniers jours, Narvic a fait deux posts coup sur coup qui ont de quoi étonner.
Dans un premier, il prévient que le contenu de son blog n’est plus sous licence libre Creative Commons mais passe en « tous droits réservés ». Dans le second il annonce qu’il va accepter la pub sur son blog. S’il se justifie à chaque fois, la concomitance des deux décisions marquent tout de même un tournant sur Novövision, une entorse à ses principes de base.
S’agissant de la pub, les explications me paraissent, à titre personnel, passablement foireuses – et ce n’est pas l’emploi des smileys qui va atténuer cette impression.
Mettre de la pub relèverait ici de la « provocation » et de « l’expérimentation ».

Hum…

Faudrait m’expliquer en quoi mettre de la pub est une provocation. Ah si, peut-être quand on a dit et redit combien la pub était dangereuse pour la liberté des bloggeurs. Mais dans ce cas, le terme « provocation » pourrait aussi bien être un euphémisme pour « changement d’opinion » ou « retournement de veste ».
Il présente également ça comme une expérience, une occasion d’étudier les mécanismes des relations pub/blogs.
S’ensuit ce qui, à mon avis, relève du contre-sens (et qui doit avoir un nom en rhétorique), une explication dans laquelle il se critique lui-même sur le thème « c’est un peu facile de ma part de dénoncer les dérives publicitaires des autres alors que moi je refuse la pub et les classements. » Plutôt que facile, ça me parait justement être la meilleure position dans la mesure où elle permet d’éviter de se retrouver en porte-à-faux.

Je ne suis pas farouchement opposée à la pub sur les blogs. Ca reste effectivement le meilleur moyen de se financer. En fait, je n’ai pas vraiment d’avis sur la question mis à part que, vu l’état de mes finances, si je pouvais me faire de la thune par ce biais je ne m’en priverais pas. (Et pourtant, la pub c’est mal etc… tiens, je vais même m’auto-linker pour l’occasion)
Si Narvic expliquait j’ai besoin d’argent, ce blog me prend beaucoup de temps, j’ai envie d’être rémunéré pour le travail que je fournis, je n’aurais rien à y redire. Ce qui me dérange c’est justement qu’il évacue totalement l’aspect financier et reste cantonné à un jeu d’esprit « je fais une expérience ». Et pourtant, je ne mets pas en doute qu’il en soit lui-même convaincu. Mais ce discours me parait d’une naïveté inquiétante pour la suite.

Il se demande si la pub rend les lecteurs suspicieux quant à l’honnêteté du contenu d’un blog. En général, je n’en ai aucune idée. Mais dans ce cas particulier, je tendrais à répondre que oui ne serait-ce que parce que cela marque par essence un tournant dans la ligne éditoriale de Novövision. Heureusement, si Narvic fait des erreurs et comme tout le monde se leurre parfois, à la différence des autres il finit généralement par l’admettre.

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19 novembre 2008

Du branding à Lacan – soi comme un autre

Bon… On va un peu lâcher Pascale pour tenter une approche plus intello. 
Mais on commence en douceur avec une autre arnaque un autre excellent article sur le sujet, rien que le titre est porteur des plus belles promesses poétiques : « le personal branding ou comment se positionner comme une marque ». Pour un individu, se positionner comme s’il était une marque est effectivement un objectif majeur dans sa construction et son épanouissement.  
Pas besoin d’un diplôme de marketing pour créer votre propre marque personnelle : du bon sens, de la persévérance et du goût pour l’introspection suffisent !” 
Mais de l’introspection positive, pas de l’introspection qui cherche les névroses. Plutôt le type de questionnement autoréflexif qui vous fait vous demander quelle fleur vous seriez. 
Construire sa marque personnelle, explique Béatrice Cuvelier, c’est mettre en œuvre une démarche qui prend en compte vos compétences, votre personnalité, vos qualités distinctives pour en dégager une identité unique.”
Autre approche pour définir la marque personnelle, celle de Peter Montoya, le pape américain du Personal Branding : « Votre marque personnelle, c’est tout simplement l’idée claire, forte et positive qui vient immédiatement à l’esprit des personnes qui vous connaissent quand elles pensent à vous ». 
En fait, votre “marque personnelle” ressemble étrangement à un assemblage de vieilles notions complètement ringardes comme la personnalité ou la réputation mais transférées à un objet/produit. L’originalité consiste ici à réifier l’humain. 
Non mais si Lacan et son putain de stade du miroir entendait ça… (subtile transition vers un truc chiant)
Entre l’apparition du net et le développement d’un certain système de valeurs (les deux étant évidemmment conjoints) c’est comme si l’humanité entière (enfin blanche riche occidentale) était restée coïncée au stade du miroir. 
En bonne pédagogue, je vous propose une petite illustration du stade du miroir lacanien : 

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Limpide n’est-ce pas ? 
Pour les sceptiques qui nouriraient un doute sur le sens de ce schéma, laissons la parole à Merleau-Ponty qui commente chez l’enfant la découverte de son reflet dans le miroir.  
« Reconnaître son visage dans le miroir, c’est pour lui apprendre qu’il peut y avoir un spectacle de lui-même. Jusque là il ne s’est jamais vu, ou il ne s’est qu’entrevu du coin de l’œil en regardant les parties de son corps qu’il peut voir. Par l’image dans le miroir il devient spectateur de lui-même. Par l’acquisition de l’image spéculaire l’enfant s’aperçoit qu’il est visible et pour soi et pour autrui. » 
(in Les Relations à autrui chez l’enfant)
L’analyse s’applique de façon troublante à la problématique de l’identité numérique. 
On dirait presque que Merleau raconte les premiers jours de mon inscription sur myspace. Les réseaux sociaux ne sont qu’un immense spectacle de soi-même où l’on devient spectateur de l’identité numérique qu’on se crée, spectacle pour les autres et spectateur des autres. 
L’architecture des sites en elle-même n’est qu’un réseau de miroirs d’individus, de reflets numériques.  
La différence essentielle étant que l’image spéculaire que découvre l’enfant dans le miroir lui est imposée. Il pourra modifier son apparence – pour autant il y aura toujours une image dans la mesure où le miroir n’est qu’une étape dans la confrontation aux autres, alors que le fait d’avoir une identité numérique relève d’un choix (en tout cas, pour le moment). 
« L’image propre en même temps qu’elle rend possible la connaissance de soi, rend possible une sorte d’aliénation : je ne suis plus ce que je me sentais être immédiatement, je suis cette image de moi que m’offre le miroir. Il se produit, pour employer les termes du docteur Lacan, une ” captation ” de moi par mon image spatiale. Du coup je quitte la réalité de mon moi vécu pour me référer constamment à ce moi idéal, fictif ou imaginaire, dont l’image spéculaire est la première ébauche. » 
Je jouis. 
Même si on a l’impression de tout contrôler (c’est-à-dire de tout mettre en oeuvre pour paraitre à son avantage), on est pris dans le même sac à merde identitaire qu’un enfant au stade du miroir. Si l’imposition du reflet est moins brutale puisque l’adulte ne cesse d’orienter son profil (comme on pencherait la tête à gauche devant le miroir pour paraitre plus beau), on se retrouve tout de même avec un double de nous, un double idéalisé au possible auquel on risque de se référer de plus en plus.  
Et on subit alors le même phénomène de « captation de soi » par son identité numérique. On est d’autant plus pris au piège enfantin de cette exposition perpétuelle de soi que constituent les réseaux sociaux qu’on est encore aux prémisses du phénomène. On découvre cet univers (son profil, sa page), on se l’approprie comme un nouveau jouet sans être éduqué pour, ni même préparé. Chacun improvise son mode d’emploi. (Improvisation totale puisque même sur le plan intellectuel le sujet n’a pas encore traité en profondeur.)  

« En ce sens je suis arraché à moi-même, et l’image du miroir me prépare à une autre aliénation encore plus grave, qui sera l’aliénation par autrui. Car de moi-même justement les autres n’ont que cette image extérieure analogue à celle qu’on voit dans le miroir, et par conséquent autrui m’arrachera à l’intimité immédiate bien plus sûrement que le miroir. »  
Là, on retrouve une source d’inépuisables malentendus sur facebook ou myspace, l’impression d’avoir été arnaqué par le profil de quelqu’un – plus rarement la sensation d’arnaquer l’autre en se construisant un personnage. 
N.B. : je parle d’identité numérique en sachant que le terme évoque un flou artistique tellement il est employé avec des significations différentes. 
 
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18 novembre 2008

Personal branding, part two

Aujourd’hui, dans notre quête éperdue et passionnée de notre « profil de marque » apprenons grâce à l’article intitulé : « Qu’est-ce qu’un leader ? » (je mets le lien parce que je ne veux pas que vous pensiez que j’invente).

Oui, je sais, on va m’accuser de m’acharner sur Pascale. Mais d’abord quand on crée un site web on s’expose publiquement – y compris à la critique – et il faut bien l’assumer. Et à plus forte raison quand on y propage des âneries intellectuelles, des approximations et des non-sens dans un but commercial (parce qu’évidemment, elle nous vend des stages de personal branding).
Revenons à notre sujet, le leader. Ca va être in extenso mais ça mérite.

« Du point de vue du Personal Branding, un leader est avant tout une personne qui a des qualités humaines, ainsi qu’une bonne connaissance du fonctionnement des êtres humains.
C’est quelqu’un qui sait parfaitement conduire ses collaborateurs sans ordonner, sans leur donner des ordres.

Il sait susciter l’envie d’agir, ainsi que la participation des personnes avec qui il travaille. Et il a la faculté de rendre les gens heureux de faire ce qu’il leur demande.
Lorsqu’il parle, il s’adresse avant tout à la personne qu’il a en face de lui. Et il sait adapter son discours à ses interlocuteurs.« 

Et maintenant, pensons à quelqu’un qui fut en son temps un leader : Adolf Hitler.
Du coup, la phrase : « il a la faculté de rendre les gens heureux de faire ce qu’il leur demande » prend une connotation irrésistiblement jubilatoire. Mais pourquoi pas, ça reste acceptable. Passons à la suite des caractéristiques du leader :
Il est à l’aise devant un auditoire et il s’intéresse sincèrement aux autres. Tant qu’ils sont blonds et grands.
Il est humble et généreux. Mouais… pas convaincue que ce soit la caractéristique première du leader.
Il a confiance en lui. Ou il est cinglé.
Il est authentique et sincère. Oui, c’est ce que je dis : il est cinglé.
Il a du succès tant dans sa vie professionnelle que personnelle. Ah Eva…

Il a de l’humour et déborde de joie de vivre. Ou alors il aime les chiens. C’est l’un ou l’autre.
Il ne vit pas dans le passé, car il a su tirer profit des expériences qu’il a vécues et cherche toujours le bénéfice qu’il peut retirer d’une situation. Tout à fait. Prenez une petite annexion des sudètes et tirez-en profit.

Mais surtout : « Pour lui, tout est possible, si on s’en donne la peine. » Bah oui, ça Adolf il l’avait bien compris.

Evidemment, j’utilise un procédé que Pascale va trouver hautement malhonnête. Mais d’abord, ça me fait rire. Et par ailleurs, c’est très révélateur d’un certain état d’esprit que l’idée de « leader » soit forcément associée à une sphère positive. Etre le leader, c’est bien. Pourquoi, pour en faire quoi, ce sont des détails.
Mais le pire sur ce site, ce n’est même pas ce dégoulinant étalage de clichés sirupeux – sirupeux en apparence seulement puisqu’en réalité ils font appel à une idéologie odieusement agressive. Derrière le « soyez souriant, usez de vos qualités » il y a un relent de « soyez plus fort que les autres ». Non, le pire c’est qu’elle pense penser. Pascale pense qu’elle a pensé, ou du moins synthétisé quelque chose. Elle doit être convaincue que ça tient intellectuellement la route, ce marketing de l’individu comme une brosse à dent, saupoudrée d’une vague dosette de boudhisme.

Finissons sur une note plus positive, Marilyn Monroe qui parait presque heureuse.

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17 novembre 2008

Personal branding, part one

Internet bouleverse plein de trucs blablabla. Et une des thématiques les plus intéressantes est celle de l’identité numérique parce qu’elle recouvre aussi bien le rapport à soi qu’aux autres et que c’est précisément l’enjeu des sites les plus visités.
Mais alors qu’il y a des milliards de choses passionnantes à dire sur le sujet, j’envisage de me lancer dans une thèse sur le sujet, se développe évidemment une branche business à travers le concept de “personal branding” applicable à son identité numérique certes mais également à sa vie quotidienne. Rien que le terme, anglicisme ou pas, est à vomir d’horreur. Enfer et damnation.
Sur cette arnaque/sujet, je me suis trouvée une nouvelle idole. J’ai découvert avec une fascination non dénuée de perversité le site de Pascale B. J’ai d’abord été sidérée par les propos tenus sur ce site, j’ai pensé que Pascale était une sacrée spécialiste dans le foutage de gueule. Malheureusement, une lecture plus approfondie me laisse penser qu’elle est sincère.

Prenons le thème « Optimisez vos rencontres lors d’une soirée ».
(Vous me direz, au moins elle, elle sait faire un titre de post cohérent)

Ca commence très bien puisque développer son business, trouver un boulot ou se faire des amis ça se gère ave la même recette. « ou que vous souhaitiez simplement vous faire de nouveaux amis, il est important de vous préparer et de faire le point sur vos intentions avant même de vous rendre à une soirée où à un événement, et de savoir exactement ce que vous cherchez. » (les fautes d’orthographe sont d’origine).
Déjà, aller à une soirée en se disant « ce soir, j’me fais des amis pour la vie », ça ne marche pas. Ca, ça marche avec « ce soir, je me fais vidanger la moule. »
Le premier conseil me paraissait judicieux : posez-vous des questions. Oui, toi, pauvre chose qui part en soirée en te disant « je vais me faire des amis », effectivement, je pense qu’il serait bon de te poser des questions. Malheureusement, la question primordiale proposée par Pascale, c’est « combien de gens souhaitez-vous rencontrer ? »

Deuxième conseil indispensable : « N’oubliez pas de venir loti de votre plus beau sourire et d’un moral au beau fixe. Et si vous êtes dans le grisou, nous vous conseillons de faire quelque chose qui vous mettra de bonne humeur… Des trucs comme :
Écouter « Rire et chanson » à la radio (lol)« 
La lolerie se passe de commentaire n’est-ce pas. Mais pas cette obsession du bien-être, cette obligation d’afficher une indéfectible bonne humeur. On n’a pas le droit d’être déprimé, énervé ou triste. Non, ça c’est mal. Ca fait fuir les gens. (Pourtant, dans ce genre de soirées chiantes, les gens les plus sympas sont toujours les râleurs). Plutôt que de faire preuve de mauvais esprit (un truc de looser ça), il faut se scotcher un sourire béat sur les lèvres quoiqu’il vous en coûte quitte à refouler au maximum et à, après quelques années, aller égorger votre voisine de palier parce qu’elle faisait trop de bruit et que le démon de minuit vous l’avez ordonné.
« Le personal branding s’adresse à ceux qui souhaitent développer une cohérence entre ce qu’ils font et qui ils sont. »
Parce que la grande question de l’identité, le personal branding, il vous l’a réglé en deux coups de cuillères à pot. Il y a l’essence de vous-même d’un côté, vos actions de l’autre, et ça n’a rien à voir. On n’est pas ce qu’on fait n’est-ce pas. C’est pas parce que je marche sur la gueule de mes collègues pour réussir que je suis quelqu’un de méprisable.

Pascale nous parle également littérature philosophique et cite un de ses ouvrages de référence (j’avoue que j’ai un doute sur la véracité du titre) : « Tous les marketeurs sont des menteurs, Tant mieux, car les consommateurs adorent qu’on leur raconte des histoires ». On passe sur le brouillage de sens entre « menteurs » et « histoire » qui semble constituer la base intellectuelle du livre – si on s’arrête sur ce genre de détails, j’en ai pour 10 posts.
Bref, un ouvrage qu’elle considère comme un des « bijoux de réflexion sur la question. Pour tenter de résumer ce que monsieur Godin nous dit, je commencerais par le constat d’un marketing qui change. Et heureusement, car nous sommes tous d’accord sur le fait qu’il était tant qu’il y ait du renouvellement dans ce domaine. Nous sommes tellement assaillis par la pub, qu’elle n’a plus beaucoup d’impact sur nous. »
Et ça, vous comprenez bien que pour Pascale c’est dommage. C’est pas du tout un soulagement de cesser de se faire récurrer le cerveau.

Avant de lui confier le développement de ma marque personnelle, j’ai voulu savoir qui est Pascale Baumeister. Et je n’ai été qu’à moitié étonnée de constater qu’il s’agit de quelqu’un qui visiblement a longtemps cherché sa voie : diplôme de commerce, architecte d’intérieur, créatrice de costumes de théâtre, commerciale, formatrice, coach. Coach ? … Finalement, le personal branding, c’est peut-être ça, une resucée du coaching qui était lui-même une ânerie inspirée de… on sait même plus quelle connerie antérieure.

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