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9 février 2011

Aujourd’hui, étudions la web curation

L’autre soir, je prenais l’apéro avec le binôme de l’Internet (elle et lui). Elle sortait d’une conférence sur la curation. Evidemment, j’ai commencé par hocher la tête d’un air entendu. Parce que, soyons clairs, je connais le mot « curation ». Je le connais suffisamment pour savoir qu’il existe pour de vrai. Par exemple, au scrabble, on me sortirait le mot « curation » je validerais. Juste, je sais pas exactement, ni même généralement, ce qu’il veut dire. Du coup, Mélissa m’explique le nouveau sens web de curation. Elle a fait un article dessus ici. (Mais on va y revenir après un détour sémantique.)

Et Techcrunch aussi.

Si on prend l’article de Techcrunch, on a bel exemple de « la langue française est dead, amis étudiants en lettres, laissez tomber, vous pouvez toujours essayer de vous pendre avec vos Littrés ».

Donc en anglais, le mot curator désigne les conservateurs de musée qui choisissent des tableaux pour organiser une exposition. Appliqué au web, the curation veut donc dire le fait d’organiser des liens. (On va y venir après que je vous auras appris à bien parler le navarrois.)

Et Techcrunch nous balance : « la “curation” – à ce stade vous comprendrez que je renonce à traduire le mot en français… » Ah bah non, perso je comprends pas bien, vu que le mot curation existe en français mon gars. Donc là, on est face à un gros problème de traduction. On ne peut pas traduire « the curation » par « la curation » vu que les deux mots ne désignent pas la même chose. La curation en français c’est le traitement des plaies, des maladies. En plus, vu comment déjà la France, elle aime pas le web, qu’elle considère comme une jungle, si maintenant on le considère comme une maladie à soigner, ça va pas arranger nos affaires mes enfants.

Evidemment, le combat est perdu d’avance. Déjà, insidieusement, les commissaires d’exposition avaient commencé à employer le mot curation dans son sens anglais. Et on va tous dire « curation ». Mais voilà, au moins, vous, vous saurez que « curation » c’est pas juste un mot importé de l’anglais mais aussi un mot français dont le sens n’avait rien à voir. Ah Saussure, ils sont devenus fous…

Bref, venons-en à la web curation. La magie de ce mot, c’est de définir un truc qui existe depuis que le web est web et depuis que le lien est lien. C’est donc organiser une sélection de liens. Parce que d’un côté l’internet, c’est le bordel, que y’a plein de contenus, et que de l’autre y’a des gens qui n’ont pas grand chose à faire de leur vie et qui aiment bien faire partager ces liens à leurs amis. Ces branleurs sont donc des curateurs (ou des curators, on sait pas encore), ce qui a vachement plus la classe. Par exemple, au hasard, moi.

Comme vous n’aurez pas manqué de le noter, ami lecteur mon frère, au moins une fois par semaine, je fais un post avec des liens coolos que j’ai trouvés sur le web. Comme Diane fait dans la revue du web des Inrocks ou Alexis dans la revue du web de GQ.

Ca pointe aussi une des caractéristiques de l’internet : « on publie d’abord le contenu avant de le filtrer » (dixit Dominique Cardon).

Ce qui m’inquiète un peu là-dedans, c’est que du moment où on a trouvé un mot pour désigner le truc, on risque la professionnalisation. Bientôt, je vous parie le bras de ma mère qu’on aura des stage de curation et des offres d’emploi de curateurs. Y’avait eu la même chose avec les community managers (rappelons donc : ces gens qui connaissent les mystères impénétrables des réseaux sociaux comme Facebook). Et ça, je sais pas pourquoi, ça me déprime complètement.

Pourtant, aller chercher des liens coolos sur l’interweb et les organiser, oui c’est du boulot. Et oui, vu l’architecture du web, c’est plutôt nécessaire. Mais là, ça me donne l’impression qu’on va se faire gicler par des étudiants en école de commerce qui deviendront curateurs professionnels, qui l’envisageront uniquement comme un boulot et pas par amour. Parce qu’il y a un amour du beau lien. Avant de devenir des curateurs professionnels, Diane, Alexis et moi passions nos vendredis soirs à se montrer des liens rigolos sur l’interweb, pour le plaisir.

Je sens confusément qu’il y a là matière à prolonger ma réflexion sur la mort du web et la quiche lorraine mais je suis un peu trop fatiguée pour ça.

Bref, internet est devenu une affaire sérieuse de grandes personnes assez chiantes, exactement comme le mot curateur, et comme les images qui vont avec :

content_curation_why_is_the_content_curator_the_key_emerging_online_editorial_role_of_the_future_id54287021_size485

Preuve s’il en fallait que l’avenir est sombre : à peu près toutes les occurrences de curation vont de paire avec les mots « marketing » et « marques ». Mais qu’est-ce que les marques viennent foutre dans des revues du web sympatoches ?

Je tombe sur un titre effrayant : Curation, la prochaine étape du marketing de contenu. Le marketing de contenu. Aka la pub intelligente. Aka la mort.

Donc attention, citation pour marketeux en mal de poésie :  » Au-delà de la curation de masse, la pertinence de ce type de service réside dans une évolution du discours des marque sur les médias sociaux. Scoop It spécule sur l’inflation du content marketing pour générer du chiffre d’affaires : « Sur le discours des marques nous en sommes au début en termes de marketing social. Que ce soit du brick and mortar ou autre, aujourd’hui elles ont une page facebook, un twitter et elles payent un content/community manager pour animer le tout. Mais les marques n’ont pas forcément quelque chose de pertinent à dire quotidiennement. Plutôt que de se concentrer sur ses messages corporate, une marque peut parler de sujets liée à son domaine d’intervention, le sport, la nourriture etc… Ce qu’on leur propose c’est de devenir des curateurs.  Cela leur permet de créer une affinité avec son domaine et en plus c’est un modèle vertueux : elles peuvent créer une image de marque à moindre coût en utilisant notre service premium proposé en SaaS…. »

Donc, les marque pour avoir l’air sympa vont faire des veilles internet sur les sujets qui les concernent et faire des revues du web.

Autant dire qu’on est très très loin de nos vendredis soirs chez Dianou passés à rigoler devant des gifs animés.

Si les marques se lancent dans la curation, moi je veux bien et même je leur laisse ce mot affreux. (Curation, ça rappelle quand même beaucoup curetage. Allez-y donc, allez avorter l’internet.) Donc, je propose (je sais que je serai pas suivie, je m’en fous, je suis tel le prophète qui crie seul dans le désert), que le mot curation ne désigne QUE le fait d’éditorialiser des liens au service des marques.

Pour les autres, on vivait très bien sans mot pour définir notre activité. Donc on continuera tranquillement à faire des liens vers des trucs qu’on aime bien et qu’on a envie de partager parce qu’on est webfriendly.

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53 commentaires pour “Aujourd’hui, étudions la web curation”

  • aaaahhhh ! comme je suis d’accord… et comme je me marre, surtout sur le coup du rapprochement avec le curetage.
    J’adore, merci Titiou pour ces regards ironiques et ces commentaires mordants.

    le 9 février, 2011 à 16 h 38 min
     
  • Curation, c’est un mot de power point, ça se voit.
    Beaucoup de potentiel pour un bullshit bingo aussi. Et bientôt on parlera aussi de « point curation » sur l’internet.

    le 9 février, 2011 à 16 h 59 min
     
  • De toute façon t’inquiète pas, l’agrégation de lettres modernes et lettres classiques n’est pas ouverte cette année, et va bientôt totalement disparaître.
    Alors la curation en français ou en anglais…

    le 9 février, 2011 à 17 h 02 min
     
  • J’ai découvert le mot curation/curator en bossant sur des événements culturels aux Etats-Unis, je priais pour que ce mot infâme n’investisse pas nos contrées, trop tard, les adeptes de la curation poussent comme de mauvais champignons. Ça « curate » un peu partout sur l’internet, sans trop savoir comment ou pourquoi.

    le 9 février, 2011 à 17 h 08 min
     
  • Complètement d’accord sur cette évolution, je confirme, les cours d’école de commerce sur le web commencent à évoquer ce possible métier… Déprime. Merci pour cet article, et promis, jamais je ne penserai à toi comme une cureteuse!

    le 9 février, 2011 à 17 h 11 min
     
  • Je suis absolument désolé pour le manque de poésie relevé, avec pertinence, sur la curation et le brand marketing. Le registre lexical est malheureux, et depuis le curetage jusqu’à la curée le seul mot de curation est malheureux :-) Le marketing lui même possède un champ lexical assez peu glamour. Le pire, c’est que j’ai commis plusieurs billets sur le sujet -mea culpa et maxima – dont un peut être mois rase motte (jai dit rase mote pas casse couilles), « au secours j’ai un avis sur la curation » ici : http://bit.ly/gELf2g et, comme je suis un acharné un autre là, pas très drôle, mais prospectif, geek en un mot : http://bit.ly/fDphaB

    Au plaisir de te relire

    le 9 février, 2011 à 17 h 21 min
     
  • skagangamanikoye : tu sais que tu as la palme du pseudo le plus wtf ?
    (Curetage, j’ai failli pas le mettre. Et puis je me suis dit qu’un commentateur ferait la blague, et que je serais triste de pas l’avoir faite avant.)

    melissa : une curation godwin est-elle envisageable à l’heure du web sémantique ?

    Jungle Ju : ah bah tu sais (en fait non, tu sais pas) j’ai failli faire un papier sur la fin de l’agrég. Et puis c’est tombé à l’eau parce qu’en fait, les postes sont pas encore annoncés mais ça devrait venir bientôt. (mais elle va mourir quand même, on est d’accord.)

    Gros Mikko : le seul avantage c’est que plutôt que de dire « aujourd’hui, j’ai foutu, j’ai trainé sur internet toute la journée » on peut dire « aujourd’hui, j’ai énormément curaté ».

    La Danoise : merci!

    Fabrice : Hello! C’était surtout la citation du mec de Scoop It qui m’a fasciné. Mais je vais aller lire tes autres posts, là j’étais trop crevée pour faire plus de recherches sur le sujet.
    En tout cas, bel esprit de fair-play de ta part ;)

    le 9 février, 2011 à 17 h 33 min
     
  • Autant je ne supporte pas les buzzwords, déjà Community manager à l’époque (qui ne veut toujours rien dire aujourd’hui), et curator aujourd’hui (les offres d’emploi que tu prophétise existe déjà depuis un bon moment, d’ailleurs), autant y’a un truc qui m’énerve encore PLUS :

    Le stéréotype de la journaleuse übercool complètement hermétique au marketing. La publicité, que tu le veuilles ou non, c’est ce qui paye des piges, chroniques et reportages. Alors oui, les discours bullshit où les mecs s’approprient des expertises qu’ils ne maitrisent pas, c’est chiant, surtout que dans notre coin, et depuis longtemps, on fait la même chose et mieux gnagnagna. Ben oui tout ce qui se passe sur le web est récupéré tôt ou tard par des marketeux pour le proposer à leur marque, parce qu’ils veulent gagner de l’argent en développant les concepts des autres.

    Si t’en a marre de ça, t’as qu’à avoir l’idée en premier, lancer une « mode » avec un nom moche, et tu gagneras plain d’argent pour un truc que tu fais « les vendredis soirs en se montrer des liens rigolos sur l’interweb, pour le plaisir. »

    le 9 février, 2011 à 17 h 40 min
     
  • En terme de professionnalisation de pratiques à la con, on peut imaginer quelque chose d’encore plus déprimant, la dictature du curating.

    Imaginons une serie de bots lancés par des entreprises corporates fonctionnant sur un principe simple, à savoir la détection de tout lien ayant été postés par des curators professionnels, et qui serviraient à une chose bien précise :

    verifier que le lien curaté par un curateur assermenté concerne bien un article original, et une fois que cela est fait, tout contenu qui n’aura pas été curaté après 10 jours (à définir evidemment) sera automatiquement effacé des serveurs présents un peu partout dans le monde.

    Tant pis son ton article n’a pas été repéré à temps, c’est qu’il ne devait constituer aucun interet, c’est comme ça, le temps c’est de l’argent.

    c’est le genre d’idée qui pourrait fleurir dans le cerveau d’un Lefebvre 3.0 et qui reglerait tellement de problemes inventés par lui même, à savoir la présence de contenu inutile, non rentable, etc.

    Il y a bien quelqu’un dans le monde qui a dû penser à ce genre de principe, quand même, un petit effort, quoi, il y a tellement de gens dont le metier est de dégouter totalement les gens de ce magnifique outil qu’est le net, ça va bien finir par venir.

    Un esprit en gestation dans une ecole de commerce peut etre, là où nait le mal à l’etat pur.

    le 9 février, 2011 à 18 h 19 min
     
  • finalement ça ressemble beaucoup à un travail d’éditing: sélectionner, mettre en ordre, mettre en valeur, et diffuser à un plus large public… mais ça fait peut-être un peu trop trop vieillot « éditeur » pour les gourous du market… (à moins que le terme soit déjà employé pour autre chose dans ce secteur?)

    le 9 février, 2011 à 18 h 26 min
     
  • Surtout que le curateur, en français, c’est aussi celui qui s’occupe des gens qui sont placés sous curatelle (aka la tutelle light), des gens qui sont en faiblesse et qui ne peuvent pas prendre tout seuls les décisions de leur vie.

    En fait, ça finit par se rejoindre. Brr… L’interweb, c’était mieux avant.

    le 9 février, 2011 à 18 h 58 min
     
  • @Anon : quel discours déprimant !
    Pour reprendre tes propos :
    « Si t’en a marre de ça, t’as qu’à avoir l’idée en premier, lancer une « mode » avec un nom moche, et tu gagneras plain d’argent ».
    C’est bien ça la meilleure raison de baffer joyeusement du marketeux, et pas seulement au sens figuré !
    C’est quoi, cet argument absurde de « si tu en a marre d’un truc, t’as qu’à faire la même chose » ??!!! Et même qu’on peut apprécier faire un truc sans vouloir chercher à le « monétiser », même si ça te défrise le brushing !
    « Sans discussions, sans controverses, brulons les écoles de commerce », comme chantent Edouard Nenez et les princes de Bretagne ! (ca se trouve sur Dailymotion, mais je ne mettrais plus aucun lien (trollesque ou non) nulle part avant de savoir s’il y a un nom pour ce genre de pratiques en commentaires ! De la back-curation ? Du Rebound-curation ?

    Merci Titou pour cette article et continue à nous faire rire, tout en te battant pour une langue française à peu près propre dans la toile 2.0 !

    le 9 février, 2011 à 19 h 49 min
     
  • Un mot: « digital ». Ma tension a grimpe de trois points à chaque fois que je vois ça dans une pub.

    Non mais sérieux ils vendent des doigts à la « Fnac digitale » d’Odéon ?

    le 9 février, 2011 à 20 h 34 min
     
  • moi j’suis contre les curetons du web.

    le 9 février, 2011 à 22 h 33 min
     
  • Je remarque que personne n’a pensé à la curation du nez qui précède le touchage de clavier.

    Et ça, çay male.

    le 9 février, 2011 à 22 h 34 min
     
  • Ah, mon ordi est comme le Blackberry de Frédéric Lefebvre, il rajoute des fautes dans mes commentaires ! Du coup, un « cette article » en est le funeste résultat ! Honte.

    le 9 février, 2011 à 22 h 41 min
     
  • ce serait immensément triste que ça devienne un métier…on pourrait pas faire un genre de corporation, association de glandeurs de facebook, twitter et consorts puis racheter le terme?

    le 9 février, 2011 à 23 h 06 min
     
  • La curation, ben je m’en cure le nez, tiens (et encore, c’est pour rester poli). Et on devrait tous faire pareil, et regarder des gif animés à la place (http://www.theterrorpigeondancerevolt.com/ ceux là sont pas mal). Raaaah bordel, je viens de faire de la curation là je crois, et gratos en plus, ça va pas du tout

    le 9 février, 2011 à 23 h 51 min
     
  • Désolé scalpel, j’avais pas lu ton commentaire. Ouais, çay male

    le 10 février, 2011 à 0 h 07 min
     
  • Ca me fait toujours bizarre de lire le nom d’un de mes anciens profs…surtout quand je ne m’y attends pas (ici par exemple)

    le 10 février, 2011 à 0 h 33 min
     
  • Non mais oui clairement y’a des gens plus jeunes et plus cyniques qui vont venir toucher à ton internet de hippies et le casser…Soit tu acceptes, je veux dire tu capitules soit le temps est venu de lancer LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE DE L’INTERNET!!
    (je pense que ce sont les fans de Justin Bieber qui vont gagner.donc quiche lorraine quoi.)

    le 10 février, 2011 à 2 h 22 min
     
  • Une seule image (sans boobs), pas de vidéo et un long texte ? Piuffffff même pas je lis ce truc d’intello !

    le 10 février, 2011 à 3 h 59 min
     
  • Intéressant, et tu as au moins un adepte (pas lu les commentaires), mais je préfère quand il y a plus d’images.

    le 10 février, 2011 à 4 h 58 min
     
  • Yes Titiou, ne lache rien… « No pasaran »… Rebel rebel: http://www.youtube.com/watch?v=ETfbYO-qUhE ou http://www.youtube.com/watch?v=_h-bNFeaTgM&feature=related

    Par contre, quand tu dis « au moins une fois par semaine, je fais un post avec des liens coolos que j’ai trouvés sur le web »… Tu parles pour les 2 dernières semaines quoi… Parce qu’au cours des mois précédents, c’était pas tellement vérifié (malheureusement).

    le 10 février, 2011 à 9 h 39 min
     
  • Amie auteure, ma sœur, tu as encore mis dans le mille !
    Le langage web français en jette, s’anglicise, s’internationalise, multiplie les acceptions, les trouvailles éphémères, les blagues privées et surtout : il devient du chinois pr les non-adeptes quotidiens.
    Eux, ils n’en ont cure.
    Titiou, tu es à cheval sur les bonnes vagues pour nous pondre « Un Dico Amoureux du Web » qui pourrait déferler comme une marée haute sur les ventes de livres français écrits avec l’accent hexagonal.

    le 10 février, 2011 à 9 h 39 min
     
  • Mais alors, Diane et Alexis font bien du filtre de lien pour des marques, non ?

    le 10 février, 2011 à 11 h 26 min
     
  • Article cool et pertinent :) Total d’accord sur l’inélégance du mot, due plus à son double sens (art vs médical) que son origine anglaise (admettons le, jungle, web, community management, email ne sont pas davantage traduits). Ce mot a quand même une vertu: il cristallise l’attention! On en parle dans Girls and Geeks et Techcrunch, mais aussi dans Libé et 20min! Les mots les plus proches en français seraient sans doute édition ou médiation? Avis?

    Maintenant sur le fond (je suis le « type de Scoop.it » :)), Scoop.it n’est pas une plateforme de curation (erf) mais d’expression, qui utilise la curation comme facilitateur: permettre à chacun de s’exprimer facilement sur un sujet de passion, en mettant en scène et en partageant « son meilleur » du web; et surtout le faire de façon ultra simple, accessible à tous (tous les passionnés ne savent pas nécessairement, ou n’ont pas forcément le temps, de tenir un blog de qualité!). Quelques exemples de ce que font nos utilisateurs:

    http://www.scoop.it/t/mais-n-importe-quoi
    http://www.scoop.it/t/wonderful-artwork-and-images
    http://www.scoop.it/t/story-and-narrative

    Alors, mot inélégant, mais belle mission, non?

    le 10 février, 2011 à 11 h 56 min
     
  • Je suis en pleine lecture de « l’oeuvre de Dieu, la part du diable » d’Irving, dans lequel le curetage est décrit avec pas mal de détails. Tous les articles sur le « nouveau phénomène de la curation » (qui n’a pas grand chose de nouveau, en plus) me soulèvent le coeur.

    le 10 février, 2011 à 13 h 12 min
     
  • Permettez moi de nourrir avec légéreté le débat, par notre point de vue exprimé lors de la conf sur le sujet mardi.

    « Le Curator : un Emmerdeur qui vous veut du bien… »
    http://bit.ly/i2B4px

    le 10 février, 2011 à 14 h 39 min
     
  • En même temps la « curation » va déboucher (humm) sur la création d’une « élite » auto-proclamée parmi les « fellow worker » de la dite curation…
    Il serait amusant que les « fellowes » sus-dit nventent la « fellation » pour se donner du prestige… :D

    le 10 février, 2011 à 16 h 21 min
     
  • Attendons que les Québécois trouvent un terme ridicule pour pallier à cette offense étymologique. Cela dit que des glandeurs aient réussis à vendre leur penchant naturel pour la glandouille face à un écran pour la nouvelle révolution du web je trouve cela assez ironique.

    le 10 février, 2011 à 16 h 31 min
     
  • Rien à voir, mais absolument rien à voir avec le débat sur la « curation » mais voilà, je suis tombée sur un truc et j’ai immédiatement pensé à toi (je ne sais pas quelle conclusion en tirer, j’hésite entre « j’ai pas d’amis ou alors ils sont virtuels » et « titiou lecoq est la seule personne que je connais qui est folle des petits chats, des lolcats et autres bêtes meugnones »… Je penche pour la deuxième).
    Bref.
    Au Japon ils ont des bars à chats, pour se détendre après le boulot.
    Paf !
    http://www.nekorobi.jp/english/cat/kuririn.html
    Ca tue, non ?
    (j’espère que tu connais pas déjà, que j’amène un scoop de malade et surtout j’espère que tu n’as pas déjà fait un papier dessus que je serais passée à côté, mince)
    Voilà, voilà
    (si tu veux modérer ce commentaire et ne pas le diffuser, je comprendrais…)

    le 10 février, 2011 à 18 h 30 min
     
  • Je propose une lecture politique, j’me lance. Le joyeux travail non mesuré de la gestion de l’information sur le web remet en cause les fondements de notre système capitaliste, qui veut que le travail soit avant tout la soumission de sa force de travail à un tiers et qu’elle débouche sur un produit lié à une consommation matérielle (un déchet en fait). On pourrait synthétiser en parlant de salariat. La mesure de la richesse étant directement liée à la mesure volumétrique des déchets (quand bien même il s’agirait d’échanges immatériels: les industries imposent des contraintes de matérialité totalement synthétiques) et que plein de gens sentent bien que y a de la richesse produite mais non mesurée, il y a récupération, parce qu’il faut bien manger, que la nourriture c’est matériel, et que y a plein de gens qui préfèrent empêcher les autres de manger plutôt que de chercher simplement à manger eux-même (je cherche à synthétiser). Alors la seule solution c’est de dé-corréler le travail de sa mesure, d’interdire l’abandon de propriété (passage de l’industrie au service, du produit à l’usage), d’introduire la répartition de tâches obligatoire (oui parce qu’il y a encore plein de choses matérielles, faut pas croire), de mettre en place des monnaies et des hiérarchies locales (aussi bien géographiques que symboliques), et enfin des critères de convergence sociale en Europe (en commençant par une utilisation fédérale de l’euro comme du bancor par rapport à des régions trans-nationales).
    Voilou, après la révolution de jasmin, la révolution de papyrus, et dans la ligne du commentaire d’éric, c’est ni plus ni moins que la « révolution de la fellation ».

    le 10 février, 2011 à 19 h 22 min
     
  • MERCI!!

    Vu comment les annuaires sur le web ont trop bien marché, je sens que la curation, c’est pas pour tout de suite. Genre, il y a des fous qui veulent ranger Wikipédia…

    le 10 février, 2011 à 20 h 16 min
     
  • Je propose épissage comme traduction. C’est un terme (de marine ? ) pour désigner le fait de joindre des bouts de corde. Dans le monde merveilleux des biologiste, ça désigne un processus magique qui découpe des bouts d’ARN qui servent un peu à rien.
    En plus, ça a carrément la classe comme mot.
    Sauf quand on commence à faire de subtiles jeux de mots qui ne font rire que l’enfant de 5 ans qui est en nous, (en tout cas celui qui est en moi) « j’épisse pas droit », « j’irai épisser sur vos tombes », « bande d’épisseuses ».

    Un curateur, ça fait un peu peur, pas un épisseur…

    le 12 février, 2011 à 14 h 52 min
     
  • Bravo pour cet article! Ca m’éclaire sur ce mot mystérieux et improbable que ‘ai découvert par hasard il y a quelques jours dans un article qui sentait le pipo à plein nez : http://fr.readwriteweb.com/2011/01/31/a-la-une/dbat-curation-avenir-du-web/. D’ailleurs l’article en question m’a juste appris que la curation était un truc hyper tendance et tellement prometteur en termes d’emploi que même les politiques s’y intéressent, mais pour ce qui est de comprendre ce qu’est la curation, j’avais l’impression d’être toujours aussi ignare (aussi ignare que l’auteur lui-même?).

    le 13 février, 2011 à 11 h 41 min
     
  • […] Ce billet a été initialement publié sur Girls & Geeks […]

    le 13 février, 2011 à 14 h 02 min
     
  • La curation doit avoir un but utile. C’est un outil, and non pas un objectif. Il faut mettre le tout ensemble: contenu + filtrage + curation + aggregation + publication + distribution (social & en ligne), etc.
    (je suis fondateur d’Eqentia, une plateform complete pour l’aggregation, curation et publication)

    le 14 février, 2011 à 1 h 21 min
     
  • Je suis choqué, pas de vidéo débile dans ce post oO

    le 14 février, 2011 à 12 h 09 min
     
  • @vigeo> Non à l’épissage et à la curation en général, et vive la fellation !

    le 14 février, 2011 à 15 h 32 min
     
  • Même si cet article me carresse dans le sens du poil, il y a qd meme un point où je trouve que tu jettes le bébé avec l’eau du bain :

    il n’y a pas antagonisme à la base entre faire vivre un blog/site qu’on aime et gagner de l’argent avec.
    Perso si mes petits surfs funs peuvent me rapporter un peu de thunes (et payer le serveur, kkes widgets sympas mais payants etc…) j’ouvre la porte en grand !

    A condition de ne pas promovoir de la merde bien sur…

    Car l’ethique réside moins à mon avis dans le fait d’etre payé ou pas pour écrire ou « cureter » (berk) pour le compte de kkun, que de prendre n’importe quel annonceur vendant n’importe quoi pour choper des €.

    L’idéal à mon sens serait une plateforme qui ne s’interesserait qu’aux jeunes boites, ou projets sympas, pour les mettre en contact avec des passionnés qui font ca « pour le fun », et de renumerer ces derniers afin qu’ils aident ces nouveaux arrivants sur la toile.

    Car Internet, c’est aussi la possibilité pour le petit de se faire connaitre au meme titre que le grand.

    Idée naïve, hors sujet?

    le 14 février, 2011 à 16 h 15 min
     
  • merciiiii pour les liens :)

    le 14 février, 2011 à 19 h 09 min
     
  • Lucie : AH! Je commençais à être déçue, je pensais que t’avais même pas remarqué ;)

    le 14 février, 2011 à 19 h 14 min
     
  • Paire de couilles mais aller de pair.
    Et WeSC : Pallier à …
    Se pendre avec ses Littrés ?
    J’arrête, c’est pas drôle et bien sûr il faut être drôle, sinon…
    Comme autant de cailloux dans la chaussure. Pas grave, mais gênant.

    le 14 février, 2011 à 22 h 41 min
     
  • Titiou, tu ne peux passer à coté de ce lien.

    Bon peut etre qu’il est vieux, mais ce truc est tout simplement hors norme de… de chépakoi.
    http://www.geekzone.fr/blog/?2011/02/04/2153-de-l-action-avec-un-grand-wtf#co

    le 14 février, 2011 à 23 h 06 min
     
  • Le bras de ta mere?! La pauvre!
    Serieusement Mlle Lecoq, c’est pas tres Coubertin tout ca. Et puis, qui va faire tes coquillettes/jambon le dimanche midi apres??

    le 15 février, 2011 à 3 h 47 min
     
  • Et dire qu’aucun des curateurs n’a mis en ligne de lien vers un compte tweeter ou un blog proposant de live blogger la nuit de la saint valentin.

    le 15 février, 2011 à 10 h 30 min
     
  • Un article fort intéressant (merci pour tous ces liens) d’autant plus que je suis… traductrice. J’ai été plusieurs fois confrontée au mot et l’ai toujours traduit par un bon vieux « commission/commissaires d’exposition », vu l’incertitude sur le mot ‘curation’ en francais, même si je sais que la langue est vivante et qu’il ne suffira que de quelques mois/années pour qu’une enième signification s’ajoute à ce terme dans les dicos francais.

    @fraca7: j’ai en horreur ultime « digital », mais il s’avérerait que dans le milieu des web designer, ‘digital’ aurait « un sens plus créatif » que le simple ‘numérique’ (sic). Non mais n’importe quoi, je ne vois pas le rapport. Digital est plus cool que numérique ?? Quoi, tes Wayfarer et ta chemise de bûcheron sont mieux que les miens ??

    le 16 février, 2011 à 13 h 09 min
     
  • J’osais pas cliquer … haha

    le 16 février, 2011 à 17 h 10 min
     
  • tres bon article, mais on dirait que ce que j’appelais quelques annees de cela science fiction est de nos jours des sujets d’actualites? comme je me marre

    le 16 février, 2011 à 17 h 41 min
     
  • hors sujet mais… dans quinze jours t’es riche ?
    http://www.girlsandgeeks.com/2009/10/09/kata-sutra-2/

    le 16 février, 2011 à 23 h 36 min
     
  • Ras : fucking god… Tu viens de me plonger dans un vortex temporel avec ce post…
    (Non, pas encore riche, en fait il a jusqu’à juin pour nous payer cet enculé.)

    le 17 février, 2011 à 0 h 09 min
     
  • en fait on dit « une wiche lorraine » pas une quiche… sinon je ne suis pas surpris par l’existence du curator, dans la mesure où il y a des coachs pour vous apprendre à ranger vos tiroirs.
    bonjour chez vous
    luc

    le 16 avril, 2011 à 19 h 46 min
     

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