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Je crois que je suis à un tournant de ma vie.
-Moi, une fois par semaine
 

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15 juin 2013

La vie d’artiste

Coucou,

ça va ? Tranquille ? Pas trop galère le boulot en ce moment ?

(Je me suis rendue compte que je ne prenais pas assez souvent de vos nouvelles.)

De mon côté, vous aurez remarqué que je poste moins. Parce que je travaille plus (lire “+”) (c’est hyper relou ce truc de français à l’écrit entre plus = + et plus = pas, surtout pour les gens comme moi qui aiment zapper la moitié de la négation). Je passe un temps non négligeable allongée sur mon lit à réfléchir à un roman. Plus concrètement, ça ressemble à quoi la vie d’un artiste en pleine gestation ? Que faisait vraiment Proust de ses journées ? Je m’en vais vous le dévoiler.

Au milieu de ces heures passées à l’horizontale à réfléchir intensément, parfois je me lève et je fais des trucs. Pas écrire hein. Des trucs genre déboucher un évier. L’autre jour, comme truc à faire, j’ai trouvé “passer un coup de serpillère dans les chiottes”. (Depuis la naissance de têtard, Brice Nane Teinturier pisse consciencieusement à côté de sa litière. Mias c’est peut-être aussi parce que je n’ai plus le temps de changer sa litière.) Donc je vide la caisse du chat. Et je lave le sol. Je regarde satisfaite et puis je me rends compte que ça pue. Une espèce de puanteur immonde qui se dégageait du sol des toilettes. Tu rentres dans les chiottes pour faire pipi et finalement le temps d’atteindre la cuvette, tu décides de vomir.

Ce jour-là, j’ai compris que la serpillère n’est pas un être éternel. Qu’à un moment elle arrive à la fin de son existence et que ce moment se remarque au fait que ton sol sent encore plus mauvais après l’avoir lavé. (J’avais eu la même révélation y’a 15 ans au sujet des éponges.) (Par contre, je maintiens qu’un sac d’aspirateur est un être éternel qui demande seulement qu’on le vide un peu dans la poubelle avant de le remettre en place.)

Ca empestait donc les entrailles de l’enfer chez moi.

Comme j’avais rien d’autre à faire à part révolutionner la littérature, je décide d’aller au supermarché. Je pars donc de chez moi, avec même mon sac plastique transparent dans lequel j’avais mis les crottes de Brice Nane Teinturier. (Je ne descends jamais les poubelles, donc j’étais assez fière de moi.)

Sur le chemin, je me dis que ma vie est une série d’actions somme toute assez triviale (boire du café, fumer, faire caca, trainer sur internet, récurer les chiottes) mais que tout ça est guidé en sous-main par un vaste projet de conquête du monde même si, certes, il n’apparait pas de façon évidente dans mon planning quotidien.

Je rentre dans le supermarché.

Je m’arrête.

Je sens monter en moi une impression de honte totale mais je ne sais pas encore d’où elle vient.

Mais elle monte. J’ai envie de mourir de honte mais impossible de savoir pourquoi.

Jusqu’au moment où je baisse les yeux et je vois au bout de ma main mon putain de sac plastique transparent contenant la litière dégueu de Nane.

Je suis rentrée chez moi jeter la poubelle. Retourner au supermarché. Où j’ai acheté un pschit qui sent bon pour la maison.

Je suis enfin re-rentrée chez moi.

J’ai vaporisé ma connerie de pschit. Y’avait écrit “vanille” mais en vrai ça sent la crème solaire.

Et puis j’ai vu devant les toilettes ma serpillère qui pue. Que j’avais oubliée de jeter. Mais surtout, surtout, je me suis rendue compte que je m’étais farcie le supermarché et qu’une fois là-bas ça ne m’était pas venu à l’esprit d’acheter une nouvelle serpillère pour relaver le sol. Non. Moi j’ai acheté un pschit sûrement cancérigène pour masquer l’odeur de la serpillère.

Voilà, ça, c’est 40 minutes d’une de mes journées type.

Heureusement que révolutionner la littérature et conquérir le monde ne demande pas un QI trop élevé, sinon je serais vraiment mal barrée.

 

Attention, deuxième anecdote de mon quotidien. (Ma vie est tellement palpitante en ce moment qu’elle ferait passer Game of thrones pour un épisode de Derrick.)

Chez moi, y’a une machine cheloue qui a fait son apparition :

balance

Et puis d’autres trucs comme ça :

tomates

Balance + légumes = ? Alors ? = je vis avec quelqu’un qui fait un régime.

Ok…

C’est pas la première fois que ça m’arrive. Par contre, c’est la première fois que je vis avec quelqu’un qui tient son régime plus de trois jours.

Est-ce que vous avez déjà vécu avec quelqu’un au régime ?

Parce que soyons francs, c’est particulier quand même. Sachant que la seule chose qui m”intéresse moins au monde que la météo, c’est parler de calories, je suis un peu déstabilisée par les discussions sur la perte de centaines de grammes. Je sais pas gérer. Au début, il perdait du poids. Donc moi, bêtement, je m’écriais “génial! putain mais c’est complètement ouf! Give me five champion!” (j’essaie de compenser mon manque de compréhension par un enthousiasme débordant).

 danse

“Vas-y, on boit du vin pour fêter ça ?”

Ah bah non. On ne boit pas de vin parce que l’alcool ça fait grossir. (Enfin… à ce compte-là, je devrais être obèse.)

Mais surtout, j’ai eu droit à “je perds trop vite là”. Ah… Il avait vraiment l’air embêté. Moi je voyais pas trop le pourquoi. Tu te forces à bouffer des tomates, tu perds du poids, tes efforts masochistes sont récompensés, le monde fonctionne. Mais en fait, “Ca veut dire que je vais stagner d’un coup et ça va être dur”.

Ah oui, aussi faut pas dire “mais arrête de bouffer des tomates, tu vas être malade”. Parce que “je ne me force pas, j’ai envie de manger des tomates” dit le mec au régime en déglutinant devant ma tartine de fromage.

(Revenons une minute sur l’idée qu’on peut tomber gravement malade en mangeant des tomates. La tomate, selon moi, ça a à peu près le même apport en calories qu’un verre d’eau. Plutôt que de manger une tomate, buvez un verre d’eau, ça ira plus vite à préparer.) (Petite astuce que je vous donne comme ça, au passage.)

Mais c’est quand même un putain de sacerdoce un régime. Surtout quand t’es la personne en charge de faire la bouffe. Résultat, tous les soirs, il cuisine un plat de patates/viande/sauce qu’il me sert avant de s’asseoir à côté de moi sur le canapé (on n’a pas de table pour manger, ça vous indique le degré d’intérêt que j’ai pour la bouffe), il s’asseoit donc sur le canapé, les mains aggripées à son saladier de tomates. “t’es sûr que t’en as pas marre des tomates ?” “NOOON. J’ai ENVIE de manger des tomates.” Ok…

Après, t’as l’inévitable drame du dessert. Je demande “tu veux pas un dessert?” “Non”. Ok. Donc je lui ramène un verre d’eau. Et je me prends un pot de glace chocolat/brownies. Et là, j’ai droit à “fais voir…” Fais voir = donne-moi ta cuillère et ton pot de glace TOUT DE SUITE SALOPE. (La variante à “fais voir” c’est “fais goûter”. Goûter = mettre un maillot de bain pour se plonger dans une piscine de chocolat.)

Là, tu sais pas quoi faire. Soit tu soutiens le régime et fais remarquer que c’est pas top la glace au chocolat. Mais t’as l’air d’un dictateur (surtout que toi, tu t’enfournes la moitié du pot). Ca peut même être interprété comme un “en fait, tu me trouves gros”. Soit tu dis rien. Mais dans ce cas, tu risques après coup une remarque type “t’aurais pu m’arrêter, je me sens mal, j’ai mal au ventre, j’ai tout gâché, c’est ta faute, t’aurais dû m’arrêter quand le chocolat commençait à sortir par mes oreilles”.

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17 commentaires pour “La vie d’artiste”

  • Roman : je n’ai pas (encore) lu le premier, mais en écrire un est toujours une bonne démarche. Continuez donc à regarder le plafond (récurer les chiottes, pas besoin de le faire tous les jours).
    Vie trépidante : on en est tous là, sauf une poignées de mortels. Parfois on trouve ça reposant, parfois on trouve ça vide et banal. Solution : regarder le plafond et commencer à écrire (ah ben si. Un peu quand même!).
    Vivre avec un « régimeux » : jamais vécu. Pas concerné (parce que ça ne m’est jamais arrivé – pareil si ça m’arrivait).
    « Déglutinant » : ch’crois pas non !
    Rareté des « posts » : regrettable, mais c’est toujours écrire (allez ! on y croit !).

    le 15 juin, 2013 à 12 h 22 min
     
  • olala! les régimes, c’est le mal.

    le 15 juin, 2013 à 13 h 26 min
     
  • Non mais il n’y a pas que les tomates, ralalala !
    Pis du chocolat, le pauvre homme, forcément… ^^

    le 15 juin, 2013 à 13 h 47 min
     
  • Ouai ben moi aussi je fais partie de cette catégorie de personnes, qui, bien qu’elles n’ont jamais eu (encore) besoin/envie de régime, vis avec une personne qui vis mal son corps et ainsi alterne les périodes de régime et les périodes de craquage intense. Moi non plus je ne sais pas quelle attitude adopter, j’ai essayé le « je fais le régime avec toi » et tout ce que ça donne c’est être pris pour une lâcheuse sans volonté quand on fini par abandonner. Soutenir c’est être un bourreau mais contredire c’est être incompréhensive… moi je suis pour le « je t’aime comme tu es, arrête de vouloir changer » mais je crois que c’est interprété comme un « j’en ai rien a foutre de tes problèmes, même si tu en crèves, mais pitié lâche moi avec tes histoires à la con »… Donc si un jour quelqu’un trouve la bonne attitude à adopter, svp communiquez-la moi (via ce blog, je vais tout de même pas communiquer mes coordonnées hein)pour m’aider à sauver mon couple qui fait le yoyo au rythme de la balance, merci d’avance

    le 15 juin, 2013 à 15 h 31 min
     
  • Oh oui! Le bonheur de partager son appart avec qqu au régime… Ma colocataire à récemment fait une découverte qui rend nos discussions passionnantes, surtout à l’heure de l’apéro (jus de tomate pour elle). L’application « Compteur De Calories », un vrai truc de névrosé. Si votre ami la télécharge, fuyez avant qu’il ne soit trop tard.

    Sinon merci pour l’anecdote de la serpillière! Je me marre encore..

    le 15 juin, 2013 à 21 h 44 min
     
  • 1) Ça s’écrit « serpillière ».
    2) « se rendre compte » : jamais d’accord au passé composé

    le 16 juin, 2013 à 0 h 02 min
     
  • Mmmmm, tu sais que ça se lave les serpi ? Tu la mets à 90 (avec les torchons et les maniques tant qu’à faire), un coup de Sanytol si tu pousses même le vice jusqu’à vouloir désinfecter, et hop, elles est comme neuve (eh oui, la serpillère étant un objet assez laid et informe de base, il est impossible de différencier une serpillère neuve d’une serpillère usagée, du moment que cette dernière est propre).

    Ca t’économisera 3,14 euros et un aller-retour au supermarché. Alors, merci qui ????

    le 16 juin, 2013 à 0 h 07 min
     
  • Mange des tomates mon amour (nouvel essai) : http://www.youtube.com/watch?v=oM2IQ4wn0iE

    le 16 juin, 2013 à 1 h 58 min
     
  • Un jour tu balanceras le chat dans la poubelle et tu changeras la litière de la serpillère…

    le 16 juin, 2013 à 5 h 34 min
     
  • Salut,

    alors moi, j’ai lu le premier et je suis bien contente que le 2nd soit en préparation (oui, regarder le plafond, c’est de la préparation, je m’y connais)…

    Pour ce qui est de vivre avec quelqu’un qui fait des régimes (pas un régime, mais des régimes, j’ignore si l’exception est plus facile ou plus dure à gérer), j’ai testé deux cas de figure :
    1/Je fais le régime avec toi. Bon, ça paraît convivial, sauf que dans mon cas, je perdais du poids et pas l’autre. Qui finit forcément par avoir des pulsions agressives et qui se sent coupable, vu que quand même « elle fait le régime avec moi », puis qui se sent comme une merde de ne pas maigrir, puis qui se venge sur la bouffe… Enfer.
    1/ OK, je t’aide à tenir le coup. Là, vous vous retrouvez dans le rôle du flic de la bouffe, l’autre finit par avoir des pulsions agressives et en plus se comporte comme si vous étiez la Gestapo… Enfer.

    Bref, ce commentaire est trop long, mais désormais, j’ai une méthode qui marche pas mal, je sors avec des maigres.
    Non, je déconne. Je soutiens verbalement uniquement et je vais manger au resto avec mes potes le plus souvent possible.

    le 16 juin, 2013 à 12 h 16 min
     
  • Je crois que la pétroleuse a tout dit pas pour le fait de sortir avec des maigres hein, quoi que ;)

    le 16 juin, 2013 à 21 h 45 min
     
  • « ça va ? Tranquille ? Pas trop galère le boulot en ce moment ? »

    Poser cette questions en période de bac, cäy mal.

    le 16 juin, 2013 à 22 h 55 min
     
  • C’est parce que tu ne veux pas mélanger les torchons et les serpillières que tu n’as pas de nouvel article sur Slate.fr ?

    le 17 juin, 2013 à 14 h 24 min
     
  • Je suis moi aussi passée récemment par la révélation « les éponges se changent ». Par contre je ne me rappelle pas avoir changé de serpillière. Je me sens très sale d’un coup…
    Sinon, continue à cogiter pour nous pondre un deuxième chouette bouquin, je viens de tomber « Les morues » en un week-end (suis cependant très sceptique sur la couverture qui donne l’impression que c’est de la chick lit alors que nan dans le genre ça m’a vachement fait penser à « Apocalypse bébé » de Despentes donc rien à voir avec des poules qui font du shopping, hein).

    le 17 juin, 2013 à 20 h 59 min
     
  • OK. Merci pour cette formidable leçon de vie. Il me parait désormais évident que tu es la réincarnation de Gustave Flaubert. Autrement, en ce qui concerne les régimes, j’en ai fait un en arrêtant la mayo – définitivement. Je pense que j’ai du perdre presque un kilo en un an (mais c’est du pifomètre parce que je n’ai pas de balance – mais mon généraliste me pèse approximativement avec sa vieille balance pourrie à chaque visite).

    le 18 juin, 2013 à 21 h 41 min
     
  • Cet article n’a ni queue ni tête, comme Christine Lagarde.

    le 20 juin, 2013 à 13 h 52 min
     
  • en déglutinant devant ma tartine de fromage
    Les araignées qui déglutinent leur corde et tombent perpendiculairement des poutres, réoccupant leur domaine, reconstituant le silence
    se débarrasser d’une matière collante,se déglutiner le caca des yeux, nous déglutinâmes
    ou juste déglutit + dégouline = déglutine
    ?

    le 20 juin, 2013 à 16 h 40 min
     

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