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2 mars 2014

La complexité du corps, Jésus est une femme et Spirou

 

Depuis que j’ai découvert son existence, je me pose moultes questions sur notre humanité. Valeria Lukyanova.

barbie-humaine.jpg

Nonobstant une part non négligeable de photoshop, la meuf est quand même impressionnante. Elle a dû se faire retirer plus de côtes qu’une actrice hollywoodienne des années 50. (Vous pouvez aller vous délecter de ses photos sur son Facebook vu que c’est quand même l’essentiel de son activité.) (Vous pouvez également savourer son tuto maquillage dont l’ambiance sonore et visuelle n’est pas sans rappeler la 1ère année de licence d’Agent des pompes funèbres.)

Mais jusqu’à présent, je pensais connement qu’elle souffrait d’une pathologie psychiatrique et que par amour des freaks, on la laissait en liberté.

En fait, non.

En vrai, elle est aussi con qu’un balai à chiottes avec des seins.

Evidemment, il y avait eu des indices que j’avais négligés. Comme le fait qu’elle ait été envoyée sur Terre (en vrai, elle vient de Vénus hein) (je le précise au cas où ça vous ait échappé) pour nous faire passer “du stade d’humain consommateur à celui d’humain demi-dieu”. Son obsession de la transformation physique ? Oh, c’est juste un moyen de promouvoir ses idées spirituelles et, comme elle l’affirme, “it works perfectly well”. (L’interview est à voir ICI.)

Et oui… En même temps, ça se trouve, cette meuf c’est vraiment une réincarnation de Jésus et nous, on est là à se foutre de sa gueule… enfin… de son visage cybernétique.

Mais on va moins rigoler dans quelque temps parce qu’elle s’apprête à accomplir un miracle. L’exact opposé de la multiplication des petits pains. Elle va se nourrir d’air et de lumière.

J’invente pas.

C’est elle qui le dit. Elle va suivre les préceptes du Breatharianism « In recent weeks I have not been hungry at all; I’m hoping it’s the final stage before I can subsist on air and light alone… » Les dernières semaines, je n’ai pas eu faim du tout; j’espère que c’est la dernière étape avant que je puisse vivre uniquement d’air et de lumière. On a donc trouvé la seule meuf au monde qui ferait passer Tom Cruise pour un mec sain d’esprit et plutôt rationnel.

L’avantage, c’est qu’on va vite être débarrassé d’elle.

– ça n’a rien à voir QUOIQUE… sur Twitter je suis tombée là-dessus :

astuce-vie

My fucking god… J’ai pas encore testé mais si c’est vrai, c’est une révolution et Apple et Google peuvent aller crever. Ils ne m’impressionneront plus jamais avec rien.

– Vous saviez que chez Spirou Magazine, ils ont une webcam branchée en permanence ?
– Facebook a lancé des options pour renseigner son “genre”. Des options = pas loin d’une quarantaine de nuances possibles. C’est bien. (Surtout quand on voit le climat en France sur le sujet, ça rassure un peu.) Evidemment, il ne faut pas oublier que Facebook n’a jamais été une entreprise humanitaire. S’ils le font, c’est aussi parce que c’est bon pour eux. D’abord, en terme d’image. (Wahou, on est tellement mooooderne et à l’écoute de nos inscrits.) Ensuite, en terme de thune. Plus vous donnez de données précises, plus le modèle économique de Facebook est renforcé, rapport au ciblage publicitaire.

Ceci étant, c’est quand même un évènement qui révèle un changement important : la prise de parole aux Etats-Unis des associations “trans” (transgenre et transexe). Une part de la population que l’on n’entend pas du tout en France (la France, le pays où t’as l’impression qu’il n’existe pas de trans). Vu notre retard chronique sur ce genre de sujets, je pense qu’on leur prêtera attention et qu’on reconnaitra leurs droits d’ici une vingtaine d’années.

Ca parait très loin de la plupart d’entre nous. Et pourtant, j’ai compris l’importance de ces questions il y a quelques mois, en lisant un livre. Comme quoi, les livres, ça sert à quelque chose. Ce bouquin c’est Corps en tous genres d’Anne Fausto-Sterling. Et comme ça a représenté une véritable révolution conceptuelle dans mon petit cerveau, je me suis dit qu’il était temps de le partager avec vous.

Attention, je vous préviens d’entrée de jeu : c’est un bouquin scientifique. D’ailleurs, Fausto-Sterling est neurobiologiste. Mais avec mon bac L, j’ai quand même réussi à le finir.

Si on reprend les “débats” (j’ai du mal à appeler ça débat mais bref) de ces derniers temps sur le genre, il y avait une phrase qui revenait sans cesse dans les deux camps : évidemment, il y a des femmes et des hommes, et ils sont différents. (Pour des raisons essentialistes ou déterministes, selon votre bord.) Qu’est-ce qui permet de différencier biologiquement un homme et une femme ? Jusqu’à présent, ça paraissait clair. On a tous à portée de main un ensemble de notions mal digérées mêlant organes sexuels, organes reproducteurs, gonades, oestrogènes, testostérone, chromosomes XY ou XX etc.

Et si cette affirmation était fausse ? Et si ce n’était pas aussi évident qu’on le pense tous ? C’est la base de recherche de Fausto-Sterling. Autant dire qu’elle est loin des questionnements sur le genre. Ce qui est dingue c’est qu’elle parle de biologie, alors que c’est justement la biologie qu’invoquent toujours les anti-mariages pour tous/anti-genre, regardez, un homme et une femme c’est biologiquement différent hein… enfin bon, ça saute aux yeux quand même. Elle, elle vous dit “en tant que scientifique, ça ne me saute pas aux yeux”.

Ok, ça parait bizarre.

Alors expliquons.

Elle part d’un sujet d’actu : les JO. Aux JO, les sportifs concourent comme homme ou femme.

En 1998, Maria Patino, championne du saut d’obstacles, arrive aux JO en ayant oublié son “certificat de féminité”. Mais bon, ça saute aux yeux qu’elle est une femme. Elle va faire la visite de contrôle, une analyse génétique. Et là, choc absolu, on lui annonce qu’elle n’est pas une femme. Elle a un chromosome Y, son vagin dissimule des testicules. Elle est exclue de l’équipe. Mais elle sait qu’elle est une femme. En réalité, elle a une insensibilité aux androgènes, ces cellules ne détectent pas les hormones masculinisantes, mais sont sensibles à l’oestrogène. Elle a donc des seins, une taille fine. Elle est physiquement extérieurement une femme.

Alors, Maria Patino, homme ou femme ? D’un coup, l’évidence ne l’est plus tant que ça et c’est tout notre système de pensée dualiste qui se prend une grande beigne dans la gueule.

Vous vous dites peut-être XY + testicules = homme. Mais quand elle a contesté le verdict du CIO, elle a été réintégrée en tant que femme parce que la structure de son bassin et de ses épaules était suffisamment féminine. Donc le CIO a fait un choix en fonction de la discipline sportive. Mais alors, si un homme a un tout petit bassin, pourquoi ne pourrait-il pas d’emblée participer aux épreuves féminines ?

Comment déterminer l’appartenance à la catégorie homme ou femme ? Avant 68, les concurrentes aux JO devaient défiler nues devant un jury. Seins + vagin = femme. Mais comme c’était perçu comme une pratique humiliante, le CIO a changé ses méthodes. Après 68, c’est le dépistage chromosomique qui prévaut. Or ces différentes méthodes peuvent attribuer un sexe différent à un même individu. On s’éloigne de plus en plus de la fameuse Evidence. Nos corps sont parfois plus complexes que nos schémas de pensée.

Et il existe encore d’autres critères. Fausto-Sterling explique que les médecins, qui hésitent sur le sexe d’un bébé, choisissent le critère reproductif. Si un bébé nait avec des trompes de Fallope, un utérus, des ovaires, même si extérieurement il a un pénis, ils décident que ce sera une fille parce qu’elle peut biologiquement enfanter. Ce n’est qu’un critère, choisi plus ou moins arbitrairement, en fonction duquel, les médecins préconiseront une ablation du pénis et la prise d’hormones pour faire du bébé une “vraie” femme complète. Fausto-Sterling traite longuement des cas d’intersexes. Elle y montre, en remontant dans l’histoire, comment ces cas sont typiques de notre manière d’appréhender le sexe biologique, et donc comment nos catégories de pensée ne sont que des normes. Femme ou homme, il faut être l’un des deux. Complètement. Entièrement. Tout individu présentant biologiquement un mixte des deux est considéré comme anormal, malade, devant être guéri. Même si en réalité, il/elle est en très bonne santé. (Evidemment, on ne parle pas de cas où il existe un risque pour la santé.)

Ce que je veux dire c’est… Et si homme et femme n’étaient que les deux bornes opposées d’un schéma caricatural mais qu’en réalité, la majorité d’entre nous se trouvait sur la palette de nuances entre les deux. L’Homme et la Femme en étant que référent ne seraient que des stéréotypes poussés à l’extrème qui n’incluent jamais la complexité de notre identité réelle, y compris notre identité corporelle, chromosomique, génétique, hormonale. Cette part de nous-mêmes qu’on croit pourtant évidente, transparente. L’humanité ne serait plus divisée à la hache entre hommes et femmes (et ceux qui ne correspondent pas exactement à cette partition ne seraient plus perçus comme des anomalies) mais tout serait une question de degrés. Les « anomalies » seraient dès lors comprises dans cette fourchette et non plus rejetées à l’extérieur. Vous allez me dire que le cas de Maria Patino est rarissime. Mais qu’en sait-on ? Je connais au moins deux hommes (barbe + pénis + testicules) qui ont des petits seins, et ont même eu des montées de lait à l’adolescence. C’est hormonal. Mais ils le vivent comme un truc honteux dont ils ne parlent jamais et, à l’un d’entre eux, un médecin a suggéré de prendre un traitement. Pas besoin médical, mais par besoin normatif.

Le bouquin (que je conseille à ceux qui sont intéressés par le sujet) est aussi une recherche historique sur la manière dont au fil du temps notre vision de la nature biologique des hommes et des femmes a évolué. (Par exemple, dans l’antiquité gréco-romaine, les hermaphrodites étaient vus comme des êtres complets, supérieurs, alors que les hommes et les femmes étaient imparfaits.)

homme-enceint

 

homme-enceinte

 

Thomas Beatie, considéré comme le premier homme enceint. Pour une explication le wikipédia fr, pour plus d’explications le wikipédia us.

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28 commentaires pour “La complexité du corps, Jésus est une femme et Spirou”

  • Niveau genre Valeria Lukyanova, elle en tout cas elle est pas dans la nuance…. Ça me fiche vraiment la trouille…
    Ces questions là sont vraiment fascinantes, pour avoir près de moi vu le cas d’un bébé prévu pour être un garçon, né indéterminé et 3 jours après c’est une fille en fait, c’est vraiment délicat à vivre… Sans compter la mairie qui veut le sexe rapidement pour la déclaration, les médecins qui ne sont apparemment pas très équipés pour accompagner les parents et beaucoup d’inconnu pour la suite….
    Et je pense comme toi, je ne suis pas sûre que ce soit si rare… Allez bon courage pour le book´s challenge

    le 2 mars, 2014 à 23 h 05 min
     
  • Sur la théorie du genre et son origine, il faut lire la dernière chronique de Michel Onfray http://mo.michelonfray.fr/chroniques/la-chronique-mensuelle-de-michel-onfray-n-106-mar-2014/ Que du bonheur.

    le 3 mars, 2014 à 1 h 12 min
     
  • Juste pour précision : « transexe », ça n’existe pas (c’était transexuel dans le contexte, j’imagine).
    Et mettre un homme trans enceint après un gros paragraphe sur l’intersexuation, ça porte beaucoup à confusion. C’est vraiment deux réalités différentes.

    le 3 mars, 2014 à 1 h 27 min
     
  • Miss Lukyanova a un équivalent masculin, Justin Jedlica, qui a une ambition similaire: devenir un « real-life Ken ». Le couple parfait…

    le 3 mars, 2014 à 5 h 09 min
     
  • Marrant cette obsession à vouloir détruire des concepts majoritaires pour satisfaire des minorités, tout en se basant sur des cas exceptionnels. Si on résume :
    – la majorité a un schéma pépère : fille = ça, garçon = ci :
    – une ou plusieurs minorités (L-G-B-T) souffrant de divers maux sociétaux (ça n’est pas de l’ironie) prend son bâton de pèlerin pour non pas pour défendre des droits, mais pour transformer la société ;
    – de bonnes âmes plus LGBTistes que les LGBT vont chercher partout, à grand coup de syllogismes basés sur des exceptions scientifiques, à prouver que la majorité à les yeux qui louchent, la haine féconde, etc.

    C’est un peu comme ceux qui défendent la PMA (généralement des hétéros) en disant que les pauvres gamins seront mieux avec des homos qu’avec des parents hétéros qui se mettent sur la gueule ou qui leur mettent sur la gueule. Evidemment, les homos sont tous des bisounours aux abdos plats, et les hétéros tous des beaufs à ventre gras.

    Bon, ne vous méprenez pas. Perso, je suis bi, et plutôt décontracté du genre. Seulement, je n’aime pas qu’on m’explique quoi penser tel qu’on le fait en ce moment. Il y a une espèce d’acharnement à nous expliquer que les méchants sont là et les gentils sont ici. Et là, je doute…

    le 3 mars, 2014 à 11 h 02 min
     
  • @Antoine : tu n’as pas bien compris les débats en cours.

    Il ne s’agit pas d’imposer de nouvelles normes à tout le monde mais de permettre aux oubliés du droit de se faire une place à part entière dans la société.

    On n’enlève rien à personne et on ne met persone sur un piédestal : on cherche à (l)égaliser sur le seul plan du droit.

    Je dis « on » parce que je m’inclue dans la mouvance sans avoir à justifier d’une orientation pour faire « genre » j’ai le droit de parler : tout le monde est concerné par ce débat.
    Qu’on soit pour ou contre.

    Comme le sous-entend Titiou, pour qu’il y ait « débat », il faut qu’il y ait au préalable une écoute mutuelle.

    Juger, c’est déjà condamner.

    Il ne doit pas encore être en bibliothèque ce foutu bouquin… Titiou, tu me prêtes ton exemplaire ? :)

    le 3 mars, 2014 à 11 h 25 min
     
  • Hé ben moi je trouve que même si ça un côté pragmatique et froid, c’est souvent la science qui aide à trancher.
    Et là, en l’occurrence, à ne pas trancher.

    En fait la vraie question c’est pas « est ce que nous sommes des bornes hommes/femmes et qu’il y a des nuances dont on ne parle pas trop entre les deux » mais « à partir de quel pourcentage de la population, un type ‘non borne’ devient ‘normal’ ? » et finalement : « sachant que ces types intermédiaires ne seront jamais majoritaires, est ce que nos sociétés soit disant évoluées finiront par les accepter ? ».

    Si on se basait juste sur des chiffres (donc de la bonne science bien brute), on se dirait « la population homo sapiens est constituée de 90% d’hommes/femmes, de 5% d’androgynes, de 3% de trans etc… et POINT ». Sans jugement, sans conséquence, sans mise en perspective ou religion. C’est comme ça, et on doit l’expliquer aux petits nouveaux, vous savez, les enfants, là …

    le 3 mars, 2014 à 12 h 08 min
     
  • Il faut être prudent aussi et ne pas récupérer idéologiquement des travaux scientifiques aussi anti-conformistes soient-ils.
    J’ai étudié la biologie et je travaille dans la santé. Les syndromes de « testicules féminisants » ou des anomalies sur les chromosomes sexuels (triple X, XXY, etc…), ce sont des choses très connues, ce sont tout sauf des nouveautés et ça me paraît assez inapproprié de les remettre sur le devant de la scène comme argument massue pour parler de la théorie du genre. Je n’ai pas retrouvé la fréquence de ce genre d’affections, mais on est sur un pourcentage infime de la population (inférieur à 1/1000 à priori). Et je ne pense pas que ce soit une bonne démarche d’appliquer à l’immense majorité une théorie, une vision du monde, qui se justifie sur une infime minorité. Mais c’est une conception personnelle. Et ça ne signifie pas qu’on bafoue pour autant les droits des minorités non plus, soyons d’accord.
    Ensuite, il me semble utile de préciser que ces cas de figure sont considérés comme des pathologies, ou des affections particulières si on veut être plus consensuel. Ce qui, encore une fois, ne veut pas dire qu’on doit forcer les personnes que ça concerne à rentrer dans le moule ou à les traiter comme des pestiférés, hein? Mais comprenons que la médecine considère cela comme des dysfonctionnements, quasiment comme une « anormalité » même si on peut disserter sur ce qu’est la norme, et la légitimité de la médecine à la fixer. Mais dans ce genre d’affections, les personnes concernées sont stériles. Elles sont donc déficientes dans une fonction naturelle essentielle qui est la procréation, et relèvent donc d’une pathologie aux yeux de la médecine. Si on définit l’humain par sa nature, par son évolution, il faut reconnaître que ces différences seraient immédiatement et immanquablement écartés par la sélection naturelle, et pour cause: ces personnes ne peuvent pas avoir de descendance naturellement, sans l’aide de la médecine moderne. Après, je vous laisse juger si c’est encore pertinent dans notre monde moderne et avec les nouveaux outils qu’offre la science.

    le 3 mars, 2014 à 14 h 52 min
     
  • Juste pour info :L’apparition de seins chez les garçons peut avoir pour origine l’exposition aux pesticides qui inhibent les hormones mâles.
    http://www.environmentalhealthnews.org/ehs/news/pesticides-block-male-hormones
    Cela n’est donc pas toujours « naturel ».
    Et je ne dis pas ça pour soutenir la théorie du genre :) juste pour info.

    le 3 mars, 2014 à 14 h 58 min
     
  • Valeria Lukyanova + Albert Dupontel = 9 mois ferme ? :-)

    Très bon article, au passage.

    le 3 mars, 2014 à 15 h 08 min
     
  • Ah zut….je voulais mettre « Et vive les escargots! » mais c’est bien trop sérieux là..

    le 3 mars, 2014 à 15 h 36 min
     
  • @ Umecotir : oui mais la selection naturelle n’est pas un critère, ce genre d’écartement à la distribution normale (IE : c’est le nom de la loi hein, pas de jugement de valeur) se reproduira de toute manière de génération en génération.
    D’ailleurs il doit y avoir certaines de ses anomalies qui permettent quand même de se reproduire (XY deleté de sry peut être ?)

    Le sexe est peu ou prou comme les espèces, un concept qui ne relève pas d’une réalité intrinsèque au monde -ontolongie- mais d’un concept opérationnel dans telle ou telle situation.

    Les systèmes biologiques sont des système complexes avec une grande variabilité, avec une part plus ou moins grande de déterminisme, mais sans essentialisme en tout cas. On a une distribution aléatoire autour du sexe homme et femme achétypale, c’est pas vraiment appliquer le concept pour les minorités aux majorités, c’est juste appliquer une réalité biologique.

    Sinon la brique de jus d’orange j’avais été surpris quand on me l’avais appris, mais c’est très vieux et relativement connus comme « savoir » :p

    Je soupçonnais pas l’existence du mot enceint.

    le 3 mars, 2014 à 17 h 48 min
     
  • Je ne suis pas d’accord que mentionner 40 formes différentes de genre soit un progrès. Le progrès, c’est au contraire de ne plus avoir à se définir par rapport à un genre ou à un sexe. J’espère que Facebook aura la bonne idée de mettre « ce qu’il y a dans mon slip et dans mon ADN ne concerne que moi ».

    Imaginez que l’on supprime toute mention d’homme et de femme de la loi. Déjà, on se serait épargné toutes les discussions sur le mariage pour tous : le mariage aurait été automatiquement été entre deux personnes dont on serait foutu du sexe. Plus de restriction de la PMA aux seuls couples hétérosexuels : cette distinction n’aurait plus de sens.

    Il reste des difficultés liées aux compétitions sportives (là, je ne sais pas trop ce qu’il faut faire) et les lois sur la parité ne pourraient plus être appliquées. Pour ce dernier cas, cela pourrait être intéressant de voir comment restaurer de vraies égalités entre des « groupes » de manière générale (l’assemblée se féminise, mais elle reste quand même très peu ouvertes aux « non-blancs »), parce que la parité est un correctif puissant mais pas généralisable contre toutes les discriminations.

    Bref: puisque, justement, le genre est une notion complexe, il ne faut pas laisser l’état ou facebook décider de ce qu’il doit être.

    le 4 mars, 2014 à 18 h 57 min
     
  • @Antoine, si autour de toi tu ne vois que des militants LGBT qui s’acharnent à te dire quoi penser c’est que tu habites dans un îlot mystérieux. Autour de moi, je vois surtout des militants homophobes et anti féministes qui passent leur temps à dire des horreurs et à affirmer que les pédés sont des malades, les trans des bêtes de foire, les mecs efféminés des pédés, les femmes des utérus qui doivent mettre une robe et fermer leur gueule, les femmes qui mettent des robes trop courtes des putes, les profs des comploteurs juifs qui violent les enfants… alors profite bien de ton coin où les LGBT et leurs bâtons de pélerin sont majoritaires.

    le 5 mars, 2014 à 18 h 14 min
     
  • « Elle a dû se faire retirer plus de côtes qu’une actrice hollywoodienne des années 50. (Vous pouvez aller vous délecter de ses photos sur son Facebook  »
    Y a les photos? (de l’opération)

    le 5 mars, 2014 à 23 h 53 min
     
  • La preuve par a+b qu’un article intéressant et bien rédigé attire les commentaires intéressants et bien rédigés. ça, c’était pour la forme.

    Pour le fond, grâce aux anti-tout, on l’a déjà touché. Etre une personne à part entière en France en 2014, c’est un sacerdoce.

    le 6 mars, 2014 à 16 h 01 min
     
  • @Damdamien : « Imaginez qu’on supprime toute mention d’homme et de femme de la loi »: Non seulement c’est impossible, mais en plus, ce ne serait pas souhaitable. Quid de la loi Veil? Cette loi a quand même changé la vie des femmes, on ne dira pas le contraire. Quid de la loi sur la parité? Reconnaître les différences entre les individus, c’est de facto reconnaître les discriminations dont certains d’entre eux peuvent être victimes et tenter d’y remédier.

    Tu penses que la mention du sexe sur la carte vitale est là pour faire joli? Que ça ne regarde pas l’administration? Certes, l’ordre des chiffres (1 pour les hommes, 2 pour les femmes) est assez révélateur de la place qu’occupent les hommes et les femmes au sein de la société en général. Cette différenciation, cependant, n’est pas inutile, surtout quand on bascule dans le domaine médical: on ne peut pas se faire rembourser des soins pour un cancer de la prostate quand on est une femme et réciproquement, on ne peut pas se faire rembourser des soins pour un cancer de l’utérus quand on est un homme.

    Est écarté de ce système tout individu qui ne rentre pas dans ces normes: les intersexes, les trans. Et pourtant, ils sont là, ils font partie de ce monde. Du coup, à quand la reconnaissance d’un troisième genre? Ça, ce serait un progrès.

    le 6 mars, 2014 à 16 h 54 min
     
  • De nombreux écrivains ont pu écrire sur l’hermaphrodisme et sur la sexualité féminine, si jamais tu as envie de prendre un livre un peu différent là-dessus, je te conseille Annabel, de Kathleen Winter, Prix Lucioles 2013 (donc un must) http://philippe-liotard.blogspot.be/2013/12/le-corps-contrarie-annabel-de-kathleen.html
    et bien sur le choeur des femmes de Martin Winckler qui nous apprend PLEIN de choses sur la medecine et leurs relations aux corps féminins/hermaphrodites/transgenres.
    Donc peut etre bonne lecture :)

    le 6 mars, 2014 à 19 h 00 min
     
  • @Nina

    Que vient faire l’avortement (la loi Veil, si j’ai bien compris ton allusion) là-dedans ? Surtout que l’article de Titiou présente, justement, le cas d’un homme enceint… N’aurait-il pas le droit d’avorter ?

    Pour la lutte contre les discriminations : l’état ne demande pas à savoir la couleur de peau, la religion, l’orientation sexuelle, le poids, l’état de santé… qui sont pourtant aussi sources de discriminations. Il est indispensable de trouver des moyens de lutter contre les discriminations qui ne passent pas par une reconnaissance officielle d’un statut par l’état.

    Pour le remboursement des maladies, je te laisse relire tes phrases et t’apercevoir toute seule de l’absurdité qu’aurait un homme à réclamer une chimiothérapie contre un cancer de l’utérus au prétexte que sa carte de sécurité sociale ne mentionne pas de 1 ou 2…

    le 7 mars, 2014 à 18 h 40 min
     
  • C’est drôle, par ce que cette idée d’une distribution des genres qui s’étalerait d’avantage sur un nuancier que selon un schéma totalement binaire, la première fois que j’en ai entendu parler, c’était dans la bouche de mon prof de biologie au lycée. Un vieux prof, qu’on ne pouvait qualifier ni de gauchiste, ni de révolutionnaire, dans un lycée catholique. A l’époque (il y a une douzaine d’années), personne n’avait trouvé à y redire, pas même les plus réacs de mes petits camarades de classe. Le prof se refusait à en faire l’explication unique de phénomènes comme l’homosexualité ou le transgenrisme, mais il nous donnait des pistes de réflexion. Surtout, il nous avait fait réaliser que les choses ne sont jamais aussi simples qu’on les imagine et que si la biologie est une science formidable, elle n’a pas toujours réponse à tout. Dans ce domaine en particulier, il reste encore beaucoup à explorer et à comprendre.
    J’essaie d’imaginer ce qui se passerait si, là, en 2014, ce même prof racontait la même chose aux élèves d’aujourd’hui (ça n’arrivera pas, il est mort l’été après mon bac). Mais, vu l’ambiance totale paranoïa du moment, je suis à peu près sûre que ce serait l’émeute parmi les parents d’élèves… J’ai une pensée pour vous, là, tout de suite, Mr G.

    le 9 mars, 2014 à 17 h 54 min
     
  • Oh, et au fait : je te confirme le coup du pack de lait même si pour viser du coup c’est chelou. Sur le côté, ça fait un bon compromis.

    le 9 mars, 2014 à 20 h 32 min
     
  • Je pense que c’est un peu ambigu de passer de théorie du genre à des questions de biologies et d’intersexualité. L’idée de la théorie du genre est justement de ne pas se limiter à la biologie pour mettre en avant les différences entre les genres mais de mettre en avant l’idée que les genres sont des « constructions sociales » qui sont créer par les cultures dans lesquelles nous vivons et non pas des impératifs biologiques justement. Alors à mon sens mêler les deux dans un article a tendance à entretenir une certaine confusion.

    le 10 mars, 2014 à 7 h 02 min
     
  • oula, Titiou et la biologie … sinon en plus ludique tu peux consulter celui ci :
    http://www.amazon.fr/Manuel-universel-d%C3%A9ducation-sexuelle-esp%C3%A8ces/dp/2020397269
    c’est surtout des anecdotes pour le lol qui rendent peu probables l’utilisation des règles de dame nature poru justifier garçn/filles, ça devrait plaire… le vivant est merveilleux et jamais à court d’astuces pour recombiner les informations.

    le 10 mars, 2014 à 12 h 30 min
     
  • J’ai essayé de verser le lait de l’autre côté et ca marche bien du moment que la brique est pleine. Par contre une fois qu’on arrive à la fin de la brique c’est un peu galère.

    le 12 mars, 2014 à 3 h 36 min
     
  • @cuvettesale : je ne comprends pas tout ce que tu as écrit, mais j’en retiens que ce ne sera pas évident de changer les mentalités sur les rôles féminins et masculins et que les affaires de changement de sexe ont malheureusement tendance à exacerber cette distinction.

    Par exemple, lu sur :
    http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20140228.OBS8122/ces-enfants-transgenres-qui-ne-sont-pas-nes-dans-le-bon-corps.html?utm_source=outbrain&utm_medium=widget&utm_campaign=obclick&obref=obnetwork
    « A 2 ans déjà, Ryan flashait sur le rose et les paillettes et se déguisait en Blanche-Neige. Son pyjama sur la tête en guise de longue chevelure, il chantait « Un jour mon prince viendra ». Plus tard, quand leur entourage a taxé les parents de complaisance, ils ont ôté tous les jouets de fille de la chambre de leur enfant. « On me disait que je ne passais pas assez de temps avec lui », raconte Chris, le père, qui l’emmène alors jouer au football américain : « Peine perdue ! Ryan dansait sur la pelouse au lieu d’attraper la balle. »  »

    -> C’est un ramassis de clichés sur les rôles masculins et féminins ! Ce n’est pas parce que l’on a un corps de garçon que l’on doit préférer le football à la danse, non ?

    le 12 mars, 2014 à 14 h 21 min
     
  • « Marrant cette obsession à vouloir détruire des concepts majoritaires pour satisfaire des minorités, tout en se basant sur des cas exceptionnels » Merci Antoine et Umecotir pour votre bon sens.

    le 19 mars, 2014 à 16 h 50 min
     
  • (mais vous êtes sûrement des fascistes comme moi)

    le 19 mars, 2014 à 16 h 53 min
     
  • J’ai essayé de verser le lait de l’autre côté et ca marche bien du moment que la brique est pleine. Par contre une fois qu’on arrive à la fin de la brique c’est un peu galère.

    le 20 mai, 2014 à 14 h 21 min
     

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