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9 novembre 2009

Follasses aventures

Nous en étions restés aux follasses aventures de Titiou se frotte au monde. Conséquence logique de ce brusque excès de sociabilité, dès le lundi suivant, j’ai commencé à me sentir pas bien.

Vraiment pas bien du tout.

Et j’ai disparu une semaine entière dans la maladie. La maladie étant un univers à part, régi par ses propres codes.
Attention, disparition :

Suite à ça, j’ai eu… bah pas grand chose à raconter. A part avoir développé un toc autour du thermomètre. Merci de s’abstenir de toute remarque freudienne sur le besoin féminin d’appendice.
Donc une semaine de ma vie passée à la trappe.
Ca fait pschiittt.
La semaine suivante, il y a eu la soirée de lancement de kata-sutra.

Et là, je me suis prise pour le croisement entre révoltée du bounty et Rosa Luxembourg. D’abord, j’ai renversé une bouteille de vin rouge. Comme ça. Gratuitement. J’étais même pas bourrée ni rien. J’avais juste un sac trop gros en comparaison de la superficie de la pièce et une adéquation parfaite entre la hauteur de la table et l’inclinaison de mon sac. Ensuite, j’ai dit à l’éditeur que c’était pas franchement très gentil de sa part de pas avoir payé une des co-auteurs. Même si oui, bien sûr, je comprenais que de nos jours, l’argent, ça coûte cher. Ensuite, j’ai dit à une autre co-auteur que non, je ne lirai pas d’extrait du bouquin à haute voix devant des gens. Que la dernière fois que je l’avais fait c’était à l’enterrement de ma grand-mère alors merci bien. (Précisons que je n’ai pas lu d’extraits de kata-sutra à l’enterrement de ma grand-mère.) A quoi, elle m’a répondu que j’allais quand même viendre m’asseoir à côté des autres qui avaient, elleslesgentilles, accepté de lire. Du coup, ce soir-là, au fond d’une boutique, vous aviez trois filles en train de lire et à côté une petite révoltée adolescente enfoncée dans son mutisme.
A ma gauche :

Autre conséquence, j’ai décidé de faire des photos pendant qu’elles lisaient. Ce qui m’a valu qu’un mec, étrangement âgé et seul, assis à côté de moi me demande si j’étais photographe. A quoi j’ai dit que non pas vraiment. Et il m’a dit que si, puisque je prenais des photos c’est bien que j’étais photographe pour la soirée, sinon pourquoi je serai là. A quoi j’ai répondu légèrement agacée que j’étais là parce que j’avais écrit un cinquième du livre. A quoi il a dit que non puisqu’au lieu de lire j’étais en train de faire des photos. A quoi j’ai répondu que je savais pas lire. A quoi il a cru spirituel de répondre que c’était un peu paradoxal de savoir écrire mais pas lire. A quoi j’ai pensé que j’avais une très forte envie de me pendre.

En face :

A droite :

J’ai soigneusement pas pris l’individu en photo pour pas en faire une star du web hein.

Autre jour, autres filles, autre réunion, autre projet.

Et aussi, j’ai été à l’expo Soulages à Beaubourg et ça mériterait un post à part entière.

Pour les lecteurs attentifs, vous aurez compris que pour moi l’art moderne coolos il ressemble surtout à CA. Or Pierre Soulages, j’ai eu beau me concentrer, j’ai pas trop vu de mouches mortes qui croiseraient leurs petites pattes pour faire rigoler les gens, Soulages, c’est du noir. Enfin… c’est du outre-noir pour être précis. Genre.

(Bon, là, c’est surtout genre l’outre-noir ça passe pas du tout avec cette photo pourrave.) En général, j’aime pas trop qu’on se moque de l’art moderne sur le mode populo-démago. Mais c’est vrai que c’est très tentant quand tu vois des gens qui se concentrent devant des tableaux noirs. Parce que là, l’exemple que j’ai mis, ça reste encore narratif. (Si, j’insiste.) Mais après c’était des tableaux qu’avec du noir. Finalement, le mieux c’était la vidéo de Soulages parlant de peinture. J’aime bien les vieux messieurs intelligents.

P.S. : aujourd’hui, au travail, y’a des nouveaux stagiaires qui sont arrivés. Ils sont bizarres : ils sont jeunes et ils rient. En plus, y’a pas seulement la complicité née de leur proximité générationnelle, c’est pire. Ils se connaissent d’avant. Genre ils sont à l’école ensemble. C’est flippant. Ils rient tous les deux en s’échangeant des mails. Ils ont l’air très sarcastique. Je me demandent s’ils parlent de mon double-menton. Moi, c’est le genre de trucs que je faisais quand j’étais stagiaire.

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